Domaine Romanesca - Les vignes du Moulin-à-Vent vues à travers une aile du moulin

Domaine Romanesca

Région viticole

Région viticole

Beaujolais

Bio

Romanesca, le nom romain de Romanèche

Le Domaine Romanesca a son siège à Fleurie, dans le nord du Beaujolais, et ses racines dans le cru voisin du Moulin-à-Vent. Il cultive 7 hectares de gamay et de chardonnay, en agriculture biologique certifiée depuis la récolte 2022. Trois associés le mènent depuis 2019 : les jumeaux Antoine et Olivier Chastel, et Lucrèce Bruyant, l’épouse d’Olivier.

Une villa gallo-romaine sur la route de Lugdunum

Le nom vient de loin. Une grande voie romaine reliait Lugdunum, l’actuelle Lyon, à la mer du Nord. Le long de ce tracé, des villas gallo-romaines s’élevaient à Romanesca, le lieu qui deviendra Romanèche. Les premières vignes y ont été plantées autour de ces villas.

Au IIIe siècle, des amphores de vin de Romanesca descendaient déjà la Saône en bateau jusqu’à Lyon. Au fil des siècles, la vigne s’est maintenue à Romanèche-Thorins, la commune qui abrite aujourd’hui le moulin de l’appellation.

Guy Chastel baptise son domaine en 1987

Guy Chastel reprend l’exploitation familiale à la fin des années 1970, après des études à Paris. En 1987, il lui donne le nom de Romanesca, en clin d’œil à cette villa qui serait à l’origine du village. Avec son épouse Ferréole, il conduit le domaine en agriculture raisonnée pendant une quarantaine d’années.

Domaine Romanesca - Le moulin de Romanèche-Thorins au-dessus des jeunes feuilles de vigne
Le moulin de Romanèche-Thorins, emblème du cru Moulin-à-Vent.

Deux jumeaux et Lucrèce quittent Lyon pour la vigne

Des carrières loin de la viticulture

Antoine, Olivier et Lucrèce ont d’abord travaillé à Lyon, dans des métiers sans rapport avec le vin. En 2019, ils reprennent le domaine des parents des garçons, avec l’envie de donner un nouveau souffle à ce patrimoine. La société d’exploitation, une SCEV, naît la même année.

Ils se présentent volontiers comme des touche-à-tout. Le matériel spécifique ne leur fait pas peur, et ils aiment les défis techniques. Ils veulent aussi décider seuls de la conduite de l’exploitation, sans dépendre des conseillers technico-commerciaux, et vendre leurs vins à un prix juste.

Domaine Romanesca - Antoine, Olivier et Lucrèce avec leurs chiens entre les rangs
Antoine, Olivier et Lucrèce ont repris le domaine en 2019.

Du seul Moulin-à-Vent à quatre crus

Guy et Ferréole leur transmettent des vignes de Moulin-à-Vent. Les trois associés élargissent la gamme : Fleurie, Juliénas et Morgon rejoignent le Moulin-à-Vent, avec un rosé et un blanc en Beaujolais Villages. Le chardonnay du blanc a été planté en 2019, l’année même de la reprise.

La conversion bio, décidée dès la reprise

Engagés en 2019, certifiés pour la récolte 2022

Guy Chastel travaillait déjà en agriculture raisonnée. Ses enfants vont plus loin et convertissent l’ensemble du domaine à l’agriculture biologique. Ils n’envisageaient pas les choses autrement, et le disent sans détour : il s’agit de protéger leur santé de vignerons, celle de leurs proches, et l’eau, les sols, l’air et la biodiversité autour des parcelles.

L’engagement auprès de l’organisme certificateur date du 2 août 2019, quelques mois après la reprise. La conversion aboutit à une première récolte certifiée en 2022. Les vins de raisin du domaine sont aujourd’hui certifiés en agriculture biologique.

Des gobelets serrés et des rendements bas

Les vignes sont plantées à haute densité et conduites en gobelet, la taille traditionnelle du Beaujolais. Les ceps se font concurrence, ce qui limite les rendements et améliore la qualité du raisin. Sur les crus, ils tournent autour de 25 à 35 hectolitres par hectare. Certaines vignes atteignent 50 ans, et celles du Juliénas en ont 70 en moyenne.

Domaine Romanesca - Piochage à la main entre les ceps
Piochage à la main entre les ceps.

Une cuvée par climat, du granite rose aux pierres bleues

Le domaine travaille à l’échelle de la parcelle, pour faire ressortir le caractère de chaque climat, ce terroir propre à une parcelle de vigne. Il en tire sept cuvées, dont plusieurs parcellaires élevées en fût et pensées pour la garde.

Champ de Cour et La Rochelle, deux visages du Moulin-à-Vent

Champ de Cour couvre 1,2 hectare exposé au sud, sur du granite rose, avec des vignes de 50 ans en moyenne. Le terroir se trouve près du moulin, dans la partie en piémont de l’appellation. Il donne environ 3 600 bouteilles, élevées un an en cuve béton.

La Rochelle est la plus grande parcelle du domaine : 2,3 hectares exposés au sud et au sud-est, sur un granite très altéré et profond. Ses vignes ont aussi 50 ans. Ce Moulin-à-Vent passe 12 mois en fûts de chêne.

Juliénas, Morgon et Fleurie, trois parcelles autour d’un hectare

Le Juliénas Les Fouillouses vient de 1,05 hectare de vieilles vignes sur des pierres bleues altérées, peu profondes. Le Morgon, issu du lieu-dit Château Gaillard, pousse sur 0,8 hectare de granite rose à faible profondeur, avec des vignes de 40 ans.

À Fleurie, La Chapelle des Bois occupe 0,86 hectare exposé au sud, sur un sol granitique peu profond. Ses vignes ont 35 ans en moyenne. La Chapelle des Bois, c’est aussi le nom de la route où le domaine a son siège.

Un rosé de gamay et un blanc de chardonnay

Le Beaujolais Villages rosé vient de gamays de 50 ans sur sol granitique. Le blanc, en Beaujolais Villages lui aussi, est issu de 0,92 hectare de chardonnay planté en 2019 sur des argiles et des alluvions anciennes. C’est la seule parcelle du domaine qui ne repose pas sur le granite ou la pierre bleue.

Grappes entières, cuve béton et fûts de chêne

Vendanges à la main et cuvaisons courtes

Toutes les cuvées sont vendangées à la main. Les rouges sont vinifiés de façon traditionnelle, en grappes entières, avec un suivi propre à chaque cuve. La cuvaison dure de 8 à 12 jours pour le Juliénas et le Fleurie, et de 12 à 15 jours pour les deux Moulin-à-Vent, toujours en cuve béton.

Domaine Romanesca - Vendanges à la main, caisses de raisin noir au bord des rangs
Toutes les cuvées du domaine sont vendangées à la main.

Pour le blanc et le rosé, le raisin est pressé dès son arrivée, petit à petit. Le rosé fermente ensuite en cuve inox à 17 °C. Son pressurage progressif lui laisse une couleur pâle, légèrement orangée.

Le béton pour les uns, le chêne pour les autres

L’élevage sépare les cuvées. Champ de Cour reste environ un an en cuve béton. Le Morgon y passe 10 à 12 mois sur lies fines, et le Fleurie 7 à 8 mois.

Domaine Romanesca - Le vin coule de la cuve dans un broc
Au chai, chaque cuve est suivie séparément.

Le chêne est réservé à trois vins. La Rochelle y passe 12 mois, le chardonnay aussi. Le Juliénas Les Fouillouses est élevé 9 mois en fûts qui ont déjà connu cinq vins.

Domaine Romanesca - Ouillage des fûts de chêne au chai
L’ouillage des fûts, pendant l’élevage sous bois.

Des gamays de garde, fruités et veloutés

Fruits rouges compotés et matière pulpeuse

Les rouges du domaine partagent un fruit mûr, souvent compoté. Champ de Cour s’ouvre sur la framboise, la cerise, la mûre et la myrtille, avec une touche florale, puis offre une bouche pulpeuse et une longue finale. La Rochelle joue la puissance et la rondeur, avec des tanins soyeux. Le Fleurie se montre riche et gras, sur le bourgeon de cassis.

Le domaine annonce 5 à 15 ans de garde pour Champ de Cour et le Morgon, et de 3 à 8 ans pour le Fleurie. Le blanc mêle fruits à chair blanche et citron, avec les notes de vanille et de pain grillé de son passage sous bois. Le rosé reste vif, sur les agrumes et le pamplemousse.

Le Guide Hachette salue la relève

Le Moulin-à-Vent Champ de Cour 2019 a reçu deux étoiles au Guide Hachette des Vins 2023. Le guide y voit une texture remarquablement veloutée et un passage de témoin réussi à la nouvelle génération. Un an plus tôt, l’édition 2022 avait accordé une étoile au Fleurie La Chapelle des Bois 2018.

De Fleurie au cru du moulin

Moulin-à-Vent, un cru à cheval sur deux départements

Aucune commune ne s’appelle Moulin-à-Vent. Le cru s’étend sur Romanèche-Thorins, en Saône-et-Loire, et sur Chénas, dans le Rhône. Il doit son nom au moulin du XVe siècle qui domine le vignoble, classé monument historique. L’appellation est reconnue le 11 septembre 1936, parmi les premières AOC françaises.

Ses 620 hectares se répartissent sur 71 lieux-dits, dont plus de la moitié sur des granites. Surnommé « le Seigneur des Beaujolais », il donne des vins de garde, dont certaines cuvées se conservent plus de quinze ans. Fleurie, sa voisine, repose à 90 % sur le granite rose.

Une adresse à Fleurie, des vins jusqu’au Québec

Le domaine reçoit pour des dégustations, sur rendez-vous pris une semaine à l’avance. Ses vins se trouvent aussi au Caveau du Cru Moulin-à-Vent, à Romanèche-Thorins. Hors de France, ils voyagent dans dix pays, de la Belgique à Singapour, de la Norvège au Canada, où la Société des alcools du Québec les distribue.

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Les autres domaines de la région Beaujolais

  • Le Bouc et la Treille

    Le Bouc et la Treille cultive 9 hectares de vignes bio en AOC Coteaux du Lyonnais, sur les argilo-calcaires de Poleymieux-au-Mont-d’Or. La ferme est née en 1976 d’un éleveur de chèvres et d’un paysan, puis a arrêté l’élevage en 2003 et converti sa vigne en bio en 2007. Mélissa Prieur-Tebaibi et Frédéric Bernard vinifient au levain maison, avec des macérations jusqu’à huit mois. Leurs cuvées aux noms de patois lyonnais se vendent surtout autour de Lyon, une partie en bouteilles consignées.

  • Domaine Matray & Filles

    Le Domaine Matray & Filles cultive la vigne à Fleurie depuis cinq générations et vinifie tous ses raisins dans le cuvage familial acheté en 2003. Bruno Matray et son frère Patrick y lancent dès 2005 l’arrachage de ceps et l’enherbement qui mènent à la conversion bio de 2018. Sa fille Maud, ingénieure travaux reconvertie, le rejoint en 2020 et relance la vente en bouteille. Du granit rose de Grille-Midi aux clos de pierre sèche des Pierres Dorées, la gamme réunit Fleurie, Morgon, Chiroubles et un Bourgogne blanc.

  • Domaine Bonnet-Cotton

    Fondé en 1856 au pied du Mont Brouilly, à Odenas, le Domaine Bonnet-Cotton est engagé en agriculture biologique depuis 2016. Pierre Cotton et Marine Bonnet y conduisent en gobelet des gamays d’environ 65 ans et plantent près de 500 arbres par an autour et au cœur des vignes. Chaque cuvée suit une parcelle, de la diorite bleue de la Côte de Brouilly aux granites de Brouilly, Régnié et Fleurie. Les rouges naissent en macération carbonique, en grappes entières, sans soufre ajouté sauf exception, ni collage ni filtration.

  • Château des Bachelards

    Le Château des Bachelards cultive 18 hectares de gamay, de chardonnay et de viognier autour de Fleurie, au nord du Beaujolais. Son Clos des Bachelards, monopole de 1,80 hectare ceint de murs depuis les moines de Cluny, repose sur du granite rose et des argiles bleues. Sans chimie de synthèse depuis 2007, le domaine est certifié Demeter depuis 2015 et Biodyvin depuis 2020. Ses Fleurie, Saint-Amour et Moulin-à-Vent sont éraflés, cuvés 28 jours puis élevés 18 à 22 mois en foudres, en demi-muids ou en amphores.

  • Domaine de Prapin

    Le Domaine de Prapin cultive 10 hectares de vignes à Taluyers, Saint-Laurent-d’Agny et Mornant, en Coteaux du Lyonnais, sur un sol de gneiss granitique. La famille Jullian y plante la vigne depuis 1890, et Lucie et Pierre Riviere en forment la sixième génération. Engagé en bio en 2009, le vignoble est conduit en biodynamie depuis 2012 et labellisé Demeter en 2024. Le gamay et le chardonnay y côtoient le gamaret et la syrah, et une partie des vins s’élève en amphore de terre cuite depuis 2015.

  • Saint-Ennemond

    Saint-Ennemond est la vigne de gamay que Dominique Merle cultive en Beaujolais-Villages à Cercié, sur des ceps de plus de 40 ans plantés par son père. Reprise en 2021, elle est passée du conventionnel à la bio par une étape en certification HVE. Le sol se travaille à la charrue tirée par des chevaux, et les vendanges se font à la main, en famille. La cave coopérative Vinescence a vinifié en vendange entière le premier millésime bio, un Beaujolais-Villages 2025.

  • Domaine du Champ de la Croix

    Le Domaine du Champ de la Croix cultive 16 hectares à Denicé, dans les Pierres Dorées, où la famille est installée depuis 1934. Passé par Santenay, Meursault et Corton, Benoît Roche reprend le domaine de son père en 2017 et achète une parcelle de Brouilly à 510 mètres. Engagé en bio en 2019, il signe avec 2022 son premier millésime certifié. Ses gamays passent en macération carbonique, et son blanc Les Barrières, élevé en fût, compte deux étoiles au Guide Hachette.

  • Château du Moulin-à-Vent

    Le Château du Moulin-à-Vent cultive une trentaine d’hectares de gamay autour du moulin de Romanèche-Thorins, dans le nord du Beaujolais. Présent depuis 1732, l’ancien Château des Thorins a pris le nom de son appellation à la création de l’AOC Moulin-à-Vent, en 1936. Repris en 2009 par la famille Parinet, il a banni la chimie de synthèse en 2013 et s’est engagé en bio en 2021. Ses vins de lieu viennent de six terroirs situés à moins de 300 mètres du château, des Vérillats à La Rochelle.

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