Vignoble du Clos Cavenac

Clos Cavenac

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 10ha

    Surface du vignoble

  • 2003

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2009

Sommaire

De la cave coopérative au chai de Cavenac

Une viticultrice et un œnologue rencontrés en Provence

Le Clos Cavenac est un vignoble bio de 10 hectares en AOP Côtes du Marmandais, sur la rive droite de la Garonne. Ses vignes s’étendent sur les communes de Lagupie et de Castelnau-sur-Gupie, près de Marmande, dans le Lot-et-Garonne. Avant 2003, ce vignoble familial était vinifié en cave coopérative.

Tout change avec deux techniciens de la vigne et du vin, rencontrés en Provence. Emmanuelle Piovesan est titulaire d’un BTS viticulture-œnologie. Thierry Heydon est ingénieur viticole et œnologue. Après plusieurs années dans la production, et trois enfants plus tard, ils reprennent en 2003 le vignoble familial d’Emmanuelle.

Aujourd’hui, Emmanuelle se présente comme viticultrice, Thierry comme vigneron œnologue. En parallèle du domaine, Thierry exerce aussi une activité de conseil en œnologie, spécialisée dans la production biologique.

2004, le premier millésime vinifié sur place

Pour sortir leurs propres vins, le couple construit un chai. La première vinification porte sur le millésime 2004. Dès ce premier essai, la cuvée Terra 2004 obtient une étoile dans le Guide Hachette 2007.

Le domaine produit aujourd’hui huit cuvées : un blanc, un rosé et six rouges. La production tourne autour de 30 000 bouteilles par an. Le domaine élabore aussi du jus de raisin, et vend une partie de ses vins en bag-in-box et en vrac.

Vigneron du Clos Cavenac

Engagé en bio en 2009, premiers vins certifiés en 2012

Le domaine s’engage en agriculture biologique le 31 août 2009, sous le contrôle de l’organisme Qualisud. Après la période de conversion, les premiers vins bio arrivent avec le millésime 2012. Le Guide Hachette 2011 notait déjà cette décision d’entamer la conversion du vignoble.

Les fiches techniques des cuvées affichent aujourd’hui toutes la mention de vin biologique certifié. La certification du domaine couvre à la fois le raisin de cuve et le vin.

Sept cépages rouges sur la rive droite de la Garonne

Des coteaux argilo-calcaires entre 50 et 100 mètres

Les vignes poussent sur des sols argilo-calcaires, en coteaux et sur des plateaux. Elles occupent le deuxième coteau de la rive droite de la Garonne, entre 50 et 100 mètres d’altitude. Les fiches techniques citent deux plateaux, celui de Cavenac et celui du Grand Cros.

Ce relief est typique de la rive droite du Marmandais. Des collines argilo-calcaires s’y succèdent, avec des coteaux étroits séparés par des vallons boisés, comme celui de la Gupie. Dans ce secteur, la vigne partage les plateaux avec les pruniers et les céréales.

Le climat fait la transition entre deux mondes. Les influences océaniques s’atténuent, et des nuances méridionales apparaissent, portées par le vent d’Autan qui remonte du Languedoc par la vallée de la Garonne. Août et septembre sont en général chauds et ensoleillés.

L’abouriou, le cépage du Marmandais

L’appellation Côtes du Marmandais est reconnue en AOC par un décret du 2 avril 1990. Ses rouges reposent sur trois cépages aquitains, le merlot, le cabernet franc et le cabernet-sauvignon. Des cépages complémentaires peuvent les accompagner, jusqu’à la moitié de l’encépagement : abouriou, cot, fer, gamay et syrah.

L’originalité de l’appellation tient à l’abouriou, un cépage particulier au Marmandais. Son cahier des charges le décrit comme original et rare. Il donne aux assemblages des notes fruitées et une belle structure, et apporte, avec la syrah, des nuances épicées.

Le Clos Cavenac cultive sept cépages rouges : merlot, cabernet franc, cabernet-sauvignon, malbec, abouriou, syrah et fer servadou. Le merlot (27 %) et le cabernet franc (26 %) dominent, devant le cabernet-sauvignon (13 %) et le malbec (12 %). L’abouriou et la syrah pèsent 8 % chacun, le fer servadou 6 %.

Une petite parcelle de chardonnay complète le tableau. Elle occupait 60 ares en 2013 et donne le seul blanc du domaine, en vin de pays de l’Agenais.

Une vigne travaillée au sol et protégée au cuivre

La densité de plantation va de 4 500 à 5 000 pieds par hectare. La vigne est taillée en guyot, et en cordon pour l’abouriou et le malbec. Le sol est travaillé mécaniquement, par des labours et un passage intercep. L’enherbement alterne avec les labours, et du compost nourrit le sol.

Pour protéger la vigne, le domaine s’en tient au cuivre et au soufre de l’agriculture biologique. Il accorde une très grande place à la prophylaxie et raisonne ses traitements. Selon les cuvées, les vendanges se font à la main ou à la machine.

De la cuve béton au fût de 500 litres

Arradim et Terra, des rouges élevés en cuve

Au chai, les raisins rouges sont éraflés, puis vinifiés en cuves béton ou inox. Les cuvaisons sont longues, sauf pour Arradim, et les extractions s’adaptent au millésime.

Arradim assemble 85 % de cabernet franc et 15 % de malbec, vendangés à la main. Sa macération courte ne dure que six jours. Élevé sur lies en cuve, le 2023 est mis en bouteille sans filtration, à 12 % d’alcool.

Terra réunit cinq cépages, avec le merlot en tête et l’abouriou juste derrière. Le millésime 2022 a donné 15 000 bouteilles. Elle passe 16 mois en cuves béton, sur lies. Le Guide Hachette 2010 la décrivait souple et gourmande, aux tanins fondus.

Grand Cros, la parcelle devenue cuvée

Grand Cros porte le nom d’une parcelle plantée de cabernet franc, de cabernet-sauvignon et de malbec. La cuvée rassemble les meilleures parcelles du domaine, vendangées à la main, avec des rendements de 20 à 30 hectolitres par hectare. Le 2018 assemble cinq cépages, le malbec en tête.

Les macérations sont longues. Le vin fait sa fermentation malolactique en barriques, puis reste 23 mois sous bois français, avec 40 % de bois neuf. Il est mis en bouteille sans collage ni filtration. Le Guide Hachette 2021 a désigné ce 2018 coup de cœur, et y relevait le cassis, la griotte et une note florale.

Seizh Penn et Le Breton d’en Haut, les cuvées bretonnes

En breton, Seizh Penn signifie « sept têtes ». Le nom désigne les sept cépages rouges du domaine réunis dans cette cuvée, et fait un clin d’œil aux origines bretonnes du vinificateur. Elle ne se fait que si le millésime permet une maturité parfaite de chaque cépage.

Les raisins viennent des meilleures micro-parcelles, récoltés à la main et triés. Chaque cépage fermente à part, en fûts neufs ouverts, avec des pigeages. Le vin reste ensuite 24 mois en bois français entièrement neuf. Le millésime 2019 a donné 3 500 bouteilles.

Le Breton d’en Haut est né d’un imprévu. En juillet 2016, lors de l’assemblage du Grand Cros 2015, deux fûts de cabernet franc durcissaient trop le vin. Jugés de qualité, ils ont été élevés à part pendant cinq ans. Le nom de la cuvée désigne le plateau du Grand Cros.

Ce premier tirage, de 600 bouteilles seulement, s’est vendu très vite. Le domaine a donc renouvelé l’expérience avec un élevage plus court. Le 2020, 100 % cabernet franc, a fait sa malolactique en fûts de 500 litres et compte 1 300 bouteilles.

Une syrah, un rosé d’abouriou et un chardonnay

Dans l’appellation, la syrah n’est qu’un cépage complémentaire. Le domaine a créé La Syrah de Cavenac pour la mettre en valeur. Le 2020 vient de jeunes vignes du plateau de Cavenac et passe 24 mois en fûts de 500 litres. Le domaine décrit sa syrah comme un vin puissant, de longue garde.

Le rosé met à l’honneur l’abouriou. Le blanc, Le Chardonnay de Cavenac, sort en vin de pays de l’Agenais. Il est pressé directement, puis fermente et s’élève sur lies en barriques et en jarres. Comme les rouges élevés en fût, il n’est ni collé ni filtré.

Vingt ans de Guide Hachette et une cave ouverte sur rendez-vous

Des rouges charpentés qui demandent du temps

Depuis l’édition 2007, le Guide Hachette retient régulièrement les vins du Clos Cavenac. Pour la Syrah 2020, le guide parle d’un bouquet de fruits mûrs, d’épices et de violette, dans une bouche consistante et élégante.

Les cuvées élevées en fût sont faites pour attendre. Le Guide Hachette 2026 juge le Grand Cros 2022 « remarquable », avec une matière suave qui garde un croquant de fruit. Il classe le Seizh Penn 2022 parmi les vins résolument de garde. Le domaine conseille d’ailleurs de carafer ses vins.

La critique étrangère s’y est aussi intéressée. En 2023, le dégustateur Andreas Larsson a noté La Syrah de Cavenac 2019 91/100.

Déguster à Cavenac Sud

Le domaine reçoit sur rendez-vous, et la visite est gratuite. Les groupes sont acceptés, et les animaux sont les bienvenus. Les vins s’achètent à la propriété, où l’on peut aussi retirer une commande passée en ligne.

Le Clos Cavenac fait partie des Fermes de Garonne, un réseau de producteurs du Val de Garonne né en 2006 autour de Marmande. Le domaine adhère aussi aux Vignerons Indépendants.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque domaine, n'hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Manoir de Saint-Bazile

    Le Manoir de Saint-Bazile a planté 1,6 hectare de vignes en 2023 sur un coteau plein sud de Saint-Bazile-de-Meyssac, en Corrèze. Nicolas Bossut et Pierre Basiaux y cultivent syrah, zinfandel, merlot, chardonnay et muscat, sans travail du sol, sous un couvert de trèfle blanc. Engagé en bio depuis 2024, le domaine travaille tout à la main et a vendangé pour la première fois en septembre 2025. Le manoir presse aussi des pommes bio de Corrèze pour en tirer des jus et des hard ciders.

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

Référencez gratuitement votre domaine viticole sur Vignerons Bio

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine