Domaine Henri Delagrange - Le bâtiment Didier Delagrange, bardé de bois, au bord des vignes

Domaine Henri Delagrange

Région viticole

Région viticole

Bourgogne

Bio

Sept générations entre Volnay et Pommard

Le Domaine Henri Delagrange cultive 15 hectares de vignes en Côte de Beaune. La famille est installée à Volnay. Ses vins viennent d’abord de deux villages voisins, Volnay et Pommard. Aloxe-Corton, Meursault et les Hautes-Côtes de Beaune se sont ajoutés au fil des décennies. Engagé en bio depuis 2023, le domaine est certifié à partir du millésime 2026.

Du Clos des Chênes de 1947 aux quinze hectares de 2009

En 1947, René Delagrange met en bouteille toute la récolte de son Volnay premier cru Clos des Chênes. C’est encore aujourd’hui l’appellation phare de la maison. En 1978, Gisèle et Henri Delagrange exploitent déjà 6 hectares répartis entre Volnay et Pommard. C’est le nom d’Henri que porte aujourd’hui le domaine.

Leur fils Didier les rejoint en 1990. Ensemble, ils plantent des vignes de Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune, en rouge comme en blanc, et le domaine passe à 13,5 hectares. Didier prend les rênes en 2003 avec son épouse Hélène. Le couple achète des vignes à Meursault et à Aloxe-Corton en 2005, puis dans le premier cru Les Champans en 2009. Depuis, la surface n’a plus bougé.

Alexis, la septième génération formée dans le Nouveau Monde

Alexis Delagrange, fils aîné d’Hélène et Didier, arrive au domaine avec le millésime 2017. Il sort de l’école de viticulture de Beaune et a fait ses armes au domaine Jacques Prieur, à Meursault. Il part ensuite pour les vignobles du Nouveau Monde. Il travaille chez Vriesenhof en Afrique du Sud, Bethel Heights en Oregon, Fromm en Nouvelle-Zélande et Cupitt’s en Australie.

De ce tour du monde, il a rapporté une autre façon d’approcher le pinot noir. Il a pris en main les vinifications à partir du millésime 2022. Ses deux frères suivent leur propre chemin vers le vin. Benjamin s’oriente vers le commerce, Arthur prépare un BTS de viticulture et d’œnologie.

Domaine Henri Delagrange - Alexis Delagrange debout dans les rangs de vigne
Alexis Delagrange, septième génération, au domaine depuis 2017.

Une vigne conduite pour une maturité complète

« Il est temps de nous réadapter à la nature et arrêter d’exiger qu’elle nous donne ce que l’on veut », dit Alexis Delagrange. Au domaine, l’essentiel du travail se fait à la vigne. L’objectif affiché : une plante vigoureuse et un raisin cueilli à pleine maturité phénolique, peau et pépins compris.

Rognage haut et labours d’avril à la mi-juillet

Le domaine recule le moment de la taille. Les bourgeons partent plus tard, ce qui limite les risques de gel et de maladies du bois. Le domaine taille en Guyot depuis toujours. Sur les jeunes vignes, Didier et Alexis introduisent peu à peu la taille Guyot Poussard, pour mieux respecter les flux de sève.

Depuis 2008, la vigne est rognée bien plus haut que la moyenne. Cela demande de relever et d’accoler les rameaux plus souvent. En échange, le feuillage plus abondant nourrit la photosynthèse et mène le raisin à maturité. Au printemps, un ébourgeonnage sévère répartit les feuilles sur la baguette et aide à limiter les traitements.

Les sols sont labourés depuis longtemps. Pour laisser la terre nue le moins longtemps possible, les labours commencent tard, courant avril, et s’arrêtent tôt, à la mi-juillet. Le domaine y ajoute des apports de matières organiques. Les vignes du domaine sont plantées à 10 000 pieds par hectare.

La bio certifiée à partir du millésime 2026

Le domaine s’engage en agriculture biologique auprès d’Ecocert le 6 juillet 2023. Il est certifié bio depuis le millésime 2026, au terme de sa conversion. Les vins des millésimes précédents, élaborés pendant cette période, ne sont pas certifiés.

Des grappes goûtées chaque jour avant la vendange

À l’approche des vendanges, les baies sont goûtées tous les jours. Pulpe, peau et pépins sont croqués jusqu’à ce que le fruit soit mûr et les tanins doux. Seules les plus belles grappes sont alors ramassées. Pour les rouges, la récolte se fait à la main. Un premier tri a lieu à la vigne, puis le raisin voyage en caisses.

Domaine Henri Delagrange - Grappe de pinot noir coupée au sécateur pendant les vendanges
Les rouges sont vendangés à la main, grappe par grappe.

À l’arrivée, la vendange passe une seconde fois sur la table de tri. Elle rejoint ensuite les cuves par gravité, pour préserver les baies.

Domaine Henri Delagrange - Tri des grappes de pinot noir sur la table de tri
Le second tri se fait sur table, à l’arrivée des caisses.

Des premiers crus de Volnay aux Hautes-Côtes de Beaune

Le vignoble du domaine s’étend d’Aloxe-Corton au nord jusqu’à Meursault au sud. Son centre de gravité reste Volnay et Pommard, les deux villages d’origine de la famille.

Volnay, une appellation de pinot noir depuis 1937

L’appellation Volnay existe depuis 1937 et ne produit que des vins rouges, issus du pinot noir. Elle compte 29 climats classés en premier cru. Le vignoble grimpe sur un coteau orienté du levant au sud-est, entre 230 et 280 mètres d’altitude. Plus bas dans la pente, le calcaire bathonien est caillouteux, ferrugineux et rougeâtre.

Le climat des Santenots fait exception : il se trouve sur la commune voisine de Meursault, mais ses rouges s’appellent Volnay. Le domaine en tire un Volnay premier cru Santenots. La parcelle de 17 ares est cultivée et vendangée par ses soins, mais il en achète le raisin.

Le Clos des Chênes, planté en 1939

La parcelle du Clos des Chênes couvre 65 ares et a été plantée en 1939. Ses vignes poussent sur un calcaire bathonien caillouteux et ferrugineux et donnent environ 4 000 bouteilles. À Volnay, le domaine exploite aussi 25 ares en premier cru Champans, des vignes d’une quarantaine d’années.

Le Volnay Vieilles Vignes vient de 1,80 hectare de ceps de 55 ans en moyenne. Ils poussent sur une succession de calcaires à oolithes ferrugineuses. C’est le plus gros volume des Volnay de la maison, autour de 12 000 bouteilles.

Pommard, Aloxe-Corton, Meursault et les Hautes-Côtes

À Pommard, le domaine cultive 45 ares en premier cru Les Bertins, des vignes de 50 ans sur argilo-calcaire du Bathonien. Le climat Les Vaumuriens Hauts y ajoute 70 ares plantés sur la roche mère. À Aloxe-Corton, Les Caillettes réunissent 64 ares de vignes de 60 ans.

Le Meursault assemble deux terroirs : Les Forges, sur une terre rouge ocre, et Les Magnys, sur les graviers. Les Bourgogne Hautes-Côtes de Beaune Les Crêts viennent de 3,35 hectares de pinot noir et de 3 hectares de chardonnay. Un Bourgogne Côte d’Or complète la gamme des rouges.

Une seconde étiquette au nom de Didier Delagrange

Depuis 2008, une partie des vins sort sous l’étiquette Didier Delagrange. Ils sont vinifiés, élevés et mis en bouteille au domaine. Les blancs de Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet et du premier cru Chassagne La Maltroie viennent de petits achats de raisins. Le fournisseur est un domaine choisi pour son approche raisonnée de la viticulture. La certification bio porte, elle, sur les vignes du domaine.

Des rouges infusés, des blancs pressés lentement

« Tout est mis en œuvre pour préserver la chair et la pureté aromatique du fruit », résume Didier Delagrange. En cave, la famille se dit « peu interventionniste ». La main de l’homme surveille et ajuste, en gardant ses distances pour ne pas dénaturer le caractère des terroirs.

Levures indigènes et extraction en douceur

Les rouges sont égrappés ou non selon le millésime. La part de vendange entière ne dépasse jamais 30 à 40 %. Une macération à froid, de durée variable selon la parcelle, précède une fermentation sur levures indigènes uniquement.

Pigeages et remontages suivent le rythme de chaque cuvée. Les températures de fermentation restent assez hautes pour laisser le raisin infuser. Matin et soir, Didier et Alexis goûtent les jus pour décider de ce qu’il faut piger, remonter ou décuver. Le marc est ensuite pressé délicatement, pour n’en tirer que les bons tanins.

Domaine Henri Delagrange - Pigeage du marc dans une cuve inox ouverte
Le pigeage, au rythme propre à chaque cuvée.

Un an de fût, puis le retour en cuve

Après débourbage, les rouges passent environ 12 mois en fût, dans des caves naturellement froides. Les fermentations malolactiques s’y déroulent lentement, jusqu’au mois d’août de l’année suivante. La part de fûts neufs ne dépasse pas 20 %. Chaque cuvée retourne ensuite plusieurs mois en cuve inox avant la mise en bouteille.

Domaine Henri Delagrange - Fûts de chêne alignés dans la cave d’élevage
Les rouges passent environ un an en fût, en cave froide.

Les blancs sont pressés lentement. Leur fermentation alcoolique se fait naturellement, dans une cave tenue à bonne température. Selon l’appellation et le millésime, l’élevage se fait en fût ou en cuve. Le Meursault démarre sa fermentation en cuve inox, la finit en fût et y reste 12 mois. Le Hautes-Côtes de Beaune blanc passe 10 mois en cuve inox.

Du fruit, de la chair et des tanins soyeux

Didier Delagrange vise des vins charnus, ronds et gourmands, qui gardent de la finesse. Le Clos des Chênes s’ouvre sur la violette, la fraise des bois, la cerise et les épices douces, avec des tanins soyeux. Le Champans est le plus coloré des vins du domaine. Les Pommard Les Bertins et Les Vaumuriens Hauts tirent vers les fruits noirs, mûre et myrtille.

Côté blancs, le Meursault mêle les fleurs, l’aubépine en tête, et une touche de silex. Avec ses 30 000 bouteilles, le Hautes-Côtes de Beaune rouge est le vin de plaisir de la gamme. Il joue sur la griotte, la framboise et des tanins ronds. Le guide Bettane et Desseauve 2025 a noté cinq rouges du millésime 2022 entre 90 et 92 sur 100, le Champans en tête.

Une cuverie au bas du village et une cave historique

Le domaine travaille dans deux lieux. En bas de Volnay, une cuverie accueille la vinification et l’élevage des blancs. Son caveau de dégustation donne sur les vignes de Volnay. Dans le village, la cave historique abrite l’élaboration des rouges et garde de vieilles bouteilles, dont la plus ancienne date de 1945.

Domaine Henri Delagrange - Vieux flacons couverts de poussière dans les casiers de la cave
De vieux flacons couchés dans les casiers de la cave.

Les dégustations se font uniquement sur rendez-vous.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine de la Cozanne

    Le Domaine de la Cozanne a replanté en 2020 plus de 7 hectares de parcelles familiales laissées à l’abandon, à Cormot-Vauchignon, dans les Hautes-Côtes de Beaune. Étienne David, ancien pharmacien et microbiologiste, y conduit avec Véronique Maupoil-David des vignes hautes et larges à 5 000 pieds par hectare, engagées en bio dès 2020. Le chardonnay, le pinot noir et l’aligoté s’élèvent en foudre de chêne, en Œuf de Beaune et en amphore de coccio pesto. Le Ban 2023 a obtenu une étoile au Guide Hachette des Vins 2027.

  • Domaine Antonin Guyon

    Le Domaine Antonin Guyon vinifie à Savigny-lès-Beaune des pinots noirs et des chardonnays récoltés de Gevrey-Chambertin à Puligny-Montrachet. Antonin Guyon achète ses premières vignes dans les années 1960, puis son fils Dominique rassemble 350 parcelles à Meuilley en 1970. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2015, le domaine cultive des grands crus, du Corton Clos du Roy au Charmes-Chambertin, et deux monopoles. Hombeline Guyon, troisième génération, a coordonné la communication de la candidature des climats de Bourgogne à l’Unesco.

  • Domaine d’Eugénie

    Né en juillet 2006 du rachat du domaine René Engel par la famille Pinault, le Domaine d’Eugénie cultive 7,9 hectares depuis Vosne-Romanée. Ses onze appellations comptent cinq grands crus, du Chambertin au Clos-Vougeot, et le Clos d’Eugénie, une vigne close de murs sous La Tâche. Certifié bio en 2020, il y ajoute des pratiques biodynamiques, des nichoirs à mésanges, des haies et des tisanes de plantes pour la vigne. Au cuvier, des cuves en bois de plusieurs tailles servent une sélection parcellaire, sans ajout de sulfites pendant la vinification.

  • Domaine Chandon de Briailles

    Le Domaine Chandon de Briailles cultive 13,7 hectares en biodynamie entre Savigny-lès-Beaune, Pernand-Vergelesses et Aloxe-Corton, du village aux grands crus de Corton. Propriété familiale depuis 1834, il est conduit par Claude et François de Nicolay, qui l’ont converti à la biodynamie en 2005 et fait certifier Demeter en 2011. Leurs quatre chevaux ont remplacé les tracteurs, et le lait écrémé remplace le soufre contre l’oïdium. Les rouges fermentent en vendange entière, sans sulfites ajoutés, avant un élevage dans des caves du XIIIe siècle.

  • Domaine Michel Lafarge

    Le Domaine Michel Lafarge cultive ses vignes de Volnay en biodynamie certifiée Demeter, une voie ouverte par Frédéric Lafarge dès 1997. La famille vend une partie de sa récolte en bouteilles depuis le millésime 1934 et garde ses vieux ceps, jusqu’aux Beaune Grèves centenaires. Son Clos du Château des Ducs, premier cru dont elle est seule propriétaire, accueille des poules derrière la mairie du village. Cinq premiers crus de Volnay, deux de Beaune et un Meursault forment le cœur d’une gamme de rouges et de blancs.

  • Domaine Arlaud

    Le Domaine Arlaud cultive 17 hectares depuis Morey-Saint-Denis, dont quatre grands crus : Clos de la Roche, Clos Saint-Denis, Charmes-Chambertin et Bonnes-Mares. Né en 1942 du mariage d’une Bourguignonne et d’un Ardéchois, il est dirigé depuis 2013 par Cyprien Arlaud, petit-fils du fondateur. Passé en bio en 2004, il est devenu en 2014 le premier domaine de Morey certifié en biodynamie par Biodyvin. Ses grands et premiers crus sont labourés à cheval, et ses rouges mis en bouteille par gravité, sans collage ni filtration.

  • Domaine Rossignol-Trapet

    Le Domaine Rossignol-Trapet cultive 14 hectares à Gevrey-Chambertin, menés depuis 1990 par les frères David et Nicolas Rossignol. Engagé en bio chez Ecocert en 2005, il est certifié en biodynamie par Demeter, sur des vignes dont les plus anciennes datent de 1919. Ses trois grands crus sont le Chambertin, le Latricières-Chambertin et le Chapelle-Chambertin, où il est seul à assembler la Chapelle et les Gémeaux. Cinq premiers crus de Gevrey, un village Vieilles Vignes et trois vins de la Côte de Beaune complètent sa gamme de pinots noirs.

  • Domaine Bernard Millot

    Le Domaine Bernard Millot cultive 8 hectares à Meursault, Puligny-Montrachet et Beaune, et note ses vendanges dans un livre de famille ouvert en 1888. Emilien Millot, à plein temps depuis 2010, y vinifie douze Meursault, dont les premiers crus Les Gouttes d’Or et Les Perrières. Engagé en bio en 2020, le domaine associe au soufre et au cuivre des tisanes d’osier, de consoude et de reine-des-prés. Il a planté de la syrah en 2022 et du biancu gentile corse en 2023, face au changement climatique.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine