Cave du domaine de la Chevalerie

Domaine de la Chevalerie

Région viticole

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Vallée de la Loire

BioDemeter
Sommaire

Treize générations sur le coteau de Restigné

Une famille enracinée ici depuis 1640

Le Domaine de la Chevalerie est un domaine viticole bio et biodynamique de la vallée de la Loire, installé à Restigné, en Indre-et-Loire. Il appartient à l’appellation Bourgueil, en Touraine. Son histoire est d’abord celle d’une famille, qui a pris racine en ce lieu dès 1640.

Le domaine se raconte à travers des hommes et des femmes, des vignes et beaucoup de cabernet franc. Près de 400 ans plus tard, la famille a hérité de cette lignée une connaissance approfondie de chacune de ses parcelles.

Une fratrie aux commandes

Après treize générations, l’aventure continue avec Laurie, Emmanuel et Stéphanie Caslot. La fratrie a pris la suite de son père, Pierre, et veille ensemble sur un domaine de 33 hectares. Tous trois se voient comme les dépositaires d’une histoire, d’un style et d’un patrimoine.

Un domaine presque d’un seul tenant

Les vignes se répartissent sur plusieurs lieux-dits, pour l’essentiel autour du domaine. Elles occupent le coteau des villages de Restigné et de Benais. Le domaine reste pourtant quasi exclusivement d’un seul tenant.

Sur cette surface d’un bloc, le sous-sol change plusieurs fois. Les générations successives ont appris à lire ces nuances, et chacune a fini par donner sa cuvée. Les cabernets francs du domaine ont en moyenne 30 à 70 ans.

Quatre terroirs, du bas au haut du coteau

La terrasse alluvionnaire, en bas de pente

Au bas du coteau, la terrasse alluvionnaire s’enfonce sur 1 à 2 mètres. Elle mêle des sables quartzeux assez grossiers, du silex et des intercalations argileuses. Les cabernets francs y ont 30 à 45 ans en moyenne, exposés au sud et au sud-ouest. C’est le terroir de la cuvée Diptyque.

Argiles et sables, du sommet à mi-pente

En haut du coteau, une couverture argilo-siliceuse de moins de 2 mètres repose sur la partie supérieure du Turonien. Elle provient de l’altération de la craie et du tuffeau pendant les périodes froides du Quaternaire. Les vignes, de 35 ans en moyenne, y donnent la cuvée Peu Muleau.

À mi-pente, une autre couverture argilo-siliceuse, d’origine alluvionnaire, contient du silex et des spongiaires. Son épaisseur varie de 1 à 2 mètres. Les cabernets francs y atteignent 60 ans en moyenne. De là viennent Chevalerie et Galichets.

Les argilo-calcaires de Bretêche, Busardières et Grand-Mont

Toujours à mi-pente, un dernier terroir associe argiles-calcaires et tufs. Sa couverture argileuse, épaisse de 50 cm à 1 mètre, est riche en particules de craie micacée. Les vignes y ont 25 à 60 ans et regardent le sud-ouest.

Trois cuvées en sont issues : Bretêche, Busardières et Grand-Mont. Les vignes de Bretêche ont été plantées au début des années 1990. Busardières vient d’un lieu-dit dont les vieilles vignes surplombent la vallée.

Vignoble du domaine de la Chevalerie

Bourgueil, le pays du « breton »

Huit communes entre la forêt et la Loire

L’AOC Bourgueil est reconnue depuis 1937. Elle couvre 8 communes d’Indre-et-Loire, dont Restigné et Benais, au nord de la Loire. La forêt de Gâtine la borde au nord, le fleuve au sud. Le plateau boisé qui coiffe le coteau protège les vignes des vents froids du nord.

Un tiers de l’aire repose sur un vaste coteau orienté au sud. Les deux autres tiers occupent des terrasses et de petites croupes, appelées ici « montilles ». Le climat y est un peu plus doux et plus sec que dans le reste de la Touraine.

Le cabernet franc, presque seul en scène

Ici, le cabernet franc porte le nom local de « breton ». C’est le cépage principal de l’appellation, où le cabernet-sauvignon ne dépasse pas 10 % de l’encépagement. L’AOC est réservée aux vins tranquilles rouges et rosés.

Au domaine, on assume la référence. La présentation d’un millésime de Bretêche évoque le « bon verre de Breton » de Bourgueil cher à Jean Carmet, l’acteur natif de Bourgueil.

Bio depuis 2008, biodynamie depuis 2012

Tisanes de plantes et sélection massale

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2006 et affiche la certification bio depuis 2008. La biodynamie a suivi en 2012. Ses Bourgueils figurent aujourd’hui dans la liste des produits Demeter.

Le travail vise une vigne assez forte pour se défendre seule contre les maladies. Les Caslot pratiquent la sélection massale et la taille Guyot Poussard, qui respecte les flux de sève. L’ébourgeonnage maîtrise les rendements et aère les grappes.

La phytothérapie, à base de tisanes de plantes, sert à réduire au maximum les traitements au soufre et au cuivre. S’y ajoutent les préparations biodynamiques et un compost biodynamique. Entre les rangs, l’enherbement est naturel ou semé de céréales et de légumineuses.

Plus de 350 arbres et 3 kilomètres de haies

La famille fait de la biodiversité la clef de voûte de son travail. En agroforesterie, elle a planté plus de 350 arbres et fruitiers d’essences variées. Elle a aussi constitué plus de 3 kilomètres de haies. Des points d’eau et des nichoirs préservent l’habitat des oiseaux et des chauves-souris.

Les Caslot le reconnaissent volontiers : ils ont encore beaucoup à faire pour réduire leur empreinte sur cet écosystème.

Au chai, le moins d’intervention possible

La récolte est entièrement manuelle, en caissettes. Les raisins sont triés au chai en grappes entières, puis éraflés à 100 % et triés une seconde fois, baie par baie. L’encuvage se fait par gravité.

Les fermentations démarrent sur levures indigènes, avec des cuvaisons douces qui font infuser le fruit. L’élevage se déroule en demi-muids et grands contenants de 400 et 500 litres, ou en jarres de terre cuite et de grès. L’équipe travaille avec le calendrier lunaire et ajuste le sulfitage au plus juste avant la mise en bouteille.

Des Bourgueils « au goût de vie »

Du vin de comptoir au vin de grande garde

Le domaine décrit ses Bourgueils comme « francs comme nos cabernets, profonds comme nos caves », et gourmands dans leur jeunesse. D’une parcelle à l’autre, le style change pourtant nettement.

Peu Muleau donne un vin charmeur et souple, aux arômes souvent frais : un vin de comptoir ou de table. Diptyque joue la souplesse des tanins et se boit en toute occasion. Galichets, issu des argiles sables, mise sur l’ampleur et la rondeur.

Chevalerie livre des vins délicats aux tanins soyeux, d’un style calme et discret, taillés pour une grande garde. Bretêche apporte énergie, caractère et vivacité. Busardières se distingue par des attaques amples, et Grand-Mont associe une certaine rigueur à une grande finesse.

Le Guide Hachette des vins a attribué 2 étoiles à la cuvée Chevalerie 2018 dans son édition 2023. Le Bourgueil rouge 2021 du domaine a obtenu la même note dans l’édition 2025.

Les cuvées d’Inspiration

À côté des parcellaires, les cuvées d’Inspiration suivent l’envie du moment ou les occasions d’un millésime. Noms d’Oiseaux assemble deux lieux-dits situés aux deux extrémités du coteau. Son nom alerte sur la nécessité de protéger la biodiversité par de vraies actions.

Vin de Garde rassemble des bouteilles oubliées quelque temps en cave, comme ce 2005 aux notes de réglisse, de sous-bois et de tabac. La liste Demeter du domaine compte aussi un rosé, Franco de Porc, et un rosé effervescent, Bulle de fort.

Descendre dans la cave-cathédrale

Six à huit vins sous terre

Le domaine reçoit sur simple rendez-vous. Les Caslot font descendre leurs visiteurs dans une cave-cathédrale souterraine, qu’ils comptent parmi les plus anciennes de la région. La visite s’accompagne d’une dégustation de 6 à 8 vins, sur différents millésimes.

L’été, d’autres formules s’ajoutent : un intermède de huit vins et huit mets en cave, une balade gourmande dans les vignes, des dîners avec les vignerons. Les groupes peuvent aussi réserver un pique-nique au milieu du vignoble.

Les Journées Binette

La famille a même sa « bourgueillothérapie ». Son étape fondamentale, la Journée Binette, consiste à biner sous les rangs sur les conseils avisés des Caslot. Elle comprend une visite du domaine, des explications sur la vigne et le vin, et des dégustations.

La journée commence par des tartines de rillettes. Le pique-nique de midi se prend sur place, avec dégustation. L’après-midi, chacun choisit entre le binage et la « marienne », sous les rangs.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Roger Pabiot

    À Boisgibault, sur la commune de Tracy-sur-Loire, le Domaine Roger Pabiot cultive 24 hectares en Pouilly-Fumé et en Pouilly-sur-Loire. Pauline Pabiot, cinquième génération, a repris le domaine en 2017 et l’a engagé vers le bio en 2021, après une année de gel et de grêle. Chaque terroir, silex, calcaire ou sable argileux, est vinifié à part, en inox, en fût de 500 litres ou en cuve ovoïde. Le domaine garde aussi 70 ares de chasselas, dont une parcelle centenaire plantée après le phylloxéra.

  • Domaines Landron

    À La Haye-Fouassière, les Domaines Landron vinifient chaque parcelle à part depuis 1982 et ont isolé en 1993 trois terroirs de Muscadet Sèvre et Maine : amphibolite, grès des Houx, orthogneiss du Fief du Breil. Certifié en agriculture biologique depuis 2002, le domaine porte le label Biodyvin depuis 2011. Ses Muscadets restent de 6 à 30 mois sur lies en cuves béton, et les plus longs se gardent dix ans et plus. Depuis 2024, Hélène Landron et Nicolas Chaurois conduisent les 33 hectares, avec brebis et cochons dans les vignes.

  • Domaine de la Cotelleraie

    À Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Gérald Vallée conduit depuis 1997 les 27 hectares de cabernet franc du Domaine de la Cotelleraie, propriété de sa famille depuis plusieurs générations. Engagé dans la culture biologique dès 1999, le domaine est certifié par Ecocert et vendange à la main. Ses sept cuvées suivent les sols de l’appellation, des graviers des Mauguerets aux coteaux argilo-calcaires de L’Envolée et du Vau Jaumier. Issu de vignes de 80 ans, Postumus macère et s’élève en amphores de terre cuite.

  • Bedouet Vigneron

    Domaine familial depuis quatre générations, Bedouet Vigneron cultive 19 hectares au Pallet et à La Haye-Fouassière, sur la rive droite de la Sèvre. Engagé en agriculture biologique depuis 2010, il a ses vignes sur gabbro, gneiss, orthogneiss et amphibolite. Associé à son père en 2020, Antonin Bedouet élève ses Muscadet Sèvre et Maine de 8 à 24 mois sur lies fines, avec des levures indigènes. La gamme compte aussi des Vins de France en folle blanche, pinot noir et chenin, dont trois cuvées sans sulfites.

  • Domaine Jean Wambergue

    Installé à Saulcet, dans l’aire de Saint-Pourçain, Jean Wambergue a repris 2 hectares de vignes en 2020 après des débuts en céréales. Il plante depuis un hectare par an et compte aujourd’hui 4 hectares en production, engagés en agriculture biologique depuis 2022. Ses cinq cuvées, surtout parcellaires et monocépages, sortent en IGP Val de Loire Allier en attendant l’AOP. Il reçoit sur rendez-vous dans son caveau de Saint-Pourçain-sur-Sioule, pendant que s’achève son chai de Saulcet.

  • Château de Chaintres

    À Dampierre-sur-Loire, le Château de Chaintres cultive en AOC Saumur-Champigny le clos muré en 1675 par les Oratoriens de Saumur. La famille de Tigny le possède depuis 1938, et Elisabeth de Tigny Mourot a repris le flambeau en 2010. Ses 18 hectares de cabernet franc et de chenin sont certifiés bio depuis le millésime 2013, puis Demeter depuis 2020, et le domaine adhère à Biodyvin. Levures indigènes, ni collage ni chaptalisation : la gamme va du Saumur-Champigny au crémant de Loire, avec deux gîtes près des vignes.

  • Domaine de la Cabernelle

    Né de l’union des familles Caslot et Pontonnier, le Domaine de la Cabernelle cultive 35 hectares de cabernet franc à Benais, en Indre-et-Loire. Ses vignes couvrent les appellations Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil, des sables et graviers jusqu’au tuffeau du coteau. Engagé en agriculture biologique depuis 2009, le domaine élève ses vins dans une cave de 5 000 m² creusée sous sa maison tourangelle. Claudia, Franck et Bertrand Caslot y reçoivent sur rendez-vous et présentent six cuvées, du rosé de saignée aux vieilles vignes.

  • Domaine Haute Perche

    Créé en 1966 par la famille Papin et repris en 2019 par Thierry Denjean, le Domaine de Haute Perche cultive ses vignes à Saint-Melaine-sur-Aubance, près d’Angers. Ses trois îlots reposent sur les schistes rouges, verts, ocres et bleus de l’Anjou Noir. Engagé en agriculture biologique en 2016, il travaille en biodynamie et porte la certification Demeter depuis 2022. Le chenin y donne des blancs secs, des Coteaux de l’Aubance moelleux et des crémants, aux côtés de rouges d’Anjou Brissac en cabernet franc.

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