Papillon au domaine Pech Del Cel

Domaine Pech Del Cel

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 4ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2017

Sommaire

Une ferme familiale relancée en 2011 à Cahuzac-sur-Vère

De la polyculture à la vigne

Le Domaine Pech Del Cel est un petit vignoble bio du Tarn, à Cahuzac-sur-Vère, dans l’aire du Gaillac. Le lieu existe depuis la fin du XIXe siècle. Au départ, c’était une ferme en polyculture, qui faisait de la vigne et des céréales.

Marcellin, Léo puis Claude s’y sont succédé. En 2011, pourtant, il était question que le Pech del Cel disparaisse.

Un vigneron à côté de son métier, rejoint par Laure

Cette même année 2011, juste après la naissance de sa fille Lison, Grégory Aurel décide de s’investir à son tour dans le domaine. Il le fait en complément de son activité salariée. Il parle de l’appel de la campagne, et de tout ce qu’il avait vécu gamin sur ces terres.

Fin 2023, sa femme Laure l’a rejoint dans l’aventure. Le domaine se présente désormais sous leurs deux noms.

Pour Grégory, l’essentiel dépasse la technique. Il s’agit de pouvoir s’exprimer à travers un vin, de réussir ou d’accepter de se tromper. Et surtout de créer un lien : entre un producteur et ceux qui boivent son vin, entre voisins vignerons, au sein de la famille.

Vigneron du domaine de Pech Del Cel

Greffer les cépages autochtones à même la vigne

Une Syrah de 45 ans et deux parcelles de blancs

Le vignoble couvre aujourd’hui 4 hectares. Au départ, il y avait une parcelle de Syrah de 45 ans pour le rouge. Pour les blancs, deux parcelles : l’une de Len de l’El, que le domaine écrit aussi Loin de l’Œil, l’autre de Sauvignon.

Le Braucol et le Duras sont venus s’y ajouter à partir de 2015, pour les rouges. Le Braucol de la cuvée Jour K vient ainsi de jeunes vignes conduites en gobelet, greffées sur place en 2015.

1,20 hectare greffé en place, jusqu’au Verdanel

Pour élargir sa palette, Grégory greffe directement à la vigne. Il s’agit d’un greffage à l’anglaise, une technique transmise par son père et déjà utilisée pour le Braucol et le Duras.

Le dernier chantier a porté sur 1,20 hectare. Il a commencé en 2023 avec du Duras et du Mauzac rose, sur 80 ares. Il s’est achevé en 2024 avec du Verdanel et de la Syrah, greffés en fente et à l’œil.

Sur le plateau cordais, dans l’aire du Gaillac

Argile, calcaire et zones de craie

Les vignes poussent sur le plateau cordais. Les sols y sont argilo-calcaires, avec par endroits des zones crayeuses. Le Braucol de Jour K pousse sur un sol d’argile, majoritairement calcaire.

Sur ce plateau, au nord des Premières Côtes, le cahier des charges du Gaillac ne retient que certains sols. Ce sont les sols rouges argilo-calcaires et les sols sur marnes assez profonds et bien drainés. Il écarte les situations hautes, au-delà de 300 mètres environ.

Une terre de cépages indigènes

Cahuzac-sur-Vère fait partie de l’aire de l’AOC Gaillac. L’appellation a été reconnue en 1938 pour les blancs, puis en 1970 pour les rouges et les rosés. Son vignoble s’est bâti sur des cépages originaux, sélectionnés et préservés au fil des générations.

Le Len de l’El est originaire du Gaillacois, et sa présence n’est attestée dans aucun autre vignoble. Le Mauzac rose vient lui aussi du Gaillacois. Le Duras en est vraisemblablement originaire, et on ne le trouve presque que là. Le Pech del Cel cultive les trois.

Sur le certificat bio émis fin 2022, les millésimes 2020 et 2021 du domaine figurent en Vin de France et en vins mousseux.

Du bio certifié à une cave sans artifices

Les outils de l’arrière-grand-père

Dès 2012, Grégory écarte tout intrant chimique de la vigne. Il a sous la main d’anciens outils de travail du sol, dont certains appartenaient à son arrière-grand-père. Ils fonctionnent toujours.

Le passage en agriculture biologique est amorcé en 2016. Le domaine s’engage auprès d’Ecocert en juin 2017, et le millésime 2020 est le premier certifié.

Les vignes reçoivent des couverts végétaux à base de féveroles, et aussi de phacélies pour le Braucol de Jour K. Ce Braucol est traité au soufre en poudrage et à la bouillie bordelaise. Le Loin de l’Œil de Fleur de peau est conduit en taille douce.

La charte Terres de Gaillac, de la vigne à la cave

Le domaine fait partie de Terres de Gaillac, une association née en 2004. Elle réunit 18 vigneronnes et vignerons en bio et en biodynamie.

La charte de l’association demande la certification bio et favorise les cépages autochtones. Elle privilégie les vendanges manuelles et prescrit les levures indigènes. Elle exclut la chaptalisation comme l’acidification. Elle plafonne aussi le soufre, à 70 mg/l pour les rouges et 90 mg/l pour les blancs et les rosés.

Levures indigènes et soufre au minimum

À la cave, le virage vient en 2013. Les rencontres avec d’autres vignerons de Terres de Gaillac l’ont mené vers les levures indigènes. Les collages disparaissent, les sulfites sont réduits ou supprimés. Les vendanges restent manuelles, souvent le matin pour garder la fraîcheur des raisins.

Plusieurs cuvées sont vinifiées sans sulfites ajoutés, comme Esperluette 2022 ou Passe Temps 2020. Le millésime 2024 d’Esperluette reçoit au plus 20 mg/l de SO2. La plupart des vins ne sont ni collés ni filtrés.

Huit cuvées autour du Loin de l’Œil, du Braucol et de la Syrah

Deux rouges, du vin de soif au demi-muid

Jour K est un rouge de Braucol en macération carbonique, grappes entières pendant 10 jours. Léger et gouleyant, c’est un vin de soif aux notes de fruits rouges et de poivron.

Passe Temps est une Syrah élevée en fût. En 2020, elle a passé 13 mois en demi-muid de chêne français de 600 litres. Ses tanins sont puissants et fondus, avec une fraîcheur florale de violette et des notes vanillées et poivrées.

Le Loin de l’Œil en fût, en macération ou en assemblage

Trois blancs reposent sur le Loin de l’Œil. Près du cœur, élevé en fûts anciens, donne des notes fumées, de noix de cajou et de sésame grillé. Fleur de peau est un blanc de macération : en 2021, elle a duré 40 jours, pour des notes de fruits secs, d’agrumes confits et d’épices.

Esperluette, blanc sec, assemble Loin de l’Œil et Sauvignon. Le Sauvignon est récolté en surmaturité, le Loin de l’Œil en sous-maturité pour garder une belle acidité. Le vin mêle fleurs blanches, gras en bouche et légère amertume en finale.

Des bulles en méthode ancestrale et un rosé

Deux pétillants naturels sont élaborés en méthode ancestrale, dite aussi gaillacoise. Elle repose sur une seule fermentation, qui reprend en bouteille et donne une mousse naturelle, sans liqueur de tirage.

Fun and bulles est un Pet’ Nat blanc de Loin de l’Œil, avec moins de 3 g de sucre résiduel. Paradoxe, rosé, marie vieilles vignes de Loin de l’Œil et jeunes vignes de Duras, et son millésime 2024 ne sort qu’en magnum. Enfin, Owl, le rosé tranquille, assemble Braucol et Duras. Le Duras y apporte un nez de fraise des bois, le Braucol la structure.

La chouette de Cahuzac et l’accueil au Pech del Cel

Un oiseau tiré des armoiries du village

La chouette est l’emblème du domaine. Elle renvoie au village de Cahuzac-sur-Vère, dont elle orne les armoiries : en patois, une chouette se dit un « cahu ».

Le domaine y voit aussi un oiseau discret et intuitif, doté d’un grand sens de l’observation. La chouette accompagne le vigneron pendant les longues soirées de vinification.

Dégustations, gîte et vendanges partagées

Grégory et Laure reçoivent au domaine sur rendez-vous, pour une visite et une dégustation. Des tables attendent les visiteurs sous les marronniers et les tilleuls, face au point de vue. L’accueil se fait en français, en anglais et en espagnol.

Sur place, un gîte peut loger jusqu’à 11 personnes, et le couple propose aussi des chambres d’hôtes. On les croise également sur les salons, à Montpellier, Montreuil ou Toulouse.

Les vendanges se font à plusieurs. Un récit publié par le domaine raconte une journée à plus de vingt, enfants compris, de la Syrah au Braucol. Elle se termine à l’apéritif, puis à table, avec la fameuse soupe du père de Grégory.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

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