Château des Gimarets
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Région viticole
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3,8ha
Surface du vignoble
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En bio depuis 2017
Sommaire
Aux Gimarets, un château de 1810 et un seul cru
Une propriété viticole depuis le XVIIe siècle
Le Château des Gimarets se trouve à Romanèche-Thorins, en Saône-et-Loire, au pied du Moulin-à-Vent. On y cultive la vigne depuis le XVIIe siècle. Le domaine ne produit que de l’AOC Moulin-à-Vent, en agriculture biologique et en biodynamie certifiée Demeter.
Le petit château a été bâti au XVIIe siècle, puis entièrement reconstruit en 1810. La bâtisse actuelle, de style romantique, est entourée de jardins. Depuis deux siècles, elle veille sur les parcelles de gamay noir du domaine.
2007, Nathalie et Éric Boyer reprennent les rênes
Nathalie et Éric Boyer ont racheté le château et son vignoble en 2007. Ils disent l’avoir fait par attachement à leur terroir natal. Leur projet dépasse la vigne : redonner vie au château, à son parc et à ses dépendances, comme autrefois.
Le domaine est familial, et chacun y a trouvé sa place. La famille assure les travaux manuels du sol, forme les équipes de vendange, vinifie, pige et presse. Elle mène aussi les campagnes d’étiquetage, et a conçu jusqu’au site internet du château.
De la viticulture raisonnée à la certification Demeter
Pendant plusieurs années, le couple pratique une viticulture raisonnée. Il décide ensuite de s’orienter franchement vers la biodynamie, et vers la production d’un vin nature.
L’engagement en agriculture biologique date du 21 juin 2017, auprès de l’organisme Bureau Alpes Contrôles. Le millésime 2019 porte encore la mention « en conversion ». Depuis 2020, le vignoble est certifié en biodynamie par Demeter.
Pour le domaine, la biodynamie va au-delà du bio. Elle respecte les cycles naturels et favorise la vie du sol. Elle s’appuie aussi sur des préparations spécifiques, qui renforcent l’équilibre de la vigne et l’expression du terroir dans le vin.
Une seule parcelle sur les arènes roses de Romanèche
La Vierre Manin, 3,75 hectares d’un seul tenant
Le vignoble couvre 3,75 hectares d’un seul tenant, autour du château. Le domaine nomme sa parcelle « La Vierre Manin ». Tout y est planté en gamay, et tout part en Moulin-à-Vent. La famille revendique ce choix, qu’elle juge rare : un seul cru, conduit en bio et en biodynamie.
Les sols sont des arènes granitiques roses, typiques de l’appellation. Pauvres et acides, ils sont riches en manganèse. Le domaine y voit l’origine de vins de caractère, fins et racés. Il parle aussi de ses vieilles vignes de gamay, dont les plus anciennes donnent la cuvée Quintessence.
Gobelet, cheval et vendanges à la main
Les vignes sont taillées en gobelet et plantées serré, à 10 000 pieds par hectare. Le cahier des charges de l’appellation n’en exige que 6 000 au minimum. Le domaine cherche ainsi à encourager l’expression minérale du cru.
Le sol est travaillé au cheval. Les vendanges sont exclusivement manuelles. Seules les grappes les plus saines et les plus mûres sont gardées. Chaque geste, écrit la famille, vise l’équilibre naturel de la plante et la pureté du fruit.


Le Moulin-à-Vent, cru de Chénas et de Romanèche-Thorins
Deux communes et un moulin de 1550
L’AOC Moulin-à-Vent a été reconnue par décret le 11 septembre 1936. Elle est réservée aux vins rouges tranquilles, issus du gamay. Son aire ne couvre que deux communes : Chénas, dans le Rhône, et Romanèche-Thorins, en Saône-et-Loire.
Le cru doit son nom à un moulin à vent construit en 1550 sur la colline de Romanèche-Thorins. Il a moulu du grain jusqu’au milieu du XIXe siècle. Aujourd’hui classé monument historique, il se voit de très loin au milieu des vignes.
Le cahier des charges présente le Moulin-à-Vent comme le plus ancien des crus du Beaujolais. Le domaine rappelle qu’on le surnomme souvent le « roi du Beaujolais ». Dans l’appellation, les vignes s’étalent en pentes douces, exposées au levant et au sud-est, à l’abri des vents d’ouest grâce aux monts du Beaujolais.
Le manganèse, minerai noir de Romanèche
Environ 80 % des sols de l’appellation reposent sur des arènes sableuses friables, de couleur rose. Elles viennent de l’altération du granite. Sur place, on les appelle « grès » ou « gore ».
Ces sols sont imprégnés d’oxydes de fer et de manganèse, venus de filons qui traversent le granite. Vers 1750, on a découvert à Romanèche-Thorins le plus important gisement français de manganèse. On appelait alors ce minerai la « romanéchite », une roche noire et très lourde.
Selon la tradition, ce minerai donnerait aux vins leur caractère particulier. Le socle granitique, peu fertile, favorise des rendements modérés. Il participe aussi aux arômes fruités des vins.
Quatre cuvées, quatre vinifications
Vinifier selon le raisin, pas selon une recette
Chaque cuvée suit sa propre vinification. Le domaine adapte sa méthode à la personnalité des raisins : grappe entière ou égrappée, cuvaison courte ou longue, pressurage doux. Certaines cuvées fermentent sans sulfites ajoutés.
« Ce sont les sensations, l’odeur du chapeau, le toucher du jus, qui guident nos décisions », écrit la famille. Les quatre cuvées fermentent sur levures indigènes. L’élevage se fait en cuve inox ou en fût de chêne, selon l’identité de chaque vin.


Céleste et Harmonie, le fruit d’abord
Céleste est le Moulin-à-Vent sans sulfites ajoutés du domaine. La vendange est égrappée à la main, puis le vin s’élève en cuve inox. Il est mis en bouteille après Pâques. Le millésime 2022 porte le label Vin Méthode Nature, en plus des certifications bio et Demeter.
Harmonie est vinifiée pour être bue dans les cinq ans. Le millésime 2019 assemble 75 % de vin en grappes entières, élevé en cuve inox, et 25 % de vin égrappé, passé 6 mois en fût de chêne. Le domaine la présente comme le choix idéal pour le découvrir.
Quintessence et Hommage, les cuvées de garde
Quintessence naît des plus vieilles vignes du domaine. Les raisins sont égrappés, pigés à la main, et cuvent 3 semaines. Le vin s’élève en cuve inox et reçoit un léger sulfitage à la mise. Le domaine la vinifie pour la garde.
Hommage est la cuvée élevée en fût de chêne. Les bois viennent des forêts de Tronçais et de Nevers. La vendange est égrappée avant de fermenter sur levures indigènes. Le domaine la présente comme un « hommage à mon grand-père ».


Des Moulin-à-Vent de fruit et de garde
Le portrait du cru selon son cahier des charges
Le cahier des charges décrit des vins à la robe profonde, de couleur rubis à grenat. Au nez, ils offrent souvent des notes florales et de fruits rouges bien mûrs. Avec l’âge, ils évoluent vers les épices, la truffe, voire la venaison.
En bouche, la structure est généreuse et charpentée. Ces vins s’apprécient jeunes, mais gagnent en finesse et en puissance après plusieurs années de cave. En 1816, dans sa Topographie de tous les vignobles connus, Jullien les classait déjà en première classe. Il les disait capables de se garder plus de dix ans en bouteille.
Les vins des Gimarets vus par les dégustateurs
Le domaine résume lui-même ses quatre vins. Céleste est « franc et vibrant », Quintessence « puissant et profond ». Hommage se veut « élégant et structuré », Harmonie « fruité et accessible ».
Le Guide Hachette 2018 a attribué 2 étoiles à la cuvée L’Esprit de ma terre 2015. Il y relevait des notes d’épices et de fruits rouges et noirs. La bouche lui semblait ample et fraîche, bâtie sur des tanins fondus et soyeux.
Le magazine Wine Enthusiast a commenté Céleste 2022 : mûre, terre humide et figue au nez, cacao et thé noir en bouche. Il le juge prêt à boire dès maintenant, et jusqu’en 2034.
Un lieu vivant, entre orangerie et concerts
Une mule, des moutons et des poules
Le domaine se veut un lieu écologique. Une mule, des moutons et des poules y vivent, et participent à l’entretien des terres.
Le château vit aussi au rythme de la musique. Concerts et événements culturels variés s’y succèdent au fil de l’année.
Déguster dans l’orangerie du château
Le château possède une orangerie, où se déroulent les dégustations. Le domaine reçoit aussi les groupes, de 6 à 20 personnes, et l’accueil peut se faire en anglais. Les vins se vendent à la propriété.


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