Champagne M.Beauchamp
Sommaire
- Du premier pressoir au pressoir partagé
- 1951, des vignes au nom de Gérard
- 2000, l’année où tout bascule
- Deux pressoirs de 6 000 kilos, dont un pour les voisins
- Six hectares et demi répartis sur dix villages
- Janvry, un village de Meunier
- Aÿ, Le Breuil et le Massif de Saint-Thierry
- De l’agroforesterie à la vendange 2023 en bio
- L’agroforesterie, adoptée en 2016
- Engagé en 2020, certifié pour la vendange 2023
- Une année de vigne travaillée à la main
- Des champagnes gardés longtemps en cave, souvent peu dosés
- Quatre cuvées de gamme, de 9 à 0 grammes
- Les millésimes, entre Pinot de Janvry et Chardonnay de Saint-Thierry
- Goûter les cuvées à Janvry
Du premier pressoir au pressoir partagé
1951, des vignes au nom de Gérard
Le Champagne M.Beauchamp est une maison de vignerons installée à Janvry, dans la Marne, près de Reims. La famille se dit vigneronne depuis 13 générations. Pourtant, le nom Beauchamp n’apparaît sur les bouteilles qu’en 1983. Avant lui, les vignes et le vin portaient celui de Gérard, depuis 1951.
Tout part d’un mariage, celui de Madeleine et Michel Beauchamp, en 1974. Le couple travaille alors surtout dans la distillation. Il prend en charge les vignes en 1980. Trois ans plus tard sortent les premières bouteilles de champagne au nom de Beauchamp.
2000, l’année où tout bascule
Le vrai tournant arrive en 2000. Cette année-là, le domaine reçoit son premier pressoir et ses propres cuves pour la vendange. D’après la famille, c’est à partir de ce moment que ses pratiques à la vigne ont changé. Elle s’interdit aujourd’hui les herbicides et les engrais chimiques.
L’exploitation porte aujourd’hui le nom d’EARL Beauchamp et Fils. Son gérant, Jules Beauchamp, se présente comme vigneron de treizième génération.
Deux pressoirs de 6 000 kilos, dont un pour les voisins
Vingt-cinq ans après le premier, le pressoir est devenu un métier à part entière. La maison en compte deux, tout en inox, d’une capacité de 6 000 kilos chacun. C’est un peu plus que la moyenne champenoise, autour de 4 000 kilos. Le premier presse les raisins du Champagne Beauchamp, le second sert à des prestations pour d’autres maisons et vignerons.
Jules Beauchamp y voit un service de proximité. Pour lui, « le but, pour la qualité du champagne, c’est que le raisin fasse le moins de kilomètres possible ». Un chargement de 6 000 kilos se presse en environ quatre heures, jamais en moins de trois. Pendant la vendange, les deux pressoirs tournent à plein régime une dizaine de jours.
La maison entretient aussi une petite tradition : à chaque vendange, le meilleur coupeur reçoit le titre de « Sécateur d’Or ».

Six hectares et demi répartis sur dix villages
Janvry, un village de Meunier
Le vignoble couvre 6,5 hectares, dispersés sur 10 villages. Le point d’ancrage reste Janvry, dans ce que la maison appelle la Montagne de Reims Ouest.
Dans le découpage de l’appellation Champagne, Janvry relève de la Montagne de Reims. Plus précisément, il appartient au terroir « Reims : Vesle & Ardre ». Celui-ci regroupe 51 communes et 2 555,90 hectares de vignes. Le Meunier y couvre 60,46 % des surfaces, devant les Pinots noirs (25,68 %) et le Chardonnay (13,65 %).
Janvry pousse ce trait encore plus loin. Sur les 35 hectares de vignes de la commune, 26,90 hectares sont plantés en Meunier. 37 exploitants se partagent ce vignoble.
Aÿ, Le Breuil et le Massif de Saint-Thierry
Les autres parcelles changent de décor. Aÿ se trouve dans la Grande Vallée de Marne, Le Breuil sur la rive gauche de la Marne. Villers-Franqueux et Trigny, eux, appartiennent au Massif de Saint-Thierry, rattaché à la Montagne de Reims.
Sur ses cuvées de prestige, la maison précise d’où vient chaque cépage : Pinot noir et Meunier de Janvry, Chardonnay du Massif de Saint-Thierry. La cuvée Éliane provient même d’un lieu-dit de Janvry, « Les Chapitres ».
De l’agroforesterie à la vendange 2023 en bio
L’agroforesterie, adoptée en 2016
En 2016, la famille adopte l’agroforesterie, une méthode qu’elle décrit comme encore méconnue en Champagne. Selon elle, cette pratique réduit son empreinte sur les sols et favorise la vie souterraine. C’est cette démarche qui l’a d’abord menée à la certification Haute Valeur Environnementale.
Engagé en 2020, certifié pour la vendange 2023
L’étape suivante est l’agriculture biologique. L’exploitation s’engage auprès de l’organisme certificateur Ocacia le 21 août 2020. À l’issue de la conversion, ses raisins sont certifiés à partir de la vendange 2023.
La conversion est donc achevée. Les raisins comme les vins de la maison sont désormais certifiés en agriculture biologique.
Une année de vigne travaillée à la main
La taille court de novembre à mars. Le domaine pratique la taille en cordon de Royat pour les raisins noirs et la taille Chablis pour le Chardonnay. Le liage des brins sur les fils suit, de janvier à mars.
Au printemps vient l’ébourgeonnage, de la mi-mai à juin, pied par pied. On y retire les bourgeons qui ne porteront pas de fruits, les « gourmands ». Le relevage et le palissage occupent juin et juillet. Ils se font entièrement à la main, en peu de temps, avec des saisonniers que la maison trouve de plus en plus difficilement.
Le rognage, cette taille d’été, se répète ensuite selon les années jusqu’à la vendange. Il contient la végétation et laisse le soleil mûrir le raisin. La vendange, enfin, se fait intégralement à la main. Sa date ne se prévoit pas longtemps à l’avance : elle dépend de la maturation des raisins.



Des champagnes gardés longtemps en cave, souvent peu dosés
Quatre cuvées de gamme, de 9 à 0 grammes
Trois des quatre cuvées de gamme assemblent à parts égales les trois cépages champenois. On y trouve un tiers de Meunier, un tiers de Pinot noir, un tiers de Chardonnay. Les vins sont vinifiés en cuve inox. Ce qui les distingue ensuite, c’est la durée de vieillissement en cave et le dosage.
Signature, le brut tradition de la maison, passe au moins 36 mois en cave et reçoit 8 g/l. Ses arômes vont vers les fleurs blanches, la brioche et le miel. Écorce reprend le même assemblage, avec au moins 5 ans de cave et 6 g/l. Le nez finit sur la vanille et le poivre.
Racine vieillit lui aussi au moins cinq ans, mais sans dosage : 0 g/l, en brut nature. Il évoque la fleur blanche et la pomme verte. Le rosé, Écorce Rose, assemble Meunier et Pinot noir à parts égales, avec une macération au moment de la vendange. Dosé à 9 g/l, il joue sur la framboise.
Les millésimes, entre Pinot de Janvry et Chardonnay de Saint-Thierry
Quatre cuvées de prestige complètent l’ensemble. La Cuvée 13, millésime 2013, marie trois quarts de Pinot noir de Janvry et un quart de Chardonnay de Saint-Thierry. Elle n’est dosée qu’à 2 g/l. Éliane 2012 associe Pinot noir et Chardonnay à parts égales, en extra brut.
Pépite est un blanc de blancs, 100 % Chardonnay du Massif de Saint-Thierry. Il est vinifié en fût de chêne, sans dosage, et vieillit en cave depuis 2016. MB56, un extra brut dosé à 4 g/l, assemble 40 % de Pinot noir, 40 % de Chardonnay et 20 % de Meunier. Il combine 18 mois de fût de chêne et un passage en cuve inox.
Goûter les cuvées à Janvry
La maison reçoit à Janvry, sur réservation. Ses trois formules de visite racontent l’histoire de la maison et l’élaboration du champagne, de la vigne jusqu’à la flûte. Chacune se conclut par une dégustation.
La visite « Amitié » dure environ une heure et s’achève sur un verre de l’amitié. « Effervescence » ajoute la dégustation de Signature et d’Écorce Rose. « Symphonie », la plus longue, y joint Racine. Il est possible d’y ajouter un millésime.
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