Bernard Fleuriet et Fils - Coteau de vignes aux couleurs d’automne dans le Sancerrois

Bernard Fleuriet et Fils

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

BioDemeter

La Vauvise, une ferme qui s’ouvre à la vigne en 1991

Installé à La Vauvise, sur la commune de Menetou-Râtel dans le Cher, le domaine Bernard Fleuriet et Fils produit des vins bio en Sancerre et en Menetou-Salon. Il cultive 30 hectares dans la première appellation et 5 hectares dans la seconde. Ses vins portent le label AB depuis 2016 et sont certifiés en biodynamie par Demeter. Sous le logo en triangle, chaque étiquette porte la même devise : « Le principal c’est l’essentiel ».

Des cultures et de l’élevage, puis les coteaux

La Vauvise était d’abord une exploitation tournée vers l’agriculture et l’élevage. En 1991, la famille décide de se consacrer aussi à la viticulture. Elle développe alors la vigne sur des terrains pentus et en friche, situés dans l’aire de l’appellation Sancerre, puis sur quelques hectares en Menetou-Salon.

La ferme n’a pas tout abandonné pour autant. À côté du raisin de cuve, l’exploitation reste certifiée en agriculture biologique pour du petit épeautre et des truffes.

Benoît et Mathieu ont pris la suite

L’entreprise est restée familiale. Benoît et Mathieu Fleuriet la dirigent aujourd’hui, après avoir pris la suite de leurs parents, Anne-Marie et Bernard. Le domaine a gardé le nom du père sur ses bouteilles, et le « et Fils » dit le reste.

Bernard Fleuriet et Fils - Portrait de la famille Fleuriet
Une entreprise familiale, transmise de Bernard à ses fils.

Une trentaine de parcelles autour de la cave

En Sancerre, le vignoble se partage en une trentaine de parcelles, plantées exclusivement sur des coteaux exposés au sud et au sud-est. Toutes se trouvent dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de la cave. Les vignes de Menetou-Salon sont plus loin, à environ 25 kilomètres. Les vendanges se font à la main.

Caillottes, terres blanches et silex sous le sauvignon

Moitié caillottes, quatre dixièmes de terres blanches

Les parcelles de Sancerre couvrent les trois grands terroirs de l’appellation. Les caillottes en représentent 50 %, les terres blanches 40 % et le silex 10 %. Le domaine y voit la diversité du vignoble sancerrois réunie dans ses propres vins.

L’encépagement suit la règle des deux appellations : sauvignon pour les blancs, pinot noir pour les rouges et le rosé.

Trois sols, trois origines géologiques

Chacun de ces sols a son histoire. Les terres blanches sont des argilo-calcaires issus de marnes kimméridgiennes, sur les collines les plus à l’ouest du Sancerrois. Les caillottes, crayeuses, jaunes et tendres ou blanches et compactes, viennent de calcaires oxfordiens. Les sols à silex, mêlés d’argiles, bordent la Loire et forment les collines de l’est.

Les terres blanches, terrain des parcellaires

Les cuvées de parcelle viennent presque toutes des terres blanches. La Côte de Marloup est un parcellaire très pentu, exposé plein sud, sur terre blanche et sous-sol calcaire. Les Saurins, en rouge, partagent ce profil de coteau raide tourné vers le sud. La Baronne vient elle aussi d’une parcelle de terre blanche, plantée de vieilles vignes d’une cinquantaine d’années.

Bernard Fleuriet et Fils - Deux vignerons du domaine dans les vignes en automne
Dans les vignes du domaine, à l’automne.

Du label bio à la certification Demeter

D’Ecocert en 2013 au label AB en 2016

La ferme s’engage en agriculture biologique auprès d’Ecocert le 31 juillet 2013. Après les années de conversion, ses vins portent le label AB depuis 2016. La certification couvre aujourd’hui le raisin de cuve comme les vins.

La biodynamie dans les vignes depuis 2020

Selon la famille, la biodynamie a « naturellement trouvé sa place » dans ses pratiques culturales en 2020. Ses méthodes guident désormais le travail de la vigne. Les vins sont certifiés par Demeter : l’organisme liste les sancerres blancs, rouges et rosés et les menetou-salon du domaine, sur les millésimes 2022 à 2025.

Une cave pensée pour se passer de sulfite

Trois niveaux et le travail par gravité

La cave de La Vauvise est construite sur trois niveaux. L’espace de réception de la vendange et les pressoirs surplombent le reste du bâtiment. La cuverie à blanc se répartit sur deux niveaux, ce qui permet de travailler essentiellement par gravité.

Bernard Fleuriet et Fils - Cuverie béton sur deux niveaux, œufs en béton et foudre
La cuverie béton sur deux niveaux, ses œufs et un foudre.

L’azote à la place du sulfite

Pressoirs et cuves sont inertés à l’azote, pour protéger les vins de l’oxydation. Ce dispositif permet au domaine de se passer de sulfite à la réception de la vendange, pendant la vinification et pendant l’élevage. Les vinifications se font sans intrant, en levures indigènes.

Un sulfitage très léger intervient seulement au premier soutirage. Deux cuvées s’en passent tout à fait et ne reçoivent aucun sulfite ajouté : Pur Jus en blanc et Les Saurins en rouge.

Béton, bois et terre cuite

Pour vinifier, la famille privilégie le béton, le bois et les amphores en terre cuite, trois matériaux qui permettent une micro-oxygénation des vins. La cave réunit des cuves béton carrées et ovoïdes, des foudres, des barriques et une cuve en bois tronconique.

Bernard Fleuriet et Fils - Amphore en terre cuite dans la cave
Une amphore en terre cuite, dans la cave.

Tradition, parcellaires et vins sans sulfite

Les trois Tradition, assemblage des terroirs

La gamme compte dix vins. Les trois Sancerre Tradition assemblent les terroirs du domaine. Le blanc s’élève sur lies pendant 10 mois, en cuve béton et en foudre, et se veut équilibré entre le fruit et la minéralité. Le rouge macère 30 jours, puis s’élève pour 80 % en fûts de 228 litres, d’où ses notes fruitées et soutenues.

Le rosé de pinot noir est pressé dès la vendange et élevé en cuve béton. Le domaine le destine à l’apéritif ou aux viandes grillées.

Côte de Marloup, La Baronne et Pur Jus, trois sauvignons de terre blanche

Le Côte de Marloup passe un an sur lies en cuve béton ovoïde, puis six mois en cuve carrée. Son nez est floral, sa longueur en bouche délicate. La Baronne est vinifiée entièrement en barriques de 400 litres, sur lies.

Pour le Pur Jus, la famille choisit les parcelles à chaque vendange. Le vin s’élève dix à douze mois sur lies en cuve béton ovoïde, sans aucun sulfite. Le domaine conseille de le carafer.

Anthocyane et Les Saurins, deux pinots noirs de coteau

Anthocyane vient des plus vieilles vignes à rouge du domaine. Des rendements réduits à 30 hl/ha, une macération plus longue et un élevage en barriques en font un vin charpenté et puissant. Le nez est fruité et légèrement toasté, la bouche riche et soyeuse.

Bernard Fleuriet et Fils - Allée du chai à barriques sous les voûtes
Le chai à barriques, sous ses voûtes.

Les Saurins macèrent 30 jours en grappes entières dans une cuve en bois tronconique. La famille en décrit un rouge structuré et frais, aux notes épicées.

Les menetou-salon, de jeunes vignes sur les marnes

Les deux Menetou-Salon viennent de vignes d’une dizaine d’années, plantées sur les marnes. Le blanc reste huit mois sur lies en cuve béton : il est frais et fruité, sur les agrumes et les fleurs, avec une pointe épicée. Le rouge, élevé en béton lui aussi, se montre léger, souple et parfumé, sur la cerise et la prune.

Vingt et un vins au Guide Hachette

Le Guide Hachette des vins a retenu 21 vins du domaine entre ses éditions 2005 et 2021. Le Côte de Marloup 2013 y a reçu un coup de cœur et deux étoiles dans l’édition 2016. L’Anthocyane 2015 a obtenu deux étoiles dans l’édition 2018. Le Sancerre rouge 2018 et La Baronne 2018 ont chacun reçu une étoile dans l’édition 2021.

Menetou-Râtel, l’une des quatorze communes de l’appellation Sancerre

Une appellation reconnue en 1936 pour ses blancs

Menetou-Râtel fait partie des 14 communes de l’appellation Sancerre, aux côtés de Sancerre, Bué, Verdigny ou Sury-en-Vaux. L’AOC a été reconnue en 1936 pour les blancs, puis en 1959 pour les rouges et les rosés.

Avant le phylloxéra, à la fin du XIXe siècle, le vignoble était planté surtout en pinot. Le sauvignon blanc, bien adapté au climat local, l’a remplacé à la replantation.

Menetou-Salon, dix communes sur les marnes kimméridgiennes

L’appellation Menetou-Salon réunit dix communes du Cher, dont Menetou-Salon, Morogues et Quantilly. Son vignoble est planté sur des sédiments calcaires, des marnes kimméridgiennes. On y cultive les mêmes cépages qu’à Sancerre, le sauvignon blanc et le pinot noir.

Recevoir à La Vauvise

Le domaine accueille les visiteurs sur rendez-vous, pris par téléphone, pour organiser au mieux la visite et la dégustation. La famille propose aussi des gîtes et chambres d’hôtes en Sancerrois, sous le nom de Maison Fleuriet, sur le domaine ou à proximité.

Bernard Fleuriet et Fils - Le caveau de dégustation du domaine
Le caveau où le domaine reçoit pour la dégustation.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

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