Domaine Roger Pabiot - Le paysage de Loire depuis les coteaux de Tracy

Domaine Roger Pabiot

Région viticole

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Vallée de la Loire

Bio
Sommaire

Une famille de Boisgibault, de Gustave à Pauline

Des tonneaux pour repartir de zéro

Le Domaine Roger Pabiot produit des vins blancs secs en Pouilly-Fumé et en Pouilly-sur-Loire. Il se trouve à Boisgibault, un village de Tracy-sur-Loire situé en bordure de la réserve naturelle de la Loire. Son histoire commence au XIXe siècle avec Gustave Pabiot, puis avec son fils Roger. Ensemble, ils constituent le domaine petit à petit.

On se souvient encore des tonneaux que Roger a fabriqués à son retour de déportation, pour repartir de zéro. En 1978, ses fils Gérard et Bernard le rejoignent. Bernard s’est formé à Beaune, à Mâcon et à Bordeaux. Par leur obstination, les deux frères font passer le domaine de 9 à 22 hectares. Roger leur laisse ensuite la main en partant à la retraite.

Pauline Pabiot, cinquième génération

Pauline Pabiot reprend les rênes du domaine familial en 2017. Elle incarne la cinquième génération. Avant cela, elle a suivi des études de viticulture et d’œnologie en Bourgogne et en Suisse. La Suisse, patrie du chasselas, lui a servi de modèle.

C’est pourtant sur les terres de son grand-père et de son père qu’elle a choisi d’exercer. Gérante du domaine, elle l’a inscrit dans une nouvelle dynamique. Sa cuvée De la Terre aux Étoiles rend hommage à l’histoire familiale et à la transmission, d’un grand-père à sa petite-fille.

Domaine Roger Pabiot - Pauline Pabiot, cinquième génération
Pauline Pabiot est revenue au domaine en 2017.

24 hectares sur les coteaux de la Loire

Le domaine compte aujourd’hui 24 hectares, dont certaines parcelles sont centenaires. Les vignes occupent les coteaux qui dominent la Loire. Elles s’étendent sur trois terroirs emblématiques de l’appellation : les terrasses sableuses, les argiles à silex et les calcaires durs.

Le domaine cultive le sauvignon pour le Pouilly-Fumé et le chasselas, cépage historique du vignoble, pour le Pouilly-sur-Loire. La gamme compte six cuvées, toutes en blanc.

2021, l’année où le domaine a choisi le bio

Gel, grêle et un quart de récolte

Au printemps 2021, la vigne se réveille à peine quand un gel intense frappe le vignoble. Il détruit 50 % des bourgeons. Le soleil se fait attendre, remplacé par la pluie et la grisaille. Puis un orage de grêle traverse les parcelles.

Aux vendanges, la qualité est au rendez-vous. Mais seuls 25 % du millésime peuvent être récoltés. Au sortir de cette année d’épreuves, la famille prend sa décision : le domaine passera en viticulture biologique.

Le domaine présente ce choix comme une réponse aux problèmes climatiques et à ses exigences de qualité. La conversion commence la même année. Être vigneron, écrit-il, demande un grand sens de l’observation : le climat, le végétal, les sols.

Un sol travaillé, sans herbicide

Les herbicides ont été arrêtés. Le sol est travaillé mécaniquement pour gérer l’enherbement, par buttage, binage et passages d’intercep sous le rang. Le but affiché est de garder un sol vivant. Les traitements sont d’origine biologique.

La taille suit la méthode guyot Poussard, et les raisins sont récoltés à la machine. Curieux des avancées de la recherche sur la vigne et la vie des sols, le domaine mène aussi des essais : engrais verts, agroforesterie, éco-pâturage.

Tracy, à l’extrémité ouest de l’aire de Pouilly

Du domaine de Paulus aux appellations de 1937

La vigne de Pouilly remonte au Ve siècle, avec un domaine gallo-romain nommé Pauliacum, le domaine de Paulus. Les congrégations monastiques, en particulier les Bénédictins de La Charité-sur-Loire, assurent ensuite son essor.

Au début du XXe siècle, le sauvignon devient le principal cépage. On l’appelle ici « blanc fumé » : à maturité, ses grains se couvrent d’une pruine grise. Un jugement de 1923 réserve le nom de Pouilly-Fumé au sauvignon, et celui de Pouilly-sur-Loire au chasselas. Les deux appellations sont reconnues en 1937.

Leur aire s’étire sur une vingtaine de kilomètres, le long de la rive droite de la Loire. Elle regroupe sept communes autour de la butte de Saint-Andelain, dont Tracy-sur-Loire. En 2009, on y comptait environ 1 250 hectares de vignes, exploités surtout par des entreprises familiales.

Sables argileux, silex et calcaires

Le cahier des charges de l’appellation décrit des sols variés. Les marnes kimméridgiennes, ou « terres blanches », occupent le centre de l’aire. Les calcaires de l’Oxfordien donnent au nord-est les « caillottes », très pierreuses. À l’extrémité occidentale, sur Tracy-sur-Loire, dominent les sols siliceux, plus ou moins argileux.

Les parcelles du domaine suivent cette diversité. Le Coteau vient de sols argilo-calcaires, au hameau des Girarmes et aux lieux-dits « les Champs Gordé » et « les Champs de Cris ». Silex provient d’une seule parcelle, Beauregard, en argile à silex près de la Loire, exposée sud et sud-ouest.

Le fleuve joue un rôle de régulateur thermique, en drainant l’air froid des vallées perpendiculaires. Pendant la maturation, l’alternance de journées chaudes et de nuits fraîches préserve la fraîcheur des vins. Pour le domaine, ce microclimat fait la typicité de ses vins.

Une cave qui vinifie terroir par terroir

Inox, fûts de 500 litres et cuves ovoïdes

À la cave, chaque terroir est vinifié à part : silex, calcaire, sable argileux. Les assemblages n’interviennent qu’avant la mise en bouteille, pour trouver le meilleur équilibre. Une partie des vins fermente en levures indigènes.

Les contenants varient d’une cuvée à l’autre : cuves inox, fûts de bois de 500 litres et cuves ovoïdes. Le Coteau et Silex fermentent à basse température en cuve inox, puis restent sur lies jusqu’à la mise en bouteille. Le Coteau y passe 6 mois, Silex 7 mois.

De la Terre aux Étoiles, le choix d’un moût

Pour cette cuvée, la dégustation des moûts permet de retenir celui qui a le meilleur potentiel. Il vient de parcelles argilo-calcaires et sableuses de Tracy, soit 0,5 hectare de vignes d’environ 40 ans, plantées à 6 500 ceps par hectare.

Sur le millésime 2023, le moût a fermenté en levures indigènes, à basse température, dans des fûts de 500 litres. Le vin y est resté 12 mois sur lies. Les fûts ont ensuite été assemblés pour 6 mois d’élevage en cuve inox, jusqu’à la mise en bouteille.

Lâcher-Prise, une cuvée éphémère

Lâcher-Prise est une cuvée éphémère, sur le millésime 2022. Elle vient d’une parcelle argilo-calcaire aux vignes de 40 ans. Le moût a macéré à froid pendant 10 jours, avant de fermenter en levures indigènes. Pauline Pabiot y voit une façon d’écouter son instinct et de s’affranchir des codes.

Des blancs secs entre agrumes, fleurs et pierre à fusil

Trois visages du sauvignon

Le Coteau, cuvée historique du domaine, s’ouvre sur les agrumes, la fleur d’oranger et le chèvrefeuille. Des fruits blancs plus mûrs et juteux suivent. La bouche est vive, et une amertume salivante soutient sa longueur. Le domaine conseille de le boire dans les 4 ans.

Silex vient d’une vigne trentenaire. Le domaine le réserve aux meilleurs millésimes. Le nez mêle le fumé, les fleurs jaunes, la pierre à fusil et le citron confit. La bouche, fraîche et enrobée, finit sur l’amande grillée et la réglisse. Il peut vieillir jusqu’à 10 ans.

De la Terre aux Étoiles livre d’abord le cèdre, la fleur d’acacia, le citron et le pamplemousse, puis les agrumes confits. La bouche, fraîche et enrobante, passe par la rhubarbe. L’élevage se fait sentir en finale, légèrement amère. Sa garde va de 5 à 8 ans.

Le chasselas, 70 ares de vieilles vignes

Le Pouilly-sur-Loire est une petite appellation de 30 hectares, réservée au chasselas. Le domaine en exploite 70 ares, et certaines de ses parcelles ont plus de 100 ans. Pour la famille, ce cépage témoigne de l’évolution de l’appellation et de la culture de la vigne.

L’Ancestral est un blanc sec, léger et équilibré, issu de vignes d’un âge moyen de 60 ans. Il évoque le nougat et les pâtisseries aux amandes, puis l’abricot et la pêche. La Danse des Cerisiers vient d’une parcelle centenaire de 25 ares, plantée après le phylloxéra. Sur le millésime 2024, elle a fermenté en levures indigènes dans une cuve ovoïde.

Au Guide Hachette et à l’export

Le Coteau des Girarmes 2022 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2024 du Guide Hachette. Le guide y relevait des fruits exotiques, de la fleur d’oranger et du poivre, dans une bouche à la fois charnue et incisive.

L’édition 2025 a donné une étoile au Silex 2023, au Côteau 2023 et à l’Ancestral 2023. De la Terre aux Étoiles 2023 a reçu la même note dans l’édition 2026. Son millésime 2017 avait décroché une médaille d’or au Concours des Ligers 2020.

Les vins voyagent aussi. Le Coteau part au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède, en Norvège, en Suisse et au Japon.

Déguster au domaine, séjourner à la Rose des Vignes

Dégustation et visite de cave à Boisgibault

Le domaine accueille pour la dégustation, la vente et la visite de cave. Il reçoit aussi les groupes, et l’accueil peut se faire en anglais. C’est l’occasion de goûter la production et d’échanger sur la façon de travailler de la famille.

L’équipe passe beaucoup de temps dans les vignes ou auprès des cuves. Le domaine invite donc à le prévenir avant de venir.

Un gîte pour huit dans un hameau vigneron

Pour prendre le temps de découvrir le vignoble, la famille propose un gîte, La Rose des Vignes. Cette maison de 90 m² se trouve dans un hameau vigneron calme. Elle accueille jusqu’à 8 personnes, réparties dans trois chambres. La cuisine et la salle à manger, 30 m² à elles deux, ouvrent sur le jardin.

Les environs se prêtent aux balades dans les vignes. Le domaine suggère aussi les caves de Sancerre, de Menetou-Salon et des Coteaux du Giennois, la Loire à vélo, ou le chantier du château médiéval de Guédelon, à 40 km.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

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