Vignes du domaine Beauchamp

Champagne M.Beauchamp

Région viticole

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Sommaire

Du premier pressoir au pressoir partagé

1951, des vignes au nom de Gérard

Le Champagne M.Beauchamp est une maison de vignerons installée à Janvry, dans la Marne, près de Reims. La famille se dit vigneronne depuis 13 générations. Pourtant, le nom Beauchamp n’apparaît sur les bouteilles qu’en 1983. Avant lui, les vignes et le vin portaient celui de Gérard, depuis 1951.

Tout part d’un mariage, celui de Madeleine et Michel Beauchamp, en 1974. Le couple travaille alors surtout dans la distillation. Il prend en charge les vignes en 1980. Trois ans plus tard sortent les premières bouteilles de champagne au nom de Beauchamp.

2000, l’année où tout bascule

Le vrai tournant arrive en 2000. Cette année-là, le domaine reçoit son premier pressoir et ses propres cuves pour la vendange. D’après la famille, c’est à partir de ce moment que ses pratiques à la vigne ont changé. Elle s’interdit aujourd’hui les herbicides et les engrais chimiques.

L’exploitation porte aujourd’hui le nom d’EARL Beauchamp et Fils. Son gérant, Jules Beauchamp, se présente comme vigneron de treizième génération.

Deux pressoirs de 6 000 kilos, dont un pour les voisins

Vingt-cinq ans après le premier, le pressoir est devenu un métier à part entière. La maison en compte deux, tout en inox, d’une capacité de 6 000 kilos chacun. C’est un peu plus que la moyenne champenoise, autour de 4 000 kilos. Le premier presse les raisins du Champagne Beauchamp, le second sert à des prestations pour d’autres maisons et vignerons.

Jules Beauchamp y voit un service de proximité. Pour lui, « le but, pour la qualité du champagne, c’est que le raisin fasse le moins de kilomètres possible ». Un chargement de 6 000 kilos se presse en environ quatre heures, jamais en moins de trois. Pendant la vendange, les deux pressoirs tournent à plein régime une dizaine de jours.

La maison entretient aussi une petite tradition : à chaque vendange, le meilleur coupeur reçoit le titre de « Sécateur d’Or ».

Vendange Champagne Beauchamp

Six hectares et demi répartis sur dix villages

Janvry, un village de Meunier

Le vignoble couvre 6,5 hectares, dispersés sur 10 villages. Le point d’ancrage reste Janvry, dans ce que la maison appelle la Montagne de Reims Ouest.

Dans le découpage de l’appellation Champagne, Janvry relève de la Montagne de Reims. Plus précisément, il appartient au terroir « Reims : Vesle & Ardre ». Celui-ci regroupe 51 communes et 2 555,90 hectares de vignes. Le Meunier y couvre 60,46 % des surfaces, devant les Pinots noirs (25,68 %) et le Chardonnay (13,65 %).

Janvry pousse ce trait encore plus loin. Sur les 35 hectares de vignes de la commune, 26,90 hectares sont plantés en Meunier. 37 exploitants se partagent ce vignoble.

Aÿ, Le Breuil et le Massif de Saint-Thierry

Les autres parcelles changent de décor. Aÿ se trouve dans la Grande Vallée de Marne, Le Breuil sur la rive gauche de la Marne. Villers-Franqueux et Trigny, eux, appartiennent au Massif de Saint-Thierry, rattaché à la Montagne de Reims.

Sur ses cuvées de prestige, la maison précise d’où vient chaque cépage : Pinot noir et Meunier de Janvry, Chardonnay du Massif de Saint-Thierry. La cuvée Éliane provient même d’un lieu-dit de Janvry, « Les Chapitres ».

De l’agroforesterie à la vendange 2023 en bio

L’agroforesterie, adoptée en 2016

En 2016, la famille adopte l’agroforesterie, une méthode qu’elle décrit comme encore méconnue en Champagne. Selon elle, cette pratique réduit son empreinte sur les sols et favorise la vie souterraine. C’est cette démarche qui l’a d’abord menée à la certification Haute Valeur Environnementale.

Engagé en 2020, certifié pour la vendange 2023

L’étape suivante est l’agriculture biologique. L’exploitation s’engage auprès de l’organisme certificateur Ocacia le 21 août 2020. À l’issue de la conversion, ses raisins sont certifiés à partir de la vendange 2023.

La conversion est donc achevée. Les raisins comme les vins de la maison sont désormais certifiés en agriculture biologique.

Une année de vigne travaillée à la main

La taille court de novembre à mars. Le domaine pratique la taille en cordon de Royat pour les raisins noirs et la taille Chablis pour le Chardonnay. Le liage des brins sur les fils suit, de janvier à mars.

Au printemps vient l’ébourgeonnage, de la mi-mai à juin, pied par pied. On y retire les bourgeons qui ne porteront pas de fruits, les « gourmands ». Le relevage et le palissage occupent juin et juillet. Ils se font entièrement à la main, en peu de temps, avec des saisonniers que la maison trouve de plus en plus difficilement.

Le rognage, cette taille d’été, se répète ensuite selon les années jusqu’à la vendange. Il contient la végétation et laisse le soleil mûrir le raisin. La vendange, enfin, se fait intégralement à la main. Sa date ne se prévoit pas longtemps à l’avance : elle dépend de la maturation des raisins.

Des champagnes gardés longtemps en cave, souvent peu dosés

Quatre cuvées de gamme, de 9 à 0 grammes

Trois des quatre cuvées de gamme assemblent à parts égales les trois cépages champenois. On y trouve un tiers de Meunier, un tiers de Pinot noir, un tiers de Chardonnay. Les vins sont vinifiés en cuve inox. Ce qui les distingue ensuite, c’est la durée de vieillissement en cave et le dosage.

Signature, le brut tradition de la maison, passe au moins 36 mois en cave et reçoit 8 g/l. Ses arômes vont vers les fleurs blanches, la brioche et le miel. Écorce reprend le même assemblage, avec au moins 5 ans de cave et 6 g/l. Le nez finit sur la vanille et le poivre.

Racine vieillit lui aussi au moins cinq ans, mais sans dosage : 0 g/l, en brut nature. Il évoque la fleur blanche et la pomme verte. Le rosé, Écorce Rose, assemble Meunier et Pinot noir à parts égales, avec une macération au moment de la vendange. Dosé à 9 g/l, il joue sur la framboise.

Les millésimes, entre Pinot de Janvry et Chardonnay de Saint-Thierry

Quatre cuvées de prestige complètent l’ensemble. La Cuvée 13, millésime 2013, marie trois quarts de Pinot noir de Janvry et un quart de Chardonnay de Saint-Thierry. Elle n’est dosée qu’à 2 g/l. Éliane 2012 associe Pinot noir et Chardonnay à parts égales, en extra brut.

Pépite est un blanc de blancs, 100 % Chardonnay du Massif de Saint-Thierry. Il est vinifié en fût de chêne, sans dosage, et vieillit en cave depuis 2016. MB56, un extra brut dosé à 4 g/l, assemble 40 % de Pinot noir, 40 % de Chardonnay et 20 % de Meunier. Il combine 18 mois de fût de chêne et un passage en cuve inox.

Goûter les cuvées à Janvry

La maison reçoit à Janvry, sur réservation. Ses trois formules de visite racontent l’histoire de la maison et l’élaboration du champagne, de la vigne jusqu’à la flûte. Chacune se conclut par une dégustation.

La visite « Amitié » dure environ une heure et s’achève sur un verre de l’amitié. « Effervescence » ajoute la dégustation de Signature et d’Écorce Rose. « Symphonie », la plus longue, y joint Racine. Il est possible d’y ajouter un millésime.

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Les autres domaines de la région Champagne

  • Champagne Cordeuil Père et Fille

    À Noé-les-Mallets, dans la Côte des Bar, Gilbert Cordeuil et sa fille Erlande cultivent 4,2 hectares certifiés bio depuis 2019. Leurs champagnes vieillissent au moins 8 ans en cave, jusqu’à 14 ans pour les millésimes, et se vinifient sans fermentation malolactique. Le pinot noir domine un vignoble qui garde un peu de pinot blanc, déjà présent en 1971. Le Guide Hachette 2024 a accordé trois étoiles au Chardonnay de la maison.

  • Champagne Durdon-Bouval

    À Vincelles, dans la vallée de la Marne, le Champagne Durdon-Bouval cultive environ 8 hectares sur quatre villages de la Marne et de l’Aisne. Engagée en bio en 2010 et labellisée Demeter depuis 2023, la famille presse et vinifie elle-même depuis 2021, sans plus passer par la coopérative. Elle en tire trois parcellaires en brut nature, un par village et par cépage : Les Sablons, Les Clos et Les Macarons. Ludovic et Sandie Durdon, aux commandes depuis 2000, travaillent avec leurs enfants Antoine et Sipriane.

  • Champagne Daniel Moreau

    À Vandières, dans la vallée de la Marne, Bastien et Julie Moreau conduisent 16 parcelles bio, 6,8 hectares en tout, sur à peine dix kilomètres. Née des premières vignes plantées par Robert Moreau en 1947, la maison a quitté la coopérative en 1977 avec Daniel, dont elle porte le nom. Engagée en bio en 2017 et certifiée depuis la vendange 2020, elle a banni désherbants et insecticides. Ses quatre champagnes peu dosés vont du brut Pièce Maîtresse au parcellaire de meunier Chemin de Trotte.

  • Champagne Adeline Martin

    Le Champagne Adeline Martin est la marque bio d’Adeline Martin, vigneronne à Cumières, qui a repris en 2017 le domaine familial de son père Philippe. Avec lui, elle a engagé en 2020 la conversion en bio de 1,5 hectare sur les 10 que compte la maison. Ces vignes donnent sa seule cuvée, AM Bio, environ 6 500 bouteilles par an de pinot noir, chardonnay et meunier, dosées à 2 g/L. On la découvre dans la maison familiale de 1892, avec ses caves et ses chambres d’hôtes.

  • Champagne De Sousa

    Le Champagne De Sousa cultive 14 hectares à Avize, sur des terroirs classés Grands Crus de la Côte des Blancs. L’histoire de la famille commence avec Manuel De Sousa, soldat portugais de la Grande Guerre venu s’installer au village. Certifié bio en 2010 puis Demeter en 2013, le domaine laboure certaines parcelles avec deux chevaux de trait. Ses vieilles vignes sont vinifiées en fût depuis 1995, l’année où commence la réserve perpétuelle de la Cuvée des Caudalies.

  • Champagne Francis Boulard & Fille

    Le Champagne Francis Boulard & Fille est né en 2009 de la séparation de la maison Raymond Boulard, dont la famille met son champagne en bouteille depuis 1952. Delphine Boulard le dirige à Faverolles-et-Coëmy, avec 3 hectares de vignes situés surtout à Cormicy, sur le massif de Saint-Thierry. Engagée en bio chez Ecocert depuis 2004, la vigne suit le calendrier lunaire et des pratiques biodynamiques. Levures indigènes, fûts anciens et foudres donnent des champagnes Brut Nature et Extra-Brut, dont une réserve perpétuelle.

  • Champagne Nowack

    À Vandières, dans la vallée de la Marne, la famille Nowack, établie depuis 1795, a cuit des tuiles avant de se consacrer à la vigne. Revenu en 2012, Flavien Nowack a banni les herbicides et engagé le domaine en bio en 2016. Ses 35 parcelles sont plantées aux trois quarts de meunier en sélection massale, qu’il entoure de haies et d’arbres. Ses champagnes de lieux-dits, comme La Tuilerie ou Les Bauchets, sortent en extra-brut.

  • Champagne Régis Poissinet

    À Cuchery, dans la vallée de la Marne, le Champagne Régis Poissinet cultive 7 hectares répartis en 35 parcelles, surtout plantées en meunier. Régis Poissinet a abandonné les herbicides et changé de culture à partir de 2011, puis s’est engagé en bio en 2017, avec plusieurs cuvées labellisées Demeter. Élevés en bonne partie en fûts, souvent poignettés et non filtrés, ses champagnes sont dosés entre 1,75 et 3 g/l. Terre d’Irizée, Terre de Rosé et L’Émergente portent sur leur étiquette une œuvre de l’artiste Thomas Jedrzejak.

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