Château Yvonne - Vignes de la côte de Saumur face au val de Loire

Château Yvonne

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

Bio

Seize hectares entre la côte de tuffeau et le plateau de Champigny

Le Château Yvonne est installé au cœur du village de Parnay, à quelques pas de la Loire, dans l’appellation Saumur-Champigny. Ses 16 hectares de vignes, cultivés en agriculture biologique depuis 1997, donnent des rouges de cabernet franc et des blancs secs de chenin. Mathieu Vallée le conduit depuis 2007, avec Stéphanie et leur équipe.

Quatre villages, trois cépages

Les parcelles s’étendent sur quatre communes : Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau. Le cabernet franc en occupe 10 hectares, le chenin 5 hectares. Un demi-hectare de pineau d’aunis, l’autre cépage rouge de l’appellation, complète l’ensemble.

Chaque cuvée tient à un lieu précis. La Folie rassemble sept parcelles de Champigny, des Mouchards au Clos Linthier. Yvonne Rouge vient des Pierres Blanches et du Beaumeray, à Parnay, et de Château Gaillard, à Turquant. Le Gory et Les Arbres sortent chacun d’une parcelle unique de Parnay.

Château Yvonne - Carte des parcelles entre Parnay, Turquant, Montsoreau et Champigny
Les parcelles du domaine, de Champigny à Montsoreau.

La côte de Saumur, des argiles posées sur le tuffeau

Parnay, Turquant et Montsoreau appartiennent à la côte de Saumur, la rive gauche qui surplombe la Loire de Montsoreau à Saumur. La roche mère y est un calcaire tendre, le tuffeau. En surface, les sols vont de l’argileux au sableux. Le tuffeau agit comme une éponge : il rend peu à peu à la vigne l’eau dont elle a besoin, pour une maturité sans à-coups.

Château Yvonne - Rang de vigne et bâtisse en tuffeau au-dessus de la Loire
Sur la côte de Saumur, les vignes dominent la Loire.

Cette côte a longtemps été une terre de chenin, largement majoritaire jusqu’en 1970. L’engouement pour le Saumur-Champigny a ensuite fait basculer les villages vers le cabernet franc. Le domaine y garde toutes ses vignes de blanc, sur argilo-calcaire, et y cultive aussi ses rouges de garde.

Sables du Sénonien et calcaire lacustre de Champigny

Au sud de Parnay, au-delà de la route des vins, les sols changent d’âge. Ce sont les terroirs du Sénonien, plus sableux en surface, un peu plus tardifs et peu gélifs. Ils ont toujours été réservés aux rouges, et donnent ceux de L’Île Quatre Sous.

À 4 kilomètres du domaine, le hameau de Champigny a donné son nom à l’appellation. Le domaine y travaille 5 hectares. Son nom viendrait du latin « champs de feu », tant le soleil y frappe l’été. Le sous-sol appartient au Ludien, un calcaire lacustre blanc et très dur. Les sols argileux y retardent la maturité et gardent au cabernet sa fraîcheur.

D’Yvonne Lamunière à Mathieu Vallée, un nom gardé par fidélité

Un logis du XVIe siècle dans un village de vignerons

Parnay vit de la vigne depuis le Moyen Âge : il fallait alors répondre aux besoins de l’abbaye de Fontevraud, en plein essor. Le logis du domaine date du XVIe siècle et garde son mystère jusqu’à la Révolution. En 1813, un vigneron y habite, et d’autres lui succèdent. La lignée s’arrête avec un certain Bourdais, mort pendant la Première Guerre mondiale.

1997, Yvonne et Jean-François Lamunière replantent

En 1997, Yvonne et Jean-François Lamunière s’installent à Parnay. Avec l’aide de Françoise Foucault, ils recréent le vignoble et baptisent le lieu « Château Yvonne ». Le domaine se fait vite un nom avec ses chenins secs.

L’un de ces premiers millésimes a fait parler de lui bien plus tard. En avril 2023, le chef pâtissier Pierre Hermé citait dans Le Figaro un Gory 1997 parmi ses cinq coups de cœur. Il lui trouvait une très grande jeunesse et une acidité patinée par les années.

Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron à trente ans

Mathieu Vallée est fils de vigneron. Il a grandi sur l’autre rive de la Loire, à Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Sa vocation arrive tard : à 30 ans, il quitte son métier d’ingénieur pour la vigne. Ses proches s’en étonnent, eux qui savent combien le travail de la terre est exigeant.

Château Yvonne - Mathieu Vallée pendant la taille d’hiver
Mathieu Vallée a repris le domaine en 2007, après une carrière d’ingénieur.

Il reprend le domaine en 2007 et garde le nom de Château Yvonne, en hommage au travail du couple fondateur. Il y ajoute 5 hectares à Champigny. Le domaine change alors de couleur : 8 hectares de cabernet franc pour 3 hectares de chenin.

Stéphanie le rejoint en 2015, et le vignoble se conduit désormais à deux. En 2021, une occasion permet de reprendre 4 hectares à Parnay, dont un hectare au Clos de la Pouge, une parcelle de chenins plantés en 1947. Mickaël, Jack et Manon complètent aujourd’hui l’équipe.

Faire durer les ceps et planter des arbres dans les rangs

En bio depuis 1997, sans insecticide

Les vignes sont conduites en agriculture biologique depuis 1997, et l’engagement du domaine auprès d’Ecocert date de juin 1998. Le sol est travaillé, sans désherbage chimique. Les racines descendent ainsi dans les calcaires, ce qui donne aux vins de la tension.

La diversité de la faune et de la flore fait le reste. Les insectes auxiliaires limitent les ravageurs, et le domaine n’emploie jamais d’insecticide. Des préparations à base d’ortie, de prêle ou de consoude aident la vigne à se défendre, pour moins avoir à la protéger. En 2026, l’Agence Bio recense aussi une part des vignes en première année de conversion.

Curetage et taille Guyot-Poussard

Tailler, plier, décavaillonner, ébourgeonner, palisser, effeuiller : l’équipe reprend ces gestes chaque année pour les affiner. Le domaine vieillit avec ses vignes et protège chaque cep. Le curetage et la taille Guyot-Poussard prolongent leur vie.

Château Yvonne - Vieux cep de cabernet franc chargé de grappes mûres
Le curetage et la taille Guyot-Poussard prolongent la vie des ceps.

Sur les chenins, la taille varie selon l’âge, la vigueur et l’histoire de chaque parcelle. Claude, le père de Mathieu, a planté le Clos Coin avec une sélection massale issue du Gory.

Des poiriers et des abricotiers au milieu des vignes

Depuis 2021, le domaine plante des arbres dans ses vignes. Ils ramènent de la biodiversité, cassent les coups de vent et les coups de chaud, et redessinent le paysage. Ce sont des fruitiers d’origine locale, comme l’abricotier de Saumur ou le poirier Doyenné du Comice.

La parcelle des Trézellières, à Parnay, en accueille depuis trois ans. On l’appelle « Les Arbres », parce que ses ceps très anciens forment de vrais troncs. En avril 2024, le domaine a aussi planté un demi-hectare de pineau d’aunis, au milieu duquel grandiront une quinzaine de poiriers.

Une grotte de tuffeau pour élever sans intervenir

Vendanges à la main et tri au chai

Le domaine n’achète ni raisin ni vin : tout vient de ses vignes. Les vendanges se font à la main. Les chenins se cueillent le matin, pour garder leur fraîcheur et leurs arômes. Pour les cabernets francs, l’équipe s’agrandit, car il faut cueillir vite une fois la maturité atteinte. Au chai, un tri manuel ne laisse passer que les plus beaux raisins.

Château Yvonne - Tri des raisins à la main dans le chai
Le tri des raisins, dans le chai inauguré en 2019.

Ce chai a reçu ses premières vendanges en 2019. Il dispose du contrôle des températures et d’un sous-sol pour l’inertie thermique. Sa structure est en bio-brique et son isolation en laine de bois, ce qui en fait un bâtiment très économe en énergie.

Levures du raisin et soufre au minimum

Les fermentations partent avec les levures présentes sur les raisins ou dans la cave. Le domaine n’utilise aucun produit œnologique. Le soufre se limite à une dose minime, pour protéger le vin pendant le transport. Les mises en bouteille et les soutirages suivent le calendrier lunaire.

Pour les rouges, la macération se fait en cuve béton ou en cuve bois, deux matières poreuses et stables en température. Le Beaumeray, par exemple, macère quatre semaines en cuves tronconiques de 38 hectolitres, sans levurage et sans thermorégulation.

Barriques et amphores de grès sous le tuffeau

Après le pressurage, les blancs partent en barrique ou en amphore de grès. Les chenins fermentent jusqu’à 8 mois en fût, ce qui leur donne de la complexité. L’amphore est une expérience plus récente : elle ouvre la voie à des vins purs et à de nouveaux assemblages.

Les barriques reposent dans une cave troglodytique, creusée dans le tuffeau. La température y varie à peine, la lumière n’y entre pas et les portables ne captent plus. L’humidité laisse le vin évoluer lentement. Le domaine privilégie les élevages longs, qui donnent des vins pleins et équilibrés.

Château Yvonne - Rangées de barriques dans la cave creusée dans le tuffeau
La cave troglodytique, où la température varie à peine.

Chenins secs et cabernets de velours, le style du Château Yvonne

Des saumur blancs entre rondeur et salinité

Les blancs sortent tous en AOC Saumur, et toujours en sec. Yvonne Blanc, né sur la côte de tuffeau, cherche l’équilibre entre rondeur et fraîcheur, salinité et sucrosité. Le Gory est une micro-cuvée d’une seule parcelle qui domine la Loire, sur des argiles rouges et jaunes très pierreuses. Il mêle agrumes compotés, fleurs blanches et une pointe d’épice.

Le millésime 2022 du Gory a fait la couverture de La Revue du vin de France d’avril 2025, dont le dossier était consacré aux blancs de Loire. Les Arbres est la seule cuvée du domaine élevée uniquement en amphore de grès.

Quatre saumur-champigny, quatre sols

Les rouges de cabernet franc portent l’AOC Saumur-Champigny. Yvonne Rouge, ample et dense, mêle le fruit, les épices et la réglisse. Ce qui le distingue, c’est la tendresse de ses tanins, ce velours que le domaine attribue au tuffeau. Le Beaumeray vient de sables éoliens posés sur le tuffeau, et joue la finesse sur la fraise et la framboise.

Sur le calcaire lacustre de Champigny, La Folie donne un rouge frais, dynamique et gourmand, au fruit très intense. L’Île Quatre Sous, issu des sables du Sénonien, est élevé seulement en cuve béton. Il a une attaque juteuse, qui sort des canons de l’appellation.

Bay Rouge, un pineau d’aunis en IGP Val de Loire

En 2020, une parcelle de cabernet franc des Pierres Blanches a été surgreffée en pineau d’aunis. Elle donne Bay Rouge, un pur pineau d’aunis élevé en foudre. Le cépage n’entre dans le Saumur-Champigny qu’en assemblage, d’où son classement en IGP Val de Loire.

Là où le cabernet apporte le velours et la profondeur, le pineau d’aunis répond par des notes poivrées et une texture légère. Bay Rouge s’ouvre sur le poivre blanc, avec une bouche déliée aux accents de fruits rouges. Le domaine reçoit les visiteurs sur rendez-vous uniquement.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Clos de l’Écotard

    Le Clos de l’Écotard cultive 15 hectares en appellation Saumur, à Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur. Michel Chevré l’a fondé en 2011, alors chef de culture au Domaine des Roches Neuves, et son fils Thibaud le dirige depuis 2024. Engagé en bio depuis 2010, le domaine laboure au cheval son clos de chenin planté à 8 000 pieds par hectare. Il en tire des chenins secs comme La Haie Nardin et Les Pentes, des bulles sans dosage et, depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay.

  • Domaine Éric Chevalier

    Le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en appellation Muscadet Côtes de Grandlieu, entre le lac et l’Atlantique. Éric Chevalier la reprend en 2006 après dix ans de négoce, rejoint en 2008 par sa sœur Gaëlle. Travaillées sans intrant chimique depuis 2014, les vignes sont engagées en bio depuis 2016. Melon, folle blanche, fié gris, chardonnay et pinot noir donnent des vins salins, fermentés sur levures indigènes, dont plus de la moitié part à l’export.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

  • Domaine des Chasseignes

    Le Domaine des Chasseignes cultive 9,5 hectares de sauvignon blanc et de pinot noir à Sury-en-Vaux, sur les terres blanches, les caillottes et le silex du Sancerrois. Aurore Dezat dirige depuis 2011 cette exploitation familiale, rejointe en 2016 par son conjoint David Girard. Engagé chez Ecocert en 2020, le domaine produit des sancerres blancs, rosés et rouges certifiés en agriculture biologique. Ses blancs ont reçu deux coups de cœur du Guide Hachette d’affilée, dans les éditions 2025 et 2026.

  • Château de Coulaine

    Le Château de Coulaine cultive 19 hectares de vignes bio à Beaumont-en-Véron, en appellation Chinon, autour d’un manoir bâti vers 1470. Étienne et Pascale Denys de Bonnaventure le passent en bio en 1994, et leur fils Jean le dirige depuis 2017 avec son épouse Tatiana. Le cabernet franc et le chenin y poussent sur millarges, sables argileux, argilo-calcaires et graviers, que la famille relie à ses cuvées. Les rouges vont de la souplesse à la garde, et trois chenins s’élèvent en barrique ou en jarre de grès.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine