Vue aérienne du Château des Lèbres

Château des Lèbres

  • Vallée du Rhône

    Région viticole

  • 6ha

    Surface du vignoble

  • 2017

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2017

Sommaire

Une maison de 1570 devenue domaine viticole

Une maison-forte sous le fort de Banne

Le Château des Lèbres est un domaine viticole bio du sud de l’Ardèche. Il se trouve à Banne, village labellisé village de caractère, en bordure des Cévennes et à dix minutes des Vans. La bâtisse date de 1570. Elle servait alors de maison-forte et de relais de chasse aux comtes du Roure, qui résidaient au fort de Banne.

Le château s’élève en contrebas de cette ancienne forteresse, coiffé d’un pigeonnier à girouette. Des documents d’archives y attestent la présence de vignes. En occitan, « lèbres » veut dire « lièvres ». Le détail compte : on le retrouvera dans les parcelles.

1799, les Colomb arrivent aux Lèbres

En 1799, le comte du Roure revend sa seigneurie de Banne à son cousin Henry Colomb, le plus important filateur des Vans. La vente comprend les ruines du fort et, en contrebas, le Château des Lèbres. Henry Colomb est l’ancêtre des propriétaires actuels.

La famille exploite alors les vignes pour la consommation du personnel qui vit sur place, environ 80 personnes. En 1841, Louis-Henri Colomb offre le château à son fils Albin, pour son mariage. Albin s’y installe en 1860 et plante un parc à l’anglaise, avec fontaines, parterres et un grand bassin à l’ombre d’arbres centenaires.

Le vin tient déjà sa place. En 1867, Albin présente ses vins blancs mousseux et secs à l’Exposition universelle de Paris. Ce sont les seuls vins sélectionnés dans le sud du département.

Un château bombardé, puis relevé

La guerre frappe les Lèbres. Les troupes allemandes bombardent le château et le détruisent en partie, en représailles aux actions du maquis lors de la bataille de Banne. Louise Colomb, épouse de Pierre Strohl, achève ensuite la reconstruction.

Les vignes sont un temps mises en fermage, et l’on y plante des cépages comme la syrah, le merlot et le grenache. Philippe et Marie-Christine Strohl acquièrent aussi les terres et la ferme contiguës, ce qui rend au château sa partie agricole.

La huitième génération reprend la vigne en main

Sébastien et Nelly, de 2015 à 2017

Sébastien Strohl de Pouzols représente la huitième génération présente sur les lieux. En 2015, il quitte sa vie urbaine pour s’installer aux Lèbres avec son épouse Nelly. Leur projet : faire naître une exploitation viticole sur cette propriété familiale.

Le domaine viticole voit le jour en 2017. Une cave de vinification prend place dans l’ancienne magnanerie du château. Les caves historiques accueillent un chai à barriques et à amphores. Sébastien contrôle sa production du débourrement à la vente, et privilégie les circuits très courts, à commencer par le caveau.

Six hectares entre Païolive et la plaine de Jalès

La propriété s’étend sur une vingtaine d’hectares, dont 6 hectares de vignes. Elle est enserrée entre les contreforts des Cévennes, le bois de Païolive et la plaine de Jalès. Le vigneron assume une production volontairement faible et un parcellaire à taille humaine.

Le site offre un large panel géologique. Les sols de grès, faits de sédiments sableux et de gravillons, donnent au vin fraîcheur, souplesse et tension. Les sols posés sur la roche calcaire, plus argileux, associés à de grandes amplitudes thermiques, apportent puissance, complexité et matière. Leurs raisins partent vers les vins de garde.

Six cépages composent l’encépagement : syrah, merlot, cabernet-sauvignon, grenache, marselan et vermentino. Deux parcelles de vieux grenache, plantées dans les années 1960, sont préservées avec soin.

Le retour des lièvres

Le vignoble est certifié en agriculture biologique par Ecocert, avec un engagement en 2017. Sébastien y ajoute des pratiques biodynamiques : calendrier lunaire, décoctions et tisanes de plantes. Il parle lui-même d’« agriculture biologique intégrale ».

Les vignes restent sous couvert végétal intégral, pour préserver la vie bactérienne du sol. L’herbe améliore aussi la structure des sols et limite l’érosion. Le travail se fait surtout à la main, ce qui évite de tasser la terre sous les machines.

L’épamprage, par exemple, se fait intégralement à la main. Certains merlots demandent jusqu’à trois passages dans la saison. Les jeunes plants sont bêchés à la houe, sur 5 à 10 cm au plus, plutôt que désherbés chimiquement. Résultat observé par le vigneron : les lièvres, presque disparus, reviennent de plus en plus nombreux dans ses parcelles.

Banne, dans le sud de l’IGP Ardèche

Une IGP tournée vers la Méditerranée

Les vins du domaine sont classés en IGP Ardèche, une indication de la vallée du Rhône réservée aux vins tranquilles rouges, rosés et blancs. Banne figure aussi dans l’aire de l’unité géographique plus petite « Coteaux de l’Ardèche », mention sous laquelle le Guide Hachette cite l’un de ses blancs.

Le cahier des charges décrit une pente tournée vers la Méditerranée, ouverte aux influences du Midi. Les caves coopératives y assurent 85 à 90 % de la production. Le texte compte à côté d’elles une soixantaine de caves particulières.

Grès cévenols et calcaires du Bas-Vivarais

Le texte de l’IGP distingue plusieurs terroirs. Côté Cévennes, les grès très anciens sont acides, filtrants et pauvres en matière organique. Ils donnent aux rouges des arômes fruités prononcés. Plus au sud, le Bas-Vivarais offre des sols calcaires peu profonds, aux faibles rendements.

Aux Lèbres, grès et calcaires argileux se côtoient sur un même site. Le vigneron compose avec les humeurs du climat méditerranéen : écarts de température entre le jour et la nuit, épisodes cévenols, sécheresses.

Du fruit du 1860 à la soie du 1570

Une cave qui intervient peu

En cave, Sébastien s’astreint à une hygiène rigoureuse, qui lui permet un usage quasi nul de sulfites. Les fermentations partent sur levures indigènes. Chaque parcelle est travaillée selon la méthode qui lui convient, et sa logique n’est jamais de reproduire le même vin, mais celui que le vignoble lui a donné.

Les amphores de grès tiennent une place à part. Elles viennent de l’entreprise Biopythos, à Limoges. Selon le vigneron, elles donnent des tanins soyeux, de la rondeur par le mouvement des lies, et préservent le fruit grâce à leur température stable et fraîche.

Chai d'élevage du Château des Lèbres

Trois gammes qui portent des dates

Chaque gamme porte une date de l’histoire du château. La gamme 1860, du nom de l’année du parc, se décline en rouge, blanc et rosé. Sans élevage, elle mise sur le fruit et la légèreté. Le rouge, merlot et grenache, s’ouvre sur la cerise, les fruits des bois et le cassis.

La gamme 1799 salue l’arrivée de la famille. Elle est élevée en fût de chêne dans les caves voûtées. Le rouge assemble merlot, grenache et marselan, élevés 12 mois en fûts, pour des notes de kirsch, de thym et de laurier. Le blanc, un pur vermentino, fermente et s’élève en demi-muids.

La gamme 1570 rappelle la construction du château. C’est une syrah issue des sédiments gréseux, vinifiée en macération carbonique, puis élevée 24 mois en amphores de grès. Elle n’est ni collée ni filtrée. Sa garde annoncée va de 7 à 10 ans.

Hypérion et le Guide Hachette

À part, Hypérion est un merlot vendangé tard. Les raisins sont égrainés à la main et foulés aux pieds, puis fermentent lentement pendant 45 jours. Le vin, à 16,5 %, évoque la figue séchée et les fruits noirs, avec une finale de noisette caramélisée.

Les vins du domaine figurent dans le Guide Hachette des Vins depuis plusieurs années. Le 1860 rouge y a fait son entrée, puis le rosé et les blancs ont suivi. Le 1860 blanc 2025, un pur vermentino, est sélectionné dans l’édition 2027.

Venir aux Lèbres, du caveau au parc

Dégustations dans les caves du XVIe siècle

Les anciennes caves du château, qui datent du XVIe siècle, ont été réaménagées pour la dégustation. Le caveau est ouvert à l’année. Pour une visite de cave hors programme, le temps d’un week-end sur la route des vins, le domaine compose un programme sur mesure.

Balades, nocturnes et concerts

Le domaine est labellisé Vignobles & Découvertes, un label d’Atout France, ainsi qu’Étape savoureuse. Il organise des balades gourmandes, des nocturnes, des concerts et des visites théâtralisées.

Une partie du parc s’ouvre au public lors de certaines de ces manifestations. Pour les groupes, le domaine propose aussi brunchs, déjeuners vignerons, séminaires et mariages, avec des produits locaux servis en accord avec les vins.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Château Cohola

    Le Château Cohola cultive ses vignes en banquettes sur les hauteurs de Sablet, au pied des Dentelles de Montmirail, en bio depuis 2013. Jérôme Busato, ingénieur agronome et œnologue, et Cheli Alberca y font des Côtes du Rhône Villages Sablet dans les trois couleurs, fermentés sur levures indigènes. Syrah nouée en arches contre la chaleur, champignons dans le sol, musique dans les rangs : le vigneron expérimente sans rien promettre. Le domaine produit aussi un miel d’abeilles noires et une huile d’olive de tanche, et reçoit pour des dégustations comme en gîte.

  • Domaine de Ferrand

    Le Domaine de Ferrand cultive 7,5 hectares de Châteauneuf-du-Pape et une dizaine d’hectares de Côtes du Rhône à Orange, au nord de l’appellation. Philippe Bravay a pris la suite de son père Charles en 1995, avec sa femme Mireille, quatrième génération de la famille. Engagé en bio en 2021 et certifié en 2024, le domaine fermente sans levures ajoutées et élève ses vins en cuve béton ou inox. Six cuvées en sortent, du Châteauneuf rouge à dominante de Grenache au Viognier baptisé Hors la loi.

  • Domaine du Chat Blanc

    Le Domaine du Chat Blanc cultive 4 hectares de grenache et de syrah en bio à Saint-Didier, au pied du Mont Ventoux. Rentrés de quatorze ans à Londres, Catherine et Stéphane Chatal ont relevé un mas du XVIIIe siècle et repris des vignes jusque-là exploitées via la cave coopérative. Travaillé sans désherbant, le vignoble donne trois cuvées en AOC Ventoux et en IGP Méditerranée, vinifiées avec 20 % du soufre permis en bio. Le nom vient de Bonbon, la chatte blanche de la famille, devenue la mascotte du domaine.

  • Domaine Leschancel

    Le Domaine Leschancel cultive 9 hectares de vignes bio à Mormoiron, à 350 mètres d’altitude face au mont Ventoux, sur 30 hectares d’un seul tenant. Anne et Pierre Chancel y ont repris fin 2017 une ferme de raisin de table, regreffée en chenin, carignan blanc, ugni blanc et bourboulenc. Le blanc occupe deux tiers des vignes et s’élève sur lies en demi-muids de 600 litres, sans filtration ni collage. Les rouges sortent en AOP Ventoux, plusieurs blancs comme L’Evrest en IGP Vaucluse.

  • Château d’Or et de Gueules

    À Saint-Gilles, aux portes de la Camargue, le Château d’Or et de Gueules cultive 45 hectares en Costières de Nîmes, en bio depuis 2011 et en biodynamie certifiée Demeter depuis 2018. Diane de Puymorin l’a rebaptisé en 1998 aux couleurs de son blason familial, l’or et le rouge. Sur les galets du Rhône, des mourvèdres de 90 ans et de vieux carignans donnent des cuvées à très petits rendements, en levures indigènes. Les vins portent des noms occitans, de Trassegum à La Bolida, et la musique résonne jusque dans les vignes.

  • Domaine Lafoy

    Le Domaine Lafoy est né en 1993 à Ampuis, où la famille vit depuis trois générations, et Gaëtan Lafoy y a rejoint ses parents Jocelyne et Yves fin 2011. Leurs 9 hectares se partagent entre côte-rôtie, condrieu, saint-joseph et IGP Collines rhodaniennes, en bio depuis 2021. Sur la Côte Blonde, une vigne date de 1934, et la parcelle Côte Rozier, sur la Côte Brune, de 1966. Le Prélude 2018 a reçu deux étoiles au Guide Hachette des Vins 2022.

  • Domaine de la Ganse

    Le Domaine de la Ganse est né en 2008 à Vacqueyras, où Coralie Onde cultive 9 hectares de vignes bio, certifiées depuis le millésime 2014. Sans chai sur place, elle assemble sa cuvée à la parcelle, en choisissant ses raisins à la vendange. Le grenache domine, avec la syrah, un mourvèdre surgreffé en 2015 et des blancs plantés depuis 2017. Le rouge 2017 a obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2020, le 2022 une grande médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles 2025.

  • Domaine de l’Oiselet

    Le Domaine de l’Oiselet cultive une vingtaine d’hectares de vignes à Sarrians, l’une des deux communes de l’appellation Vacqueyras, avec des souches centenaires. L’exploitation est certifiée en agriculture biologique depuis 1997. Autour des vignes, Rose, Claude et Maxime Combe entretiennent un verger conservatoire, un potager en permaculture et des oliviers. La famille reçoit à la ferme pédagogique et loue un tonneau, une yourte et un tipi au milieu des cultures.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine