Vignes de Savoie sur éboulis au pied d’une falaise calcaire

Les domaines viticoles bio en Savoie

La région en bref

  • 2 158 ha de vignoble
  • 3 AOP

Le vignoble de Savoie, entre Léman et Isère, couvre 2 158 ha et produit 140 000 hl, majoritairement en blancs (82 %) d’altitude. Ses terroirs glaciaires et éboulis du Mont Granier façonnent Apremont et Abymes, marqués par une minéralité tendue et une forte fraîcheur. Les 23 cépages, dont Jacquère, Altesse et Mondeuse, structurent les AOP Vin de Savoie, Roussette et Seyssel. Le vignoble s’engage en bio et en biodynamie, dans un contexte de gel printanier et de grêle récurrents.

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Une région viticole alpine façonnée par la montagne et les lacs

La viticulture savoyarde occupe une place singulière dans le paysage viticole français. Située aux contreforts des Alpes, entre le lac Léman et la vallée de l’Isère, elle déploie ses vignes sur des pentes abruptes, des terrasses glaciaires et des plaines alluviales façonnées par l’histoire géologique alpine. Ce vignoble de montagne s’étend sur environ 2 160 hectares, répartis sur quatre départements, et produit près de 140 000 hectolitres par an, avec une très nette domination des vins blancs, qui représentent 82 % de la production.

Cette identité alpine confère aux vins de Savoie une fraîcheur naturelle, une tension marquée et une expression aromatique intimement liée aux cépages autochtones. Longtemps restée confidentielle, la région connaît depuis la fin du XXᵉ siècle une relecture profonde de son potentiel qualitatif. Cette dynamique s’accompagne d’un engagement croissant en viticulture biologique et biodynamique, porté par des domaines à taille humaine, soucieux de préserver des terroirs fragiles et une biodiversité longtemps menacée par l’intensification agricole.

Une géographie fragmentée et un vignoble morcelé

Le vignoble savoyard s’étire sur près de 110 kilomètres du nord au sud, du Léman à l’Isère, dans un environnement montagnard complexe. Il couvre 28 communes en Savoie, 20 en Haute-Savoie, 2 dans l’Ain et 1 en Isère, illustrant une fragmentation administrative qui reflète aussi une fragmentation parcellaire marquée. Près de 66 % des exploitations cultivent moins de 5 hectares, avec une taille moyenne d’environ 2,7 hectares.

Cette mosaïque de petites parcelles impose une viticulture de précision. Les pentes, souvent raides, limitent la mécanisation et favorisent un travail manuel attentif. En contrepartie, elles offrent des expositions variées et une ventilation naturelle bénéfique à l’état sanitaire des raisins. Cette géographie morcelée participe pleinement à la diversité des expressions viticoles savoyardes.

Des terroirs issus de l’histoire glaciaire alpine

Les sols de Savoie résultent d’une histoire géologique récente, dominée par les glaciations quaternaires et l’érosion alpine. On y trouve une grande diversité de formations :

  • moraines glaciaires caillouteuses,
  • éboulis postglaciaires argilo-calcaires,
  • alluvions sablo-graveleuses,
  • molasses gréseuses.

Cette hétérogénéité crée une multitude de micro-terroirs, dont l’expression dépend étroitement de la pente, de l’altitude et de l’exposition.

Un événement géologique majeur marque durablement l’identité viticole savoyarde : l’éboulement du Mont Granier en 1248. Cet effondrement a généré un immense chaos d’éboulis argilo-calcaires, devenu le socle des terroirs d’Apremont et des Abymes. Ces sols très pierreux, parfois composés à 70 % de cailloux, assurent un drainage remarquable et favorisent l’expression minérale des vins.

Plus au nord-ouest, la Chautagne repose sur une ancienne cuvette glaciaire transformée en plaine alluviale. Les vignobles du Léman bénéficient quant à eux de sols fluvio-glaciaires légers, qui participent à la finesse et à la buvabilité des vins issus de Chasselas.

Un climat alpin exigeant mais structurant

L’influence combinée de plusieurs régimes climatiques

Le climat savoyard se caractérise par la rencontre de trois influences : continentale, océanique et méditerranéenne. Cette combinaison génère un climat continental modéré, atténué localement par l’effet régulateur des grands lacs.

Les principales caractéristiques climatiques sont les suivantes :

  • hivers rigoureux, avec environ 100 jours de gel par an,
  • étés chauds mais rarement caniculaires,
  • précipitations abondantes, souvent supérieures à 1 000 mm annuels,
  • vents réguliers (bise et traverse), limitant l’humidité stagnante.

Ces contraintes favorisent une maturation lente des raisins. Les amplitudes thermiques renforcent l’acidité naturelle, tandis que la fraîcheur limite les excès de richesse alcoolique. Les pentes bien exposées compensent la latitude et l’altitude par une concentration optimale de l’ensoleillement.

Des aléas climatiques de plus en plus marqués

Le changement climatique accentue certains risques historiques du vignoble savoyard. Les gelées printanières constituent aujourd’hui la menace la plus redoutée. L’épisode d’avril 2021, avec des températures descendant jusqu’à -6 °C, a causé des pertes majeures sur l’Altesse, le Chardonnay et le Pinot Noir.

La grêle représente un second fléau, avec des épisodes destructeurs récurrents, comme à Apremont en 2019, où jusqu’à 90 % de la récolte a été perdue. Les solutions de protection, telles que les filets para-grêle, restent coûteuses et difficiles à généraliser pour des exploitations de petite taille.

Un vignoble dominé par les vins blancs et les cépages autochtones

Chiffres-clés et structure de production

Sur ses 2 158 hectares, la Savoie produit environ 140 000 hectolitres. La répartition par couleur confirme la spécialisation régionale :

  • 82 % de vins blancs,
  • 11 % de vins rouges,
  • 7 % de rosés.

Trois appellations d’origine protégée structurent l’ensemble du vignoble :

  • AOP Vin de Savoie, cœur de la production régionale,
  • AOP Roussette de Savoie, dédiée à l’Altesse,
  • AOP Seyssel, reconnue pour ses vins effervescents.

Une biodiversité variétale exceptionnelle

Le vignoble savoyard cultive 23 cépages, dont 7 autochtones, véritable patrimoine génétique régional. Cette diversité confère aux vins une identité forte et différenciante.

Parmi les cépages blancs, la Jacquère domine largement, représentant près de 30 % des surfaces. Elle produit des vins légers, tendus et minéraux, parfaitement adaptés aux terroirs alpins. L’Altesse, également appelée Roussette, se distingue par sa capacité de garde et sa complexité aromatique. La Roussanne, localement nommée Bergeron, s’exprime avec ampleur sur les sols argilo-calcaires de Chignin.

D’autres cépages jouent un rôle complémentaire :

  • Chardonnay,
  • Chasselas,
  • Gringet,
  • Molette,
  • Mondeuse blanche.

Côté rouge, la Mondeuse noire incarne l’âme savoyarde. Cépage tardif et exigeant, elle donne des vins structurés, épicés et aptes à la garde. Le Gamay et le Pinot Noir complètent l’encépagement, tandis que le Persan, cépage ancien presque disparu, connaît une renaissance progressive.

Appellations et dénominations, reflets des terroirs

Une mosaïque de dénominations géographiques

L’AOP Vin de Savoie se décline en 16 dénominations géographiques, reconnaissant des terroirs distincts par leur géologie et leurs cépages. Certaines sont exclusivement dédiées aux vins blancs, comme Apremont et Abymes, issues des éboulis du Mont Granier. D’autres, telles que Arbin ou Saint-Jean-de-la-Porte, valorisent la Mondeuse en rouge.

Les secteurs du Léman, avec Crépy, Marin ou Ripaille, reposent sur le Chasselas et bénéficient de l’influence thermique du lac. Cette diversité d’origines renforce la lisibilité des vins savoyards tout en préservant leur typicité.

Des appellations spécialisées

L’AOP Roussette de Savoie consacre exclusivement l’Altesse, avec quatre crus reconnus pour leur finesse et leur potentiel de garde. L’AOP Seyssel, plus ancienne, se distingue par ses effervescents élaborés selon la méthode traditionnelle, à partir de Molette et d’Altesse.

Deux IGP, Comtés Rhodaniens et Vin des Allobroges, complètent l’offre, offrant davantage de liberté d’assemblage et de style.

Une histoire viticole ancienne et structurante

Des origines antiques à l’influence romaine

La viticulture savoyarde plonge ses racines dans l’Antiquité. Les Allobroges, peuple celte, cultivaient déjà la vigne sur ces pentes alpines. Les auteurs romains, tels que Strabon et Pline l’Ancien, mentionnaient la qualité de ces vins, souvent élevés en fûts de bois résineux, pratique à l’origine de profils aromatiques singuliers.

Moines, ducs et encadrement médiéval

À partir du XIᵉ siècle, les ordres monastiques relancent la viticulture, perfectionnant les techniques culturales. Sous l’impulsion des ducs de Savoie, certains terroirs gagnent en renommée. L’édit du ban des vendanges de 1559 témoigne déjà d’une volonté d’encadrer la qualité, même si la surproduction demeure dominante jusqu’au XVIIIᵉ siècle.

Crises, reconstruction et montée en qualité

Le XIXᵉ siècle marque un tournant avec le phylloxéra. Grâce à une maîtrise précoce du greffage, la Savoie parvient à reconstituer son vignoble. Le XXᵉ siècle, malgré les conflits mondiaux, voit émerger une dynamique qualitative fondée sur les cépages locaux et la reconnaissance des crus.

Viticulture biologique et biodynamique, une dynamique alpine

Une progression mesurée mais structurante

Près de 50 exploitations savoyardes sont aujourd’hui engagées en agriculture biologique. La Combe de Savoie constitue un foyer majeur de cette transition, aux côtés de l’Isère et de la Haute-Savoie pour la biodynamie.

Une viticulture adaptée aux contraintes montagnardes

La pratique biologique en Savoie se distingue par :

  • une réduction drastique des intrants,
  • un travail du sol soigné,
  • une gestion fine du feuillage,
  • une recherche d’équilibre naturel, favorisée par l’acidité intrinsèque des raisins.

Les approches biodynamiques, synchronisées avec les cycles naturels, renforcent la résilience des vignes face aux stress climatiques. La réapparition spontanée de la biodiversité végétale et animale illustre cette régénération des sols.

Un tissu de domaines engagés

Plusieurs domaines incarnent cette dynamique, qu’ils soient pionniers ou récemment installés. Tous partagent une philosophie de vinification minimaliste, privilégiant les levures indigènes, des élevages respectueux et des doses de soufre très limitées. Cette cohérence collective renforce la lisibilité des vins biologiques savoyards.

Une économie viticole fragile mais résiliente

Petites structures et pluriactivité

Le vignoble repose majoritairement sur de petites exploitations, souvent pluriactives. Cette structure limite la capacité d’investissement, mais favorise une approche artisanale et qualitative.

Enjeux de transmission et renouvellement générationnel

Le vieillissement des exploitants pose un défi majeur. Toutefois, l’attrait croissant de la viticulture biologique séduit de nouveaux profils, souvent en reconversion, porteurs de projets alignés avec les valeurs environnementales.

Commercialisation de proximité

Près de 70 % des ventes sont réalisées en Rhône-Alpes, principalement via la restauration et les circuits courts liés au tourisme de montagne. L’export demeure marginal, renforçant le caractère local et identitaire des vins savoyards.

Perspectives et avenir du vignoble savoyard

La Savoie viticole se trouve à un moment charnière. Les défis climatiques, économiques et humains sont réels, mais la richesse des terroirs, la singularité des cépages autochtones et la montée en puissance de la viticulture biologique et biodynamique offrent des perspectives solides.

Ce vignoble de montagne, longtemps discret, affirme aujourd’hui une identité forte et cohérente. Sa pérennité dépendra de la capacité collective à conjuguer adaptation climatique, transmission des exploitations et valorisation durable de ses terroirs alpins, tout en préservant l’authenticité qui fait la signature des vins de Savoie.

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Les 20 domaines référencés en Savoie

Vendangeuses du Domaine des Crocs Blancs

À Chapareillan, au pied du mont Granier, le Domaine des Crocs Blancs cultive 6 hectares dans l’appellation Abymes, dont le nom rappelle l’éboulement de 1248. Il est issu d’une transmission entre Franck Masson, vigneron depuis 1987, et Kevin Foucher, ancien cadre de santé. Certifié bio par Ecocert depuis 2024, il suit des pratiques biodynamiques et teste le lait entier pour réduire le cuivre. Ses blancs de Jacquère et d’Altesse font 80 % de la production, et certaines cuvées s’élèvent en jarres.

Vignoble du Domaine Quenard & Fils

Ancienne ferme des Chartreux rachetée en 1906, le Domaine Claude Quenard & Fils, ou La Gerbelle, cultive ses vignes à Chignin, en Savoie. André et Guy Quenard ont lancé sa conversion bio en 2000, puis obtenu le label Demeter à partir du millésime 2016. Jacquère, Chignin-Bergeron et Mondeuse d’Arbin y sont vinifiés sans levures ajoutées ni enzymes, et sans œnologue extérieur. La famille brasse aussi une bière bio avec son orge et reçoit ses visiteurs en chambre d’hôtes.

Vignoble du Domaine de Lucey

Le Domaine de Lucey cultive en Savoie les vignes du Château de Lucey, soit 6,7 hectares certifiés bio. Erwan Buchwalter et Anne-Cécile Pflieger, qui le portent, y défendent une viticulture inspirée de la biodynamie. Cépage majoritaire, l’Altesse donne des Roussettes de Savoie précises et tendues, marquées par les terroirs calcaires. En cave, le domaine n’utilise aucun intrant œnologique et fermente avec les levures indigènes, pour des vins vivants, frais et profondément savoyards.

Domaine Sylvain Ravier - Grappes de raisin blanc à maturité dans le feuillage

Le Domaine Sylvain Ravier cultive 13 hectares de vignes certifiées bio à Myans, entre le Mont Granier et la Savoyarde. Lancé en 2020 par Sylvain Ravier, il forme la branche bio de la maison familiale et s’est engagé en agriculture biologique en 2021. Ses cinq blancs de terroir, de jacquère, d’altesse et de roussanne, portent le nom de leur sol, des Galets aux Brêches. Toutes les cuvées fermentent en levures indigènes et sans soufre, avec un léger sulfitage à la mise.

Domaine des Ardoisières - Sarto en pierre sèche au milieu des vignes enneigées de Cevins

Le Domaine des Ardoisières est né en 1998 de la replantation du coteau de Cevins, en basse Tarentaise, une friche morcelée en 450 parcelles. Brice Omont, associé à Michel Grisard en 2005, dirige le domaine depuis 2010 et cultive aussi les marnes de Saint-Pierre-de-Soucy. Engagé en bio en 2005, il suit des pratiques biodynamiques sur des terrasses de micaschistes pentues jusqu’à 60 %, travaillées sans machine. Ses vins, en IGP Vin des Allobroges, portent des noms de roches : Schiste, Quartz, Améthyste ou Argile.

Domaine Giachino - Le chai en bois au milieu des vignes, sous les falaises de la Chartreuse

Le Domaine Giachino cultive 15 hectares en bio et en biodynamie à Chapareillan, sur les éboulis du mont Granier et au pied des Bauges. Frédéric Giachino a repris en 1988 les vignes de son grand-père, avant d’être rejoint par son frère David, puis par ses fils Clément et Antonin. Engagé en bio depuis 2006 et adhérent Demeter, le domaine vendange à la main et vinifie avec les seules levures indigènes. Jacquère, altesse, mondeuse, persan et cépages anciens du Grésivaudan donnent 14 cuvées, en AOP Savoie et en IGP Isère.

Les Vignes de Paradis - Le chai de Douvaine, le nom du domaine peint sur la façade

Les Vignes de Paradis cultivent 12 hectares en bio à Douvaine, en Haute-Savoie, sur les hauteurs du Léman. Dominique Lucas, vigneron venu de Bourgogne, a repris en 2008 un hectare de vignes à Ballaison, avant d’être rejoint par Karine Beauvais puis par Justine Lucas. Engagé en bio depuis 2009, le domaine y ajoute des pratiques biodynamiques : sols enherbés, compost et tisanes de plantes de montagne. Le chasselas domine une gamme de 19 cuvées élevées en œufs béton, amphores et demi-muids, presque toutes en IGP Vin des Allobroges.

Domaine Gilles Berlioz - Buttage d’hiver au cheval comtois dans une jeune vigne à Chignin

À Chignin, en Savoie, Christine et Gilles Berlioz ont créé en 1990 le domaine qu’ils appellent aujourd’hui Domaine partagé, engagé en bio en 1999 et certifié Demeter. Le sol y est travaillé au cheval et à la pioche, la vigne tressée à la main, sans désherbant. Les vendanges se font en commun avec les vignerons voisins. La roussanne donne les Chignin-Bergeron Les Filles et Les Fripons, aux côtés de la jacquère, de l’altesse, de la mondeuse et du gamay.

Domaine Saint-Germain - Vendangeurs vidant leurs seaux de jacquère dans la benne, devant la dent d’Arclusaz

Le Domaine Saint-Germain cultive 14 hectares en bio à Saint-Pierre-d’Albigny, sur les éboulis argilo-calcaires des Bauges, sous la dent d’Arclusaz. Raphaël Saint-Germain y travaille depuis 2001, rejoint en 2021 par sa fille Louise, qui s’occupe des vinifications. Engagé en bio depuis 2009, le domaine soigne ses vignes aux infusions de plantes et annonce 35 cépages de l’arc alpin, dont 20 oubliés ou perdus. Mondeuse, persan, altesse et petite arvine donnent une douzaine de cuvées, en AOP Savoie, en Roussette de Savoie et en IGP Vin des Allobroges.

Domaine des Côtes Rousses - Grappe de raisin noir cueillie à la main pendant les vendanges

Le Domaine des Côtes Rousses cultive 6 hectares en bio sur les coteaux d’argile rousse de Saint-Jean-de-la-Porte, en Combe de Savoie, avec des pentes de 15 à 45 %. Nicolas Ferrand y a créé son domaine en 2013, rejoint au quotidien par Marielle en 2020. Jacquère, altesse et mondeuse donnent dix cuvées en Vin de Savoie et en Roussette de Savoie, vinifiées en levures indigènes et élevées sans soufre. La cave et le caveau se trouvent à La Motte-Servolex, près de Chambéry, où l’accueil se fait sur rendez-vous.

Domaine des 13 Lunes - La cave en pierre et bois au-dessus des vignes, à Chapareillan

Le Domaine des 13 Lunes cultive ses vignes à Chapareillan, seule commune de l’Isère dans l’aire du Vin de Savoie, sur les sols nés de l’écroulement du mont Granier en 1248. Ancien menuisier ébéniste, Sylvain Liotard l’a repris fin 2016 et l’a engagé en agriculture biologique dès janvier 2017. Il y applique des pratiques biodynamiques, vendange à la main et vinifie sans levures ajoutées, avec peu de sulfites. Ses huit vins vont de la jacquère des Abymes et d’Apremont à la mondeuse, en passant par l’altesse et un « blouge ».

Domaine Ludovic Archer - Le vigneron au milieu des vignes, la vallée en contrebas

Le Domaine Ludovic Archer cultive 4 hectares en bio entre Chignin, Montmélian et Saint-Jean-de-la-Porte, au pied du massif des Bauges, avec sa cave à Arbin. Ludovic Archer a signé son premier millésime en 2019 et travaille neuf cépages, dont le persan et la douce noire, deux variétés savoyardes presque disparues. Les dix cuvées de 2024, en Vin de Savoie, Roussette de Savoie et IGP Vin des Allobroges, fermentent en levures indigènes et titrent entre 9,25 et 11,7 degrés. Un artiste alpin différent illustre les étiquettes de chaque millésime.

Vignerons Curtet - Vigneron marchant dans l’herbe haute entre les rangs de vigne et les jeunes arbres

Les Vignerons Curtet cultivent la vigne à Motz et à Serrières-en-Chautagne, sur des coteaux de molasse qui dominent le Rhône. En 2017, Florian et Marie Curtet reprennent le domaine de Jacques Maillet, pionnier de la bio en Savoie, certifié en agriculture biologique depuis 2016. Menée aujourd’hui par Florian Curtet, la ferme passe à l’agroforesterie, avec prairie non fauchée et arbres plantés. Depuis 2020, ses vins sortent en Vin de France, assemblages de mondeuse, gamay, jacquère ou altesse, ni filtrés ni sulfités.

Domaine de l’Aitonnement - Maxime Dancoine, vigneron, dans ses vignes

Le Domaine de l’Aitonnement fait revivre le vignoble d’Aiton, en Savoie, connu depuis quatre siècles pour sa mondeuse noire. Maxime Dancoine y a repris 58 ares en 2016 et cultive en bio des coteaux pentus jusqu’à 100 %, tout à la main, en gobelet sur échalas. Ses jeunes parcelles réunissent jusqu’à neuf cépages blancs de la région, à côté du joubertin, du persan et de la douce noire. Ses quatre cuvées en IGP Vin des Allobroges, dont la mondeuse Dark Side, sont élevées en jarres, amphores et demi-muids.

Domaine Paul Gadenne - Paul Gadenne à la porte de sa cave de Montlevin à Chignin

Le Domaine Paul Gadenne est né en 2019 à Chignin, en Savoie, avec 1,10 hectare loué et une collecte soutenue par 108 contributeurs. Formé à Beaune, Paul Gadenne cultive aujourd’hui 4,5 hectares à Chignin, Apremont et Myans, en agriculture biologique depuis son installation. Tout le travail de la vigne se fait à la main, et les vins s’élèvent en cuve huit mois sur lies fines, sur levures indigènes. La gamme réunit trois jacquères, un Chignin-Bergeron de roussanne et deux rouges de mondeuse et de gamay.

Domaine Anne-Sophie et Jean-François Quénard - Vignerons du domaine dans les vignes en automne

Le Domaine Anne-Sophie et Jean-François Quénard cultive 16 hectares en agriculture biologique à Chignin, au pied des tours médiévales, où la famille fait du vin depuis 1644. Œnologue marqué par Jules Chauvet, Jean-François a été rejoint en 2020 par sa fille Anne-Sophie, première transmission de père en fille du domaine. Leurs coteaux donnent des Chignin, des Chignin-Bergeron, une Roussette de Savoie, de la mondeuse et du persan. En cave, levures indigènes, amphores, œufs en béton et fûts se partagent les élevages, parcelle par parcelle.

Domaine Pascal, Annick et Noé Quenard - Un cheval de trait au travail dans les vignes, sous les tours de Chignin

Le Domaine Pascal, Annick et Noé Quenard cultive 6 hectares en bio et en biodynamie au pied des tours de Chignin, en Savoie, dont une jacquère plantée en 1903. Certifié bio depuis 2013 et labellisé Demeter, il taille et vendange à la main et laboure au cheval. Ses vins fermentent sur levures indigènes dans une cave de 1928, en Chignin et Chignin-Bergeron, avec du gamay et trois mondeuses. Le Guide Hachette 2022 a donné un coup de cœur à sa mondeuse L’Étoile de Gaspard 2019.

Corentin Houillon - Le vigneron observe un verre de vin au milieu de ses vignes

Né à Arbois, Corentin Houillon a repris début 2020 une partie de l’ancien domaine de Veronnet, à Serrières-en-Chautagne. Il y cultive 5 hectares de coteaux de molasse, engagés en agriculture biologique depuis 2020 et menés en pratiques biodynamiques. Gamay, mondeuse, pinot noir, altesse et jacquère y sont vendangés à la main et vinifiés au bas des vignes. Ses vins nature, sans soufre ajouté ni filtration, sortent en Vin de Savoie Chautagne, en Roussette de Savoie ou en Vin de France.

Domaine Finot - Un vendangeur verse des raisins noirs dans les caisses au bout du rang

À Bernin, sur les contreforts de la Chartreuse, Thomas Finot a repris en 2007 des vignes laissées à l’abandon dans la vallée du Grésivaudan. Il y cultive les cépages du pays, la verdesse en blanc, le persan et l’étraire de la Dhuy en rouge, à côté du pinot noir, du chardonnay et du viognier. L’exploitation est engagée en bio depuis 2011 et adhérente de Demeter pour la biodynamie. Ses vins sortent en IGP Isère Coteaux du Grésivaudan et s’élèvent en fût de chêne ou en œuf de grès.

Domaine des Orchis - Catherine et Philippe Héritier devant leurs vignes

Le Domaine des Orchis cultive en bio depuis 2011 quatre parcelles de piémont autour d’Annecy, de Frangy à Talloires, et vinifie à Poisy. Formés à Purpan, Catherine et Philippe Héritier y travaillent mondeuse, altesse et molette en pratiques biodynamiques, avec taille douce et tressage des lianes. Philippe a bâti lui-même le chai selon le nombre d’or, où les vins s’élèvent longuement sur lies. Le domaine élève aussi des escargots Gros Gris, servis comme ses vins sur des tables étoilées de la région.

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