Vignerons Curtet - L’équipe des vendanges porte les caisses de raisin dans le coteau enherbé

Vignerons Curtet

Région viticole

Région viticole

Savoie

Bio

Des coteaux de molasse au-dessus du Rhône

La ferme des Vignerons Curtet se trouve à Motz, en Chautagne, une quinzaine de kilomètres au nord du lac du Bourget. Ses vignes dominent la vallée du Rhône, là où le fleuve file vers le sud. Elles s’étendent sur deux communes, Motz et Serrières-en-Chautagne, et sont cultivées en agriculture biologique.

La « petite Provence de Savoie »

La Chautagne regroupe quatre communes viticoles : Chindrieux, Motz, Ruffieux et Serrières-en-Chautagne. Ses coteaux, exposés plein ouest, s’étirent sur une quinzaine de kilomètres dans le prolongement du lac du Bourget. Le lac adoucit le climat, et la vallée du Rhône y apporte une influence méridionale.

On la surnommait autrefois la « petite Provence de Savoie ». Sur les coteaux du domaine, l’olivier et le figuier en témoignent encore : ils profitent des hivers doux et des étés chauds. Les vignes des Curtet regardent l’ouest et le sud-ouest.

Un grès dur mais friable

Le sol est fait de molasse, ou grès molassique : un sol sablo-limoneux d’origine marine. Malgré son nom, cette roche est un grès très dur, qui s’effrite pourtant sous les doigts. Elle garantit des pH très bas. Par endroits, la molasse affleure dans les parcelles de blanc.

Vignerons Curtet - Un bloc de molasse, le grès sableux des coteaux, émietté entre deux mains
La molasse, le grès sableux d’origine marine qui porte les vignes. Photo Sébastien Tournier.

Les vignes se partagent entre deux zones aux noms évocateurs : le Cellier des Pauvres, sur Motz, et les Vignes du Seigneur, sur Serrières. Ces dernières ont un sol un peu plus épais et des pentes un peu plus douces. Les fiches techniques citent aussi les lieux-dits La Clairmonde et Dorlie.

De Jacques Maillet à Florian Curtet

Le domaine a une longue histoire bio derrière lui. Avant les Curtet, ces vignes appartenaient à Jacques Maillet, l’un des pionniers de l’agriculture biologique en Savoie.

Une reprise en trio, puis en couple

Florian et Marie Curtet reprennent officiellement le domaine le 1er janvier 2017. Ils avaient déjà produit le millésime 2016 « en trio » avec Jacques Maillet. Ils récupèrent alors 4,8 hectares en très bon état, plantés pour la plupart en 1991.

Florian, citadin d’origine, a suivi un BTS viti-œno à Beaune, puis travaillé un an chez Jean-Christophe Comor, dans le Var. Marie, née dans une famille d’agriculteurs de Morlaix, a passé deux ans chez Gilles Berlioz, en Savoie. L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis décembre 2016.

Dès la reprise, le couple conduit les vignes selon des pratiques biodynamiques. L’objectif est déjà de laisser l’herbe travailler le sol à la place des outils : on sème, puis on roule le couvert, qui forme un mulch en se décomposant.

Une ferme qui vit avec son équipe

La ferme, aujourd’hui, c’est Florian : Marie a quitté l’aventure. Mais le domaine ne tient pas à une seule personne. Au fil des saisons, Laurent, Lisa, Lucie, Manu, Sylvain, Laurie, Amandine et bien d’autres ont participé à ses projets.

Vignerons Curtet - Florian Curtet, un verre de vin rouge à la main
Florian Curtet mène aujourd’hui la ferme.

Dans l’année, des jeunes et des moins jeunes, d’ici et d’ailleurs, viennent prêter main-forte. Aux vendanges, novices et habitués forment une équipe curieuse, amoureuse de la vigne et du vin. Le domaine en parle comme d’« un hymne à la vie ».

Vignerons Curtet - Une équipe réunie dans la cour de la ferme, sous la treille
Toute une équipe réunie dans la cour de la ferme.

L’arbre revient dans la vigne

Le grand chantier de la ferme Curtet, c’est l’agroforesterie. Le domaine cherche à sortir de la monoculture et à recréer un système très diversifié. Le sol n’y est plus un simple support, la vigne n’y est plus seule en scène.

Prairie non fauchée et vigne complantée

La prairie permanente n’est plus fauchée. La vigne est complantée, et l’arbre implanté au cœur même des parcelles. Pour les Curtet, il est un pilier de la fertilité des sols, un vecteur de diversité et un allié pour tendre vers l’autonomie de la ferme.

Les traitements et les passages de tracteur diminuent, en attendant que le système s’équilibre de lui-même. L’objectif affiché est de s’en passer complètement d’ici quelques années. En 2022, aucun traitement n’a été appliqué à la vigne sur l’ensemble du domaine.

Des haies plantées avec le collège de Seyssel

En 2021, Florian Curtet décide de planter un millier d’arbres en amont de ses vignes. La raison est climatique : les derniers étés et leurs records de chaleur ont littéralement brûlé la vigne, trop exposée au soleil.

Le 26 février 2021, une classe de quatrième du collège de Seyssel est venue planter près de 200 arbustes en amont d’une parcelle, avec l’association Des Enfants et des arbres. Cornouillers, aubépines, framboisiers et noisetiers venaient d’un producteur de jeunes plants certifié Végétal local. Les haies offrent le gîte et le couvert aux insectes et aux oiseaux.

Hors appellation par choix, depuis 2020

Jusqu’en 2019, les vins du domaine sortaient en Vin de Savoie, dont une cuvée Chautagne, du nom du cru reconnu en 1973, et en Roussette de Savoie. Le millésime 2020 marque le passage en Vin de France.

La liberté d’assembler

Pour les Curtet, quitter l’appellation était une étape nécessaire pour laisser libre cours à leur créativité. Leurs projets se mènent ainsi en toute autonomie. Le principe ne varie plus : l’assemblage toujours, avec des élevages qui changent d’une cuvée à l’autre.

Le domaine cultive une dizaine de cépages. En rouge, on trouve la mondeuse, le gamay et le pinot noir. En blanc, la jacquère et l’altesse côtoient le gringet, la molette, la mondeuse blanche et le savagnin. La Glisse 2022 réunissait ainsi neuf cépages, mondeuse à 60 % et gamay à 30 %.

Un chai reconstruit par l’équipe

En 2020, après deux ans de démolition puis de reconstruction, le domaine vinifie pour la première fois dans son propre chai. L’équipe de la ferme a démoli, les artisans de la commune ont reconstruit. L’isolation en laine de bois et en liège a été posée par l’équipe, comme le bardage en douglas scié à moins de 10 kilomètres.

La cuverie compte surtout des cuves en béton, de vieux foudres et quelques barriques. Les cuves en fibre de verre ne servent qu’aux transferts et aux assemblages, jamais à l’élevage. Tous les raisins du domaine, et seulement eux, sont transformés ici, sans intrants en vinification ni en élevage.

Des vins légers, nerveux et sans soufre ajouté

Les vins récents titrent souvent autour de 11 %. Ils ne sont ni filtrés ni sulfités. Les Curtet veulent des vins qui reflètent le millésime, le terroir et la diversité présente dans leurs vignes.

Des rouges à peine macérés

Alisse et La Glisse Rouge réunissent la mondeuse, le gamay et les autres cépages du domaine, rouges et blancs mêlés. La vendange passe en presse directe, après une macération très courte en grappes entières. Suivent neuf mois d’élevage sur lies, en foudre pour Alisse, en cuves béton et demi-muids pour La Glisse Rouge 2023.

Frisson des Cimes 2021 est une mondeuse seule, issue de vignes d’une cinquantaine d’années à Motz. Elle macère douze jours en grappes entières avant le pressurage, puis s’élève 24 mois sur lies en demi-muids. Elle ne titre que 9,5 %.

Vignerons Curtet - Dégustation d’un vin rouge au chai, contre une cuve en bois
Un rouge goûté au chai, contre une cuve en bois.

Des blancs qui prennent leur temps

Les blancs viennent tous de Motz, sur la molasse affleurante. Vertige Blanc 2021 a passé 24 mois sur lies totales en foudre, sans ouillage. La Glisse Blanc 2023 associe un pressurage direct, une macération de trois jours et neuf mois sur lies en foudre.

Tonnerre de Grès assemble trois millésimes, 2020, 2021 et 2022, élevés en cuve béton. Le 2020 y a passé 33 mois sur lies. En 2021, un tiers de l’assemblage venait du gringet, du savagnin, de la molette et de la mondeuse blanche, macérés dans le jus d’altesse.

Une bouteille plus légère et un accueil à la ferme

Le domaine réduit aussi l’empreinte de ses emballages. Depuis le millésime 2020, la capsule a disparu, les vins partent en cartons de 12 et la bouteille est allégée. La consigne est à l’étude.

Le domaine reçoit en Chautagne tout au long de l’année, pour des visites et des dégustations. Les vignerons étant le plus souvent dans les vignes en journée, la visite se fait sur rendez-vous. Les vins s’achètent directement à la ferme.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Savoie

  • Domaine Anne-Sophie et Jean-François Quénard

    Le Domaine Anne-Sophie et Jean-François Quénard cultive 16 hectares en agriculture biologique à Chignin, au pied des tours médiévales, où la famille fait du vin depuis 1644. Œnologue marqué par Jules Chauvet, Jean-François a été rejoint en 2020 par sa fille Anne-Sophie, première transmission de père en fille du domaine. Leurs coteaux donnent des Chignin, des Chignin-Bergeron, une Roussette de Savoie, de la mondeuse et du persan. En cave, levures indigènes, amphores, œufs en béton et fûts se partagent les élevages, parcelle par parcelle.

  • Domaine Paul Gadenne

    Le Domaine Paul Gadenne est né en 2019 à Chignin, en Savoie, avec 1,10 hectare loué et une collecte soutenue par 108 contributeurs. Formé à Beaune, Paul Gadenne cultive aujourd’hui 4,5 hectares à Chignin, Apremont et Myans, en agriculture biologique depuis son installation. Tout le travail de la vigne se fait à la main, et les vins s’élèvent en cuve huit mois sur lies fines, sur levures indigènes. La gamme réunit trois jacquères, un Chignin-Bergeron de roussanne et deux rouges de mondeuse et de gamay.

  • Domaine de l’Aitonnement

    Le Domaine de l’Aitonnement fait revivre le vignoble d’Aiton, en Savoie, connu depuis quatre siècles pour sa mondeuse noire. Maxime Dancoine y a repris 58 ares en 2016 et cultive en bio des coteaux pentus jusqu’à 100 %, tout à la main, en gobelet sur échalas. Ses jeunes parcelles réunissent jusqu’à neuf cépages blancs de la région, à côté du joubertin, du persan et de la douce noire. Ses quatre cuvées en IGP Vin des Allobroges, dont la mondeuse Dark Side, sont élevées en jarres, amphores et demi-muids.

  • Domaine Ludovic Archer

    Le Domaine Ludovic Archer cultive 4 hectares en bio entre Chignin, Montmélian et Saint-Jean-de-la-Porte, au pied du massif des Bauges, avec sa cave à Arbin. Ludovic Archer a signé son premier millésime en 2019 et travaille neuf cépages, dont le persan et la douce noire, deux variétés savoyardes presque disparues. Les dix cuvées de 2024, en Vin de Savoie, Roussette de Savoie et IGP Vin des Allobroges, fermentent en levures indigènes et titrent entre 9,25 et 11,7 degrés. Un artiste alpin différent illustre les étiquettes de chaque millésime.

  • Domaine des 13 Lunes

    Le Domaine des 13 Lunes cultive ses vignes à Chapareillan, seule commune de l’Isère dans l’aire du Vin de Savoie, sur les sols nés de l’écroulement du mont Granier en 1248. Ancien menuisier ébéniste, Sylvain Liotard l’a repris fin 2016 et l’a engagé en agriculture biologique dès janvier 2017. Il y applique des pratiques biodynamiques, vendange à la main et vinifie sans levures ajoutées, avec peu de sulfites. Ses huit vins vont de la jacquère des Abymes et d’Apremont à la mondeuse, en passant par l’altesse et un « blouge ».

  • Domaine des Côtes Rousses

    Le Domaine des Côtes Rousses cultive 6 hectares en bio sur les coteaux d’argile rousse de Saint-Jean-de-la-Porte, en Combe de Savoie, avec des pentes de 15 à 45 %. Nicolas Ferrand y a créé son domaine en 2013, rejoint au quotidien par Marielle en 2020. Jacquère, altesse et mondeuse donnent dix cuvées en Vin de Savoie et en Roussette de Savoie, vinifiées en levures indigènes et élevées sans soufre. La cave et le caveau se trouvent à La Motte-Servolex, près de Chambéry, où l’accueil se fait sur rendez-vous.

  • Domaine Saint-Germain

    Le Domaine Saint-Germain cultive 14 hectares en bio à Saint-Pierre-d’Albigny, sur les éboulis argilo-calcaires des Bauges, sous la dent d’Arclusaz. Raphaël Saint-Germain y travaille depuis 2001, rejoint en 2021 par sa fille Louise, qui s’occupe des vinifications. Engagé en bio depuis 2009, le domaine soigne ses vignes aux infusions de plantes et annonce 35 cépages de l’arc alpin, dont 20 oubliés ou perdus. Mondeuse, persan, altesse et petite arvine donnent une douzaine de cuvées, en AOP Savoie, en Roussette de Savoie et en IGP Vin des Allobroges.

  • Domaine Gilles Berlioz

    À Chignin, en Savoie, Christine et Gilles Berlioz ont créé en 1990 le domaine qu’ils appellent aujourd’hui Domaine partagé, engagé en bio en 1999 et certifié Demeter. Le sol y est travaillé au cheval et à la pioche, la vigne tressée à la main, sans désherbant. Les vendanges se font en commun avec les vignerons voisins. La roussanne donne les Chignin-Bergeron Les Filles et Les Fripons, aux côtés de la jacquère, de l’altesse, de la mondeuse et du gamay.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine