Domaine viticole Clau de Nell

Clau de Nell

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Vallée de la Loire

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Sommaire

De la Bourgogne à Ambillou-Château, l’histoire du Clau de Nell

Un vignoble en biodynamie dès 2000

Le Clau de Nell est un domaine de vins bio et biodynamiques d’Anjou, dans la vallée de la Loire. Il se trouve à Ambillou-Château, en Maine-et-Loire, entre Angers et Saumur. Depuis le 1er janvier 2016, le village fait partie de la commune nouvelle de Tuffalun.

Avant 2008, le domaine appartenait à un jeune couple. Les vignes sont cultivées en biodynamie depuis 2000. Le domaine suivait donc déjà cette voie quand Anne-Claude Leflaive et Christian Jacques l’ont découvert.

2008, Anne-Claude Leflaive et Christian Jacques rachètent le domaine

Tout commence par une société, CLAC, créée en 2006. Elle réunit Anne-Claude Leflaive, du Domaine Leflaive à Puligny-Montrachet, son mari Christian Jacques, et les microbiologistes des sols Claude et Lydia Bourguignon. Son objet : aider des vignerons français en biodynamie à exporter leurs vins.

La même année, Anne-Claude et Christian rencontrent les propriétaires du Clau de Nell. Ils découvrent un terroir d’argile, de silex et de tuffeau, et des vignes de 60 ans d’âge moyen, centenaires pour certaines. En 2008, le jeune couple propriétaire traverse une période compliquée. Anne-Claude et Christian achètent alors le domaine pour surmonter la faillite.

Anne-Claude Leflaive est décédée en 2015. Christian Jacques, ingénieur des travaux publics de formation, est aujourd’hui le gérant du domaine. Il avait dirigé pendant plus de 30 ans une entreprise dijonnaise. C’est en s’occupant du Clau de Nell qu’il s’est attaché au monde du vin.

Sylvain Potin, et une équipe au complet depuis 2023

Sylvain Potin rejoint le domaine en 2009 comme régisseur. Angevin d’origine, il a été sommelier, puis a vendu du vin avant de passer à la production. Il s’est formé à la biodynamie pendant trois ans au Chili. Anne-Claude l’a embauché après une balade dans les vignes. Il est aussi actionnaire du domaine.

Depuis 2023, l’équipe permanente est au complet. Cyril, embauché en 2015, est responsable des vignes. Arnaud, natif d’Ambillou-Château, est entré en CDI en 2019 et tient les caves. Sonia s’occupe de l’administration.

Les trois filles d’Anne-Claude et Christian ont chacune un pied au domaine. Marine, architecte, a conçu la nouvelle cuverie. Charlotte s’occupe de la commercialisation et de la communication depuis 2022. Claire tient une cave à vins et à manger à Beaune.

Douze hectares d’un seul tenant sur le tuffeau angevin

Sable, argile et silex sur quarante mètres de tuffeau

Les 12 hectares du domaine forment un seul tenant, entre forêts et champs. Selon le domaine, cette situation permet une bonne activité biologique dans les sols. Les parcelles culminent à 101 mètres d’altitude.

Au sud, les dix premiers centimètres du sol sont du sable limoneux, surtout composé de matière minérale comme le quartz. Plus bas, le sol devient sableux et argileux. Au nord, il est surtout argileux et sableux. Dessous s’étend le tuffeau, jusqu’à environ 40 mètres de profondeur. C’est une pierre calcaire à grain fin, présente de longue date dans la géologie de l’Anjou et de la Touraine.

Le domaine résume ce terroir en une ligne : un sol argilo-limoneux, avec des grès et silex rouges sur tuffeau. Ce sont Claude et Lydia Bourguignon qui en ont réalisé les analyses de sols.

Des Cabernets de 45 ans aux Grolleaux centenaires

En 2006, le vignoble comptait huit hectares de Cabernet Franc, de Grolleau et de Cabernet Sauvignon. Le Cabernet Franc occupe 4,5 hectares, avec des vignes de 45 à 55 ans taillées en Guyot mixte. Le Cabernet Sauvignon a 70 ans et le Grolleau est centenaire. Tous deux sont taillés en gobelet.

Le Chenin est venu ensuite. Anne-Claude Leflaive souhaitait en avoir au domaine, dans le prolongement de son savoir-faire bourguignon. Un premier 1,5 hectare est planté en 2012, avec l’aide de Claude et Lydia Bourguignon. Un demi-hectare de Grolleau suit en 2017, puis 1,5 hectare de Chenin supplémentaire en 2018.

L’AOC Anjou, du côté du tuffeau

Ambillou-Château fait partie de l’aire de l’AOC Anjou, reconnue pour les vins tranquilles en 1936. Son cahier des charges distingue deux Anjou. À l’ouest, l’« Anjou noir » est marqué par les schistes. À l’est, l’« Anjou blanc » l’est par la craie tuffeau, du côté de Saumur. Posé sur le tuffeau, le Clau de Nell relève du second.

En rouge, l’appellation repose sur le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon. Le Grolleau n’y figure que comme cépage accessoire. En blanc, le Chenin est le cépage principal. Au domaine, le Cabernet Franc, Violette et le Chenin sortent en AOC Anjou. Le Grolleau est en IGP Val de Loire, le Blanc de Noir en Vin de France.

Plus largement, le vignoble du Val de Loire suit le fleuve sur près de 1 000 kilomètres, du Massif central à Nantes. Il couvre 70 000 hectares, dont 52 000 classés en AOC. Le climat y est tempéré, à la fois océanique et continental.

Des gestes bourguignons pour des cépages de Loire

Le calendrier biodynamique dans les rangs

Au Clau de Nell, laisser faire la nature, c’est aussi savoir se saisir de ce qui advient. Dans les vignes, le travail suit les saisons : chaussage à l’automne, décavaillonnage au printemps, labours et enherbement naturel.

Les vignes reçoivent les préparations biodynamiques, des infusions et des décoctions de plantes. Tous ces travaux suivent les rythmes du calendrier biodynamique. Le domaine est certifié en biodynamie par Demeter et par Biodyvin, et en bio par Ecocert.

Les rendements restent modestes : environ 25 hl/ha pour le Grolleau, 28 pour le Chenin, 35 à 40 pour les Cabernets. La vendange est manuelle, en caissettes de 12 kilos, avec un tri à la parcelle.

Infuser plutôt qu’extraire

À la cave, les rouges sont égrappés et fermentent sur levures indigènes. La macération dure une trentaine de jours pour les Cabernets, une vingtaine pour le Grolleau. Elle se fait sans extraction : pigeages légers, peu de remontages. Le domaine parle d’un travail d’infusion. Le pressurage, doux et lent, se fait au pressoir pneumatique.

Les blancs sont pressés en vendange entière. Après un débourbage à froid, ils fermentent longuement sur levures indigènes. Pour le Blanc de Noir, le domaine sélectionne les cœurs de presse et sépare les moûts colorés.

Des pièces du Domaine Leflaive dans les caves troglodytiques

La propriété dispose de caves troglodytiques naturelles, creusées dans le tuffeau. Les vins y sont élevés en pièces bourguignonnes, qui proviennent en partie du Domaine Leflaive. Ces fûts de 228 litres ont déjà logé cinq à sept vins. Les Cabernets et le Chenin y passent 12 mois sur lies fines, puis six mois en cuve.

Le Grolleau reste 14 mois sur lies fines : 30 % du volume en pièces, 70 % en foudre de chêne. Suivent six mois en cuve inox. Le Blanc de Noir est élevé 18 mois. Les rouges sont mis en bouteille sans filtration ni collage, le Chenin après une légère filtration sur terre. La mise se fait un jour fruit ou un jour fleur, selon la cuvée.

Grolleau, Cabernets et Chenin : le profil des vins du Clau de Nell

Trois rouges, du Grolleau à Violette

Le Grolleau est surtout connu pour les rosés. Le domaine a décidé de le traiter comme les autres cépages, pour en tirer un rouge fruité et profond. On y trouve la cerise rouge, la framboise et la fraise, rehaussées d’une touche épicée et florale. Le domaine le décrit comme un vin léger au caractère singulier.

Avec le Cabernet Franc, le domaine cherche la délicatesse et l’élégance. Le vin va du fruit rouge au fruit noir et au fruit cuit, avec des épices et un bouquet floral. Sa texture est veloutée, ses tanins soyeux.

Violette assemble en général deux tiers de Cabernet Franc et un tiers de Cabernet Sauvignon, selon les années. Le Cabernet Sauvignon y apporte des épices, de la réglisse, et des fruits comme la cerise ou le cassis. Avec le temps viennent le sous-bois, le cuir et les fruits cuits. Le domaine lui prête un beau potentiel de vieillissement.

Deux blancs, dont un Cabernet Franc

Le Chenin a donné son premier millésime en 2015. C’est un vin frais et droit, sur les fruits blancs et jaunes et la fleur d’acacia. Un côté beurré, légèrement toasté, s’appuie ensuite sur une acidité minérale. Le domaine y voit un vin angevin à l’identité bourguignonne.

Le Blanc de Noir est un vin blanc issu des vieilles vignes de Cabernet Franc. Le domaine voulait un second blanc dans sa gamme, et s’est appuyé sur le potentiel existant. Le millésime 2020 a ouvert la voie, avec seulement 1 000 bouteilles. Dévoilée en 2021, cette cinquième cuvée fait désormais partie de la gamme.

Des notes de la RVF à Jancis Robinson

La Revue du vin de France a noté ses vins 95/100 en avril 2026, 91/100 en janvier 2026 et 94/100 en avril 2025. Son Guide Vert lui accorde une étoile dans l’édition 2025. Le guide Bettane+Desseauve lui attribue deux étoiles la même année.

À l’étranger, Jancis Robinson a noté le Chenin 2022 et le Blanc de Noir 2022 à 17,5/20 en novembre 2025. Chez James Suckling, un vin du domaine a obtenu 96/100 en décembre 2024. En avril 2024, Wine Enthusiast accordait 95 points au Chenin 2020.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

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