Champagne Michez La Villesenière
Sommaire
- Claude Michez et La Villesenière, deux étiquettes d’une même famille
- 1973, une marque lancée grâce à la coopérative
- Laurence et Cyrille, de la coopérative à leurs propres cuvées
- La Villesenière, un hameau et une mère
- 4,2 hectares sur les hauteurs de Boursault
- Un village de la rive gauche de la Marne
- Le Meunier en tête de l’encépagement
- Des vendangeurs payés à l’heure et non au kilo
- De la HVE à la certification bio
- Une première parcelle en bio dès 2015
- Une certification validée pour la récolte 2023
- De la taille au palissage, un travail à la main
- Des assemblages Claude Michez aux millésimes de La Villesenière
- Cinq champagnes sous l’étiquette Claude Michez
- La Villesenière, une seule vendange par cuvée
- Un rouge de Meunier et un ratafia
- Trois cuvées à déguster sur place
Claude Michez et La Villesenière, deux étiquettes d’une même famille
1973, une marque lancée grâce à la coopérative
À Boursault, dans la Vallée de la Marne, la vigne se transmet chez les Michez depuis plusieurs générations. Les aïeux et les grands-parents en vivaient déjà. En 1973, Jacqueline et Claude Michez franchissent un cap : ils créent leur propre marque de champagne, grâce à la coopérative du village.
Aujourd’hui retraités, ils restent heureux de croiser les clients venus visiter le domaine. Claude n’a pas tout à fait lâché la vigne. Au moment des vendanges, il cueille avec l’équipe et veille à ce que tout se passe bien.
Laurence et Cyrille, de la coopérative à leurs propres cuvées
Laurence, l’une des deux filles du couple, s’investit à leurs côtés dès 1996. Elle y apprend le travail de la vigne et celui des ventes. Son mari Cyrille, alors formateur en viticulture, rejoint peu à peu le domaine à partir de 2001. Il vient faire évoluer les pratiques viticoles.
En 2009, une demeure et ses installations sont à vendre sur la commune. L’occasion de vinifier soi-même se présente, avec un changement de vie à la clé. En 2010, le couple quitte la coopérative pour élaborer ses cuvées à partir des parcelles familiales. Le domaine devient récoltant manipulant la même année.

Depuis 2015, la maison adhère à la charte des Vignerons indépendants. Laurence et Cyrille la dirigent aujourd’hui, avec Sébastien et Aloys à leurs côtés. Ils font tout eux-mêmes, de la vigne à la commercialisation. Leurs champagnes partent aussi chez des importateurs, notamment en Italie, en Estonie et en Autriche.
La Villesenière, un hameau et une mère
Le second nom de la maison a son histoire. La Villesenière évoque d’abord une partie du terroir, Villesaint, un hameau de Boursault. C’est là, rue du Chêne, que se trouve le domaine. Le nom rend aussi hommage à Jacqueline, vigneronne à Villesaint et mère de Laurence.
Les deux étiquettes cohabitent. Claude Michez porte la gamme historique, dont plusieurs cuvées assemblent deux récoltes. La Villesenière réunit des cuvées issues d’un seul millésime, vinifiées et élevées en barrique. Pour Laurence et Cyrille, ce nom résume un chemin : devenir vigneron indépendant et vinifier soi-même.
4,2 hectares sur les hauteurs de Boursault
Un village de la rive gauche de la Marne
Boursault appartient à l’appellation Champagne, dans le secteur de la Vallée de la Marne rive gauche. Le village est connu pour sa forêt et pour son château. En 1843, Madame Clicquot en confie la construction à l’architecte Arveuf, en aval d’Épernay. Elle y recevra en grand apparat les clients de sa maison de champagne.
Le domaine se trouve sur les hauteurs du village. Tous les raisins qu’il vinifie viennent de ce terroir. La maison le dit à sa façon : « Sur ce terroir de Boursault, village de très haute tradition viticole, nous avons à cœur d’écrire notre histoire. »
Le Meunier en tête de l’encépagement
Le vignoble couvre 4,2 hectares, travaillés à la parcelle. Il réunit les trois cépages champenois : Meunier, Pinot noir et Chardonnay. Le Meunier domine avec 48 % de l’encépagement, devant le Pinot noir (30 %) et le Chardonnay (22 %). Les vignes profitent de l’exposition des coteaux de Boursault.
Le Meunier tient une grande place dans la vallée. Au-delà de Cumières et sur les deux rives, l’Union des Maisons de Champagne décrit des crus plantés exclusivement en Meunier. Leurs vins, « moins corsés et plus frais », sont recherchés pour équilibrer les cuvées.
Des vendangeurs payés à l’heure et non au kilo
En Champagne, la machine à vendanger est interdite : on cueille uniquement à la main. Au domaine, la vendange dure 8 à 9 jours. L’équipe est payée à l’heure et non au kilo. Ce choix permet de demander plus d’attention à la maturité des raisins coupés. Si besoin, les cueilleurs trient pour ne garder que les meilleures grappes.
Vendangeurs, porteurs, débardeurs et pressureurs forment une équipe fidèle. Certains reviennent depuis plus de 20 ans, quelques-uns depuis plus de 40 ans. La maison les reçoit du matin au soir, repas compris. En 2025, la cueillette a commencé le 1er septembre, après dix jours d’août à plus de 35 °C.




De la HVE à la certification bio
Une première parcelle en bio dès 2015
Le domaine est certifié Haute Valeur Environnementale depuis 2016. Laurence et Cyrille ont voulu aller plus loin que leurs parents dès les années 2000. Ils ont d’abord arrêté les insecticides. En 2015, ils conduisent une première parcelle entièrement en bio.
Viennent ensuite l’observation, le changement de pratiques et l’analyse des possibilités. En 2020, le domaine s’engage officiellement en viticulture biologique sur toute sa surface. L’Agence Bio date cet engagement du 14 août 2020, sous le contrôle d’Ocacia.
Une certification validée pour la récolte 2023
Après trois ans de conversion, la certification couvre la récolte 2023. Les moûts de septembre 2023 sont donc certifiés. Les bouteilles, elles, attendent la fin du vieillissement réglementaire en cave. L’Agence Bio classe aujourd’hui le raisin de cuve et les vins du domaine en agriculture biologique.
Les premiers champagnes certifiés sortent à partir de 2026, puis au fil de l’année selon les cuvées. Ils viennent d’une seule vendange mais ne porteront pas de millésime. Pour prétendre à cette mention, l’élevage doit durer au moins trois ans.
De la taille au palissage, un travail à la main
Les herbicides étant interdits, l’herbe se gère avec des outils mécaniques, dès février ou mars. La vigne est protégée selon la météo, avec des traitements naturels. Des préparations viennent aussi renforcer ses défenses immunitaires.
Le travail manuel reste la règle toute l’année. La taille s’adapte à chaque parcelle, à chaque cep et au cépage. Suivent le liage, l’ébourgeonnage, le relevage et le palissage, avec l’aide de saisonniers. Certaines années, une vendange en vert dans quelques parcelles aère les grappes et favorise leur maturité.
Le souci de l’impact s’étend au-delà des vignes. Bouteilles, cartons, muselets et bouchons viennent de fournisseurs locaux, eux aussi engagés à réduire leur empreinte.
Des assemblages Claude Michez aux millésimes de La Villesenière
Cinq champagnes sous l’étiquette Claude Michez
La Grande Réserve assemble deux années, avec 55 % de Pinot noir, 30 % de Chardonnay et 15 % de Meunier. Elle passe au moins 48 mois sur lies fines. Le nez part sur les fruits jaunes, la bouche est ample.
Le Brut Nature ne reçoit aucun dosage. La moitié de son assemblage vient du Meunier, et il vieillit au moins 42 mois sur lies. La Sélection est un Blanc de Blancs de Chardonnay de Boursault, aux notes citronnées et à la belle tension.
La Cuvée Flore trompe l’œil : malgré sa parure rouge, ce n’est pas un rosé. Son nez évoque la mirabelle, les fruits à chair blanche et la brioche. Le Rosé, lui, est un rosé d’assemblage. Il intègre un vin rouge de la maison, vinifié en fûts de chêne.
La Villesenière, une seule vendange par cuvée
Les cinq champagnes La Villesenière sont des extra brut, dosés de 1 à 2 g/l. Harmony assemble les trois cépages, Chardonnay en tête. Les Cuteries est un 100 % Chardonnay, PN170 une cuvée parcellaire de Pinot noir. Cœur de Meunier vient de vieilles vignes, et Saignée est un rosé de Pinot noir.
Toutes passent par la barrique, pour la vinification comme pour l’élevage. Le guide Gault & Millau a noté plusieurs de ces millésimes. Les Cuteries 2016 a obtenu 91/100 dans l’édition 2024, Harmony 2015 90/100 dans l’édition 2026. Saignée a reçu 89/100 dans cette même édition 2026.
Un rouge de Meunier et un ratafia
La maison élabore aussi le Boursault Rouge, un coteaux champenois 100 % Meunier. Elle le destine aux bistrots à vins : fruits rouges, tanins délicats, boisé discret. Le Ratafia champenois, vieilli en fût de chêne, titre 18 %. Il s’ouvre sur les fruits exotiques et le pain d’épices.
Trois cuvées à déguster sur place
Le domaine reçoit sur réservation, au moins 48 heures à l’avance, en français comme en anglais. Selon la saison et la formule, la visite passe par les parcelles, le pressoir et les caves. Elle se termine par la dégustation de 3 cuvées. Les groupes comptent 12 personnes au plus.
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