Domaine de la Vougeraie
Des vignes de famille réunies en 1999 à Premeaux-Prissey
Le Domaine de la Vougeraie est né en 1999 à Premeaux-Prissey, entre la Côte de Nuits et la Côte de Beaune. Il assemble des domaines acquis au fil du temps et les vignes de la famille Boisset, de Gevrey-Chambertin à Chassagne-Montrachet. Engagé en agriculture biologique dès 1999, il suit des pratiques biodynamiques depuis 2001 sur plus de 150 parcelles.
Des Evocelles de 1964 au Clos Blanc de Vougeot
Tout part d’une vigne de Gevrey-Chambertin, Les Evocelles, acquise en 1964 par Jean-Claude Boisset à ses tout débuts. Elle est plantée en 1966 avec son père, Louis. Le climat doit son nom à un terrain broussailleux, les Brosselles. Il occupe la partie la plus sauvage du village, contre la forêt.
Les vignes y sont en pente, exposées est-sud-est, sur un sol calcaire riche en fossiles. D’une microparcelle d’origine, le domaine a fait l’une de ses plus belles vignes, d’environ 3 hectares, en y ajoutant peu à peu les parcelles voisines. Les jeunes plantations y atteignent 13 600 pieds par hectare, orientées en éventail pour mieux capter la lumière.
Vingt ans après les Evocelles arrivent des vignes à Vougeot et un premier pied en Côte de Beaune. L’année 1996 apporte la moitié beaunoise du vignoble. Le Clos Blanc de Vougeot vient enfin fermer la boucle.
Le domaine naît en 1999 autour d’un nom. La Vougeraie, c’est la demeure familiale de Jean-Claude et Claudine Boisset. Leurs enfants, Nathalie et Jean-Charles Boisset, sont à l’origine de cette renaissance, et le nom rappelle aussi Vougeot, où se trouve le centre du vignoble.

Plus de 150 parcelles étalées sur 40 kilomètres
Le vignoble se partage moitié en Côte de Nuits, moitié en Côte de Beaune. Il compte plus de 150 parcelles, étalées sur 40 kilomètres. La cuverie est installée à Premeaux-Prissey, à mi-chemin entre les deux Côtes.
La gamme compte une quarantaine de vins. Elle va du Bourgogne Terres de Famille aux grands crus, en passant par les villages et premiers crus de Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges, Savigny-lès-Beaune, Beaune, Pommard, Volnay, Puligny-Montrachet et Chassagne-Montrachet.
Quatre monopoles et neuf grands crus de la Côte-d’Or
Le Clos Blanc de Vougeot, une vigne blanche parmi les rouges
À Vougeot, au milieu des grands rouges, le Clos Blanc de Vougeot fait exception : ce premier cru en monopole est planté en chardonnay. Sa vigne blanche remonte aux premiers moines de Cîteaux, qui la travaillaient dès 1110. Le domaine la décrit comme une parcelle restée intacte depuis presque mille ans.
Le clos couvre 3,05 hectares exposés à l’est, sur un sol très calcaire, une terre blanche qui convient au chardonnay. Les jus sont élevés séparément puis assemblés en une seule cuvée. Après un long élevage, c’est le dernier vin du domaine à être mis en bouteille.

Le Clos du Prieuré, Thorey et la Chapelle
Toujours à Vougeot, le Clos du Prieuré porte une vigne bicolore, en pinot noir et en chardonnay. Un haut mur et la rivière Vouge l’enserrent. Le domaine fait remonter sa naissance au IXe siècle.
À Nuits-Saint-Georges, le Clos de Thorey est un premier cru de 3,08 hectares, exposé au sud. Il se situe entre les Damodes, plus fruitées, et les Corvées Pagets, plus structurées. Son sol très riche en calcaire actif mêle des blocs émoussés, les têtes de mouton, et des marnes à huîtres fossiles, les Ostrea acuminata.
En Côte de Beaune, le Clos de la Chapelle, à Chassagne-Montrachet premier cru Morgeot, répond au Clos Blanc. C’est lui aussi un clos d’origine cistercienne. Sur un sol profond de marnes et d’argile, il donne un rouge et un blanc, le chardonnay y occupant 3,58 hectares contre 0,99 hectare pour le pinot noir.
Du Musigny au Chevalier-Montrachet, des grands crus labourés au cheval
En Côte de Nuits, le domaine exploite quatre grands crus : Musigny, Bonnes-Mares, Clos de Vougeot et Charmes-Chambertin, dans le climat des Mazoyères. En Côte de Beaune, il en compte cinq : Corton Le Clos du Roi, Charlemagne, Bâtard-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet et Chevalier-Montrachet.
Les surfaces restent souvent minuscules : 0,21 hectare de Musigny, 0,15 hectare de Chevalier-Montrachet. Les vignes du Charmes-Chambertin datent de 1901. Celles de Corton Le Clos du Roi ont été plantées en 1951, sur un sol rouge, argileux et riche en fer.
Le cheval laboure les grands crus blancs, soit les deux parcelles de Charlemagne sur la montagne de Corton, le Bâtard-Montrachet, le Chevalier-Montrachet et le Bienvenues-Bâtard-Montrachet, ainsi que le Musigny. Plus léger qu’un tracteur, il ne tasse pas le sol entre les rangs et favorise un enracinement profond. Le domaine privilégie toutefois aujourd’hui de petits chenillards légers.

Des préparations faites au domaine, au rythme de la lune
Bio dès le premier jour, pratiques biodynamiques depuis 2001
Le Domaine de la Vougeraie est cultivé en agriculture biologique depuis sa naissance. Son engagement auprès d’Ecocert date du 23 mars 1999. Les premières pratiques biodynamiques arrivent en douceur dès 2001, et le domaine les applique aujourd’hui à tout son vignoble.
Les vignes arrivées plus tard suivent leur propre conversion. Le Clos de Thorey a ainsi reçu son agrément Ecocert en 2015, et une partie des surfaces reste en conversion en 2026. Le domaine traite exclusivement avec des produits naturels, cuivre, soufre, minéraux et plantes, en vigne comme en cave.
Tisanes, dynamiseur et bouillie bordelaise à petite dose
La bouillie bordelaise sert de base aux traitements, mais à petite dose : à peine 4 kilos par hectare, quand 6 sont autorisés. Le domaine la complète par des tisanes. L’ortie accompagne ainsi chaque passage de soufre ou de cuivre, sur toutes les parcelles.
Les plantes viennent de l’herberaie du domaine ou de la nature : ortie, prêle, consoude, sureau, tanaisie, achillée, valériane. Cueillies fraîches, elles macèrent vingt minutes dans de l’eau bouillie, puis servent dans les 24 heures. La consoude, posée après la grêle, aide la vigne à cicatriser.
Les préparations sont pour l’essentiel faites sur place : la 500, ou bouse de corne, la 501, ou silice de corne, le compost de Maria Thun. L’eau d’enduit mêle ce compost, du petit-lait de chèvre et de l’argile. Elle doit protéger les ceps de maladies du bois comme l’esca.
La pose de la 500 suit un protocole précis. L’eau de pluie est récupérée puis filtrée deux fois. La bouse de corne est dosée dans 150 litres portés à 37 °C. Le tout est brassé une heure dans un dynamiseur en cuivre, en alternant vortex et chaos, puis déposé en lune montante.

Tailler en mars et garder des ruches depuis 2010
Le domaine pratique la taille Guyot, le plus tard possible. Retarder la taille retarde le débourrement, et donc l’exposition aux gelées de printemps. Tous les premiers et grands crus sont taillés en mars. Le domaine choisit ensuite ses jours au calendrier lunaire : jours fruit et fleur pour les vieilles vignes, jours racine pour les jeunes plantations.
Le vignoble évolue sans cesse. Le domaine repique systématiquement les manquants, plante des arbres fruitiers et greffe à partir de ses propres sélections massales. Depuis 2010, il entretient aussi des ruches et récolte du miel. Le miel n’est pas le but : les abeilles entretiennent la biodiversité du paysage viticole.
À la cuverie, grappes entières et chêne de Cîteaux
Des rouges en cuve bois, en vendange entière depuis 2008
Les vendanges sont manuelles, en petites caisses percées de 20 kilos. Depuis 2008, le domaine vinifie en vendange entière, partielle ou totale selon les cuvées. Les rouges fermentent en cuves bois dimensionnées pour chaque appellation, après une macération préfermentaire à froid, avec des levures indigènes.
Pigeages et remontages restent doux. Le marc passe ensuite au pressoir vertical, qui donne des jus plus limpides. Ceux-ci descendent en fût par gravité.
Des blancs pressés pendant trois heures
Pour les blancs, pas de macération pelliculaire. Après un tri du chardonnay, les pressoirs pneumatiques travaillent en cycles longs, de trois heures. Le moût se clarifie naturellement, puis entre en cave par gravité. Les deux fermentations ont lieu en fût.
Pendant quelques mois, le caviste remet les lies en suspension par bâtonnage, de préférence en lune montante. Les blancs restent en fût un an à un an et demi. La mise en bouteille commence souvent par le Côte de Beaune Les Pierres Blanches et se termine par le Clos Blanc.
Un fût neuf sur cinq, en chêne séché trois ans au domaine
Tous les vins, rouges comme blancs, sont élevés sous bois, avec environ 20 % de fût neuf. Le chêne vient de la forêt de Cîteaux et sèche trois ans au domaine. Le domaine y voit un retour à l’esprit cistercien des vins de Vougeot. Plusieurs tonneliers se partagent les commandes, en chauffe moyenne.
Les rouges passent douze à dix-huit mois dans des caves humides et fraîches. Ils remontent ensuite en cuverie, poussés doucement par l’air. La mise en bouteille se fait par gravité, en lune descendante.

Pinot noir et chardonnay, du Bourgogne au grand cru
Deux cépages pour une quarantaine de vins
La Vougeraie ne travaille que deux cépages. Le pinot noir donne les rouges, de Gevrey-Chambertin à Chassagne-Montrachet. Le chardonnay donne les blancs, du Clos Blanc de Vougeot au Chevalier-Montrachet. Plusieurs noms existent dans les deux couleurs, comme le Clos du Prieuré et le Clos de la Chapelle.
Chaque parcelle a sa vinification et son élevage. La plupart des vignes sont plantées à 10 000 pieds par hectare, les plus récentes à 13 600, comme aux Evocelles et au Clos de Thorey.
Des vins entiers, directs mais complexes
Le domaine décrit lui-même ses vins comme « entiers, profonds et gais, directs mais complexes ». Sols travaillés, petits rendements, raisins concentrés et vinifications menées parcelle par parcelle : il en attend un style tout en élégance et une lecture de plus en plus précise des terroirs.
Les monopoles montrent la palette. Le Clos de Thorey est porté vers la finesse. Le Clos Blanc de Vougeot donne un blanc gras et long, à la robe intense, qui marie minéralité et opulence.
Une équipe menée par Sylvie Poillot
De la direction à la cave
Sylvie Poillot dirige le domaine depuis 2017. Elle s’occupe de ses clients depuis 2004, et a fait ses armes pendant dix ans dans l’hôtellerie de luxe. De la vigne à la cave, elle organise le travail d’une équipe resserrée.
L’œnologie revient à Camille Leynaud-Prince, arrivée en 2015 comme assistante de Pierre Vincent avant de prendre toute la responsabilité des vins. Elle suit les maturités avec le chef de culture, puis les vinifications, l’élevage et la mise. Lucas Lodi, œnologue franco-australien diplômé à Toulouse, l’accompagne.
En cave, Jean-Luc Rousseau veille depuis 2006 sur plusieurs centaines de tonneaux. Il les prépare, les remplit, les ouille, les soutire et les bâtonne quand il le faut.
Jean-Michel Catinot, chef de culture depuis 2026
Le nouveau chef de culture, Jean-Michel Catinot, est arrivé au début de 2026. Né dans la plaine de la Saône voisine, il compte plus de trente ans d’expérience dans des domaines de Bourgogne, de la vigne à la vinification. Il assure le suivi d’un vignoble de plus de 150 parcelles, et garde un faible pour les fruitiers de variétés anciennes.

Une visite réservée aux professionnels
Les visites et dégustations au domaine sont strictement réservées aux professionnels, sur rendez-vous. Les particuliers de passage en Bourgogne retrouvent les vins à La Maison Vougeot, dans le village de Vougeot, qui assure la vente et la dégustation.
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