Domaine Nebout - Rangs de vigne au sol travaillé, au-dessus de la plaine de Saint-Pourçain

Domaine Nebout

Région viticole

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Vallée de la Loire

Bio

Le tressallier, fil conducteur des Vignerons Nebout

Le Domaine Nebout cultive 27 hectares de vignes en agriculture biologique à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier. La famille y travaille la terre depuis cinq générations. Ses vins se partagent entre l’appellation Saint-Pourçain et l’IGP Val de Loire. Un cépage y tient le premier rôle : le tressallier, blanc local et ancestral.

Julien Nebout à la tête du domaine depuis 2006

Julien Nebout a pris la direction de la propriété en 2006, à la suite de quatre générations de vignerons. Avant de revenir à Saint-Pourçain, il s’est formé en Touraine, dans le Sancerrois et en Nouvelle-Zélande. Le domaine présente volontiers ses trois générations de vignerons réunies : Guy le grand-père, Serge le père et Julien.

Julien joue un rôle majeur dans les vinifications. Le domaine le dit sans détour : il n’existe pas de recette, et chaque année il adapte sa façon de vinifier au raisin qu’il a récolté. En cuve, les remontages se font une à deux fois par jour, pour donner de l’oxygène aux levures indigènes.

Un cépage que la famille a toujours revendiqué

Le tressallier a toujours eu sa place dans la cave familiale. En 1890, l’ampélographe Victor Viala le désignait déjà comme le cépage qualitatif de l’Allier. Les Nebout lui reconnaissent de la fraîcheur et de la vivacité. Pour eux, il donne aux blancs de Saint-Pourçain leur richesse et leur droiture.

Dans l’appellation, le tressallier ne peut pas faire cavalier seul. Le cahier des charges impose de l’assembler au chardonnay. Le Blanc Tradition du domaine suit cette règle, avec 75 % de chardonnay et 25 % de tressallier sur un sol argilo-siliceux.

L’Incompris, un tressallier seul hors de l’appellation

Pour montrer le cépage sans fard, la famille a fait le choix inverse. Sa cuvée 100 % tressallier sort en IGP Val de Loire, faute de pouvoir porter le nom de Saint-Pourçain. D’où son nom : L’Incompris du Tressallier. Sur les salons, la question revient souvent, et le domaine y répond avec humour.

Le vin se présente jaune paille à reflets dorés. Son nez mêle le bourgeon de cassis à des notes florales et minérales, et la bouche s’appuie sur une fraîcheur de pamplemousse. Le domaine garde aussi une cuvée Classe 10, un tressallier du millésime 2010 né sur les sables et graviers du Bourbonnais. Il atteint sa plénitude au bout de dix ans.

Des coteaux en pente, de Barbery à la colline de Brialles

Le domaine a identifié ses parcelles une à une et en vinifie plusieurs séparément. Trois coteaux en donnent la mesure, chacun avec son sol et sa pente.

Calcaire, argile et graviers : trois terroirs à forte pente

  • Barbery : un terroir calcaire, à 35 % de pente
  • Plein Ciel : un sol argilo-calcaire, à 27 % de pente
  • La colline de Brialles : des sables et graviers du Bourbonnais, à 22 % de pente

Ces sols se retrouvent dans les vins. Le gamay de la cuvée Harmonie vient d’un terroir granitique, qui lui donne son côté poivré et épicé. Le Rouge Tradition et le rosé Opale naissent sur les sables et graviers, quand le Malgarnie et la Côte MontGeorge viennent de l’argilo-calcaire.

Domaine Nebout - Le coteau de Barbery et ses vignes rougies par l’automne
Le coteau de Barbery, terroir calcaire à 35 % de pente.

5 500 pieds par hectare sur les nouvelles plantations

Pour ses jeunes vignes, la famille a choisi de planter serré : 5 500 pieds par hectare au lieu de 4 000. Elle les installe sur des terrains d’au moins 20 % de pente, exposés plein sud. L’objectif affiché est double : une meilleure exposition et des raisins plus concentrés.

Le travail du sol est mécanique et les rendements sont tenus. L’ébourgeonnage fait partie du calendrier, et une bande enherbée court dans une partie des vignes. L’hiver commence par la taille, en cordon de Royat ou en guyot simple. Vient ensuite le tirage des bois, qui retire du palissage les sarments coupés.

En bio depuis 2017, premier millésime certifié en 2020

L’exploitation s’est engagée en agriculture biologique en 2017, sous le contrôle d’Ecocert. Le millésime 2020 est le premier à avoir porté le label bio. Le domaine a renoncé aux désherbants chimiques et protège ses vignes avec des produits naturels, plantes et soufre.

La famille va plus loin et revendique des pratiques biodynamiques. Elle prépare elle-même ses tisanes pour la vigne et pousse sa réflexion dans cette direction, sans certification biodynamique à ce jour. Le domaine adhère par ailleurs aux Vignerons Indépendants.

La Côte MontGeorge, un coteau rendu à la vigne

Le projet le plus récent du domaine tient sur une pente laissée à l’abandon pendant des décennies, dans l’aire de l’appellation. Les Vignerons Nebout l’ont mûri pendant plusieurs années avec le vigneron Denis Barbara, avant d’être rejoints par le Clos de Breuilly. Trois domaines de Saint-Pourçain se sont ainsi associés pour rendre ce coteau à la vigne.

Défricher, taluter, puis planter en novembre 2020

Il a fallu des machines et beaucoup de travail à la main. Ronces, herbes folles et arbres ont laissé la place à des terrasses et à des pentes en terre. Le sol est argilo-calcaire, sur une pente qui va de 25 à 50 %, exposée plein sud. Du sommet, la vue porte jusqu’au château de Louchy-Montfand, à la Montagne bourbonnaise et souvent au puy de Dôme.

Domaine Nebout - La Côte MontGeorge vue du ciel, pente nue et murs de pierre
La Côte MontGeorge vue du ciel, défrichée et tenue par ses murs de pierre.

Le gamay et le pinot noir y sont plantés depuis novembre 2020. Une plantation de tressallier a suivi. La plupart des tâches de la vigne s’y font à la main, en bio, sur des sols restés au repos pendant des décennies.

Premières vendanges à la main le 6 septembre 2023

Les premières vendanges manuelles du coteau ont eu lieu le 6 septembre 2023. Ce millésime a été vinifié puis élevé en fûts de chêne de la forêt de Tronçais, dans l’Allier. Le coteau donne la cuvée Côte MontGeorge, qui assemble à parts égales gamay et pinot noir dans son millésime 2024.

Le millésime 2024 suit le même chemin : vendanges à la main, raisins éraflés, macération longue, puis 12 mois en fût. Le vin se montre foncé, sur le cassis et la mûre, avec une note épicée. Le domaine lui donne 15 ans de garde et conseille de l’attendre quelques années.

Des vins tournés vers le fruit, de l’inox au fût de chêne

« Notre univers est axé sur le fruit », écrit la famille. La gamme compte seize cuvées, en blanc, rosé, rouge et pétillant. Une partie est élevée en cuve inox, une autre en fût de chêne.

Des blancs entre fraîcheur et élevage sous bois

Les blancs passent par un pressurage à basse pression, une phase préfermentaire à froid et des fermentations à température contrôlée. Après le pressoir, le moût repose en cuve réfrigérée le temps du débourbage, qui sépare les bourbes du jus clair. Le Blanc Tradition reste en inox et met en avant les fruits jaunes.

L’Insolite, 60 % chardonnay et 40 % tressallier, vieillit en fûts de deux à six ans et prend une robe jaune doré. La Classe N blanche, à 70 % de chardonnay, passe de 9 à 12 mois en fût neuf. Son nez associe le pamplemousse à la vanille et au pain grillé.

Domaine Nebout - Barriques alignées le long du mur courbe du nouveau chai
Les barriques le long du mur courbe du nouveau chai.

Gamay et pinot noir, du rosé au rouge de garde

Le rosé Opale est un pur gamay, vendu dans une bouteille transparente. Côté rouges, le Rouge Tradition associe 80 % de gamay et 20 % de pinot noir pour un vin frais aux tanins fins. Le Malgarnie partage ces deux cépages à égalité, sur une vigne qui produit naturellement peu de raisins.

Le pinot noir prend plus de temps dans les cuvées de garde. La Séduction macère quatre semaines, puis passe 12 mois en fût. La Classe N rouge, 100 % pinot noir en IGP Val de Loire, macère cinq semaines et vieillit de 12 à 16 mois en fût neuf. Le domaine lui prête douze ans de garde.

Domaine Nebout - Tri à la main des grappes de raisins noirs sur la table de tri
Le tri des grappes de raisins noirs, à la main, avant la cuve.

Des bulles en méthode ancestrale

Les pétillants du domaine suivent la méthode ancestrale. La fermentation est arrêtée par le froid juste avant la mise en bouteille, puis les levures terminent le travail une fois la température remontée. Le Nobles Perles blanc brut assemble 75 % de tressallier et 25 % de chardonnay. Le Perles Rares, un rosé de gamay demi-sec, ne titre que 8 % vol.

Pour les blancs bruts, le domaine procède au dégorgement. Le goulot plonge dans une saumure à -25 °C, où un glaçon emprisonne les levures mortes. La pression l’expulse à l’ouverture. Le vigneron ajoute ensuite une liqueur d’expédition qu’il élabore lui-même.

Un coup de cœur au Guide Hachette 2027

Le domaine revient régulièrement dans le Guide Hachette des Vins. L’édition 2027 a retenu le Blanc Tradition 2024 avec deux étoiles et un coup de cœur, ainsi que le Malgarnie 2024 avec une étoile. L’Insolite 2018 avait déjà obtenu deux étoiles dans l’édition 2021.

Le Blanc Tradition avait aussi décroché une médaille d’or au Concours général agricole 2025, à Paris, pour son millésime 2023. Cette année-là, c’était l’une des cinq médailles d’or remportées par l’appellation Saint-Pourçain.

Saint-Pourçain, un vignoble ancien du bassin de la Loire

Saint-Pourçain se situe au nord de l’Auvergne, mais ses vins se rattachent au bassin de la Loire, comme le rappelle l’IGP Val de Loire. Le vignoble s’étend sur les coteaux de l’Allier, de la Sioule et de la Bouble.

Du vin des rois à l’AOC de 2009

Le vin de Saint-Pourçain a longtemps voyagé loin de chez lui, porté par l’Allier jusqu’aux tables royales. Au XVIIIe siècle, le vignoble couvrait 8 000 hectares. La concurrence des vins du Midi, puis le phylloxéra en 1885, l’ont fait reculer.

Le renouveau a pris des décennies. Les vins de Saint-Pourçain ont obtenu le statut de VDQS en 1951. L’appellation d’origine contrôlée est venue en 2009, au terme d’un long travail de restructuration.

600 hectares sur 19 communes de l’Allier

L’aire compte aujourd’hui environ 600 hectares répartis sur 19 communes. Une quinzaine de vignerons indépendants y vinifient et vendent leur propre production, à côté d’une cave coopérative. Les sols varient d’un coteau à l’autre : granite, argilo-calcaire ou sables et graviers du Bourbonnais.

Les blancs associent chardonnay et tressallier, les rouges gamay et pinot noir, et les rosés reposent sur le seul gamay. Le Domaine Nebout cultive ces quatre cépages, et c’est le tressallier qui lui sert de signature.

Un chai en bois et en paille, route de Montmarault

Le domaine a changé de cave en 2025. Le nouveau chai se trouve route de Montmarault, près d’un cours d’eau et adossé à la nationale. Vu du ciel, son plan dessine un verre à vin.

1 800 m² de plain-pied livrés en novembre 2025

Conçu par l’architecte Charles Coulanjon, de l’agence Alice Architecture, le bâtiment a été livré en novembre 2025. Il couvre 1 800 m² de plain-pied, orientés plein sud et pensés pour une faible consommation d’énergie.

Ses murs porteurs sont à ossature bois, isolés en paille. Les modules ont été préfabriqués par l’entreprise Activ’Home, filiale du groupe Spurgin. Le chantier a fait l’objet d’un reportage dans la presse spécialisée du bâtiment.

Une cave ouverte, une boutique fermière et des salles

Le chai réunit la production et la vente directe des vins. La dégustation y est gratuite pour les visiteurs individuels, et les groupes jusqu’à cinquante personnes sont reçus sur rendez-vous pour une visite de cave. Le domaine accueille aussi les camping-cars.

Depuis mai 2021, la famille tient une boutique de produits fermiers, qui vend en circuit court fruits, légumes, viandes et fromages. Le nouveau bâtiment compte aussi une salle de réception de 150 places et une petite salle de réunion. Le domaine les loue pour des événements.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

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