Domaine Paul Gadenne - Jeunes pousses de vigne au printemps, face aux montagnes

Domaine Paul Gadenne

Région viticole

Région viticole

Savoie

Bio

Un vigneron venu de Dunkerque, installé à Chignin en 2019

Le Domaine Paul Gadenne est un jeune domaine de vin bio de Savoie, installé à Chignin, dans le hameau de Montlevin. Paul Gadenne l’a créé en 2019 et l’a engagé en agriculture biologique dès le mois de janvier. Il cultive 4,5 hectares sur les coteaux de Chignin, d’Apremont et de Myans, et vinifie lui-même ses raisins dans sa cave du village.

Du travail saisonnier au BTS de Beaune

Originaire de Dunkerque, Paul Gadenne arrive en Savoie à 13 ans. Il découvre la vigne pendant les vacances scolaires, en travaillant chez des viticulteurs voisins. Après un bac général obtenu en 2015, il part à Beaune préparer un BTS viticulture-œnologie, qu’il décroche en 2017.

De retour en Savoie, il travaille pour plusieurs vignerons du secteur. En 2019, il est encore salarié chez Pascal et Annick Quenard, viticulteurs en bio, au moment où il lance sa propre exploitation. Il garde cet emploi pour démarrer sans brûler les étapes.

Domaine Paul Gadenne - Paul Gadenne dans une parcelle de vignes palissées
Paul Gadenne, formé à Beaune, installé à Chignin depuis 2019.

Un hectare loué et 108 contributeurs

Tout commence le 1er janvier 2019, avec 1,10 hectare de vignes en location sur la commune de Chignin. Paul Gadenne a alors 22 ans. Pour s’équiper, il lance une collecte participative : 108 contributeurs y apportent 14 030 euros, et le projet est financé le 8 juillet 2019, deux mois avant ses premières vendanges.

Le plan tenait en une ligne : grandir parcelle après parcelle, jusqu’à 4 hectares, la surface qu’il jugeait nécessaire pour vivre de son vin. En 2025, le domaine en compte 4,5. Le premier objectif est dépassé.

4,5 hectares entre Chignin, Apremont et Myans

Les vignes se répartissent sur trois communes du secteur viticole de la cluse de Chambéry. Toutes relèvent de l’AOC Vin de Savoie, mais chacune a son sol et son histoire.

Chignin, des coteaux au pied des Bauges

Le domaine est né sur les contreforts du massif des Bauges. À Chignin, les coteaux regardent le sud et le sud-est, à l’abri des vents du nord. Les pentes sont relevées, avec des éboulis calcaires dans le haut et des sols marno-calcaires dans le bas. Les ruines de sept tours médiévales ponctuent encore le vignoble.

Le village porte deux dénominations de l’AOC Vin de Savoie. Chignin (79 hectares revendiqués) se partage entre la jacquère en blanc et la mondeuse, le gamay, le pinot ou le persan en rouge. Chignin-Bergeron (106 hectares) est réservé à la roussanne, sur les seules communes de Chignin, Francin et Montmélian.

Apremont et Myans, sur les éboulis du Granier

Voisines, Apremont et Myans occupent les terres bouleversées par l’éboulement du mont Granier en 1248. Les rochers calcaires y ont recouvert d’anciennes moraines glaciaires et des marnes. La dénomination Apremont (331 hectares) est consacrée à la jacquère, sur des coteaux pentus souvent tournés au sud et à l’est.

Myans appartient, avec Apremont, Les Marches et Chapareillan, à la dénomination voisine des Abymes, elle aussi plantée de jacquère. Côté Apremont, La Grimpe porte le nom de la dénomination sur son étiquette.

Le bio à la main, la vinification en cuve

Engagé en bio dès janvier 2019

Paul Gadenne a engagé son exploitation en agriculture biologique le 31 janvier 2019, auprès d’Ecocert. Une partie des vignes louées était déjà conduite en bio : le Chignin-Bergeron et la Mondeuse sont sortis certifiés dès le départ, quand la jacquère entamait sa conversion.

Le domaine s’est agrandi par parcelles, et chaque vigne reprise passe à son tour par la conversion. En 2026, la Mondeuse est encore présentée en conversion biologique, alors que les cinq autres cuvées portent la certification.

Dans les rangs, tout se fait à la main, de la taille aux vendanges.

Domaine Paul Gadenne - Grappes de raisin noir vendangées à la main en caisses
Au domaine, les vendanges se font à la main.

Levures indigènes et huit mois sur lies fines

En cave, les fermentations partent sur levures indigènes. Tous les vins sont vinifiés et élevés en cuve, pendant huit mois sur lies fines, et Paul Gadenne utilise le moins de sulfites possible.

La Débaroule 2020 donne une idée de la méthode : une jacquère à 11 % d’alcool, mise en bouteille sans collage ni filtration après ses huit mois sur lies.

Domaine Paul Gadenne - Cuves inox et casiers de bouteilles dans la cave
Tous les vins s’élèvent en cuve, huit mois sur lies fines.

Jacquère, roussanne et mondeuse : six cuvées

La gamme compte six cuvées : quatre blancs et deux rouges. La jacquère, la roussanne et la mondeuse les signent toutes, le gamay n’entrant que dans un assemblage rouge.

Domaine Paul Gadenne - La gamme des cuvées alignée sur un tronc en plein air
Étiquettes dessinées et cuvées signées : la gamme du domaine.

Trois jacquères, trois caractères

La jacquère, cépage blanc emblématique de la Savoie, donne trois vins. La Débaroule, en Vin de Savoie Chignin, se veut vive et minérale. La Grimpe mise sur la fraîcheur alpine, les notes florales et une finale tendue. Hors Norme Blanc sort des sentiers battus, avec plus de complexité.

En février 2022, la critique Natalie Earl a noté La Débaroule 2020 92 sur 100 dans le magazine Decanter. Elle y relevait la pomme jaune, le citron vert et le coing, une bouche crayeuse à l’acidité vive, et voyait dans ce nouveau domaine une belle promesse.

Le Chignin-Bergeron et les rouges

Le Chignin-Bergeron, pure roussanne, apporte plus d’ampleur : le domaine y cherche la richesse et l’élégance. Dès 2019, Paul Gadenne le décrivait comme un blanc rond et complexe, sur la pêche et l’abricot.

En rouge, la Mondeuse se présente sauvage et droite. Hors Norme Rouge assemble gamay et mondeuse dans un vin de caractère, entre puissance et finesse. Les étiquettes dessinées des jacquères et du Hors Norme Rouge côtoient celles du Chignin-Bergeron et de la Mondeuse, sobres, frappées d’une montagne et de la signature du vigneron.

En 2025, le domaine a aussi présenté le Diamant Alpin, un brut élaboré en méthode traditionnelle.

La cave de Montlevin

Une petite cave équipée pas à pas

Pour vinifier ses premiers millésimes, Paul Gadenne achète en 2019 une petite cave dans le hameau de Montlevin, grâce à un emprunt bancaire. La collecte participative paie ensuite deux cuves inox de 1 500 litres et une pompe, et débloque le prêt du pressoir.

Le hors-série n°32 de Cuisine et Vins de France, paru en septembre 2025, lui a consacré un article.

Dégustations sur rendez-vous

Paul Gadenne vend en direct, et un panneau « Vente directe » à son nom guide les visiteurs vers la cave. Il reçoit sur rendez-vous pour faire déguster ses vins, à Montlevin.

Domaine Paul Gadenne - Panneau rouge de vente directe au nom de Paul Gadenne
Le panneau de vente directe du domaine.

Les bouteilles partent aussi chez des restaurateurs et des cavistes, et à l’export par des importateurs. Le domaine expédie enfin ses vins en France métropolitaine, par lots de six bouteilles que l’on peut panacher entre les cuvées.

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Les autres domaines de la région Savoie

  • Corentin Houillon

    Né à Arbois, Corentin Houillon a repris début 2020 une partie de l’ancien domaine de Veronnet, à Serrières-en-Chautagne. Il y cultive 5 hectares de coteaux de molasse, engagés en agriculture biologique depuis 2020 et menés en pratiques biodynamiques. Gamay, mondeuse, pinot noir, altesse et jacquère y sont vendangés à la main et vinifiés au bas des vignes. Ses vins nature, sans soufre ajouté ni filtration, sortent en Vin de Savoie Chautagne, en Roussette de Savoie ou en Vin de France.

  • Domaine Pascal, Annick et Noé Quenard

    Le Domaine Pascal, Annick et Noé Quenard cultive 6 hectares en bio et en biodynamie au pied des tours de Chignin, en Savoie, dont une jacquère plantée en 1903. Certifié bio depuis 2013 et labellisé Demeter, il taille et vendange à la main et laboure au cheval. Ses vins fermentent sur levures indigènes dans une cave de 1928, en Chignin et Chignin-Bergeron, avec du gamay et trois mondeuses. Le Guide Hachette 2022 a donné un coup de cœur à sa mondeuse L’Étoile de Gaspard 2019.

  • Domaine Anne-Sophie et Jean-François Quénard

    Le Domaine Anne-Sophie et Jean-François Quénard cultive 16 hectares en agriculture biologique à Chignin, au pied des tours médiévales, où la famille fait du vin depuis 1644. Œnologue marqué par Jules Chauvet, Jean-François a été rejoint en 2020 par sa fille Anne-Sophie, première transmission de père en fille du domaine. Leurs coteaux donnent des Chignin, des Chignin-Bergeron, une Roussette de Savoie, de la mondeuse et du persan. En cave, levures indigènes, amphores, œufs en béton et fûts se partagent les élevages, parcelle par parcelle.

  • Domaine de l’Aitonnement

    Le Domaine de l’Aitonnement fait revivre le vignoble d’Aiton, en Savoie, connu depuis quatre siècles pour sa mondeuse noire. Maxime Dancoine y a repris 58 ares en 2016 et cultive en bio des coteaux pentus jusqu’à 100 %, tout à la main, en gobelet sur échalas. Ses jeunes parcelles réunissent jusqu’à neuf cépages blancs de la région, à côté du joubertin, du persan et de la douce noire. Ses quatre cuvées en IGP Vin des Allobroges, dont la mondeuse Dark Side, sont élevées en jarres, amphores et demi-muids.

  • Vignerons Curtet

    Les Vignerons Curtet cultivent la vigne à Motz et à Serrières-en-Chautagne, sur des coteaux de molasse qui dominent le Rhône. En 2017, Florian et Marie Curtet reprennent le domaine de Jacques Maillet, pionnier de la bio en Savoie, certifié en agriculture biologique depuis 2016. Menée aujourd’hui par Florian Curtet, la ferme passe à l’agroforesterie, avec prairie non fauchée et arbres plantés. Depuis 2020, ses vins sortent en Vin de France, assemblages de mondeuse, gamay, jacquère ou altesse, ni filtrés ni sulfités.

  • Domaine Ludovic Archer

    Le Domaine Ludovic Archer cultive 4 hectares en bio entre Chignin, Montmélian et Saint-Jean-de-la-Porte, au pied du massif des Bauges, avec sa cave à Arbin. Ludovic Archer a signé son premier millésime en 2019 et travaille neuf cépages, dont le persan et la douce noire, deux variétés savoyardes presque disparues. Les dix cuvées de 2024, en Vin de Savoie, Roussette de Savoie et IGP Vin des Allobroges, fermentent en levures indigènes et titrent entre 9,25 et 11,7 degrés. Un artiste alpin différent illustre les étiquettes de chaque millésime.

  • Domaine des 13 Lunes

    Le Domaine des 13 Lunes cultive ses vignes à Chapareillan, seule commune de l’Isère dans l’aire du Vin de Savoie, sur les sols nés de l’écroulement du mont Granier en 1248. Ancien menuisier ébéniste, Sylvain Liotard l’a repris fin 2016 et l’a engagé en agriculture biologique dès janvier 2017. Il y applique des pratiques biodynamiques, vendange à la main et vinifie sans levures ajoutées, avec peu de sulfites. Ses huit vins vont de la jacquère des Abymes et d’Apremont à la mondeuse, en passant par l’altesse et un « blouge ».

  • Domaine des Côtes Rousses

    Le Domaine des Côtes Rousses cultive 6 hectares en bio sur les coteaux d’argile rousse de Saint-Jean-de-la-Porte, en Combe de Savoie, avec des pentes de 15 à 45 %. Nicolas Ferrand y a créé son domaine en 2013, rejoint au quotidien par Marielle en 2020. Jacquère, altesse et mondeuse donnent dix cuvées en Vin de Savoie et en Roussette de Savoie, vinifiées en levures indigènes et élevées sans soufre. La cave et le caveau se trouvent à La Motte-Servolex, près de Chambéry, où l’accueil se fait sur rendez-vous.

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