Château les Mangons

Château les Mangons

  • Bordeaux

    Région viticole

  • 14ha

    Surface du vignoble

  • BioDemeter

    En bio depuis 2001

Sommaire

Un banquier, une médecin et un pari sur la biodynamie

1990, Michel et Brigitte Comps arrivent aux Mangons

Le Château les Mangons se trouve à Pineuilh, en Gironde, sur les hauteurs de Sainte-Foy-la-Grande. Le vignoble s’étend entre Saint-Émilion et Bergerac. Ses vins bio et biodynamiques portent l’appellation Sainte-Foy Côtes de Bordeaux. L’histoire de la famille Comps y commence en 1990.

Michel Comps était banquier. Il avait découvert le vin jeune, dans les vignes de Saint-Émilion, et rêvait de donner corps à ce goût. Brigitte, sa femme, était médecin et partageait ce goût. Le couple s’installe aux Mangons avec ses deux jeunes enfants. Leur première récolte donne le millésime 1990, qui rejoint le 1989 déjà logé en cuves.

Le gel de 1991, une entrée en matière brutale

Le départ est rude. En 1991, une forte gelée frappe tout le Bordelais. De mémoire de vigneron, la région n’en avait pas connu d’aussi sévère depuis 1955. L’aventure aurait pu s’arrêter là. Le couple tient bon, et continue malgré les caprices de la nature.

Après les vendanges 2000, tout le domaine en biodynamie

Après les vendanges 2000, Michel et Brigitte décident de conduire l’ensemble du domaine en biodynamie. Leurs enfants, Antoine et Manuela, parlent aujourd’hui de la douce « folie » de leurs parents. Les Mangons comptaient alors parmi les précurseurs de cette voie dans la région bordelaise.

Les certifications suivent. Les vins sont certifiés en agriculture biologique par Ecocert depuis 2004, et en biodynamie sous label Demeter depuis 2010. Le domaine figure toujours parmi les adhérents de Demeter France, qui liste ses cuvées jusqu’au Lux Vitae 2020. La certification bio est, elle, confirmée pour 2026.

Quatorze hectares d’un seul tenant autour d’une cour carrée

Une ancienne propriété de polyculture

La propriété couvre 32 hectares de vignes, de bois et de prés. Elle était autrefois vouée à la polyculture : céréales, vergers et vignes. Elle compte aujourd’hui 14 hectares de vignes en production, à flanc de coteau et sur le plateau.

Les bâtiments, disposés en cour carrée, datent du XVIIIe siècle. Les vignes les entourent d’un seul tenant. Autour, 18 hectares de prés et de bois forment un environnement préservé. La famille s’attache à y maintenir une biodiversité animale et végétale.

Boulbènes sur le plateau, argile et silex en contrebas

Deux sols se partagent le vignoble. En haut, le plateau est limono-argileux, de type boulbène, avec des affleurements mangano-ferriques. Il passe très vite de la gadoue à la dureté du béton. Aux dires des vignerons, c’est lui qui commande le travail, comme s’il fallait l’amadouer.

En bas, la terre est brune et colle aux bottes. Son argile se mêle de calcaire et de silex. Le frottement du silex dégage une odeur calcinée qui fascine les enfants et parfume parfois le vin. Ce sol apporte fraîcheur et rectitude aux cuvées.

Merlot en tête, sauvignon gris pour le blanc

Les rouges occupent 13 hectares en production. Le merlot en représente 57 %, le cabernet sauvignon 24 % et le cabernet franc 19 %. Le blanc tient sur 1 hectare, planté de sauvignon gris à 73 % et de sauvignon blanc à 27 %.

Depuis 2003, la densité est passée de 4 500 à 5 500 pieds par hectare, pour des moûts plus concentrés. Depuis 2011, une restructuration partielle privilégie la greffe anglaise et la sélection massale. La taille se fait en Guyot simple ou mixte. Tous les travaux de la vigne sont menés à la main.

Les vignes du Château des Mangons

Une biodynamie de préparations et d’engrais verts

Bouse de corne, silice et tisanes d’ortie

Au vignoble, l’équipe applique des préparations dynamisées : bouse de corne préparée et silice. Elle y ajoute des infusions d’ortie, de prêle et d’osier. Avec un positionnement très précis des traitements, ces pratiques ont permis de réduire au minimum les doses de cuivre et de soufre.

Pour la famille, la biodynamie complète une approche paysanne de bon sens. Il s’agit de trouver l’harmonie de la vigne, du sol et de son environnement. Leur métier, disent-ils, va de la vie microbienne des sols jusqu’aux planètes et au cosmos, qui influencent leurs pratiques et leurs vins.

Engrais verts l’hiver, herbe maîtrisée sous le rang

Le sol est entretenu par une alternance de travail mécanique sous le rang et d’enherbement naturel maîtrisé. En hiver, des engrais verts sont semés régulièrement : avoine, seigle, féverole. Ils évitent l’érosion des sols et favorisent leur aération.

L’ébourgeonnage et l’effeuillage s’adaptent chaque année au millésime et à la météo. Brigitte Comps vit toujours sur le domaine. Elle y joue un rôle de transmission, en particulier de ses connaissances en biodynamie.

Bordeaux et Champagne dans le même chai

Deux familles, quatre associés

Antoine et Manuela Comps ont passé leur enfance aux Mangons. Depuis 2023, la famille Comps est associée à la famille Desruets, vignerons en Champagne depuis plusieurs générations au sein de la maison Joseph Desruets. Le domaine réunit aujourd’hui quatre associés : Manuela et Antoine Comps, Matthias et Thomas Desruets.

Leur ambition commune : associer deux visions familiales et deux savoir-faire, pour créer des vins de terroir originaux, élégants et de caractère. Côté Desruets, l’aventure sur le domaine a commencé en 2021. L’engagement remonte même au millésime 2019, avec une sélection de vins en cuve.

Un chai rénové en 2012, des fûts venus d’Hautvillers

Le chai a été entièrement rénové en 2012. Il réunit un cuvier traditionnel en béton et plusieurs cuves inox, qui servent à élaborer des cuvées d’une grande fraîcheur. Un second espace abrite des barriques bordelaises et champenoises, ainsi qu’un foudre Stockinger, pour les vins de garde. Un pressoir vertical assure un pressurage doux.

La récolte 2020 a été élevée en fûts de chêne bordelais. Les associés y ont ajouté des fûts champenois de la tonnellerie Viard, taillés dans des chênes sélectionnés à Hautvillers. Les premières cuvées de la collection Desruets & Comps ont été mises en bouteille en novembre 2023.

Deux gammes, de la cuve inox au foudre

Piccolo et Saxo, le fruit d’abord

La gamme musicale compte quatre vins, tantôt légers, tantôt plus profonds. Piccolo, le plus jeune, vient des jeunes vignes. Élevé en cuves ciment et inox, il assemble 60 % de merlot, 20 % de cabernet franc et 20 % de cabernet sauvignon. Il s’écarte un peu du Bordeaux classique, pour une fraîcheur plus immédiate.

Saxo est né aux vendanges 2014. Le domaine en a fait sa cuvée de l’amitié. Élevé seulement en cuve inox et ciment, il se montre fruité et puissant, avec une belle structure.

Chant Secret et Armance, les vieilles vignes

Chant Secret provient surtout de la parcelle du Champ secret. Il assemble les trois cépages rouges bordelais. La moitié du vin part en barriques dès la fin de la fermentation, l’autre reste en cuve sur lies fines. Il en sort un profil équilibré, aux tanins doux et fondus.

Armance doit son nom à une héroïne de Stendhal. En rouge, elle vient des vignes les plus âgées, qui ont plus de trente ans. Son assemblage de 80 % de merlot et 20 % de cabernet franc s’élève dans le foudre. La cuvée se décline aussi en blanc de sauvignon, élevé trois mois sur lies fines.

Il existe enfin un Armance rosé, tiré à 650 bouteilles. Ce pur jus de cabernet sauvignon fait ses deux fermentations dans une barrique à chauffe hydro-céramique.

Lux Vitae, Eosphoros et L’Atypique, la collection D&C

La collection D&C célèbre l’héritage des deux régions. Lux Vitae, « lumière de vie » en latin, marque le début de l’aventure commune. Issu des plus vieilles vignes, il a vieilli trois ans en fûts et foudre, avec des fûts venus des deux régions. Le domaine conseille de le laisser vieillir cinq à six ans.

Eosphoros, élevé en barriques, porte le nom du porteur de la lumière de l’aube dans la mythologie grecque. Il symbolise le passage de flambeau d’une génération à l’autre. L’Atypique est une bulle de merlot à la robe rose saumonée, élevée en fûts champenois dans le chai bordelais.

Sainte-Foy Côtes de Bordeaux, aux portes du Périgord

Une AOC reconnue en 1937

Au début du XXe siècle, le vignoble foyen est d’abord rattaché à l’Entre-deux-Mers. Un jugement du tribunal civil de la Gironde, le 24 mai 1928, en fait une appellation à part entière, pour les rouges comme pour les blancs. Le décret du 31 juillet 1937 reconnaît ensuite l’AOC Sainte-Foy Bordeaux.

En novembre 2016, l’organisme de défense de l’appellation rejoint l’Union des Côtes de Bordeaux. Le nom devient alors Sainte-Foy Côtes de Bordeaux, aux côtés de Blaye, Cadillac, Castillon et Francs. Les rouges et les blancs des Mangons portent cette appellation.

Dix-neuf communes au bord de la Dordogne

L’aire s’étend sur 19 communes du nord-est de la Gironde, dont Pineuilh, le long de la Dordogne. Elle se situe entre Saint-Émilion et Monbazillac. Le paysage alterne des collines et des vallées irriguées par des rivières et des ruisseaux.

Les sols y sont très variés : terres fortes argilo-calcaires, ou terres douces sablo-graveleuses que l’on nomme boulbènes. La Dordogne et les nombreux cours d’eau adoucissent le climat et favorisent la maturation du raisin. Aux Mangons, ces boulbènes occupent le plateau.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château Moulin Pey-Labrie

    Le Château Moulin Pey-Labrie tient son nom d’un moulin du XIIe siècle dressé au sommet d’un coteau de Canon-Fronsac. Bénédicte et Grégoire Hubau, venus de Picardie, y ont signé leur premier millésime en 1988, trois jours après leur arrivée. Leurs 6,75 hectares d’argilo-calcaire sur molasse portent 95 % de merlot et une pointe de malbec, en bio depuis 2010. La gamme va de la Cuvée Bénédicte, née de vignes centenaires, aux fronsacs de Haut-Lariveau et à une cuvée sans soufre.

  • Château de Ferrand

    Le Château de Ferrand, grand cru classé de Saint-Émilion, cultive 32 hectares sur le plateau de Saint-Hippolyte, vers 100 mètres d’altitude. Fondé en 1702 par l’avocat poète Elie de Bétoulaud, il appartient depuis 1978 à la famille du baron Marcel Bich, fondateur de BIC. Sans herbicide depuis plus de quinze ans, il signe avec le 2024 son premier millésime certifié bio. Merlot et cabernet franc y passent trois tris puis 14 à 18 mois en barriques, dans un château repensé par Patrick Jouin et Sanjit Manku.

  • Château de Cassana

    Le Château de Cassana cultive 2 hectares de vignes de 45 ans sur les croupes de graves de Saint-Sauveur, en appellation Haut-Médoc. Ses vignerons, des néo-vignerons dont c’est la troisième reconversion, en tirent 8 500 bouteilles d’un vin rouge au nom du château. L’exploitation est engagée en agriculture biologique depuis juillet 2024, sous le contrôle d’Ecocert, et ses raisins sont en conversion. Le chai se visite sur réservation, et un gîte avec piscine reçoit les visiteurs entre vignes et bois.

  • Château Bourdieu

    Le Château Bourdieu élève des vins rouges en AOC Blaye Côtes de Bordeaux à Berson, sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde. Bâti en 1464, il appartient depuis 1993 à la famille Schweitzer : Luc et ses fils, Richard et Ludovic. Engagé en bio chez Ecocert en 2020, le vignoble à dominante de merlot donne quatre cuvées, jusqu’à Absolu, tirée de 7 à 8 hectares choisis. Le Château Bourdieu 2016 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette des vins, édition 2019.

  • Château Haut-Bages Libéral

    Le Château Haut-Bages Libéral est un cinquième grand cru classé en 1855 de Pauillac, dont les 30 hectares regardent l’estuaire de la Gironde. Certifié bio en 2019 puis Demeter en 2021, il a planté 700 arbres dans ses vignes et 10 000 mètres de haies. Claire Villars-Lurton, à sa tête depuis 2000, a été nommée vigneronne de l’année 2024 par La Revue du vin de France. Son grand vin, surtout cabernet sauvignon, s’élève en barriques, cuves diamants, amphores et jarres de porcelaine.

  • Château de Parenchère

    À Ligueux, aux confins de la Gironde et de la Dordogne, le Château de Parenchère cultive 60 hectares de vignes au sein d’un domaine de 188 hectares d’un seul tenant. Replanté par la famille Gazaniol à partir de 1958, il appartient depuis 2005 au Suédois Per Landin, avec l’œnologue Richard Curty à sa direction. Certifié HVE depuis 2012, le vignoble porte le label agriculture biologique depuis fin 2024. Ses sept vins vont du Bordeaux Clairet au Bordeaux Supérieur, dont la Cuvée Raphaël, deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château Grand Corbin-Despagne

    Au nord de Saint-Émilion, à la limite de Pomerol, la famille Despagne cultive le lieu-dit Grand Corbin depuis 1812, et François Despagne en représente la septième génération depuis 1996. Ce grand cru classé de 28,79 hectares, découpé en 53 parcelles après l’étude de 150 fosses, est planté aux trois quarts de merlot. Jamais désherbé, le vignoble est entièrement en bio depuis 2010 et certifié Biodyvin depuis le millésime 2024. Le grand vin et son second, Petit Corbin-Despagne, sont mis en bouteille 21 mois après la récolte.

  • Château Marquisat La Pérouse

    Le Château Marquisat La Pérouse cultive 10 hectares de vignes sur un domaine de 13 hectares d’un seul tenant à Berson, dans le Blayais. Repris en 2011, il est en biodynamie depuis 2013, certifié Demeter et bio par Ecocert. Engrais verts, haies et ruminants remplacent engrais et insecticides, et le chai travaille sans pompe, avec les levures indigènes. Le merlot mène les rouges en Bordeaux supérieur, Blaye Côtes de Bordeaux et Blaye, à côté d’un sauvignon et d’un crémant rosé.

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