Domaine du Champ de la Croix - Chemin entre les vignes du Beaujolais sous un ciel d’été

Domaine du Champ de la Croix

Région viticole

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Beaujolais

Bio

Le Domaine du Champ de la Croix cultive 16 hectares de vignes à Denicé, dans le sud du Beaujolais, au pays des Pierres Dorées. Benoît Roche y représente la quatrième génération d’une famille installée ici depuis 1934.

Il a repris le domaine en 2017, après plusieurs années à conduire des vignobles en Bourgogne. Il a engagé la conversion en agriculture biologique en 2019, et le millésime 2022 est le premier certifié bio. Le gamay donne les rouges et les rosés, jusqu’au cru Brouilly, et le chardonnay les blancs.

Quatre générations à Denicé, et un détour par la Bourgogne

Un domaine acheté en 1934 par un vigneron de château

Tout commence avec Philibert, l’arrière-grand-père de Benoît. Vigneron pour le compte d’un château, il décide de fonder son propre domaine et achète en 1934 ses premières vignes, le bâtiment et ses caves. En 1976, Daniel, le père de Benoît, s’installe aux côtés de son père Lucien.

Domaine du Champ de la Croix - Vendanges au domaine, photo d’archive de la famille
Vendanges d’autrefois au domaine, tirées des archives de la famille.

Daniel fait passer le domaine à la bouteille. Pour soigner l’image des vins du Beaujolais, il met en bouteilles ses propres cuvées en 1990. En 1996, il plante le premier chardonnay du domaine, sur les sols argilo-calcaires du sud de la région qui conviennent bien à ce cépage.

Beaune, Chassagne-Montrachet, Corton : le parcours de Benoît Roche

Benoît a grandi dans les vignes, et les études de viticulture et d’œnologie se sont imposées d’elles-mêmes. Après un BEPA dans le Beaujolais, il part à Beaune pour un bac pro puis un BTS. Il veut découvrir une autre région et d’autres façons de travailler.

Son BTS en poche, il entre comme tractoriste au Château de Santenay. Il change ensuite plusieurs fois de poste pour gérer des vignobles. Il commence par les domaines de la famille Picard, dont le Château de Chassagne-Montrachet. Suivent les châteaux de Meursault et de Marsannay, puis le Château Corton C.

2017, la reprise et un premier pied dans les crus

En 2017, Daniel part à la retraite et confie le domaine à son fils. Benoît veut aussitôt s’ouvrir aux crus. Il achète une parcelle de Brouilly, l’une des plus hautes de l’appellation, à 510 mètres d’altitude, face au mont Brouilly.

Domaine du Champ de la Croix - Benoît Roche et son père Daniel au vieux pressoir en bois
Benoît et son père Daniel, qui lui a confié le domaine en 2017.

Seize hectares entre les Pierres Dorées et la colline de Saburin

Denicé et les vignes d’en face

Denicé se trouve dans le sud du Beaujolais, dans le secteur des Pierres Dorées. Le domaine y cultive gamay et chardonnay sur des sols argilo-calcaires ou calcaires, souvent peu profonds.

Certaines vignes se trouvent juste en face du domaine. Une parcelle de 40 ans, exposée au sud-est, donne le rouge Élise, et une jeune vigne voisine le rosé La Folie de Radis. Les bulles viennent de jeunes parcelles situées en plaine.

Les coteaux de Lacenas et de Malval

En 2001, Daniel lance sa première sélection parcellaire, sur un coteau de Lacenas, la commune voisine. Il élève cette cuvée dix à douze mois en fûts de chêne. Lacenas fournit aujourd’hui le blanc Les Barrières et le rouge Origine, issus de vignes de 25 ans exposées à l’est. Les Barrières rouge vient d’un gamay presque centenaire, aux petits rendements.

Malval vient d’un autre coteau, à Denicé même. La parcelle, centenaire et exposée au sud, pousse sur un calcaire peu profond veiné de schiste. Tout le travail de la vigne s’y fait à la main. La cuvée a été mise en bouteilles pour la première fois en 2009.

Le Brouilly du haut de Saburin

La parcelle de Brouilly se trouve à Quincié-en-Beaujolais, en haut de la colline de Saburin. Exposée au sud-est, elle pousse sur un sol sableux posé sur l’arène granitique.

L’été, le domaine rogne la plupart de ses vignes au tracteur enjambeur, sauf quelques parcelles pentues ou non palissées. Sur le Brouilly, l’effeuillage se fait à la main, pour aérer et ensoleiller les grappes.

Une conversion bio engagée en 2019

Des rangs enherbés et une certification HVE

Les vignes du domaine sont conduites depuis de nombreuses années de manière raisonnée. Toutes les parcelles sont enherbées, ce qui favorise la biodiversité, la faune comme la flore.

Soucieux de l’environnement comme de sa santé, Benoît obtient en 2019 la certification HVE 3. Il engage la même année la conversion de ses vignes en agriculture biologique.

Trois ans de conversion, un premier millésime bio en 2022

La conversion dure trois ans. Le millésime 2022 en marque la fin : c’est le premier certifié bio du domaine, et le premier à porter le logo AB. Au contrôle de 2024, une partie des vins était encore déclarée en conversion.

Des vendanges entièrement à la main

Toutes les parcelles sont vendangées à la main, pour préserver l’intégrité des raisins. La date se décide en trois temps. On analyse d’abord le sucre, l’acidité et le pH sur des échantillons. On observe ensuite la couleur des pellicules, puis on goûte les baies.

Domaine du Champ de la Croix - Grappe de gamay coupée au sécateur pendant les vendanges
Toutes les parcelles du domaine sont vendangées à la main.

Grappes entières, foudres et fûts sous le cuvage

La macération carbonique, méthode du pays

Les rouges sont vinifiés en macération carbonique, la méthode traditionnelle du Beaujolais, qui fait ressortir le fruit du gamay. Malval passe 10 jours en grappes entières, Les Barrières rouge 12 jours.

Les Brouilly suivent un autre chemin. L’égrappage y est partiel, selon le millésime, et la macération dure de 12 à 15 jours. Pour l’Origine, elle se limite à cinq ou six jours, avec des remontages quotidiens.

Une cave voûtée du XIXe siècle

L’élevage se fait dans la cave voûtée du XIXe siècle, enterrée sous le cuvage, qui abrite de nombreux foudres et fûts. Malval et Saburin y passent 12 mois en foudres. Élise et l’Origine y sont aussi élevées en foudres, avant une mise en bouteilles à la fin de l’hiver ou au printemps.

Domaine du Champ de la Croix - Audrey et Benoît dans la cave, entre les fûts de chêne
Audrey et Benoît au milieu des fûts de la cave.

Les Barrières rouge et le Brouilly La Font-Curé restent douze mois en fûts de chêne. Le blanc Les Barrières passe un an en fût, avec 20 % de bois neuf. Un bâtonnage par mois lui donne du gras.

Du gamay de coteau au chardonnay élevé en fût

Des rouges du plus souple au plus structuré

L’Origine ouvre la gamme des rouges, souple et élégante, sur les fruits rouges frais et des tanins gourmands. Élise, vinifiée sans soufre ajouté avec les levures indigènes du raisin, joue la framboise et la violette. Le domaine la conseille dans ses deux premières années.

Malval gagne en structure tannique et finit sur les épices. Les Barrières rouge tire vers les fruits noirs, avec de légères notes vanillées et toastées. Les deux Brouilly viennent de la même parcelle. Saburin associe fruits noirs, cassis et une touche saline en finale. La Font-Curé se montre plus charnu, sur la violette et la torréfaction.

Domaine du Champ de la Croix - Les Barrières, Malval et le Brouilly Saburin sur une table de dégustation
Les Barrières, Malval et Saburin, trois des onze cuvées du domaine.

Des Beaujolais blancs remarqués par le Guide Hachette

Le chardonnay, planté ici depuis 1996, a valu au blanc Les Barrières deux étoiles au Guide Hachette. La première vient du Guide Hachette 2019, pour le millésime 2016. La seconde, du Guide Hachette 2023, pour le 2020. Sur ce dernier, le guide relève des touches miellées, florales et boisées.

Côté rouges, Malval Pierres Dorées 2022 a reçu une étoile au Guide Hachette 2025. Le blanc Evidence, élevé en cuve, est mis en bouteilles dès le printemps suivant. Il joue la pêche, la poire et une pointe de silex.

Bulles et rosés de gamay

Le domaine produit aussi un Crémant de Bourgogne de chardonnay et de gamay. La vendange arrive en caisses percées, passe au pressurage doux, puis prend sa mousse en bouteille avant l’élevage sur lattes. Il en ressort des agrumes et une attaque vive.

Gourmandise, un rosé pétillant de gamay à 8 % vol., garde une légère sucrosité. La Folie de Radis, un Beaujolais rosé en pressurage direct, vinifié à basse température, se boit sur la cerise et la fraise.

Pousser la porte du domaine à Denicé

Visite et dégustation sur rendez-vous

Le domaine reçoit pour la visite, la dégustation et la vente, sur rendez-vous, afin d’accueillir chacun dans de bonnes conditions. On y vient en famille ou entre amis, et la visite fait découvrir la cave voûtée, ses foudres et ses fûts.

Un pressoir américain du XIXe siècle

Le domaine conserve un pressoir américain en bois du XIXe siècle. Il reprend du service lors des journées de pressurage à l’ancienne. Les visiteurs y actionnent le pressoir et les pompes à la force des bras. En 2022, il a servi à presser l’une des cuvées du domaine.

Domaine du Champ de la Croix - Serrage du pressoir américain en bois lors d’une journée de pressurage à l’ancienne
Journée de pressurage à l’ancienne au pressoir américain du domaine.

Audrey et Benoît ont aussi accueilli des déjeuners au domaine. L’apéritif se prenait dans les vignes d’en face, le repas à l’ombre du tilleul, le dessert dans la cave voûtée. À la sortie des beaujolais nouveaux, le domaine a également ouvert ses portes plusieurs jours de suite.

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Les autres domaines de la région Beaujolais

  • Domaine Romanesca

    Le Domaine Romanesca, à Fleurie, tient son nom de la villa gallo-romaine qui serait à l’origine de Romanèche-Thorins, le village du cru Moulin-à-Vent. Depuis 2019, les jumeaux Antoine et Olivier Chastel et Lucrèce Bruyant y prennent la suite de Guy et Ferréole Chastel. Ils ont converti les 7 hectares à l’agriculture biologique, certifiée depuis la récolte 2022. Leurs sept cuvées, du Moulin-à-Vent Champ de Cour au Beaujolais Villages blanc, naissent de vendanges manuelles et d’un travail parcelle par parcelle.

  • Le Bouc et la Treille

    Le Bouc et la Treille cultive 9 hectares de vignes bio en AOC Coteaux du Lyonnais, sur les argilo-calcaires de Poleymieux-au-Mont-d’Or. La ferme est née en 1976 d’un éleveur de chèvres et d’un paysan, puis a arrêté l’élevage en 2003 et converti sa vigne en bio en 2007. Mélissa Prieur-Tebaibi et Frédéric Bernard vinifient au levain maison, avec des macérations jusqu’à huit mois. Leurs cuvées aux noms de patois lyonnais se vendent surtout autour de Lyon, une partie en bouteilles consignées.

  • Domaine Matray & Filles

    Le Domaine Matray & Filles cultive la vigne à Fleurie depuis cinq générations et vinifie tous ses raisins dans le cuvage familial acheté en 2003. Bruno Matray et son frère Patrick y lancent dès 2005 l’arrachage de ceps et l’enherbement qui mènent à la conversion bio de 2018. Sa fille Maud, ingénieure travaux reconvertie, le rejoint en 2020 et relance la vente en bouteille. Du granit rose de Grille-Midi aux clos de pierre sèche des Pierres Dorées, la gamme réunit Fleurie, Morgon, Chiroubles et un Bourgogne blanc.

  • Domaine Bonnet-Cotton

    Fondé en 1856 au pied du Mont Brouilly, à Odenas, le Domaine Bonnet-Cotton est engagé en agriculture biologique depuis 2016. Pierre Cotton et Marine Bonnet y conduisent en gobelet des gamays d’environ 65 ans et plantent près de 500 arbres par an autour et au cœur des vignes. Chaque cuvée suit une parcelle, de la diorite bleue de la Côte de Brouilly aux granites de Brouilly, Régnié et Fleurie. Les rouges naissent en macération carbonique, en grappes entières, sans soufre ajouté sauf exception, ni collage ni filtration.

  • Château des Bachelards

    Le Château des Bachelards cultive 18 hectares de gamay, de chardonnay et de viognier autour de Fleurie, au nord du Beaujolais. Son Clos des Bachelards, monopole de 1,80 hectare ceint de murs depuis les moines de Cluny, repose sur du granite rose et des argiles bleues. Sans chimie de synthèse depuis 2007, le domaine est certifié Demeter depuis 2015 et Biodyvin depuis 2020. Ses Fleurie, Saint-Amour et Moulin-à-Vent sont éraflés, cuvés 28 jours puis élevés 18 à 22 mois en foudres, en demi-muids ou en amphores.

  • Domaine de Prapin

    Le Domaine de Prapin cultive 10 hectares de vignes à Taluyers, Saint-Laurent-d’Agny et Mornant, en Coteaux du Lyonnais, sur un sol de gneiss granitique. La famille Jullian y plante la vigne depuis 1890, et Lucie et Pierre Riviere en forment la sixième génération. Engagé en bio en 2009, le vignoble est conduit en biodynamie depuis 2012 et labellisé Demeter en 2024. Le gamay et le chardonnay y côtoient le gamaret et la syrah, et une partie des vins s’élève en amphore de terre cuite depuis 2015.

  • Saint-Ennemond

    Saint-Ennemond est la vigne de gamay que Dominique Merle cultive en Beaujolais-Villages à Cercié, sur des ceps de plus de 40 ans plantés par son père. Reprise en 2021, elle est passée du conventionnel à la bio par une étape en certification HVE. Le sol se travaille à la charrue tirée par des chevaux, et les vendanges se font à la main, en famille. La cave coopérative Vinescence a vinifié en vendange entière le premier millésime bio, un Beaujolais-Villages 2025.

  • Château du Moulin-à-Vent

    Le Château du Moulin-à-Vent cultive une trentaine d’hectares de gamay autour du moulin de Romanèche-Thorins, dans le nord du Beaujolais. Présent depuis 1732, l’ancien Château des Thorins a pris le nom de son appellation à la création de l’AOC Moulin-à-Vent, en 1936. Repris en 2009 par la famille Parinet, il a banni la chimie de synthèse en 2013 et s’est engagé en bio en 2021. Ses vins de lieu viennent de six terroirs situés à moins de 300 mètres du château, des Vérillats à La Rochelle.

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