Domaine Rossignol-Trapet
Les Rossignol de Volnay et les Trapet de Gevrey
Le Domaine Rossignol-Trapet cultive ses vignes à Gevrey-Chambertin, en Côte de Nuits, en biodynamie certifiée Demeter. Son nom accole deux familles. Les Rossignol forment une très ancienne lignée de vignerons de Volnay, en Côte de Beaune. Les Trapet, partis de Chambolle-Musigny, se sont fixés à Gevrey il y a plus d’un siècle.
Une photographie de 1910 chez Louis Trapet
La famille garde une photographie prise en 1910 au domaine de Louis Trapet. On y assiste à l’enlèvement des vins de la récolte 1909, pour une maison de négoce de Beaune. Trois générations posent au premier rang : Louis Trapet, né en 1846, Arthur Trapet, né en 1872, et le petit Louis, né en 1904, grand-père des vignerons d’aujourd’hui.

En 1961, Jacques Rossignol et son épouse Mado Trapet, fille de ce Louis Trapet, s’associent au domaine familial. Cette exploitation s’arrête avec le millésime 1989. Les vignes du couple forment alors un domaine à part, qui porte les deux noms.
David et Nicolas Rossignol aux commandes depuis 1990
Depuis 1990, leurs fils David et Nicolas Rossignol mènent le domaine. Les deux frères en sont les cogérants, sous la forme d’une exploitation agricole créée cette année-là. Le vignoble couvre 14 hectares, pour l’essentiel à Gevrey-Chambertin, avec quelques parcelles en Côte de Beaune, à Beaune et à Savigny-lès-Beaune.

Le nom prête parfois à confusion. Le Domaine Trapet Père et Fils est une autre maison, installée à quelques dizaines de mètres dans le même village, avec ses propres vins. Les deux domaines ont depuis longtemps des vignes autour de la Chapelle, en grand cru comme en premier cru.
Une biodynamie certifiée sur des vignes anciennes
De l’engagement bio de 2005 au label Demeter
Le domaine s’engage en agriculture biologique auprès d’Ecocert le 31 mai 2005. La conversion aboutit en 2008, avec la certification bio et la certification biodynamique. Chaque vigne du domaine est aujourd’hui conduite en biodynamie sous le label Demeter, contrôlé par Ecocert.
L’annuaire de Demeter liste ses vins certifiés, du bourgogne rouge aux trois grands crus, jusqu’au millésime 2023. Sur son site, chaque climat porte la même mention : vigne cultivée en biodynamie, certifiée Demeter.
12 500 pieds à l’hectare et des ceps de 1919
Dans les trois grands crus et au Clos Prieur, la vigne est plantée à 12 500 pieds par hectare, uniquement en pinot noir fin. La Chapelle-Chambertin est issue d’une sélection massale.
Ces vignes ont de l’âge. Un quart de la parcelle de Chambertin a été planté en 1919. Latricières-Chambertin l’a été en 1934 et en 1957. Les premières plantations de la Chapelle datent de 1930. Les ceps réunis dans le Gevrey-Chambertin Vieilles Vignes ont une cinquantaine d’années en moyenne.

Trois grands crus sous la Combe Grisard
Le Chambertin, de la route des Grands Crus jusqu’au bois
Le Chambertin s’étend au sud du village, orienté plein est, sous le bois qui coiffe le coteau. Le domaine y possède des parcelles sur toute la pente, de la route des Grands Crus jusqu’à la lisière. Plus proche de la Combe Grisard que le Clos de Bèze, ce haut de coteau reste un peu plus frais.
Le nom viendrait du champ d’un Burgonde nommé Bertin, qui aurait planté de la vigne à l’exemple des moines de Bèze. En 1584, un acte des chanoines de Langres parle déjà du « climat de Champt Berthin ». Le domaine y voit la plus ancienne mention connue du mot climat en Bourgogne.
Latricières-Chambertin, la terre « de peu de valeur »
Le domaine cultive 73 ares de Latricières-Chambertin, un grand cru de 7,35 hectares. Le nom viendrait du latin tricae, « choses de peu de valeur, terre infertile ». Au XIVe siècle, les vignerons peinaient à y enfoncer leurs échalas dans la roche affleurante. Le Moyen Âge l’appelait pourtant la « Petite Merveille ».
Le climat prolonge le Chambertin vers le sud, sur un sol mince et caillouteux. Le vent frais de la Combe Grisard y retarde un peu la maturité. Le vin se joue plus en longueur qu’en concentration, sur la merise, la cerise sauvage, la ronce et le sous-bois humide.
Chapelle et Gémeaux réunis dans la même bouteille
La Chapelle-Chambertin doit son nom à une chapelle bâtie en 1155 par les moines de Bèze, rebâtie par les vignerons en 1547, puis rasée après la Révolution. Le domaine y cultive 54 ares : 40 ares en la Chapelle et 14 ares aux Gémeaux, les deux lieux-dits de l’appellation.
En la Chapelle, juste sous le Chambertin, un sol brun et caillouteux repose sur des laves calcaires, à une trentaine de centimètres. Aux Gémeaux, le sol plus profond donne des vins plus charnus. Le domaine est le seul à posséder ces deux parcelles, et il les assemble.
Cinq premiers crus de Gevrey qui racontent leur nom
Clos Prieur et Petite Chapelle, en contrebas des grands crus
Le Clos Prieur (26 ares) se trouve juste sous le Mazis-Chambertin. Ce clos de murs en pierres sèches appartenait sans doute au prieur de l’abbaye de Bèze. Son sol argilo-calcaire en pente douce donne un vin charpenté, aux notes d’épices et de réglisse.
La Petite Chapelle (52 ares) s’étend juste sous la Chapelle-Chambertin, que les anciens nommaient la Grande Chapelle. Ce premier cru tient son nom de ce voisinage et non de son lieu-dit, une exception en Bourgogne. Sur un sol profond et argileux, ses vignes d’une trentaine d’années donnent des vins denses, aux tanins mûrs.
Cherbaudes, Corbeaux et Combottes, des noms tirés du sol
Les Cherbaudes (12 ares) rappellent une ancienne chènevière, un champ de chanvre. Le sol brun et calcaire y repose sur des laves, ces dalles grises qui couvraient jadis les toits, et l’eau s’évacue vite. Le nez mêle une touche florale d’aneth au fruit.
Les Corbeaux (15 ares) n’ont rien à voir avec l’oiseau : le nom vient du latin curvus, courbe, pour une parcelle légèrement incurvée. Celle du domaine occupe le bas, presque plat. Le vin y penche vers le cassis, la fraise et la framboise.
Aux Combottes (15 ares) veut dire « petite combe ». Le climat s’ouvre au débouché de la Combe Grisard, entre Latricières-Chambertin et le Clos de la Roche. La parcelle, en haut de coteau sur de fins graviers, compte parmi les premières vendangées du domaine.
Du Gevrey-Chambertin village aux rouges de la Côte de Beaune
Une cuvée Vieilles Vignes tirée de trois secteurs
Avec quelque 550 hectares de vignes, Gevrey-Chambertin est le plus important village de vin rouge de la Côte-d’Or. Le domaine y cultive 4 hectares en appellation village, réunis dans une seule cuvée Vieilles Vignes.
Au nord, En Combe et Clos de Combe donnent des vins sèveux et denses sur des sols argileux. À l’est, les Crais, Justice et Grandes Raies reposent sur les graviers filtrants descendus de la Combe de Lavaux, et apportent la finesse. Au sud, Clos de l’Arche, Fourneaux et Croix des Champs posent des limons sur une roche calcaire.

Aux Etelois, En Grands Champs et la Côte de Beaune
Le domaine tire un Gevrey-Chambertin Aux Etelois de la partie haute du lieu-dit, sur des terres caillouteuses proches de celles de Griotte-Chambertin. Le nez y évoque la pivoine et la fraise des bois. Une partie de la parcelle, devenue trop âgée, a été arrachée en avril 2013.
Son bourgogne rouge vient du climat En Grands Champs : 77 ares plantés en 1999 en bas de coteau, sur des sols frais qui mûrissent plus tard. Trois vins viennent de la Côte de Beaune : le Beaune premier cru Les Teurons, le Beaune Les Mariages et le Savigny-lès-Beaune Les Bas Liards.
Des pinots noirs qui misent sur la longueur
Le domaine ne fait que du rouge, en pinot noir, et présente 14 vins. Dans ses propres descriptions, deux mots reviennent : la longueur et le soyeux. Aux Etelois est « élégant et soyeux », Les Corbeaux « tout en longueur », Latricières « plus en longueur qu’en concentration ».
Les grands crus demandent de la patience. Le domaine décrit son Chambertin comme charpenté, puissant et de longue garde, et note que Latricières a besoin de temps pour s’assagir. Le fruit reste rouge et noir, de la fraise des bois à la cerise sauvage. Ses bourgognes, eux, sont décrits comme fruités et épicés.
Goûter les vins à Gevrey-Chambertin
Des dégustations sur rendez-vous
Le domaine reçoit pour des dégustations sur rendez-vous, par petits groupes de 7 personnes au plus. On y parle anglais et allemand. Ses vins partent aussi vers une trentaine de pays, du Japon aux États-Unis en passant par la Scandinavie.
À Gevrey, les vendanges finissent par le tue-chien
Selon les villages de Bourgogne, le repas qui clôt les vendanges s’appelle paulée ou tue-chien. À Gevrey, c’est le tue-chien. Le domaine le rappelle en racontant ses Cherbaudes, dont le nom descend de la gerbaude, la grosse gerbe tressée suspendue au char à la fin des moissons.
L’image a survécu à la moisson. À la fin des vendanges, un bouquet de fleurs se pose encore à l’avant du tracteur.
Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.
Les autres domaines de la région Bourgogne
Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio
Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.


