Domaine de la Jobeline - Rangs de vignes sous un ciel d’été dans le Mâconnais

Domaine de la Jobeline

Région viticole

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Bourgogne

Bio

De la cave coopérative à la maison Leflaive

Le Domaine de la Jobeline cultive la vigne à Verzé, un village du Mâconnais, dans le sud de la Bourgogne. Ses 11 hectares en appellation d’origine portent trois cépages : chardonnay, aligoté et gamay. Le domaine s’est engagé en agriculture biologique auprès d’Ecocert en février 2021. Depuis 2020, le Domaine Leflaive, maison de Puligny-Montrachet, est associé à son exploitation.

Quatre siècles de Maillet à moins de huit kilomètres

La famille Maillet est identifiée en Bourgogne depuis environ 400 ans. En quatre siècles, son berceau s’est déplacé de moins de huit kilomètres. Toutes les générations ont travaillé la terre, la vigne, ou le bois comme tonneliers. Ce dernier métier serait à l’origine du nom de famille.

Le grand-père, Claude Maillet, exerçait comme pharmacien de première classe à Mâcon. Dans la force de l’âge, il revient à la terre et crée une exploitation viticole à Verzé. Son fils Paul hérite d’une partie du vignoble, l’agrandit, puis le transmet à Pierre Maillet en 2004.

Domaine de la Jobeline - Photo d’archives de la famille Maillet
Les Maillet, identifiés en Bourgogne depuis environ quatre siècles.

2014, Pierre Maillet quitte la coopérative

Jusque-là, Pierre Maillet apporte ses raisins à la cave coopérative dont il est membre. En 2014, il la quitte et crée le Domaine de la Jobeline. La même année sort de terre une cuverie neuve, équipée d’un matériel entièrement neuf, du pressoir au groupe de froid.

Son épouse Caroline prend en charge le développement du domaine. Laurent Alexandre, formé dans des domaines de la région, devient responsable d’exploitation : il conduit à la fois la vigne et la cuverie. Deux aides à temps plein et des saisonniers le secondent.

Les premières reconnaissances arrivent vite. Au Concours des Vignerons Indépendants 2020, le Mâcon-Verzé rouge 2018 obtient une médaille d’or. C’est un gamay issu de vignes de plus de cinquante ans. La même année, les trois chardonnays présentés au concours Decanter reviennent tous médaillés.

2020, le Domaine Leflaive entre au capital

En novembre 2020, une nouvelle société Domaine de la Jobeline voit le jour. Le Domaine Leflaive figure parmi ses associés, et Brice de la Morandière, qui dirige la maison de Puligny-Montrachet, en est le gérant. Pour la maison, c’est un agrandissement de plus en Mâcon-Verzé.

Leflaive investit dans le Mâconnais depuis 2004, par acquisitions successives. La maison y cultive 37 hectares, dont 30 en Mâcon-Verzé, sur les deux coteaux de la vallée. Son ambition : devenir spécialiste de l’appellation et y isoler des lieux-dits, sur le modèle de Puligny.

Laurent Alexandre est resté. Il est aujourd’hui le responsable de production de La Jobeline. Le domaine, engagé en bio le 15 février 2021, est contrôlé par Ecocert. Ses vins sont certifiés en agriculture biologique, tandis que quelques parcelles de vigne sont encore en conversion.

Verzé, une vallée de calcaires et de marnes

Mâcon-Verzé, une dénomination d’un seul village

Mâcon-Verzé est une dénomination géographique complémentaire de l’appellation régionale Mâcon. Depuis un décret de 2005, elle désigne les vins blancs, rouges et rosés récoltés dans l’aire délimitée du seul village de Verzé. Au nord commence Mâcon-Igé, au sud Mâcon-La-Roche-Vineuse.

L’appellation reste modeste : un peu plus de 60 hectares de blancs en production, et moins de 6 hectares de rouges. Le vignoble occupe surtout le long versant ouest de la vallée, entre 280 et 410 mètres d’altitude. Le sous-sol y alterne calcaires massifs et marnes tendres.

Domaine de la Jobeline - Coteaux de vignes et village du Mâconnais
Le vignoble de Verzé occupe surtout le long versant ouest de la vallée.

Verzé a aussi sa place dans l’histoire du Mâconnais. En 1960, ses vignerons et les adhérents de l’union des caves coopératives installent une chaîne d’embouteillage collective dans le tinailler du château de Vaux. Les étiquettes du Mâconnais se diffusent alors plus largement.

Des coteaux entre 250 et 380 mètres

Les parcelles de la Jobeline s’étagent de 250 à 380 mètres d’altitude. La plupart occupent des coteaux modérément pentus et bien drainés. Le sol et le sous-sol sont argilo-calcaires, souvent posés sur un socle calcaire en profondeur. Les analyses montrent pourtant de fortes variations d’une parcelle à l’autre.

Domaine de la Jobeline - Sol caillouteux et calcaire d’une parcelle
Des sols argilo-calcaires, souvent posés sur un socle calcaire.

Calcaire actif, argile, sable et limon se mêlent en proportions différentes. Chaque climat y gagne sa propre typicité. Les expositions vont de l’est au sud : nuits fraîches, journées chaudes. Le soleil du matin atténue le risque de gel en hiver et au printemps, puis aide le raisin à mûrir.

La vallée court du nord au sud et reste bien ventilée. L’état sanitaire du raisin en profite. Les plantations les plus récentes ont été faites sur des friches jamais plantées auparavant.

La Jobeline, un lieu-dit exposé au levant

La Jobeline, c’est aussi un vaste lieu-dit du versant ouest de la vallée de Verzé, exposé à l’est. Le Domaine Leflaive y cultive 2 hectares 35 de chardonnay, plantés entre 2007 et 2020. La pente est forte, et le sol argilo-calcaire devient mince en haut du coteau.

Ce chardonnay est conduit en pratiques biodynamiques et vendangé à la main, avec un tri des raisins. La date de récolte se décide parcelle par parcelle, selon le suivi de la maturité. Leflaive en tire un Mâcon-Verzé La Jobeline, présenté sur le millésime 2024.

Une des parcelles de La Jobeline a été enrichie de haies et d’arbres fruitiers, auxquels s’ajoutent quelques ruches. Dans le Mâconnais, la maison a aussi planté un verger conservatoire d’un hectare, avec 260 mètres de haie vive.

Trois cépages et une cuverie pensée pour la parcelle

Neuf dixièmes de blanc

Le vignoble compte 90 % de blancs : 80 % de chardonnay et 10 % d’aligoté. Le gamay occupe les 10 % restants. Les vignes ont en moyenne 25 ans. Les plus anciennes datent de 1957, tandis que les plus jeunes ne produisent pas encore.

Les replantations se font en sélection massale. Porte-greffes et clones sont choisis selon les analyses de sol de chaque parcelle, au profit de plants qualitatifs à faible rendement. La densité atteint 7 000 à 8 000 pieds par hectare.

Chaque cépage a sa taille. Le chardonnay suit l’arcure mâconnaise, typique de la région. L’aligoté est taillé en guyot, le gamay en cordon de Royat. Des labours réguliers aèrent le sol et obligent les racines à descendre chercher leur nourriture en profondeur.

De vieux gamays surgreffés en pinot noir

Sous l’ère Leflaive, une parcelle de 16 ares de gamay change de cépage. Ses quelque 1 000 pieds, âgés de plus de soixante ans, sont surgreffés en pinot noir. Replanter aurait pris huit ans, dont quatre à cinq années de repos de la terre, pour obtenir de jeunes vignes au potentiel incertain.

Domaine de la Jobeline - Grappes de gamay mûres sur la souche
Le gamay, taillé en cordon de Royat, occupe 10 % du vignoble.

Le surgreffage garde en place un système racinaire installé depuis des décennies. La vigne entre en production en moins de trois ans. « Cela permet de gagner du temps pour modifier l’encépagement et préserve l’intérêt qualitatif de vieux ceps de plus de 60 ans », explique Laurent Alexandre.

Les équipes ont d’abord dégagé chaque pied à la pioche, puis frotté les écorces pour repérer les flux de sève. Le greffage lui-même revient aux spécialistes de L’Épibiote, une entreprise de l’Hérault, avec l’aide du domaine.

Une cuverie à quelques centaines de mètres des vignes

Les vignes se trouvent à quelques centaines de mètres de la cuverie. Le raisin arrive au pressoir dans les minutes qui suivent la cueillette, sans risque d’oxydation. La vendange entre par gravité, pour ne pas abîmer les baies.

Le pressoir pneumatique est programmé pour des pressurages longs, de plus de trois heures, et fractionnés. 25 cuves inox thermorégulées permettent de vinifier chaque parcelle séparément. Un chai climatisé accueille les vinifications en fûts de chêne et le stockage des bouteilles.

Domaine de la Jobeline - Cuve inox marquée Mâcon-Verzé à la craie dans la cuverie
25 cuves inox thermorégulées pour vinifier chaque parcelle à part.

Les parcelles les plus jeunes et les plus âgées sont vendangées à la main. Ailleurs, la machine permet de cueillir chaque parcelle au moment précis de sa maturité, en fonction de la météo.

Levures indigènes et macération à froid

Des blancs qui fermentent lentement

Le chardonnay fermente uniquement sur levures indigènes, entre 16 et 18 °C. La fermentation est volontairement très longue, jusqu’à épuisement des sucres, pour garder fraîcheur et complexité aromatique. Les fermentations malolactiques démarrent seules pendant l’hiver.

L’essentiel de la récolte s’élève sur lies fines en cuves inox. Une partie est vinifiée d’emblée en fûts de chêne d’âges variés. L’aligoté suit la même méthode. Selon les cuvées, l’élevage dure de 8 à 15 mois, et le domaine revendique des vinifications aussi peu interventionnistes que possible.

Du Clos des Chanaux aux « 16 ares »

Sous Pierre Maillet, la gamme comptait sept vins, chacun lié à un terroir précis :

  • Bourgogne aligoté, de deux parcelles exposées au sud-est vers 370 mètres et de vieilles vignes de 1957
  • Mâcon-Villages, assemblage de jeunes vignes entre 300 et 380 mètres
  • Mâcon-Verzé « Allure », assemblage de parcelles exposées au sud-est, au sud et au nord-ouest
  • Mâcon-Verzé « Clos des Chanaux », monopole planté en 1975 au fond d’un vallon étroit et frais
  • Mâcon-Verzé « En Prévisy », parcelle à flanc de coteau vers 360 mètres, vinifiée pour moitié en fûts
  • Mâcon-Verzé rouge, gamay d’une parcelle exposée au sud-est à 300 mètres
  • Mâcon-Verzé « 16 ares » Vieilles Vignes, gamay d’une petite parcelle plantée en 1961 à 380 mètres

Le Clos des Chanaux doit son terroir au lit d’un ancien ruisseau. Le sable, le limon et l’argile y dominent. Élevé un an sur lies en cuve inox, il donne un blanc tendu, d’une grande pureté, à la finale saline. En Prévisy, sur un sol sablo-limoneux, joue au contraire la rondeur et un boisé fondu.

Domaine de la Jobeline - La gamme des vins blancs et rouges du domaine
La gamme de la Jobeline, blancs et rouges, à l’époque de Pierre Maillet.

Des gamays croquants à la robe violine

Le gamay commence par une macération à froid, entre 8 et 10 °C, pendant une à trois semaines. La fermentation suit, entre 18 et 21 °C, avec des pigeages quotidiens. Une seconde macération à froid de quelques semaines précède un décuvage par gravité et un pressurage doux.

Le Mâcon-Verzé rouge affiche une robe violine lumineuse. Son nez intense de fruits rouges annonce une bouche fraîche et croquante. Issu de vignes plantées en 1961, le « 16 ares » passe un an en fûts de chêne âgés de quatre à six ans. Il offre des arômes de fruits noirs et d’épices douces, sur des tanins soyeux.

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Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine de la Cozanne

    Le Domaine de la Cozanne a replanté en 2020 plus de 7 hectares de parcelles familiales laissées à l’abandon, à Cormot-Vauchignon, dans les Hautes-Côtes de Beaune. Étienne David, ancien pharmacien et microbiologiste, y conduit avec Véronique Maupoil-David des vignes hautes et larges à 5 000 pieds par hectare, engagées en bio dès 2020. Le chardonnay, le pinot noir et l’aligoté s’élèvent en foudre de chêne, en Œuf de Beaune et en amphore de coccio pesto. Le Ban 2023 a obtenu une étoile au Guide Hachette des Vins 2027.

  • Domaine Antonin Guyon

    Le Domaine Antonin Guyon vinifie à Savigny-lès-Beaune des pinots noirs et des chardonnays récoltés de Gevrey-Chambertin à Puligny-Montrachet. Antonin Guyon achète ses premières vignes dans les années 1960, puis son fils Dominique rassemble 350 parcelles à Meuilley en 1970. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2015, le domaine cultive des grands crus, du Corton Clos du Roy au Charmes-Chambertin, et deux monopoles. Hombeline Guyon, troisième génération, a coordonné la communication de la candidature des climats de Bourgogne à l’Unesco.

  • Domaine d’Eugénie

    Né en juillet 2006 du rachat du domaine René Engel par la famille Pinault, le Domaine d’Eugénie cultive 7,9 hectares depuis Vosne-Romanée. Ses onze appellations comptent cinq grands crus, du Chambertin au Clos-Vougeot, et le Clos d’Eugénie, une vigne close de murs sous La Tâche. Certifié bio en 2020, il y ajoute des pratiques biodynamiques, des nichoirs à mésanges, des haies et des tisanes de plantes pour la vigne. Au cuvier, des cuves en bois de plusieurs tailles servent une sélection parcellaire, sans ajout de sulfites pendant la vinification.

  • Domaine Chandon de Briailles

    Le Domaine Chandon de Briailles cultive 13,7 hectares en biodynamie entre Savigny-lès-Beaune, Pernand-Vergelesses et Aloxe-Corton, du village aux grands crus de Corton. Propriété familiale depuis 1834, il est conduit par Claude et François de Nicolay, qui l’ont converti à la biodynamie en 2005 et fait certifier Demeter en 2011. Leurs quatre chevaux ont remplacé les tracteurs, et le lait écrémé remplace le soufre contre l’oïdium. Les rouges fermentent en vendange entière, sans sulfites ajoutés, avant un élevage dans des caves du XIIIe siècle.

  • Domaine Michel Lafarge

    Le Domaine Michel Lafarge cultive ses vignes de Volnay en biodynamie certifiée Demeter, une voie ouverte par Frédéric Lafarge dès 1997. La famille vend une partie de sa récolte en bouteilles depuis le millésime 1934 et garde ses vieux ceps, jusqu’aux Beaune Grèves centenaires. Son Clos du Château des Ducs, premier cru dont elle est seule propriétaire, accueille des poules derrière la mairie du village. Cinq premiers crus de Volnay, deux de Beaune et un Meursault forment le cœur d’une gamme de rouges et de blancs.

  • Domaine Arlaud

    Le Domaine Arlaud cultive 17 hectares depuis Morey-Saint-Denis, dont quatre grands crus : Clos de la Roche, Clos Saint-Denis, Charmes-Chambertin et Bonnes-Mares. Né en 1942 du mariage d’une Bourguignonne et d’un Ardéchois, il est dirigé depuis 2013 par Cyprien Arlaud, petit-fils du fondateur. Passé en bio en 2004, il est devenu en 2014 le premier domaine de Morey certifié en biodynamie par Biodyvin. Ses grands et premiers crus sont labourés à cheval, et ses rouges mis en bouteille par gravité, sans collage ni filtration.

  • Domaine Rossignol-Trapet

    Le Domaine Rossignol-Trapet cultive 14 hectares à Gevrey-Chambertin, menés depuis 1990 par les frères David et Nicolas Rossignol. Engagé en bio chez Ecocert en 2005, il est certifié en biodynamie par Demeter, sur des vignes dont les plus anciennes datent de 1919. Ses trois grands crus sont le Chambertin, le Latricières-Chambertin et le Chapelle-Chambertin, où il est seul à assembler la Chapelle et les Gémeaux. Cinq premiers crus de Gevrey, un village Vieilles Vignes et trois vins de la Côte de Beaune complètent sa gamme de pinots noirs.

  • Domaine Bernard Millot

    Le Domaine Bernard Millot cultive 8 hectares à Meursault, Puligny-Montrachet et Beaune, et note ses vendanges dans un livre de famille ouvert en 1888. Emilien Millot, à plein temps depuis 2010, y vinifie douze Meursault, dont les premiers crus Les Gouttes d’Or et Les Perrières. Engagé en bio en 2020, le domaine associe au soufre et au cuivre des tisanes d’osier, de consoude et de reine-des-prés. Il a planté de la syrah en 2022 et du biancu gentile corse en 2023, face au changement climatique.

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