Château des Demoiselles - Vignes d’automne sous les branches d’un platane, face aux reliefs de la vallée des Esclans

Château des Demoiselles

Région viticole

Région viticole

Provence

Bio

Soixante-douze hectares de vignes sur un domaine de 300 hectares

Le Château des Demoiselles produit des vins bio en appellation Côtes-de-Provence à La Motte, dans l’arrière-pays varois. La propriété couvre 300 hectares, mais la vigne n’en occupe que 72. Le reste se partage entre près de 200 hectares de forêts, des chemins et un étang.

Ce rapport entre les bois et les vignes donne au domaine sa physionomie. On y vient goûter les vins, mais aussi marcher : la propriété a ouvert ses chemins au public. Le vignoble, lui, est certifié en agriculture biologique depuis août 2022.

La vallée des Esclans, entre Estérel et Maures

Le domaine s’étend dans la vallée des Esclans, face au massif des Maures. Le vignoble se trouve entre deux massifs provençaux, l’Estérel et les Maures, et ce voisinage façonne son sol.

Les vignes sont plantées entre plaines et coteaux, sur des terres rouges argilo-calcaires. Le sol mêle des sédiments venus des roches magmatiques de l’Estérel et des roches métamorphiques des Maures. Un courant d’air naturel et constant traverse la vallée et ventile les vignes.

Château des Demoiselles - Rangs de vigne et coquelicots face aux reliefs rocheux
Les vignes au printemps, sous les reliefs qui bordent la vallée.

Une source qui irrigue le vignoble depuis des siècles

Face aux étés varois, le domaine dispose d’une ressource rare : une source d’eau millénaire, sur les hauteurs de ses collines. Elle irrigue naturellement le vignoble en contrebas, et ce depuis des siècles. Le domaine la présente comme son meilleur atout face au réchauffement climatique.

De Saint-Michel d’Esclans au Château des Demoiselles

Une terre des Grimaldi et un champ de la Libération

Au XVIIIe siècle, la propriété appartenait à la famille Grimaldi, celle des princes de Monaco. Elle a aussi tenu sa place dans la Libération de la Provence. Le 15 août 1944, des parachutistes américains ont atterri dans ses champs.

Une bastide de 1830 se dresse à l’ombre de platanes centenaires. Elle abrite aujourd’hui une maison d’hôtes de cinq chambres, privatisable pour un séjour entre amis, une fête de famille ou un événement professionnel.

1956, 1978, 2005 : une famille revenue sur ses terres

La famille d’Aurélie Bertin a possédé une première fois le domaine de 1956 à 1978. Il s’appelait alors le Domaine Saint-Michel d’Esclans. En 2005, la famille reprend la bastide et son vignoble, et les rebaptise Château des Demoiselles.

Aurélie Bertin prend officiellement la direction du domaine en 2007. Elle dirige aussi l’autre propriété de la famille, le Château Sainte Roseline, aux Arcs-sur-Argens. Pour chacun des deux châteaux, elle cherche des vins à la personnalité bien distincte.

Château des Demoiselles - Portrait d’Aurélie Bertin, propriétaire du domaine
Aurélie Bertin dirige le domaine depuis 2007.

Un nom pour les filles du comte de Provence

Le nouveau nom rend un double hommage. Il salue d’abord les Demoiselles de Provence, filles du comte de Provence au XIIIe siècle, qui devinrent toutes reines. Il vise aussi Aurélie Bertin, mère de trois filles, qui a fait de la féminité un trait de l’identité du domaine.

Ce parti pris se lit jusque dans le vignoble. Les cheffes d’équipe y sont aujourd’hui des femmes, présentes de longue date au domaine et montées en responsabilité.

Une conversion bio menée sur un site Natura 2000

De la HVE en 2019 au label AB en 2022

Le domaine a d’abord obtenu la certification Haute Valeur Environnementale de niveau 3 en 2019. Il l’a obtenue après avoir revu sa stratégie de protection de la vigne. La même année, en juillet 2019, il s’est engagé en agriculture biologique auprès d’Ecocert.

Après trois années de conversion, le vignoble est labellisé Agriculture Biologique depuis août 2022. Les pratiques au vignoble comme les méthodes de vinification sont désormais reconnues bio. Le millésime 2022 a donné les premières cuvées certifiées du château.

Des graminées semées chaque automne entre les rangs

Le domaine a cessé de travailler les inter-rangs au désherbage mécanique. Chaque automne, tout le vignoble est ensemencé de graminées entre les rangs. Ce tapis retient l’eau dans le sol, limite l’érosion et nourrit son activité biologique.

Château des Demoiselles - Vignes enherbées entre les rangs au printemps
Les graminées semées à l’automne couvrent le sol entre les rangs.

Sous le rang, l’herbe est maîtrisée. La protection de la vigne fait appel à des produits de biocontrôle. Aurélie Bertin évoque aussi des méthodes de taille plus douces.

Tortues d’Hermann et chauves-souris

Une partie des terres est classée en zone Natura 2000, et certaines parcelles en ZNIEFF de type 2. On y croise la tortue d’Hermann et la pipistrelle commune, une petite chauve-souris protégée. Au bord de l’étang, on peut apercevoir la cistude d’Europe, une tortue d’eau douce.

Les chauves-souris rendent service au vigneron : elles chassent les papillons dont les larves abîment les grappes. Le domaine préserve aussi les corridors écologiques qui longent ses parcelles, où s’abritent insectes, oiseaux, mammifères et reptiles.

Château des Demoiselles - Grand arbre isolé au milieu des vignes, collines boisées au loin
Vignes, bois et collines : une partie des terres est classée Natura 2000.

Vignerons Engagés depuis 2021

Depuis avril 2021, le domaine porte le label Vignerons Engagés, le premier label RSE de la filière vin. Il est aussi certifié ISO 26000 au niveau « confirmé » par l’AFNOR. Le Château des Demoiselles porte en outre la gamme collective Engagés, qui réunit 43 références de 23 entreprises labellisées.

Pour ses propres vins, le domaine allège ses bouteilles et choisit des matières recyclables. Il recycle aussi, avec ses imprimeurs, les laizes de ses étiquettes, un déchet que la filière de tri habituelle ne reprenait pas.

Deux collections de Côtes-de-Provence en trois couleurs

Le château ne produit que des vins d’appellation Côtes-de-Provence. Ils se répartissent en deux collections, chacune déclinée en rosé, blanc et rouge. L’encépagement puise dans les variétés provençales : grenache, cinsault, tibouren, mourvèdre, syrah et rolle, complétés de carignan, de caladoc, d’ugni blanc et de cabernet-sauvignon.

Château des Demoiselles, la sélection parcellaire

La cuvée qui porte le nom du domaine en est le fleuron. Elle naît d’une stricte sélection parcellaire et cherche l’équilibre entre puissance et finesse. Son rosé 2025 assemble surtout grenache et cinsault, avec du tibouren et du mourvèdre. Il montre une robe pâle aux reflets saumonés, des notes d’agrumes et de fleurs, et une touche saline en finale.

Le blanc est un rolle pur, ample et gras, aux arômes de mangue et de fruit de la passion. Le rouge 2022 associe 95 % de syrah et 5 % de cabernet-sauvignon. Il cuve plus de vingt jours, puis passe douze mois en barriques, cépage par cépage, avant l’assemblage.

Le Guide Hachette des vins, dans son édition 2024, a donné une étoile au rosé 2022, le premier millésime certifié bio. Il y relevait six cépages, un nez de fleur d’oranger et de pomélo, et une pointe d’amertume à l’accent de thym frais.

Château des Demoiselles - Une bouteille de rosé et deux verres sur une table à l’ombre
Le rosé Château des Demoiselles, servi à l’ombre des arbres.

Charme des Demoiselles, des vins à partager

La seconde collection joue la souplesse et la fraîcheur, pour des moments entre amis. Son rosé rassemble neuf cépages, du grenache au tibouren en passant par le carignan et l’ugni blanc. Il évoque l’aubépine et le chèvrefeuille.

Le blanc, encore un rolle, fermente entre 14 et 17 °C, puis s’élève sur lies en cuve, sans fermentation malolactique. Le rouge assemble syrah, cabernet-sauvignon, grenache, cinsault et mourvèdre. Ses cuvaisons courtes lui gardent des notes de fruits rouges et de thym, et le domaine le conseille légèrement rafraîchi en été.

Au chai, des rosés travaillés au froid

Pour les rosés, la vendange est triée puis égrappée. Chaque cépage passe dix jours en stabulation à froid, avant une fermentation d’une dizaine de jours tenue à 16 °C. Les vins s’élèvent ensuite sur lies fines, avec bâtonnage.

Château des Demoiselles - Grappe de raisin noir coupée au sécateur pendant les vendanges
Une grappe de raisin noir coupée pendant les vendanges.

Les rouges, eux, commencent par une macération à froid de plusieurs jours, qui exalte le fruit de la vendange. La fermentation malolactique suit la fermentation alcoolique.

Visiter le domaine à La Motte

Une dégustation gratuite au caveau

Le caveau de vente propose de goûter les deux collections dans leurs trois couleurs, et la dégustation y est gratuite. La bastide reçoit par ailleurs des séjours, des mariages et des séminaires.

Quatre sentiers dans les vignes et les bois

Le domaine a ouvert au public quatre sentiers pédestres en accès libre, de 2,1 à 8 km. Le sentier vigneron reste près de la bastide et des lieux de production. Le sentier boisé longe l’étang, celui de l’Endre suit en partie la rivière, et celui des Roches rouges domine le vignoble entre Estérel et Maures.

Le domaine accueille aussi le Run des Demoiselles, une course féminine et solidaire de 7 km à travers les vignes et les forêts. Sur chaque dossard, une part revient au service d’oncologie du centre hospitalier intercommunal de Fréjus Saint-Raphaël.

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Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Garenne

    Le Domaine de la Garenne cultive 25 hectares en appellation Bandol à La Cadière-d’Azur, dans un vallon situé à cinq kilomètres de la mer. Ancien enclos de chasse acheté en 1790, il a été mis en vigne par le comte Jean de Balincourt, puis repris en 2000 par sa fille Béatrix. Sa cuvée M, un rosé où domine le mourvèdre, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette. Engagé en bio en 2023, le domaine élève ses Bandol rouges dix-huit mois en foudres de chêne.

  • Château de la Bégude

    Le Château de la Bégude cultive 32 hectares en bio sur les coteaux de Rousset, au pied de la Sainte-Victoire, en appellation Côtes de Provence. La famille Rey-Sabatier-Lefebvre le tient depuis 1896, et Didier Lefebvre, ancien avocat, en est la cinquième génération. Ses rouges, vendangés à la main, sont vinifiés en grappes entières et élevés en vieux foudres ou demi-muids. Le blanc, le rosé et le blanc de noirs de grenache sont vendangés de nuit, pour garder leur fraîcheur.

  • Château Bonisson

    Le Château Bonisson cultive 10 hectares de vignes en bio à Rognes, en appellation Coteaux d’Aix-en-Provence, autour d’une bastide du XVIIIe siècle. Repris en 2017 par la famille Le Dorze, il est dirigé par Victoire Le Dorze, formée à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse. Les rangs se labourent au cheval, les travaux suivent les phases de la lune et toute la vendange se fait à la main. Ses trois gammes, La Petite Causerie, la Cuvée B et Abstraction, se dégustent au caveau, voisin d’un centre d’art contemporain.

  • Château Gassier

    Au pied de la Sainte-Victoire, le Château Gassier cultive 40 hectares en bio à Puyloubier, découpés en 26 micro-parcelles sur calcaire et argile rouge. Antoni Gassier achète la propriété en 1982, rejoint le groupe AdVini avec son fils en 2004, et Georges reprend le vignoble en 2009. Certifié bio en 2016, le domaine ne produit que des rosés et des blancs, en Côtes de Provence et en Sainte-Victoire. Ses cuvées passent en cuve béton ou en demi-muid autrichien, comme le rosé 946, né en 2010, et Elevae, élevé vingt-quatre mois.

  • Domaines Bunan

    Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs autour de La Cadière-d’Azur et du Castellet : le Moulin des Costes, fondé en 1961 par Paul et Pierre Bunan, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Les deux premiers donnent des Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008 et conduit par la troisième génération de la famille. Le mourvèdre guide des rouges de garde, élevés 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne.

  • Domaine Fredavelle

    Le Domaine Fredavelle cultive 25 hectares en agriculture biologique à Éguilles, à dix minutes d’Aix-en-Provence, dans l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. David Ravel y vinifie depuis 1999 les raisins que ses grands-parents vendaient à la coopérative, associé depuis 2015 à l’œnologue Olivia Menigoz. Engagé en bio en 2019, le domaine produit surtout des rosés, du plus frais au rosé de gastronomie élevé sous bois. Des rouges, des blancs, deux Pet’Nat’ de grenache et la gamme Echo x Olivia complètent la production.

  • Sinaca Villa

    Sinaca Villa, l’ancien nom de Sénas, désigne le vignoble de 6 hectares planté de zéro en 2018 par Agathe Genty et Nicolas Mertz, entre Alpilles et Luberon. Rencontrés en Nouvelle-Zélande, ces deux ingénieurs agronomes ont choisi des cépages atypiques en Provence, dont le petit verdot, le caladoc et le souvignier gris, résistant aux maladies. Engagé en bio depuis 2020, le domaine vendange de nuit sur les galets et les argiles de l’ancienne vallée de la Durance. Deux gammes, Sinaca et Arômes, déclinent les trois couleurs en IGP Méditerranée.

  • Domaine de Valdition

    Entre Orgon et Eygalières, le Domaine de Valdition couvre 240 hectares au pied des Alpilles, une terre offerte en dot par François Ier à sa fille Caroline du Prévôt. Ses 70 hectares de vignes, en bio depuis 2006, réunissent une vingtaine de cépages, du grenache au chasan et à la petite arvine. Le domaine signe des IGP Alpilles et le Coteaux d’Aix-en-Provence Vallon des Anges, né sur les coteaux calcaires de Roquemartine. Ses 30 hectares d’oliviers donnent des huiles en AOP Vallée des Baux de Provence.

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