Vieilles vignes de gamay en gobelet devant une cabane de pierres dorées, en Beaujolais

Le vin bio

Ce que garantit le logo bio, ce que les labels ajoutent, et où rencontrer les vignerons bio de France.
Sommaire

Un vin bio est fait de raisins cultivés sans pesticides ni engrais de synthèse. Depuis les vendanges 2012, des règles bio encadrent aussi la cave. Le logo européen le garantit, avec un contrôle chaque année. Cette page explique ce que la règle impose et ce que les labels privés ajoutent. Elle aide aussi à lire une étiquette et à trouver les vignerons.

Ce qu’est un vin bio, de la vigne à la cave

Le cadre est européen. Le règlement (UE) 2018/848 s’applique depuis le 1er janvier 2022 à toute la production biologique, vin compris. Le règlement d’exécution (UE) 2021/1165 dresse la liste fermée des produits autorisés : ce qui n’y figure pas est interdit.

À la vigne : ce qui est interdit, ce qui reste permis

En viticulture biologique, herbicides, insecticides et fongicides de synthèse sont exclus. Les engrais chimiques et les OGM aussi. L’herbe se gère au travail du sol ou par l’enherbement des rangs.

Deux traitements minéraux restent permis. Le soufre protège de l’oïdium. Le cuivre, celui de la bouillie bordelaise, lutte contre le mildiou. Il est plafonné à 28 kg par hectare sur sept ans, soit 4 kg par an en moyenne. Une année humide peut en demander plus, à condition de compenser ensuite.

À la cave : des pratiques limitées depuis 2012

Jusqu’en 2012, seul le raisin était certifié. Le règlement d’exécution (UE) n° 203/2012 a créé le vin biologique au sens propre, à partir du 1er août 2012. Le texte actuel garde sa logique : seules les pratiques œnologiques employées avant le 1er août 2010 sont admises. Toute nouveauté doit être autorisée expressément pour le bio.

Certaines techniques sont interdites en bio :

  • La concentration partielle par le froid
  • L’élimination du soufre par des procédés physiques
  • La stabilisation tartrique par électrodialyse ou par échangeurs de cations
  • La correction du degré d’alcool, autrement dit la désalcoolisation partielle

D’autres sont encadrées. Le chauffage ne dépasse pas 75 °C et la filtration s’arrête à des pores de 0,2 micromètre. Depuis mars 2025, un vin bio peut être entièrement désalcoolisé, jusqu’à 0,5 % vol au plus. Le sucre de chaptalisation doit être bio. Les levures et les colles d’origine agricole aussi, quand elles existent en bio.

La conversion : trois ans avant le premier vin bio

Une vigne ne devient pas bio d’une saison à l’autre. Le domaine applique les règles pendant au moins trois ans avant la première récolte bio. Pendant ce temps, ses bouteilles ne portent pas le logo européen.

Après douze mois de conversion, l’étiquette peut annoncer un « vin en conversion vers l’agriculture biologique ». Une condition, rappelée par l’INAO : le raisin doit être le seul ingrédient d’origine agricole. Une cuvée chaptalisée perd ce droit.

Le contrôle : un certificat vérifié chaque année

Un organisme certificateur contrôle chaque domaine bio au moins une fois par an. En France, l’INAO agrée et évalue ces organismes. Le code de l’organisme figure obligatoirement sur l’étiquette, sous la forme FR-BIO-XX. Le domaine reçoit un certificat qui précise les produits couverts et sa durée de validité : vous pouvez le lui demander.

Logos et labels du vin bio : ce que chacun garantit

L’Eurofeuille et le logo AB, les deux logos officiels

L’Eurofeuille, la feuille étoilée sur fond vert, est obligatoire sur tout vin bio préemballé vendu dans l’Union. Elle s’accompagne du code de l’organisme certificateur et de l’origine des raisins : « Agriculture UE », « Agriculture non UE », ou le nom du pays.

Le logo AB existe depuis 1985 et appartient au ministère de l’Agriculture. Il est facultatif, se pose où le vigneron le souhaite, mais ne doit jamais masquer l’Eurofeuille.

Demeter et Biodyvin, les labels de la biodynamie

Ces mentions privées s’ajoutent au bio, elles ne le remplacent pas. Un domaine Demeter doit d’abord être certifié bio. Il applique ensuite chaque année les préparations biodynamiques. La bouse de corne (500) va sur les sols, la silice de corne (501) sur le feuillage. Le cuivre y est limité à 3 kg par hectare et par an, en moyenne sur sept ans.

À la cave, la fermentation démarre sur levures indigènes. Depuis le millésime 2023, chaque cuvée Demeter a droit à cinq interventions au plus, parmi 21 possibles. La filtration, le collage ou la chaptalisation en font partie.

Biodyvin, le label du Syndicat international des vignerons en culture bio-dynamique, exige la biodynamie sur tout le domaine. Il interdit l’osmose inverse, la flash-pasteurisation, la cryo-extraction, la désacidification et les copeaux de bois.

Nature & Progrès et Vin méthode nature, les plus stricts en cave

Nature & Progrès a publié son premier cahier des charges de vinification en 1971. Son contrôle passe par un système participatif de garantie, qui réunit producteurs et consommateurs, et non par un organisme certificateur. Un domaine peut cumuler cette mention et la certification bio européenne, mais l’une ne vaut pas l’autre.

La mention Vin méthode nature est reconnue par la DGCCRF. Elle demande des raisins certifiés bio ou Nature & Progrès, vendangés à la main et fermentés sur levures indigènes. Aucun intrant, aucune filtration, ni thermovinification ni osmose inverse. Le soufre est interdit avant et pendant les fermentations, et le vin fini en contient au plus 30 mg par litre.

HVE n’est pas du bio

La certification Haute Valeur Environnementale note l’exploitation sur quatre thèmes : biodiversité, stratégie phytosanitaire, fertilisation et irrigation. Depuis 2023, elle n’interdit que les produits classés CMR1, c’est-à-dire cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction avérés. Les autres herbicides et fongicides de synthèse restent permis. Un vin HVE n’est donc pas un vin bio.

Vin bio, vin biodynamique, vin nature : ce qui les distingue

La biodynamie, du bio avec des préparations en plus

Un vin biodynamique labellisé est d’abord un vin bio. La biodynamie y ajoute un travail sur la vie du sol, avec la bouse de corne, la silice et des tisanes. Les composts reçoivent six plantes : achillée, camomille, ortie, écorce de chêne, pissenlit, valériane. En cave, Biodyvin demande de tenir compte des positions des planètes « autant que possible ». La fiche technique de Demeter France n’en parle pas.

Le vin nature, une méthode de cave

Le vin nature se définit par ce qui se passe au chai. Raisins bio vendangés à la main, fermentation spontanée, rien d’ajouté, peu ou pas de soufre. Le règlement européen ne connaît pas ce mot. Sans la mention Vin méthode nature, « nature » sur une étiquette n’engage que le vigneron.

Bio ne veut pas dire « sans intervention »

Un vin bio peut être levuré, chaptalisé, collé et filtré avec des produits autorisés. Certains vignerons bio s’en passent, d’autres non, et la loi ne les départage pas. Ces démarches décrivent une façon de travailler, pas un goût. Un vin nature peut être tendu et précis, un vin bio classique aussi.

Les sulfites dans le vin bio

À quoi sert le soufre

Les sulfites, ou anhydride sulfureux (SO2), protègent le vin de l’oxydation et des bactéries. La fermentation en produit un peu d’elle-même, si bien qu’aucun vin n’est garanti sans soufre. La mention « contient des sulfites » devient obligatoire au-delà de 10 mg par litre, en bio comme ailleurs.

Les plafonds, du conventionnel aux labels

Le bio abaisse le plafond de 50 mg par litre pour les vins secs. Les labels privés descendent bien plus bas :

Cahier des chargesRouge secBlanc ou rosé sec
Vin conventionnel150 mg/l200 mg/l
Vin bio (règle européenne)100 mg/l150 mg/l
Biodyvin80 mg/l105 mg/l
Demeter70 mg/l90 mg/l
Nature & Progrès40 mg/l40 mg/l
Vin méthode nature30 mg/l30 mg/l
Teneur maximale en SO2 total des vins tranquilles secs. Le plafond bio vaut sous 2 g/l de sucre, les autres sous 5 g/l. Biodyvin tolère 30 mg/l de plus après un élevage de plus de neuf mois.

Pour les vins plus sucrés et les effervescents, le plafond bio est celui du conventionnel diminué de 30 mg par litre. Nature & Progrès impose d’inscrire la dose de sulfites sur l’étiquette, analyse à l’appui.

Les années de crise

Quand un État reconnaît officiellement une catastrophe, un épisode climatique extrême par exemple, le vigneron bio peut obtenir une dérogation. Elle l’autorise à monter jusqu’aux doses du conventionnel, pour douze mois au plus. En France, l’INAO instruit ces demandes.

Le vin bio en France : les chiffres de 2025

Des surfaces et des domaines en recul

L’Agence Bio a publié ses chiffres le 16 juin 2026. En 2025, la France comptait 151 933 hectares de vigne bio ou en conversion, 8 % de moins qu’un an plus tôt. Le nombre d’exploitations viticoles bio recule de 4 %, à 11 609. Les écarts entre vignobles sont grands : voir la part du bio région par région.

Un marché qui passe par le domaine et le caviste

Les ventes de vin bio atteignent 1,4 milliard d’euros, en baisse de 2 %. C’est leur premier recul, sur tous les circuits. La vente directe pèse 572 millions d’euros, les cavistes 542 millions. Près de huit euros sur dix se dépensent donc au domaine ou chez un caviste. L’export ajoute 588 millions d’euros.

Comment choisir un vin bio

Lire l’étiquette

  • L’Eurofeuille, le code FR-BIO-XX et l’origine des raisins, dans le même champ visuel
  • « En conversion vers l’agriculture biologique » : un domaine en chemin, sans le logo européen
  • « Vin Demeter » ou « vin biodynamique » pour une cuvée labellisée, « vin issu de raisins Demeter » quand seule la vigne l’est
  • Le logo Vin méthode nature, dans sa version avec ou sans sulfites ajoutés
  • « Agriculture raisonnée », « vin naturel », « respectueux de l’environnement » : aucune garantie contrôlée

Acheter au domaine

Au domaine, vous parlez à la personne qui a taillé la vigne et suivi la cuve. C’est le moment de demander ce que l’étiquette tait. Quelles levures ont lancé la fermentation ? Combien de soufre a été ajouté à la mise en bouteille ? Les portes ouvertes s’y prêtent bien.

Chez un caviste ou sur un salon

Un caviste qui connaît ses vignerons fait gagner du temps. Il a goûté, il sait qui travaille sans levurage et qui vendange à la main. Sur un salon de vins bio, vous comparez en une après-midi des domaines que des centaines de kilomètres séparent.

Où trouver les vignerons bio

Vignerons Bio ne vend aucune bouteille. Le site présente les domaines et leurs vins, et l’achat se fait chez eux ou chez leurs revendeurs.

L’annuaire et la carte des domaines

L’annuaire des vignerons bio réunit 411 domaines sur une carte de France. Les filtres trient par région, appellation et cépage. Ils trient aussi par mode de culture (bio, biodynamie, conversion) et par label : Demeter, Biodyvin, Nature & Progrès, Vin méthode nature. Chaque fiche présente l’histoire du domaine, ses photos et ses labels.

Par région ou par cépage

Chacune des 14 régions a sa page, avec ses appellations, la part du bio dans son vignoble et ses domaines référencés. Le vignoble bio du Jura, au climat humide, ne traverse pas les mêmes années que les domaines bio du Languedoc-Roussillon. Les vins bio d’Alsace et ceux de la vallée de la Loire reposent encore sur d’autres cépages.

Si vous partez d’un goût plutôt que d’un lieu, les fiches des cépages expliquent comment chacun se comporte en bio. Le pinot noir craint le mildiou et la pourriture grise de ses grappes serrées. Le grenache redoute lui aussi le mildiou, mais pas la sécheresse.

Sur les salons, aux portes ouvertes et dans les cuvées

L’agenda des salons de vins bio recense les salons, portes ouvertes et dégustations où rencontrer les vignerons. Il se filtre par département et par date. Certains domaines détaillent aussi leurs vins dans les fiches cuvées : assemblage, sols, élevage, accords. Et pour un mot de la vigne ou de la cave, le dictionnaire du vin en explique 530.

Questions fréquentes sur le vin bio

Un vin bio contient-il des sulfites ?

Oui, presque toujours. Le soufre est autorisé en bio, avec des plafonds plus bas qu’en conventionnel. Pour un rouge sec, c’est 100 mg par litre, et 150 mg pour un blanc ou un rosé sec. Pour en boire très peu, cherchez les mentions Nature & Progrès ou Vin méthode nature.

Un vin bio est-il sans pesticides ?

Il est fait sans pesticides de synthèse. La vigne bio reçoit tout de même des traitements, surtout du cuivre et du soufre. D’autres substances d’origine naturelle figurent aussi sur la liste européenne.

Quelle différence entre vin bio et vin nature ?

Le vin bio suit un règlement européen, à la vigne et à la cave. Le vin nature va en général plus loin en cave, sans intrant ni filtration. Seule la mention Vin méthode nature le garantit.

Un vin biodynamique est-il forcément bio ?

S’il porte le label Demeter, oui : la certification bio est un préalable. Biodyvin exige des raisins bio et biodynamiques sur tout le domaine. Un vigneron qui se dit en biodynamie sans aucun label n’offre en revanche aucune garantie contrôlée.

Vin organique et vin bio, c’est pareil ?

Oui. « Vin organique » est un calque de l’anglais organic wine. En français, le terme réglementaire est « biologique », et « bio » est son abréviation admise.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Les règles du vin bio évoluent : signalez-nous ce qui aurait changé via le formulaire de contact.

Les vins bio région par région

Chaque vignoble a sa page : ses appellations, ses cépages, la part du bio et les domaines référencés.
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