Vue aérienne du Château des Lèbres

Château des Lèbres

Région viticole

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Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Une maison de 1570 devenue domaine viticole

Une maison-forte sous le fort de Banne

Le Château des Lèbres est un domaine viticole bio du sud de l’Ardèche. Il se trouve à Banne, village labellisé village de caractère, en bordure des Cévennes et à dix minutes des Vans. La bâtisse date de 1570. Elle servait alors de maison-forte et de relais de chasse aux comtes du Roure, qui résidaient au fort de Banne.

Le château s’élève en contrebas de cette ancienne forteresse, coiffé d’un pigeonnier à girouette. Des documents d’archives y attestent la présence de vignes. En occitan, « lèbres » veut dire « lièvres ». Le détail compte : on le retrouvera dans les parcelles.

1799, les Colomb arrivent aux Lèbres

En 1799, le comte du Roure revend sa seigneurie de Banne à son cousin Henry Colomb, le plus important filateur des Vans. La vente comprend les ruines du fort et, en contrebas, le Château des Lèbres. Henry Colomb est l’ancêtre des propriétaires actuels.

La famille exploite alors les vignes pour la consommation du personnel qui vit sur place, environ 80 personnes. En 1841, Louis-Henri Colomb offre le château à son fils Albin, pour son mariage. Albin s’y installe en 1860 et plante un parc à l’anglaise, avec fontaines, parterres et un grand bassin à l’ombre d’arbres centenaires.

Le vin tient déjà sa place. En 1867, Albin présente ses vins blancs mousseux et secs à l’Exposition universelle de Paris. Ce sont les seuls vins sélectionnés dans le sud du département.

Un château bombardé, puis relevé

La guerre frappe les Lèbres. Les troupes allemandes bombardent le château et le détruisent en partie, en représailles aux actions du maquis lors de la bataille de Banne. Louise Colomb, épouse de Pierre Strohl, achève ensuite la reconstruction.

Les vignes sont un temps mises en fermage, et l’on y plante des cépages comme la syrah, le merlot et le grenache. Philippe et Marie-Christine Strohl acquièrent aussi les terres et la ferme contiguës, ce qui rend au château sa partie agricole.

La huitième génération reprend la vigne en main

Sébastien et Nelly, de 2015 à 2017

Sébastien Strohl de Pouzols représente la huitième génération présente sur les lieux. En 2015, il quitte sa vie urbaine pour s’installer aux Lèbres avec son épouse Nelly. Leur projet : faire naître une exploitation viticole sur cette propriété familiale.

Le domaine viticole voit le jour en 2017. Une cave de vinification prend place dans l’ancienne magnanerie du château. Les caves historiques accueillent un chai à barriques et à amphores. Sébastien contrôle sa production du débourrement à la vente, et privilégie les circuits très courts, à commencer par le caveau.

Six hectares entre Païolive et la plaine de Jalès

La propriété s’étend sur une vingtaine d’hectares, dont 6 hectares de vignes. Elle est enserrée entre les contreforts des Cévennes, le bois de Païolive et la plaine de Jalès. Le vigneron assume une production volontairement faible et un parcellaire à taille humaine.

Le site offre un large panel géologique. Les sols de grès, faits de sédiments sableux et de gravillons, donnent au vin fraîcheur, souplesse et tension. Les sols posés sur la roche calcaire, plus argileux, associés à de grandes amplitudes thermiques, apportent puissance, complexité et matière. Leurs raisins partent vers les vins de garde.

Six cépages composent l’encépagement : syrah, merlot, cabernet-sauvignon, grenache, marselan et vermentino. Deux parcelles de vieux grenache, plantées dans les années 1960, sont préservées avec soin.

Le retour des lièvres

Le vignoble est certifié en agriculture biologique par Ecocert, avec un engagement en 2017. Sébastien y ajoute des pratiques biodynamiques : calendrier lunaire, décoctions et tisanes de plantes. Il parle lui-même d’« agriculture biologique intégrale ».

Les vignes restent sous couvert végétal intégral, pour préserver la vie bactérienne du sol. L’herbe améliore aussi la structure des sols et limite l’érosion. Le travail se fait surtout à la main, ce qui évite de tasser la terre sous les machines.

L’épamprage, par exemple, se fait intégralement à la main. Certains merlots demandent jusqu’à trois passages dans la saison. Les jeunes plants sont bêchés à la houe, sur 5 à 10 cm au plus, plutôt que désherbés chimiquement. Résultat observé par le vigneron : les lièvres, presque disparus, reviennent de plus en plus nombreux dans ses parcelles.

Banne, dans le sud de l’IGP Ardèche

Une IGP tournée vers la Méditerranée

Les vins du domaine sont classés en IGP Ardèche, une indication de la vallée du Rhône réservée aux vins tranquilles rouges, rosés et blancs. Banne figure aussi dans l’aire de l’unité géographique plus petite « Coteaux de l’Ardèche », mention sous laquelle le Guide Hachette cite l’un de ses blancs.

Le cahier des charges décrit une pente tournée vers la Méditerranée, ouverte aux influences du Midi. Les caves coopératives y assurent 85 à 90 % de la production. Le texte compte à côté d’elles une soixantaine de caves particulières.

Grès cévenols et calcaires du Bas-Vivarais

Le texte de l’IGP distingue plusieurs terroirs. Côté Cévennes, les grès très anciens sont acides, filtrants et pauvres en matière organique. Ils donnent aux rouges des arômes fruités prononcés. Plus au sud, le Bas-Vivarais offre des sols calcaires peu profonds, aux faibles rendements.

Aux Lèbres, grès et calcaires argileux se côtoient sur un même site. Le vigneron compose avec les humeurs du climat méditerranéen : écarts de température entre le jour et la nuit, épisodes cévenols, sécheresses.

Du fruit du 1860 à la soie du 1570

Une cave qui intervient peu

En cave, Sébastien s’astreint à une hygiène rigoureuse, qui lui permet un usage quasi nul de sulfites. Les fermentations partent sur levures indigènes. Chaque parcelle est travaillée selon la méthode qui lui convient, et sa logique n’est jamais de reproduire le même vin, mais celui que le vignoble lui a donné.

Les amphores de grès tiennent une place à part. Elles viennent de l’entreprise Biopythos, à Limoges. Selon le vigneron, elles donnent des tanins soyeux, de la rondeur par le mouvement des lies, et préservent le fruit grâce à leur température stable et fraîche.

Chai d'élevage du Château des Lèbres

Trois gammes qui portent des dates

Chaque gamme porte une date de l’histoire du château. La gamme 1860, du nom de l’année du parc, se décline en rouge, blanc et rosé. Sans élevage, elle mise sur le fruit et la légèreté. Le rouge, merlot et grenache, s’ouvre sur la cerise, les fruits des bois et le cassis.

La gamme 1799 salue l’arrivée de la famille. Elle est élevée en fût de chêne dans les caves voûtées. Le rouge assemble merlot, grenache et marselan, élevés 12 mois en fûts, pour des notes de kirsch, de thym et de laurier. Le blanc, un pur vermentino, fermente et s’élève en demi-muids.

La gamme 1570 rappelle la construction du château. C’est une syrah issue des sédiments gréseux, vinifiée en macération carbonique, puis élevée 24 mois en amphores de grès. Elle n’est ni collée ni filtrée. Sa garde annoncée va de 7 à 10 ans.

Hypérion et le Guide Hachette

À part, Hypérion est un merlot vendangé tard. Les raisins sont égrainés à la main et foulés aux pieds, puis fermentent lentement pendant 45 jours. Le vin, à 16,5 %, évoque la figue séchée et les fruits noirs, avec une finale de noisette caramélisée.

Les vins du domaine figurent dans le Guide Hachette des Vins depuis plusieurs années. Le 1860 rouge y a fait son entrée, puis le rosé et les blancs ont suivi. Le 1860 blanc 2025, un pur vermentino, est sélectionné dans l’édition 2027.

Venir aux Lèbres, du caveau au parc

Dégustations dans les caves du XVIe siècle

Les anciennes caves du château, qui datent du XVIe siècle, ont été réaménagées pour la dégustation. Le caveau est ouvert à l’année. Pour une visite de cave hors programme, le temps d’un week-end sur la route des vins, le domaine compose un programme sur mesure.

Balades, nocturnes et concerts

Le domaine est labellisé Vignobles & Découvertes, un label d’Atout France, ainsi qu’Étape savoureuse. Il organise des balades gourmandes, des nocturnes, des concerts et des visites théâtralisées.

Une partie du parc s’ouvre au public lors de certaines de ces manifestations. Pour les groupes, le domaine propose aussi brunchs, déjeuners vignerons, séminaires et mariages, avec des produits locaux servis en accord avec les vins.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine Achard-Vincent

    Le Domaine Achard-Vincent cultive 11 hectares à Sainte-Croix, dans le Diois, entre le Vercors et la Provence. La famille pratique l’agriculture biologique depuis 1968, et Thomas Achard y a ajouté la biodynamie certifiée Demeter en 2005. Le domaine élabore surtout des Clairette de Die en méthode dioise ancestrale, à base de muscat à petits grains, ainsi qu’un Crémant de Die sans soufre ajouté et un Coteaux de Die blanc. Le Guide Hachette a donné trois étoiles à sa Bio-Sûre 2009, dans l’édition 2012.

  • Château de la Selve

    Le Château de la Selve est une maison forte du XIIIe siècle, sur les berges du Chassezac à Grospierres, dans le sud de l’Ardèche. Benoît Chazallon y crée le domaine en 2002 et le conduit avec Florence, en bio depuis 2008 et labellisé Biodyvin depuis 2012. Ses vignes poussent sur les galets du Chassezac et les coteaux calcaires de garrigue, en IGP Coteaux de l’Ardèche. Le chai élève en fûts et en amphores des rouges de garde, des rosés et plusieurs viogniers, dont une solera lancée en 2011.

  • Domaine Saladin

    Le Domaine Saladin cultive 18 hectares de vignes et treize cépages à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. La famille y achète une première vigne en 1422, et les sœurs Élisabeth et Marie-Laurence Saladin, vingt et unième génération, ont repris la cave en 2003. Sans pesticide ni herbicide depuis l’origine, le domaine est certifié bio par Ecocert depuis 2007. Ses vins sortent en Côtes du Rhône, en Côtes du Rhône Villages Saint-Andéol et, pour deux cuvées déclassées par choix, en Vin de France.

  • Domaine Alain Voge

    Le Domaine Alain Voge cultive 13 hectares sur la rive droite du Rhône, en Cornas, Saint-Péray, Saint-Joseph et Côtes du Rhône. Alain Voge y a remis en culture des coteaux de granit tombés en friche, et relancé le Saint-Péray en le fermentant en barrique bourguignonne. Engagé en bio en 2006, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016 et conduit selon des pratiques biodynamiques. Depuis 2018, Lionel Fraisse gère le domaine, de la syrah des cornas à la marsanne des saint-péray.

  • Domaine Chaume-Arnaud

    Le Domaine Chaume-Arnaud cultive 38 hectares de vignes à Vinsobres et à Saint-Maurice-sur-Eygues, dans le Parc naturel régional des Baronnies provençales. Valérie Chaume-Arnaud l’a créé en 1987 sur 4,5 hectares loués à ses parents, et le mène aujourd’hui avec ses fils Thibaud et Raphaël. Toute la ferme est en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2009, et la vigne y côtoie les oliviers de Tanche, les tomates et les céréales. Le Vinsobres fait la moitié de la production, aux côtés d’un Côtes du Rhône Villages Saint-Maurice et de blancs vifs.

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

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