Domaine des Côtes Rousses - Vignes en coteau au-dessus d’un village et de la vallée, face aux sommets enneigés

Domaine des Côtes Rousses

Région viticole

Région viticole

Savoie

Bio

Des coteaux d’argile rousse à Saint-Jean-de-la-Porte

Le Domaine des Côtes Rousses cultive 6 hectares de vignes en agriculture biologique, en Savoie. Elles poussent pour l’essentiel à Saint-Jean-de-la-Porte, dans la Combe de Savoie. La cave et le caveau, eux, se trouvent à La Motte-Servolex, à côté de Chambéry. Nicolas et Marielle Ferrand se présentent comme des paysans vignerons. Leurs vins bio viennent de coteaux raides, plantés surtout de cépages savoyards.

Champ-Roux, le lieu-dit qui a donné son nom au domaine

Les premières vignes, prises en fermage, se trouvent au lieu-dit Champ-Roux. Les argiles y ont des reflets roux. La même teinte revient sur les coteaux au moment des vendanges, sous le soleil puis avec l’automne. Le nom du domaine vient de là.

La commune occupe le milieu de la Combe de Savoie, sur la rive droite de l’Isère, au pied du massif des Bauges. Les vignes dominent la vallée comme depuis un balcon. Le domaine décrit sur ses pentes un microclimat où vivent cigales, truffes, érables de Montpellier, genévriers et amandiers. Il y voit « des petits coins de garrigue au milieu des Alpes ».

De 350 à 580 mètres, des pentes de 15 à 45 %

Sur la commune, les parcelles s’étagent entre 350 et 580 mètres d’altitude. Les sols sont argilo-calcaires et marno-calcaires. Les coteaux regardent le sud-est, avec des pentes de 15 à 45 %.

Domaine des Côtes Rousses - Jeune vigne plantée en forte pente, face à la vallée et aux montagnes
Une jeune vigne en forte pente, au-dessus de la vallée.

Les cépages sont en majorité autochtones : jacquère, altesse et mondeuse. Le domaine cultive aussi un peu de chardonnay et de pinot. Deux plantations ont été faites hors de la commune. De la roussanne a été plantée en 2014 à Montmélian, sur des éboulis calcaires. De l’altesse a suivi en 2015 à Monthoux.

Le domaine a longtemps détaillé ses vignes lieu-dit par lieu-dit : La Bourra, Les Caillates, Rochasset, La Petite Thuile, Champ Baron. Aux Millettes, le sol vient de moraines. On y trouve du granite, des micaschistes, des quartzites, charriés par le glacier depuis le fond des vallées savoyardes.

Le Coteau de la Mort, une pente remise en valeur

L’un de ces coteaux s’appelle le Coteau de la Mort. Sa forte pente l’avait fait délaisser. Il était pourtant réputé pour sa mondeuse depuis le Moyen Âge, à l’époque où des moines le cultivaient en terrasses. Le domaine y a planté de la mondeuse en 2016 et en tire aujourd’hui une cuvée parcellaire.

Nicolas et Marielle Ferrand, paysans vignerons

Du master d’aménagement rural au premier millésime de 2014

Nicolas Ferrand a d’abord passé un master en aménagement des territoires ruraux. « Ma place devrait être en bureau », écrit-il. Il a préféré faire vivre directement les paysages agricoles. Il travaille en alpage, vinifie en 2010, passe par l’administration agricole. Il étudie aussi au lycée viticole de Beaune.

En 2013, il crée son domaine en reprenant des parcelles d’anciens coopérateurs sur les coteaux de Saint-Jean-de-la-Porte. Le premier millésime sort en 2014. Marielle, présente depuis le début, le rejoint au quotidien en 2020. Elle l’accompagne à la vigne, au bureau et à la cave.

Domaine des Côtes Rousses - Nicolas et Marielle Ferrand dans les vignes
Nicolas et Marielle Ferrand.

La famille connaissait déjà la vigne et la montagne. Les grands-parents de Nicolas étaient vignerons et alpagistes dans les Bauges. Armenaz est le nom de la montagne où ils menaient leurs vaches tarines en estive. Une cuvée de jacquère le porte aujourd’hui.

La page d’accueil du domaine affiche une devise : « C’est à la terre collée à ses bottes qu’on reconnaitra un bon vigneron ».

Bio depuis 2016, avec des pratiques inspirées de la biodynamie

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2016. Tous ses vins sont aujourd’hui certifiés, et des parcelles terminent encore leur conversion. Les Ferrand ont fait le choix d’un domaine à taille humaine.

Ils travaillent avec des méthodes paysannes, les plus naturelles possibles. Ils essaient de suivre le calendrier biodynamique et soignent leurs vignes avec des extraits de plantes inspirés de la biodynamie. Ce sont des pratiques biodynamiques, sans certification. Le domaine adhère par ailleurs aux Pétavins, une association de vignerons bio savoyards.

Domaine des Côtes Rousses - Piochage à la main au pied d’un vieux cep
Le piochage au pied des ceps.

Une cave à La Motte-Servolex, loin des vignes

Les anciennes écuries de la ferme familiale

La cuverie et la cave sont installées dans la ferme familiale de La Motte-Servolex. Elles occupent les anciennes écuries, celles des vaches des grands-parents. Les trappes à foin y ont été conservées pour travailler par gravité. Les vins poursuivent ensuite leur élevage en cave enterrée.

Domaine des Côtes Rousses - La cave, ses barriques et un foudre ovale
La cave : barriques et foudre ovale.

Levures indigènes, lies totales et pas de soufre

Le principe est d’intervenir le moins possible. Les fermentations se font en levures indigènes, et le domaine parle de « vins mono-ingrédients ». D’une cuvée à l’autre, la même ligne revient sur les fiches : élevage sur lies totales, sans soufre. Le rouge Piste Rouge est vinifié en grappes entières et mis en bouteille sans filtration.

Les contenants changent selon le vin. La cave abrite des foudres, dont un petit foudre alsacien ovale, des barriques de plusieurs vins et des demi-muids. S’y ajoutent une jarre et un œuf en grès, ainsi que des amphores en terre cuite. La Pente, par exemple, est élevée pour moitié en vieux foudre, pour 35 % en jarre de grès et pour 15 % en barriques.

Un caveau ouvert sur rendez-vous

L’accueil se fait au caveau de La Motte-Servolex, seulement sur rendez-vous. Les vignerons préviennent : les vignes étant loin, ils reçoivent plutôt « un jour de pluie, de bureau ou en fin de journée ». La Région Auvergne-Rhône-Alpes soutient les travaux d’aménagement du caveau.

Domaine des Côtes Rousses - Verre de vin rouge servi au milieu des vignes
Un verre de rouge servi au milieu des vignes.

Dix cuvées en Vin de Savoie et en Roussette de Savoie

La gamme compte sept blancs et trois rouges, tous en appellation. Les degrés annoncés vont de 10,5° à 13°. À table, le domaine pense d’abord aux poissons, aux fromages de Savoie et aux cochonnailles de l’apéritif.

Jacquère et altesse, du blanc de copains à la macération

La jacquère donne trois vins. La Pente assemble les coteaux pentus du domaine : un blanc frais et minéral, un « vin de copains » selon ses auteurs. Armenaz vient d’une seule vigne, à 580 mètres, sur un terroir d’argiles rousses. Il est élevé entièrement en foudre et peut se garder cinq à six ans.

Troublant est une jacquère de macération, vinifiée en amphore de terre cuite à la manière géorgienne. La robe est trouble, d’un jaune plus intense. Le nez tire sur le poivre blanc, et les tanins laissent une légère amertume.

L’altesse fait Ensemble, une Roussette de Savoie qui réunit rondeur et tension. Son nom rend hommage à tous ceux qui ont aidé au premier millésime. Mon Blanc repose surtout sur le chardonnay, élevé en barriques bourguignonnes de plusieurs vins.

La mondeuse du cru Saint-Jean-de-la-Porte

Dans l’AOC Vin de Savoie, la dénomination Saint-Jean-de-la-Porte désigne des rouges de mondeuse. Le cru a été officialisé en 1973 et couvre 19 hectares revendiqués. Le domaine y produit deux cuvées.

Domaine des Côtes Rousses - Raisins noirs vendangés en caisses au pied des ceps
Raisins noirs vendangés en caisses.

Les Montagnes Rousses est vinifiée en douceur, avec peu d’extraction, puis élevée en amphores de terre cuite. Le résultat est un rouge frais, aux tanins souples, avec une touche poivrée. Coteau de la Mort, la cuvée parcellaire, donne de faibles rendements. Son élevage est long, en amphore et en demi-muids, et le domaine la destine à la garde.

Le Guide Hachette des Vins a donné deux étoiles aux Montagnes Rousses 2015 et au Coteau de la Mort 2015 dans son édition 2018, puis aux Montagnes Rousses 2016 dans son édition 2019. En 2016, le domaine annonçait aussi un coup de cœur de La Revue du vin de France, dans son numéro spécial de juin sur le millésime 2015.

Monthoux et Chignin-Bergeron, deux crus hors de la commune

Mon Tout est une Roussette de Savoie du cru Monthoux, à Saint-Jean-de-Chevelu, sur des éboulis de calcaire urgonien. Le domaine parle d’un « petit cru oublié » : la dénomination ne compte que 5 hectares revendiqués. Les parcelles sont cultivées à moitié avec le Domaine de Chevillard, ce que les Ferrand appellent un « monopole partagé ». Le vin, marqué par le calcaire, est fait pour vieillir.

Verre-tige est un Chignin-Bergeron, donc une roussanne, élevée sur lies dans le petit foudre ovale. Le cépage est naturellement peu acide. Le vin trouve son équilibre dans l’amertume et dans la minéralité d’un terroir très calcaire.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Savoie

  • Domaine de l’Aitonnement

    Le Domaine de l’Aitonnement fait revivre le vignoble d’Aiton, en Savoie, connu depuis quatre siècles pour sa mondeuse noire. Maxime Dancoine y a repris 58 ares en 2016 et cultive en bio des coteaux pentus jusqu’à 100 %, tout à la main, en gobelet sur échalas. Ses jeunes parcelles réunissent jusqu’à neuf cépages blancs de la région, à côté du joubertin, du persan et de la douce noire. Ses quatre cuvées en IGP Vin des Allobroges, dont la mondeuse Dark Side, sont élevées en jarres, amphores et demi-muids.

  • Vignerons Curtet

    Les Vignerons Curtet cultivent la vigne à Motz et à Serrières-en-Chautagne, sur des coteaux de molasse qui dominent le Rhône. En 2017, Florian et Marie Curtet reprennent le domaine de Jacques Maillet, pionnier de la bio en Savoie, certifié en agriculture biologique depuis 2016. Menée aujourd’hui par Florian Curtet, la ferme passe à l’agroforesterie, avec prairie non fauchée et arbres plantés. Depuis 2020, ses vins sortent en Vin de France, assemblages de mondeuse, gamay, jacquère ou altesse, ni filtrés ni sulfités.

  • Domaine Ludovic Archer

    Le Domaine Ludovic Archer cultive 4 hectares en bio entre Chignin, Montmélian et Saint-Jean-de-la-Porte, au pied du massif des Bauges, avec sa cave à Arbin. Ludovic Archer a signé son premier millésime en 2019 et travaille neuf cépages, dont le persan et la douce noire, deux variétés savoyardes presque disparues. Les dix cuvées de 2024, en Vin de Savoie, Roussette de Savoie et IGP Vin des Allobroges, fermentent en levures indigènes et titrent entre 9,25 et 11,7 degrés. Un artiste alpin différent illustre les étiquettes de chaque millésime.

  • Domaine des 13 Lunes

    Le Domaine des 13 Lunes cultive ses vignes à Chapareillan, seule commune de l’Isère dans l’aire du Vin de Savoie, sur les sols nés de l’écroulement du mont Granier en 1248. Ancien menuisier ébéniste, Sylvain Liotard l’a repris fin 2016 et l’a engagé en agriculture biologique dès janvier 2017. Il y applique des pratiques biodynamiques, vendange à la main et vinifie sans levures ajoutées, avec peu de sulfites. Ses huit vins vont de la jacquère des Abymes et d’Apremont à la mondeuse, en passant par l’altesse et un « blouge ».

  • Domaine Saint-Germain

    Le Domaine Saint-Germain cultive 14 hectares en bio à Saint-Pierre-d’Albigny, sur les éboulis argilo-calcaires des Bauges, sous la dent d’Arclusaz. Raphaël Saint-Germain y travaille depuis 2001, rejoint en 2021 par sa fille Louise, qui s’occupe des vinifications. Engagé en bio depuis 2009, le domaine soigne ses vignes aux infusions de plantes et annonce 35 cépages de l’arc alpin, dont 20 oubliés ou perdus. Mondeuse, persan, altesse et petite arvine donnent une douzaine de cuvées, en AOP Savoie, en Roussette de Savoie et en IGP Vin des Allobroges.

  • Domaine Gilles Berlioz

    À Chignin, en Savoie, Christine et Gilles Berlioz ont créé en 1990 le domaine qu’ils appellent aujourd’hui Domaine partagé, engagé en bio en 1999 et certifié Demeter. Le sol y est travaillé au cheval et à la pioche, la vigne tressée à la main, sans désherbant. Les vendanges se font en commun avec les vignerons voisins. La roussanne donne les Chignin-Bergeron Les Filles et Les Fripons, aux côtés de la jacquère, de l’altesse, de la mondeuse et du gamay.

  • Les Vignes de Paradis

    Les Vignes de Paradis cultivent 12 hectares en bio à Douvaine, en Haute-Savoie, sur les hauteurs du Léman. Dominique Lucas, vigneron venu de Bourgogne, a repris en 2008 un hectare de vignes à Ballaison, avant d’être rejoint par Karine Beauvais puis par Justine Lucas. Engagé en bio depuis 2009, le domaine y ajoute des pratiques biodynamiques : sols enherbés, compost et tisanes de plantes de montagne. Le chasselas domine une gamme de 19 cuvées élevées en œufs béton, amphores et demi-muids, presque toutes en IGP Vin des Allobroges.

  • Domaine Giachino

    Le Domaine Giachino cultive 15 hectares en bio et en biodynamie à Chapareillan, sur les éboulis du mont Granier et au pied des Bauges. Frédéric Giachino a repris en 1988 les vignes de son grand-père, avant d’être rejoint par son frère David, puis par ses fils Clément et Antonin. Engagé en bio depuis 2006 et adhérent Demeter, le domaine vendange à la main et vinifie avec les seules levures indigènes. Jacquère, altesse, mondeuse, persan et cépages anciens du Grésivaudan donnent 14 cuvées, en AOP Savoie et en IGP Isère.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine