Mas des Escarades
Sommaire
- De la bio du père au label Demeter
- Des vignes en agriculture biologique depuis 1983
- Demeter à partir du millésime 2023
- Une part à la coopérative, le reste en bouteilles
- Une cave sans pompe, où tout descend par gravité
- Du palox à la cuve, sans pompage
- Pigeage pour la Syrah, délestage pour le Grenache
- Un seul ajout, juste avant la mise en bouteille
- Buisson, sur les collines de Vaison-la-Romaine
- Un village nommé des Côtes du Rhône depuis 2016
- Des coteaux entre 160 et 380 mètres
- Deux rouges de Vaison et un blanc, Opaline
- Hautes Sérines, la Syrah en tête
- Le Coustias, la cerise du Grenache
- Opaline, un blanc hors appellation
- La bouteille revient, l’étiquette fleurit
- La consigne avec Ma bouteille s’appelle revient
- Des étiquettes à planter au jardin
- Déguster face au Mont Ventoux
- Ateliers et visites du chai
- Pique-nique, braséro et Grandes Bouffes
De la bio du père au label Demeter
Des vignes en agriculture biologique depuis 1983
Le Mas des Escarades est un petit domaine familial de 6 hectares, à Buisson, dans le Vaucluse. Ses vins rouges portent l’appellation Côtes du Rhône Villages Vaison-la-Romaine. Julien Bertrand, qui signe « artisan vigneron », y gère seul la vigne et la cave.
L’histoire bio du domaine commence avec son père. En 1983, celui-ci remet en cause sa façon de travailler et mesure l’importance de son impact sur la nature. Les vignes passent alors en agriculture biologique, et elles n’en sont plus sorties.
L’exploitation est aujourd’hui au nom de Julien Bertrand. Elle est engagée en bio auprès d’Ecocert depuis février 2022, pour le raisin comme pour le vin. Elle produit aussi des amandes et des olives.
Demeter à partir du millésime 2023
Le fils est allé un cran plus loin. Depuis 2023, le domaine est certifié en biodynamie par Demeter, ce que Julien présente comme un accomplissement. Ses vins sont certifiés biodynamiques à partir du millésime 2023.
Le blanc Opaline 2023 et le rouge Le Coustias 2023 figurent ainsi parmi les produits labellisés du domaine. Les amandes et les olives en font partie elles aussi.
Une part à la coopérative, le reste en bouteilles
Le domaine fonctionne sur deux pieds. Une partie de la récolte part à la cave coopérative. Le reste est vinifié au domaine, en cave particulière, pour un total d’environ 5 500 bouteilles.
Julien aime parler du vin et expliquer en détail ce qu’il recherche dans ses cuvées. En 2025, il cherchait un apprenti pour l’épauler partout, de la vigne à la cave, en passant par la vente.
Une cave sans pompe, où tout descend par gravité
Du palox à la cuve, sans pompage
À la cave, Julien s’est fixé une obsession : limiter son impact sur la planète sans rien lâcher sur la qualité. Les raisins arrivent vendangés à la main, dans de petits palox hermétiques qui limitent leur oxydation.
Un élévateur les verse dans l’égrappoir, seul outil mécanique de toute la vinification. Égrappés mais non foulés, les raisins rejoignent ensuite la cuve ou le fût, toujours sans pompage. Du raisin à la bouteille, tous les transferts se font par gravité.

Pigeage pour la Syrah, délestage pour le Grenache
L’extraction reste manuelle. La Syrah fermente en barriques ouvertes, et le pigeage manuel y est la seule technique d’extraction. Le Grenache, vinifié en cuve inox, reçoit en plus des délestages gravitaires.
La macération dure au moins un mois, et la dégustation décide du moment d’en sortir. Un pressoir pneumatique presse ensuite le marc en souplesse, grâce à un ballon, pour n’en extraire que le meilleur.
Un seul ajout, juste avant la mise en bouteille
Aucun produit œnologique n’entre dans la vinification. Seul un léger sulfitage précède la mise en bouteille. Julien lui donne un seul but : garder au vin sa qualité de dégustation jusqu’au verre du consommateur.
Pour l’élevage, la Syrah passe 12 mois en fûts de chêne français qui ont déjà logé au moins trois vins. Ces fûts n’apportent plus beaucoup d’arômes boisés et laissent parler le terroir. Le Grenache s’élève en cuve béton et en cuve de grès, pour garder ses arômes frais et fruités.
Buisson, sur les collines de Vaison-la-Romaine
Un village nommé des Côtes du Rhône depuis 2016
Buisson compte parmi les cinq communes de l’AOC Côtes du Rhône Villages Vaison-la-Romaine. Les quatre autres sont Vaison-la-Romaine, Saint-Marcellin-lès-Vaison, Villedieu et Saint-Roman-de-Malegarde. Ce village nommé a été reconnu en 2016.
L’appellation ne produit que des vins rouges. Elle couvrait 182 hectares en 2025, avec un rendement moyen de 30 hl/ha. Le Grenache, la Syrah et le Mourvèdre en forment la base. Julien Bertrand adhère au syndicat de l’appellation.
Des coteaux entre 160 et 380 mètres
Le vignoble occupe une succession de collines, dans la partie orientale des Côtes du Rhône, juste avant que le relief ne devienne montagneux. La plupart des parcelles de l’appellation regardent vers le nord, les autres vers l’est.
Les coteaux s’étagent de 160 à 380 mètres d’altitude, sous un climat méditerranéen marqué par le mistral. Les sols, à base d’argile et de calcaire, reposent surtout sur des marnes à galets du Miocène supérieur et du Pliocène.
Depuis le Mas, la vue embrasse Villedieu, les Dentelles de Montmirail et le Mont Ventoux. Julien en a fait le décor de ses soirées.
Deux rouges de Vaison et un blanc, Opaline
Hautes Sérines, la Syrah en tête
Hautes Sérines est un Côtes du Rhône Villages Vaison-la-Romaine à dominante de Syrah, complétée de Grenache. Le domaine en a produit 850 bouteilles en 2020, puis 1 500 en 2021.
Le millésime 2020, très solaire, a été vendangé tôt. Sa robe est intense et sombre. Le nez mêle les fruits noirs, le cassis, une touche d’épice et de cuir. En bouche, la Syrah donne une sensation de velours et des tanins fins, le Grenache apporte sa puissance.
Le domaine le conseille avec le gibier, les plats sucrés-salés, et même une forêt-noire au chocolat.
Le Coustias, la cerise du Grenache
Le Coustias inverse les rôles : Grenache en tête, puis Syrah. Il est sorti à 500 bouteilles en 2020 et 1 100 en 2021. Sa couleur est moins intense que celle de sa « grande sœur », mais soutenue pour un Grenache.
Au nez, la cerise kirschée domine, relevée de notes de chocolat noir et de fumé. Le vin cherche l’équilibre entre puissance et rondeur. Il accompagne les grillades comme une viande en sauce légèrement épicée.
Opaline, un blanc hors appellation
À côté de ces deux rouges, Opaline est le blanc du domaine. Il sort en Vin de France, hors appellation. Son millésime 2023 porte le label Demeter.
La bouteille revient, l’étiquette fleurit
La consigne avec Ma bouteille s’appelle revient
La démarche du domaine ne s’arrête pas au chai. Julien a réinstauré la consigne sur ses bouteilles. Il travaille sous contrat avec Ma bouteille s’appelle revient, qui assure le lavage et la désinfection du verre avant sa réutilisation.
Le domaine en a fait un choix fort. Avec 2,3 millions de tonnes par an, le verre représente 49,6 % du poids des déchets ménagers en France. Les caisses en bois, elles aussi, ont été choisies pour être réutilisées.
Des étiquettes à planter au jardin
Les étiquettes sont en papier ensemencé, entièrement biodégradable, et imprimées à l’encre biologique. Le papier renferme une multitude de graines.
Une fois la bouteille vidée, il suffit de décoller l’étiquette, de la découper en petits morceaux et de la mettre en terre. Des fleurs des champs poussent alors au jardin. Le domaine résume l’idée en une formule : « La vie au bout du circuit ! »
Déguster face au Mont Ventoux
Ateliers et visites du chai
Julien reçoit toute l’année, sur rendez-vous. Son atelier découverte dure environ une heure, au milieu de la cave ou dehors. On y goûte trois vins, un blanc et deux rouges, avec très peu de théorie et beaucoup de pratique.
La visite du vignoble et de la cave dure deux heures. Elle se termine par une dégustation et un apéritif local au cœur des vignes. Une formule plus courte se concentre sur la cave, avec dégustation au cœur du chai.


Pique-nique, braséro et Grandes Bouffes
Le domaine prépare aussi des paniers pique-nique à composer soi-même, garnis de bocaux artisanaux, de l’apéritif au dessert. Julien indique ensuite les bons coins où s’installer.
La soirée dégustation privée réunit de 4 à 16 personnes autour d’un buffet dînatoire, au coucher du soleil. À partir de 10 personnes, Les Grandes Bouffes proposent un repas cuit au braséro, servi sur une table paysanne au milieu des vignes. Le menu change d’une soirée à l’autre.
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