Domaine Arlaud - Le vignoble de la Côte de Nuits vu du ciel, au soleil couchant

Domaine Arlaud

Région viticole

Région viticole

Bourgogne

BioBiodyvinDemeter

Des chevaux dans les grands crus de Morey-Saint-Denis

Le Domaine Arlaud cultive 17 hectares en Côte de Nuits depuis Morey-Saint-Denis, dont quatre grands crus. Vin bio et biodynamie y avancent ensemble depuis une vingtaine d’années. En 2014, il est devenu le premier domaine de Morey-Saint-Denis certifié en biodynamie par le label Biodyvin. Ses vins portent aussi le label Demeter.

Plus d’herbicides dès 1998, la bio sur tout le vignoble en 2004

Le premier geste date de 1998 : le domaine renonce aux herbicides, pour préserver la vie des sols et la pureté des nappes phréatiques. Les traitements de la vigne sont revus dans la foulée.

En 2004, les 15 hectares de l’époque passent en culture biologique, sans pesticides ni engrais de synthèse. Le domaine s’engage auprès d’Ecocert en 2007, et la certification officielle arrive en 2010, avec le label AB.

La biodynamie depuis 2009, sous deux labels

En 2009, Cyprien Arlaud lance la conversion en biodynamie. Le domaine élabore son propre compost pour régénérer les sols. La vigne reçoit des tisanes de plantes et des préparations naturelles.

Il entre au syndicat Biodyvin en 2010, puis en obtient le label en 2014. Chez Demeter, vingt vins du millésime 2023 sont labellisés, de l’aligoté jusqu’aux quatre grands crus.

Cinq hectares labourés à cheval

Les grands crus et les premiers crus, 5 hectares au total, sont labourés à cheval depuis 2004. Le but : épargner aux sols le poids des machines. Quand la fratrie travaillait au complet, Bertille, la sœur de Cyprien, y exerçait le métier de laboureuse à cheval, avec deux chevaux.

Domaine Arlaud - Labour à cheval entre les rangs de vigne, vu du ciel
Labour à cheval entre les rangs : grands et premiers crus, 5 hectares depuis 2004.

Dans ces mêmes parcelles, les vignes sont tressées à la main et effeuillées à la main. Sur les villages et les appellations régionales, l’écimage et l’effeuillage restent manuels eux aussi.

Une famille entre l’Ardèche, Morey et Nuits-Saint-Georges

1942, des vignes dans la corbeille de mariage

L’histoire commence en 1942, avec la rencontre d’une Bourguignonne, Renée Amiot, et d’un Ardéchois, Joseph Arlaud. La corbeille de mariage contient de belles vignes, que Joseph complète dès 1949.

En 1964, il achète à Gevrey-Chambertin la parcelle de Roncevie. En 1966, le couple acquiert à Nuits-Saint-Georges un cellier du XIVᵉ siècle pour élever ses vins. Cette cave figure depuis sur l’étiquette de chaque bouteille.

Hervé, puis Cyprien seul aux commandes

Hervé Arlaud succède à son père en 1983 et agrandit le vignoble avec son épouse Brigitte. Ses enfants, Cyprien, Romain et Bertille, le rejoignent l’un après l’autre. Tous travaillent ensemble sur le domaine de 2004 à 2012.

Domaine Arlaud - Hervé Arlaud, verre de rouge en main, dans la cave
Hervé Arlaud, à la tête du domaine à partir de 1983.

En 2013, Cyprien Arlaud, petit-fils de Joseph, reprend seul la gestion du domaine familial. Il réunit aujourd’hui 19 appellations sur 17 hectares.

Domaine Arlaud - Cyprien Arlaud en dégustation entre les fûts
Cyprien Arlaud, seul aux commandes depuis 2013.

Le bruit de la craie dans les chais

Depuis des générations, les équipes notent à la craie les indications de chaque vin, sur les fûts ou sur des ardoises. Ce geste a d’ailleurs donné son nom à Scritch, une gamme de blancs lancée par Cyprien : le bruit de la craie.

Le cellier historique de Nuits-Saint-Georges sert aujourd’hui de vinothèque pour les anciens millésimes, et accueille des événements sur mesure. Le chai récent et les caves d’élevage se trouvent à Morey-Saint-Denis.

Domaine Arlaud - Ardoise marquée à la craie Charmes-Chambertin 1979 sur de vieilles bouteilles
Un Charmes-Chambertin 1979, repéré à la craie parmi les anciens millésimes.

Le domaine reçoit sur rendez-vous, de façon ponctuelle. Tout dépend du rythme des travaux et des vins disponibles.

Dix-sept hectares entre Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny

Morey-Saint-Denis compte parmi les plus petites appellations de la Côte de Nuits, avec une centaine d’hectares. Elle réunit pourtant 20 premiers crus et 5 grands crus. Le domaine y a son siège et sept de ses vins. Ses autres vignes s’étendent sur les deux communes voisines, Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny.

Quatre grands crus sur quelques ares

Le Clos de la Roche (0,43 ha) doit son nom au banc de roche qui affleure en surface. Grand cru depuis 1936, c’est le plus au nord de ceux de Morey, dans le prolongement de Latricières-Chambertin.

Le Clos Saint-Denis (0,17 ha, vignes plantées en 1970) appartenait à la collégiale Saint-Denis de Vergy, fondée en 1023. Plus petit grand cru de Morey, il a pourtant donné une partie de son nom au village.

S’y ajoutent 1,14 ha de Charmes-Chambertin à Gevrey. À Chambolle-Musigny, les 0,20 ha de Bonnes-Mares ont été plantés en 1979, sur un sol à 85 % d’argile rouge.

Huit premiers crus, du banc de roche au lit d’une ancienne rivière

À Morey, Les Ruchots (vignes de 1955) reposent sur le même banc de roche que le Clos de la Roche. Ils se trouvent juste sous le Clos de Tart. Les Blanchards doivent leur nom à un sol très blanc, chargé des cailloutis calcaires qu’une ancienne rivière y a accumulés. Aux Cheseaux et Les Millandes complètent la série.

À Chambolle-Musigny, le domaine cultive Les Sentiers (vignes de 1966), Les Noirots et Les Chatelots. Ce dernier climat, donné à l’abbaye de Cîteaux en 1385, ne couvre que 7 ares et donne 300 bouteilles. À Gevrey, Aux Combottes est cerné par trois grands crus : Latricières-Chambertin, Clos de la Roche et Charmes-Chambertin.

Roncevie, une parcelle de Gevrey reclassée en 1964

Avec 4,88 hectares, Roncevie est de loin la plus grande vigne du domaine. Quand Joseph Arlaud l’achète en 1964, elle est classée « terre à vigne » de Gevrey-Chambertin. Un décret de la même année la reclasse en AOC Bourgogne, sans toucher aux parcelles voisines.

D’autres appellations régionales complètent la gamme. Le bourgogne aligoté vient de vignes de 40 ans. Le Hautes-Côtes de Nuits blanc naît d’un chardonnay planté à Chevannes, sur le plateau, vers 350 mètres. Le passetoutgrain assemble à parts égales pinot noir et gamay.

Au chai, la gravité et la lune

Un chai de 2003 pensé pour la gravité

Le chai actuel date de 2003. Il travaille par gravité, du tri jusqu’au pressoir, pour ne pas abîmer les baies. Les raisins sont vendangés à la main, en petites caisses pour les villages et les crus. Ils passent ensuite sur une table de tri.

Domaine Arlaud - Tri à la main des grappes de raisin noir sur la table de tri
Le tri se fait à la main sur table, avant l’encuvage par gravité.

Aucun foulage. Dans les grands et premiers crus, on érafle deux tiers de la vendange et on garde le dernier tiers en grappes entières. Les grands crus fermentent en cuves bois, les premiers crus et les villages en cuves ouvertes. Les régionales passent en cuves béton.

La fermentation démarre seule, avec les levures présentes sur les baies. La vinification dure de 20 à 25 jours, avec très peu de pigeages, faits au pied.

Seize à dix-huit mois de fût, sans collage ni filtration

L’élevage en fût dure au minimum 16 à 18 mois. Le bois neuf reste mesuré : 15 % pour les villages, 20 % au plus pour certains premiers et grands crus. Aucun intrant œnologique n’entre au chai, et l’apport de sulfites est réduit au minimum.

Domaine Arlaud - Les caves voûtées du domaine, éclairées sous leurs arches
Les caves voûtées où les vins passent seize à dix-huit mois en fût.

Les rouges sont mis en bouteille par gravité, sans collage ni filtration. Les dates suivent les cycles de la lune. Pour chaque bouteille de grand cru, les bouchons sont sélectionnés puis posés à la main.

Des pinots noirs précis, vendus sur allocation

Le domaine décrit ses vins comme précis, vibrants et sincères. La gamme est avant tout rouge, issue du pinot noir. À Gevrey, le village assemble deux parcelles : Les Seuvrées donnent des vins plus élégants, La Justice joue une carte plus musclée. Le Chambolle-Musigny réunit quatre parcelles au nord du village, côté Morey.

Les vins sont proposés selon un système d’allocation, avec liste d’attente. Les cavistes partenaires du domaine restent le meilleur relais pour les découvrir.

Cyprien Arlaud signe aussi deux gammes à part, élaborées avec des raisins achetés : les vins « Cyprien Arlaud » et les blancs Scritch. Elles ne viennent pas des vignes du domaine, et cette fiche s’en tient aux vins de ses propres parcelles.

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Les autres domaines de la région Bourgogne

  • Domaine de la Cozanne

    Le Domaine de la Cozanne a replanté en 2020 plus de 7 hectares de parcelles familiales laissées à l’abandon, à Cormot-Vauchignon, dans les Hautes-Côtes de Beaune. Étienne David, ancien pharmacien et microbiologiste, y conduit avec Véronique Maupoil-David des vignes hautes et larges à 5 000 pieds par hectare, engagées en bio dès 2020. Le chardonnay, le pinot noir et l’aligoté s’élèvent en foudre de chêne, en Œuf de Beaune et en amphore de coccio pesto. Le Ban 2023 a obtenu une étoile au Guide Hachette des Vins 2027.

  • Domaine Antonin Guyon

    Le Domaine Antonin Guyon vinifie à Savigny-lès-Beaune des pinots noirs et des chardonnays récoltés de Gevrey-Chambertin à Puligny-Montrachet. Antonin Guyon achète ses premières vignes dans les années 1960, puis son fils Dominique rassemble 350 parcelles à Meuilley en 1970. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2015, le domaine cultive des grands crus, du Corton Clos du Roy au Charmes-Chambertin, et deux monopoles. Hombeline Guyon, troisième génération, a coordonné la communication de la candidature des climats de Bourgogne à l’Unesco.

  • Domaine d’Eugénie

    Né en juillet 2006 du rachat du domaine René Engel par la famille Pinault, le Domaine d’Eugénie cultive 7,9 hectares depuis Vosne-Romanée. Ses onze appellations comptent cinq grands crus, du Chambertin au Clos-Vougeot, et le Clos d’Eugénie, une vigne close de murs sous La Tâche. Certifié bio en 2020, il y ajoute des pratiques biodynamiques, des nichoirs à mésanges, des haies et des tisanes de plantes pour la vigne. Au cuvier, des cuves en bois de plusieurs tailles servent une sélection parcellaire, sans ajout de sulfites pendant la vinification.

  • Domaine Chandon de Briailles

    Le Domaine Chandon de Briailles cultive 13,7 hectares en biodynamie entre Savigny-lès-Beaune, Pernand-Vergelesses et Aloxe-Corton, du village aux grands crus de Corton. Propriété familiale depuis 1834, il est conduit par Claude et François de Nicolay, qui l’ont converti à la biodynamie en 2005 et fait certifier Demeter en 2011. Leurs quatre chevaux ont remplacé les tracteurs, et le lait écrémé remplace le soufre contre l’oïdium. Les rouges fermentent en vendange entière, sans sulfites ajoutés, avant un élevage dans des caves du XIIIe siècle.

  • Domaine Michel Lafarge

    Le Domaine Michel Lafarge cultive ses vignes de Volnay en biodynamie certifiée Demeter, une voie ouverte par Frédéric Lafarge dès 1997. La famille vend une partie de sa récolte en bouteilles depuis le millésime 1934 et garde ses vieux ceps, jusqu’aux Beaune Grèves centenaires. Son Clos du Château des Ducs, premier cru dont elle est seule propriétaire, accueille des poules derrière la mairie du village. Cinq premiers crus de Volnay, deux de Beaune et un Meursault forment le cœur d’une gamme de rouges et de blancs.

  • Domaine Rossignol-Trapet

    Le Domaine Rossignol-Trapet cultive 14 hectares à Gevrey-Chambertin, menés depuis 1990 par les frères David et Nicolas Rossignol. Engagé en bio chez Ecocert en 2005, il est certifié en biodynamie par Demeter, sur des vignes dont les plus anciennes datent de 1919. Ses trois grands crus sont le Chambertin, le Latricières-Chambertin et le Chapelle-Chambertin, où il est seul à assembler la Chapelle et les Gémeaux. Cinq premiers crus de Gevrey, un village Vieilles Vignes et trois vins de la Côte de Beaune complètent sa gamme de pinots noirs.

  • Domaine Bernard Millot

    Le Domaine Bernard Millot cultive 8 hectares à Meursault, Puligny-Montrachet et Beaune, et note ses vendanges dans un livre de famille ouvert en 1888. Emilien Millot, à plein temps depuis 2010, y vinifie douze Meursault, dont les premiers crus Les Gouttes d’Or et Les Perrières. Engagé en bio en 2020, le domaine associe au soufre et au cuivre des tisanes d’osier, de consoude et de reine-des-prés. Il a planté de la syrah en 2022 et du biancu gentile corse en 2023, face au changement climatique.

  • Domaine de la Vougeraie

    Le Domaine de la Vougeraie est né en 1999 à Premeaux-Prissey, de l’assemblage des vignes de la famille Boisset entre Côte de Nuits et Côte de Beaune. Engagé en bio dès 1999, il suit des pratiques biodynamiques depuis 2001 sur plus de 150 parcelles, avec des préparations faites au domaine. Le vignoble réunit quatre monopoles, dont le Clos Blanc de Vougeot, et neuf grands crus, du Musigny au Chevalier-Montrachet. Les vins, en pinot noir et chardonnay, s’élèvent en chêne de la forêt de Cîteaux.

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