Nid dans les vignes du domaine Les Terres d'Armelle

Les Terres d’Armelle

  • Languedoc-Roussillon

    Région viticole

  • 5,5ha

    Surface du vignoble

  • 2013

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2013

Sommaire

De la vente du vin dans le monde à ses vignes de Maraussan

2013, cinq hectares et demi achetés à trois viticulteurs

Le domaine Les Terres d’Armelle est né en 2013 à Maraussan, dans l’Hérault. Avant cela, Armelle Tafoiry a passé 15 ans à vendre du vin aux quatre coins du monde. Puis elle a changé de côté du verre : la voilà vigneronne bio, sur ses propres terres du Languedoc.

Cette année-là, elle achète 5,5 hectares de vignes à trois viticulteurs. Elle s’installe seule, et c’est seule qu’elle travaille. Sur son site, elle résume ce virage en une phrase : « Il est des rêves qui parfois se réalisent ». Elle y parle aussi d’un « grain de folie ».

Le bio fait partie du projet dès le départ. Armelle s’engage auprès de l’organisme certificateur Ecocert le 20 août 2013, l’année même de sa création.

Des cépages locaux, sur des vignes de 17 à 55 ans

Armelle a choisi de privilégier les cépages locaux. Ses vignes ont entre 17 et 55 ans. Une petite parcelle d’Aramon de 17 ares a été plantée en 1969. Une parcelle de Carignan date de 1973, et une vieille vigne de Cinsault affiche une cinquantaine d’années.

Pour garder ces parcelles le plus longtemps possible, elle pratique la complantation : chaque pied mort est remplacé par un jeune plant. La taille reste toujours courte, en gobelet ou en cordon de Royat.

Vigne du domaine Les Terres d'Armelle

Une vigneronne des Vinifilles

Armelle Tafoiry fait partie des Vinifilles, une association de femmes vigneronnes en Occitanie. Elle y présente son domaine sous un titre simple : « Ma vie… mes vignes ».

Elle y fixe aussi sa priorité. Pour elle, le plus important se passe d’abord à la vigne : des rendements faibles et la recherche du meilleur équilibre. Chaque parcelle a sa cuve, pour vendanger au bon moment et travailler chaque cépage à part.

Les coteaux de Corneilhan, au nord de Béziers

Des rouges sur les anciennes terrasses villafranchiennes

Les vignes se trouvent sur les coteaux de Corneilhan, au nord de Béziers. Les cépages rouges y poussent sur d’anciennes terrasses villafranchiennes. Les sols sont assez profonds, de type argilo-sableux-limoneux.

Le Cinsault occupe la plus grande surface, devant l’Alicante et la Syrah. Voici l’encépagement rouge, cépage par cépage :

  • Cinsault : 1,20 ha
  • Alicante : 1,10 ha
  • Syrah : 1,00 ha
  • Grenache noir : 0,85 ha
  • Carignan : 0,40 ha
  • Aramon : 0,17 ha

Un seul cépage blanc, le Grenache, sur les marnes

Le domaine ne cultive qu’un cépage blanc : le Grenache blanc, sur 0,90 hectare. Il pousse sur des marnes pliocènes, à plus de 110 mètres d’altitude. Ces coteaux sont exposés au sud-ouest.

La profondeur du sol y est bonne. En surface, la texture est argilo-limono-sableuse. C’est ce Grenache blanc qui donne Amazone, le seul blanc de la gamme.

Un terroir classé AOP, des vins vendus en IGP

Sur les 5,5 hectares, 3,8 ha sont classés en AOP Coteaux du Languedoc et 1,7 ha en IGP Coteaux de Béziers. Le Cinsault, l’Alicante, la Syrah et le Grenache noir sont sur le terroir AOP. Le Carignan, lui, est en IGP.

Coteaux du Languedoc est l’ancien nom de l’AOC Languedoc. L’appellation a été reconnue sous ce nom en 1985. Un décret du 30 avril 2007 l’a rebaptisée « Languedoc ». Corneilhan fait partie de sa zone géographique.

Toutes les cuvées du domaine sortent pourtant en IGP. Neuf portent l’IGP Coteaux de Béziers, et le rosé Alibi l’IGP Côtes de Thongue. Même Audace, issue d’une vieille vigne de Cinsault sur terroir classé AOP, est vendue en IGP Coteaux de Béziers.

Les Coteaux de Béziers, entre le Libron et l’Orb

L’IGP Coteaux de Béziers a d’abord été reconnue comme vin de pays des Coteaux du Libron, par un décret de 1982. Sa zone couvre 17 communes de l’Hérault, dont Corneilhan. Le vignoble s’étend surtout entre deux fleuves côtiers, le Libron et l’Orb.

Au sud de la zone, les dépôts alluvionnaires dominent, notamment en terrasses villafranchiennes. Le cahier des charges cite aussi les « sables de Corneilhan », une formation qui atteint 40 mètres d’épaisseur. Il décrit un climat méditerranéen, aux étés chauds et secs et aux hivers doux.

Bio dès le premier jour, pratiques biodynamiques depuis 2019

Pas d’herbicide, et la pioche sur les vieilles vignes

Armelle travaille en agriculture biologique depuis le premier jour de son installation. Pour elle, c’était une évidence : pas de pesticides, pas d’insecticides, pas d’herbicides. Ses vins sont certifiés AB depuis 2016.

L’hiver, elle laisse l’herbe pousser naturellement. Les labours de fin d’hiver rendent cette matière organique au sol. Sur le rang, elle passe l’intercep partout, sauf sur ses vignes très anciennes. Là, tout se fait à la main, au rabassier (une pioche), au rotofil ou à la bineuse électrique.

Au printemps, quand la vigne pousse, elle écime une à deux fois à la cisaille. Autrement dit, elle coupe l’extrémité des rameaux.

Des préparations dynamisées au rythme de la Lune

Armelle s’intéresse à la biodynamie depuis longtemps. Depuis 2019, elle en met en place les pratiques. Elle utilise des préparations de matières végétales, animales et minérales transformées, dynamisées à doses homéopathiques.

Elle les pulvérise sur la vigne en fonction des rythmes de la Lune et des planètes. Selon elle, ces préparations permettent de préserver la vie du sol et de stimuler les capacités de défense de la plante.

Des vendanges le matin, en caissettes de 15 kg

Pour Armelle, le plus important est de bien choisir la date de vendange de chaque cépage. Elle la fixe grâce aux analyses, mais aussi en goûtant les baies et en observant la parcelle.

La plupart des vignes sont vendangées en caissettes de 15 kg, pour ne pas écraser le raisin. La récolte se fait seulement le matin. Les rendements se situent entre 25 et 35 hl/ha.

Le calendrier s’étale selon les cépages. En 2025, le Grenache blanc d’Amazone a été vendangé le 23 août, le Cinsault d’Audace le 19 septembre.

Une cuve par parcelle, deux mises en bouteille par an

Des macérations de six jours à quatre semaines

Chaque parcelle est vinifiée séparément. Armelle peut ainsi s’adapter aux cépages et aux millésimes. Elle dose l’extraction par pigeage, remontage ou délestage. Les macérations durent de 6 jours à 4 semaines.

La plupart des rouges sont éraflés à 100 %, puis vinifiés à 25 °C pour préserver les arômes et le fruit. L’Alicante ne cuve que 8 jours, afin de ne pas trop extraire. La Syrah d’Affranchie, elle, passe 4 semaines en remontages et pigeages au pied.

Le blanc et le rosé suivent une autre voie : un pressurage très lent, puis 48 heures de débourbage à froid, à 4 °C. Ils fermentent ensuite à 15 °C. Amazone est élevé cinq mois sur lies fines, avec un bâtonnage par semaine.

Le camion embouteilleur, selon le calendrier lunaire

Armelle réalise deux mises en bouteille par an. Elle suit les dates préconisées par le calendrier lunaire. Un camion embouteilleur vient au domaine pour l’occasion.

Avant cela, plusieurs vins s’élèvent en cuve inox : six mois pour Audace, Alicante et ADN. Quatre rouges passent en fûts : 14 mois pour Affranchie, 24 mois pour Alors, Angel et Anamour.

Dix cuvées, toutes baptisées d’un A

Des rouges de fruit, à boire frais

Toutes les cuvées du domaine portent un nom qui commence par A. La gamme compte dix vins : un blanc, un rosé et huit rouges. Anamour est aujourd’hui épuisé.

Plusieurs rouges misent sur le fruit. Audace, 100 % Cinsault, se présente comme « le vin des copains, frais et savoureux ». Aramon, léger et fruité, sort d’une micro-vinification en cuve inox de 11 hl. Tous deux se servent entre 12 et 14 °C.

Alicante met en avant un cépage que la vigneronne dit oublié : baies rouges et noires bien mûres, du gras, des épices. ADN assemble Syrah (60 %) et Grenache (40 %), avec des tanins soyeux et une finale poivrée.

Quatre rouges élevés en fûts

Affranchie, 100 % Syrah, passe 14 mois en fûts. Le domaine la décrit ample, onctueuse et suave, avec une structure puissante. Alors est un 100 % Alicante élevé 24 mois dans un seul fût de 500 litres, sur les fruits noirs, les épices et la fève de cacao.

Angel et Anamour viennent d’une parcelle de Carignan plantée en 1973, sur sols argilo-calcaires. Un tiers des fûts est neuf. Angel tire son nom d’une chanson de Jimi Hendrix. Anamour renvoie à Serge Gainsbourg et à ce vers de 1968 : « Je t’aime et je crains de m’égarer ».

Amazone et Alibi, le blanc et le rosé

Amazone, 100 % Grenache blanc, se veut un « vin de guerrière » : riche et complexe, avec des notes florales et une belle tension. Alibi, le rosé, assemble Cinsault (40 %), Grenache (30 %) et Syrah (30 %), élevés en cuve inox. Le domaine le dit aromatique et bien équilibré.

Aux Vinifilles, Armelle résume ce qu’elle cherche dans ses vins : du fruit, de la finesse et de l’élégance. Sur son site, elle ajoute : « À travers mes vins, j’aimerais vous donner autant de plaisir et d’émotion que j’en ai à les faire. »

Dormir au-dessus des cuves, à Maraussan

Le gîte Le Tire-Bouchon

Armelle loue un gîte, Le Tire-Bouchon, dans le village de Maraussan. Il est installé au-dessus de la cave. Pour la dégustation, il suffit donc de descendre quelques marches.

Le logement accueille 5 personnes dans deux chambres. Poutres apparentes, mur en pierre et 3,5 mètres sous plafond donnent le ton. Une terrasse tropézienne permet de prendre ses repas dehors. La mer est à 15 minutes, Béziers à 10 minutes.

Rencontrer Armelle et trouver ses vins

Armelle reçoit à Maraussan, à cinq minutes de Béziers, pour une visite ou une dégustation. Les rencontres se font sur rendez-vous, à prendre directement avec elle.

Ses vins se trouvent aussi chez de nombreux cavistes en France, et à la carte de restaurants. Le site du domaine publie une carte de ces adresses, classées entre cavistes et restaurants.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

L'agenda des Terres d'Armelle

  • Millésime Bio - Vue d’un hall du salon, ses rangées de stands identiques et ses visiteurs

    Millésime BIO

    Du 25 au 27 janvier 2027

    Pérols (Hérault)

    Organisé par SudVinBio

    Tous les jours

    • Salon
    • Gratuit
    • 3 dates
    • 78 domaines présents

Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine des Schistes

    Le Domaine des Schistes cultive 50 hectares en bio entre Estagel, Tautavel et Maury, dans la vallée de l’Agly. Sortis de la coopérative en 1989, Jacques et Nadine Sire ont rouvert le chai familial de 1906, puis leur fils Mickaël a engagé le bio en 2010. Leurs vieilles vignes en gobelet donnent des rouges frais, des parcellaires de garde et des vins doux naturels élevés en solera. Le Gora 2023 et le V.O. 2022 ont reçu un coup de cœur au Guide Hachette 2026.

  • Domaine de la Grande Sieste

    Le Domaine de la Grande Sieste, né en 2015 à Aniane dans l’Hérault, est engagé en bio depuis 2016. Boris et Leticia y pratiquent la vitiforesterie : des haies fruitières de 17 essences alternent avec les rangs, et les nouvelles parcelles mêlent plusieurs cépages sur le même rang. La date des vendanges, la vinification et les assemblages se décident au goût, raisin et moût dégustés chaque jour. Neuf vins en trois gammes, Rêves, Crapuleuses et Fantasmes, se servent aussi au restaurant viticole du domaine.

  • Domaine Trilles

    Le Domaine Trilles cultive une trentaine d’hectares à Tresserre, sur le terroir aride des Aspres, entre Perpignan et le Canigou. Jean-Baptiste Trilles, issu d’une famille de viticulteurs, y vinifie depuis 2007 et a construit sa cave au village en 2009. Sans herbicide depuis ses premières cuvées, le domaine est engagé en bio depuis 2018 et certifié à partir du millésime 2021. Côtes du Roussillon, mourvèdre, carignan centenaire et vins doux de Rivesaltes composent une gamme d’une quinzaine de vins.

  • Domaine de Bon Augure

    Le Domaine de Bon Augure cultive près de 9 hectares de vignes à Joncels, à plus de 600 mètres d’altitude, dans la Haute-Vallée de l’Orb. Cédric Guy, vigneron venu de Faugères, l’a créé en 2013 sur les vignes oubliées d’une ancienne abbaye bénédictine, en agriculture biologique. Le chardonnay y occupe 6 hectares sur argile ferreuse et socle calcaire, aux côtés du petit manseng et du pinot noir. Ses quatre cuvées en IGP Haute Vallée de l’Orb vont du blanc de grande garde au vin orange.

  • Domaine Rouanet-Montcélèbre

    Le Domaine Rouanet-Montcélèbre cultive 20 hectares de vigne bio à 300 mètres d’altitude, au bord des gorges de la Cesse, à Cesseras. La famille Rouanet s’y est installée en 1987, et Annie Rouanet mène aujourd’hui le domaine avec son fils Jérémy. Neuf cépages donnent des vins frais et fruités en Minervois, en cru Minervois-La Livinière et en IGP Pays d’Oc, du carignan au rolle. Le Minervois rouge 2023 a décroché l’or à Mâcon en 2026, et des oliviers centenaires poussent au milieu des vignes.

  • Château Montfin

    Le Château Montfin cultive 20 hectares de vignes en AOP Corbières à Peyriac-de-Mer, sur des coteaux argilo-calcaires qui dominent les étangs et la mer. Jérôme et Raymond Estève ont acquis le domaine en 2002 et l’ont engagé en bio dès 2009, avec quelques principes empruntés à la biodynamie. Vendanges à la main, amphores en grès et rouges sans sulfites ajoutés signent le travail du chai. Le blanc Saint Jacques, une roussanne de garrigue, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette, en 2014 et en 2026.

  • Chai Julip

    Le Chai Julip cultive 12 hectares de vignes de plus de 60 ans en AOP Saint-Chinian, plantées en courbes de niveau autour d’une colline de schiste qui culmine à 220 mètres. Judith Melka, ancienne cheffe, et Philippe, ancien pilote, ont repris le domaine en 2021 et l’ont engagé en bio. Ils travaillent en agriculture de conservation, sans irrigation, et vinifient au levain maison, sans intrant. Cinsault, grenache, carignan et syrah donnent des cuvées aux étiquettes signées par des artistes plasticiens.

  • Colline de l’Hirondelle

    À Douzens, dans l’Aude, Didier Ferrier, enfant du village, et Jennifer Buck, venue de Berkeley, cultivent en bio 9 hectares autour de leur cave, sur une colline tournée vers les Corbières. Leur parcelle de La Joupatière, plantée avant le phylloxéra, abrite quinze variétés de vigne. Vieux carignan, chenançon, terret et roussanne donnent deux gammes, Classic[o] et Magnific[o], en Vin de France. Les bouteilles vieillissent plusieurs années dans l’ancienne remise de l’auberge du village avant de sortir.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine