Vignoble Fabien Demois - Vignes taillées sous un pin au soleil couchant

Vignoble Fabien Demois

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

BioDemeter

Cinq générations de vignerons au hameau de Chézelet

Un retour à la ferme familiale en 2008

Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en appellation Chinon, autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Engagé en agriculture biologique depuis 2010, le domaine est certifié en biodynamie par Demeter depuis 2021. Le cabernet franc y tient le premier rôle, à côté du chenin et d’une parcelle de cépages résistants plantée à part.

Fabien Demois représente la cinquième génération de vignerons à Chézelet, que la famille présente comme un berceau historique des vins de Chinon. Il reprend l’exploitation en 2008, quand sa mère part à la retraite. Il arrive avec une formation en viticulture et en œnologie.

Vignoble Fabien Demois - Fabien Demois dans ses vignes en automne
Fabien Demois a repris l’exploitation familiale en 2008.

La transmission dure depuis plus d’un siècle. La parcelle de La Haye Martel, par exemple, est cultivée par la famille depuis plus de cent ans. Elle donne aujourd’hui une cuvée qui porte le nom du lieu-dit.

Du bio en 2010 à la certification Demeter en 2021

Deux ans après son installation, Fabien Demois engage le passage des vignes en agriculture biologique. En 2015, il choisit la biodynamie, qui considère la terre comme un tout au service du vivant. La certification Demeter arrive en 2021, et le domaine figure parmi les adhérents de la marque.

Le vigneron résume sa ligne en trois mots : autonomie, respect des cycles de la nature, écologie circulaire. Il présente ses vins chaque année aux professionnels lors des salons Demeter d’Angers et de Paris, début février.

Brebis, chevaux et engrais verts dans une ferme en boucle

Des moutons dans les parcelles pendant l’hiver

Des moutons paissent dans les parcelles tout l’hiver. L’exploitation dépasse d’ailleurs le seul vignoble. Elle est aussi certifiée bio pour un troupeau de brebis à viande, pour des prairies et pour des cultures : blé, triticale, pois, féveroles, tournesol et luzerne.

Les ânes font eux aussi partie du paysage du domaine. Ils ont donné leur nom à une gamme de vins, et un âne figure sur le blason du logo.

Les Écuries de Chézelet et leur fumier

Fabien Demois et sa compagne Julie Nicaisse ont créé une écurie de propriétaires sur les prairies de la propriété. Monitrice, Julie Nicaisse y donne aussi des cours dans plusieurs disciplines équestres. Les chevaux vivent dehors toute l’année, par petits groupes formés selon leurs affinités, avec des abris à disposition.

Vignoble Fabien Demois - Prairie et abri des Écuries de Chézelet
Les prairies de la propriété accueillent les Écuries de Chézelet.

Leur alimentation, presque entièrement faite de foin et d’herbe, vient du domaine. En retour, le fumier de cheval sert à nourrir les sols des vignes, en plus des préparations biodynamiques. Les ressources de la ferme passent ainsi d’un atelier à l’autre.

Orge, radis et trèfles entre les rangs

Dans les inter-rangs, le domaine sème des enherbements variés, comme l’orge, le radis ou le trèfle. Ces couverts favorisent la biodiversité et servent d’engrais verts.

Vignoble Fabien Demois - Toile d’araignée sur un rang de vigne en automne
Un matin d’automne au pied des ceps.

Sous le rang, la vigne est travaillée, mais seulement dans la mesure où ce travail ne perturbe pas la biodiversité. Fabien Demois dit suivre le rythme naturel de la plante, et limiter les interventions pour garder l’expression du raisin.

Vignoble Fabien Demois - Tracteur et mouettes dans les rangs en hiver
Travail du sol en hiver, suivi par les mouettes.

Cabernet franc des sables, des graviers et des argiles de Cravant

Cravant-les-Côteaux, sur les bords de la Vienne

Cravant-les-Côteaux s’étend sur les bords de la Vienne, à 7 kilomètres de Chinon. La commune est d’abord connue pour ses vins d’appellation Chinon. On y trouve des vins de plaine, fruités et tendres, et des vins de coteaux, plus complexes et destinés au vieillissement.

Le domaine met à l’honneur le cabernet franc, cépage emblématique de l’appellation, en rouge comme en rosé. Le chenin donne les blancs en AOC Chinon. Les sols bien drainés et le climat tempéré laissent les raisins mûrir progressivement.

Vignoble Fabien Demois - Arc-en-ciel sur les vignes taillées en hiver
Vignes taillées sous un ciel d’averse.

Une mosaïque de sols d’une cuvée à l’autre

Les fiches des cuvées dessinent une carte des sols assez variée. Les rouges et rosés de la gamme L’âne viennent de parcelles de sable et de gravier, tout comme Les Deux Rives. La plupart des cuvées de vieilles vignes poussent sur des sables et des limons. Les chenins viennent de sols argileux, en coteau pour L’âne blanc et Les Grands Bournais. La Cuvée des Templiers naît d’un sol argilo-siliceux.

Deux lieux-dits ont droit à leur propre cuvée. Les Battereaux, sur silice et argile, sont reconnus comme terroir remarquable par l’AOC Chinon. La Haye Martel pousse sur sable et limon, et ses raisins sont récoltés très mûrs.

Vendange en caisse et cuves béton, parcelle par parcelle

Toutes les vendanges à la main

Au domaine, toutes les vendanges se font à la main, en caisses. Pour les cuvées de garde, les raisins sont cueillis à pleine maturité, voire à grande maturité pour La Chevalière.

Vignoble Fabien Demois - Caisse de vendange remplie de raisins noirs
Raisins noirs en caisse, au bout du rang.

Vinifier sans contrainte de temps

Les vins sont vinifiés par parcelle, en cuves béton, sans contrainte de temps. Les rouges de Chinon sont entièrement égrappés. Ceux de vieilles vignes macèrent quatre semaines.

L’élevage varie ensuite selon la cuvée. Les rouges de fruit passent six à huit mois en cuve béton. La Chevalière et La Haye Martel y restent douze mois. Les Battereaux et la Cuvée des Templiers vieillissent un an en barriques récentes. Le Domaine de Doulaye et les Vieilles Vignes partagent leur élevage, 20 % en barrique et 80 % en cuve béton.

Les chenins sont pressés en grappes entières. L’âne blanc reste douze mois sur lies, puis s’affine six à huit mois en cuve et en barrique.

Le Phénix, des cépages résistants plantés à la Tour-Saint-Gelin

Une terre qui retrouve la vigne

Sur une parcelle de la Tour-Saint-Gelin, plateau viticole historique du Richelais, la vigne a repris vie. Fabien Demois y a planté des cépages hybrides résistants aux maladies. Décidé en 2018, son choix s’est porté sur des variétés allemandes et suisses, pour le recul qu’elles offrent.

En 2021, ce petit vignoble comptait 90 ares de blancs et 60 ares de rouges, résistants au mildiou et à l’oïdium. Le projet visait 2,80 hectares en 2022, pour moitié en cépages blancs.

Le vigneron y voit aussi un retour à une piste oubliée. Après le phylloxéra, rappelle-t-il, ce sont surtout des hybrides comme le 5455 qui ont fourni l’essentiel du vin aux Tourangeaux.

Une gamme en IGP Val de Loire

Ces vignes donnent la gamme Le Phénix, en IGP Val de Loire. Le blanc vient du souvignier gris, le rouge du cabernet cortis. Un rosé pétillant naît du plantet, avec une seconde fermentation en bouteille. Le muscaris donne Le Phénix Junior, un jus de raisin pensé pour petits et grands.

Le nom renvoie à l’oiseau qui renaît de ses cendres. Fabien Demois ne voit pas de contradiction avec son appellation : « Nous nous devons de porter le chinon en haut de notre pyramide, mais ça n’empêche nullement d’élargir sa base », explique-t-il.

Des vins droits, de l’âne aux Templiers

Des gammes de Chinon tournées vers le fruit

Le domaine décrit ses vins comme droits, sincères et francs. Le catalogue compte dix-huit vins et un jus de raisin.

La gamme L’âne, en blanc, rosé et rouge, cherche la fraîcheur et le fruit. Son nom vient d’une légende : l’âne de saint Martin, en broutant les sarments, aurait révélé les bienfaits de la taille. Le rouge y montre la cerise burlat et finit sur la réglisse.

Sous le nom de Domaine de la Grange Billard, une autre gamme décline un blanc, un rosé, un rouge, des vieilles vignes et les deux lieux-dits. Les Grands Bournais, Les Deux Rives et Vieilles Vignes, enfin, reprennent l’expression traditionnelle des vins de Chinon.

Vieilles vignes et barriques pour la garde

Les cuvées de garde viennent des plus belles parcelles du domaine. Le Domaine de Doulaye provient de vignes d’une cinquantaine d’années, avec un boisé discret. La Chevalière joue sur les fruits rouges très mûrs et une bouche veloutée.

La Cuvée des Templiers ne sort que les années exceptionnelles. Elle vient de vieilles vignes d’une soixantaine d’années, et seules les meilleures barriques la composent.

Le Guide Hachette des vins 2024 a donné son coup de cœur à la Cuvée des Templiers 2021, classée vin remarquable. Le même guide a retenu L’âne blanc 2021, puis La Chevalière 2022 dans son édition 2026. Les vins se trouvent au domaine, chez des cavistes, en magasins bio et en AMAP.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Clos de l’Écotard

    Le Clos de l’Écotard cultive 15 hectares en appellation Saumur, à Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur. Michel Chevré l’a fondé en 2011, alors chef de culture au Domaine des Roches Neuves, et son fils Thibaud le dirige depuis 2024. Engagé en bio depuis 2010, le domaine laboure au cheval son clos de chenin planté à 8 000 pieds par hectare. Il en tire des chenins secs comme La Haie Nardin et Les Pentes, des bulles sans dosage et, depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay.

  • Domaine Éric Chevalier

    Le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en appellation Muscadet Côtes de Grandlieu, entre le lac et l’Atlantique. Éric Chevalier la reprend en 2006 après dix ans de négoce, rejoint en 2008 par sa sœur Gaëlle. Travaillées sans intrant chimique depuis 2014, les vignes sont engagées en bio depuis 2016. Melon, folle blanche, fié gris, chardonnay et pinot noir donnent des vins salins, fermentés sur levures indigènes, dont plus de la moitié part à l’export.

  • Château Yvonne

    Le Château Yvonne cultive 16 hectares en bio depuis 1997 à Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau, sur la côte de Saumur. Recréé par Yvonne et Jean-François Lamunière, il est repris en 2007 par Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron, qui en garde le nom. Ses cabernets francs en Saumur-Champigny et ses chenins secs en Saumur naissent de levures indigènes et d’élevages longs, en partie dans une cave creusée dans le tuffeau. Depuis 2021, des poiriers et des abricotiers poussent au milieu des vignes.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

  • Domaine des Chasseignes

    Le Domaine des Chasseignes cultive 9,5 hectares de sauvignon blanc et de pinot noir à Sury-en-Vaux, sur les terres blanches, les caillottes et le silex du Sancerrois. Aurore Dezat dirige depuis 2011 cette exploitation familiale, rejointe en 2016 par son conjoint David Girard. Engagé chez Ecocert en 2020, le domaine produit des sancerres blancs, rosés et rouges certifiés en agriculture biologique. Ses blancs ont reçu deux coups de cœur du Guide Hachette d’affilée, dans les éditions 2025 et 2026.

  • Château de Coulaine

    Le Château de Coulaine cultive 19 hectares de vignes bio à Beaumont-en-Véron, en appellation Chinon, autour d’un manoir bâti vers 1470. Étienne et Pascale Denys de Bonnaventure le passent en bio en 1994, et leur fils Jean le dirige depuis 2017 avec son épouse Tatiana. Le cabernet franc et le chenin y poussent sur millarges, sables argileux, argilo-calcaires et graviers, que la famille relie à ses cuvées. Les rouges vont de la souplesse à la garde, et trois chenins s’élèvent en barrique ou en jarre de grès.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine