Domaine Vincent Carême
De cinq hectares en 1999 au Clos de Vernou-sur-Brenne
Un domaine fondé de toutes pièces
Le Domaine Vincent Carême est né en 1999 à Vernou-sur-Brenne, dans l’appellation Vouvray, avec 5 hectares de vignes. Vincent Carême, enfant du pays, l’a fondé lui-même. Le vignoble couvre aujourd’hui près de 24 hectares de chenin, cultivés en agriculture biologique.
En vingt-cinq ans, le domaine a pris sa place dans l’appellation. En octobre 2025, Robert Parker Wine Advocate le range parmi les domaines de premier plan de Vouvray. Il y figure aux côtés de Huet, Foreau, Brunet et Pinon. Vincent Carême enseigne aussi au lycée agricole et viticole d’Amboise. Bien des jeunes vignerons de Vouvray, de Vernou, de Noizay ou de Chançay sont venus chercher ses conseils.
2004, une propriété et ses caves du XVIe siècle
En 2004, le domaine achète la propriété du Clos. Elle réunit des caves troglodytes du XVIe siècle et un clos de vigne ceint de murs. La famille y vit et le chai s’y trouve. Les vins sont vinifiés puis élevés dans ces galeries creusées dans le tuffeau, en fûts et en foudres.

À la même époque, Vincent Carême reprend une parcelle voisine, le Clos de la Roche Vouvray, qu’il replante en 2012.
Un détour par le Swartland
Depuis 2013, en association avec Tania, originaire d’Afrique du Sud, Vincent Carême vinifie aussi du chenin dans le Swartland, près du Cap. Là-bas, le cépage s’appelle steen et pousse sur des schistes et des granits. Ces vins sortent sous l’étiquette Terre Brûlée et forment un projet à part : tout ce qui suit concerne le vignoble de Vouvray.
Du chenin bio sur argile, silex et calcaire
Le bio dès 2003, la certification en 2007
Le vignoble suit les règles de l’agriculture biologique depuis 2003. Il est certifié par Ecocert, auprès duquel il s’est engagé en 2007. En 2026, une partie des vignes est encore en conversion, le reste étant certifié en agriculture biologique.
Trois sols et des vignes de dix à quatre-vingts ans
Les 24 hectares se partagent entre trois types de sols : l’argile, l’argile à silex et le calcaire. Les vignes ont de 10 à plus de 80 ans. Chaque cuvée tire parti de l’un de ces terroirs, ou en assemble plusieurs : le Sec mêle ainsi des parcelles d’argile à silex et de calcaire.

Le chenin est le seul cépage des vins blancs, tranquilles comme effervescents. C’est la variété emblématique de la vallée de la Loire. Le domaine la décline du plus sec au plus liquoreux, sans l’assembler à un autre cépage.
Vendanges à la main et levures du raisin
Toutes les vendanges se font à la main. Pour les vins doux, la main permet de choisir : la Première Trie ne retient que des grappes portant au moins 30 % de pourriture noble et de passerillage.

Au chai, les fermentations partent avec les levures indigènes, pour laisser parler chaque terroir. Les effervescents suivent la même logique : leur prise de mousse se fait avec les sucres naturels du raisin.
Le Clos, la Roche et le Peu Morier, trois parcelles et leur mémoire
Le Clos, 2,30 hectares entre des murs du XVIe siècle
Le Clos couvre 2,30 hectares, enfermés dans des murs bâtis au XVIe siècle, à côté d’un ancien château du même lieu-dit. La clôture servait à tenir voleurs et prédateurs à l’écart des raisins. Les vignes, âgées d’environ 60 ans, occupent les premières côtes exposées à l’ouest, vers la vallée de la Brenne.
Le sol argilo-calcaire, peu profond, donne au vin sa densité et sa structure. Le Clos fermente en fûts de chêne de 400 litres, dont 20 % de bois neuf. Il reste ensuite un an sur lies fines. Le domaine le donne pour un vin de garde de dix ans et plus.

Le Clos de la Roche Vouvray, replanté en 2012
Au XVIe siècle, cette parcelle s’appelait « la Closerie de la Follière » et dépendait de la cathédrale Saint-Gatien de Tours. Elle devient ensuite le « Clos de l’Étoile », en référence au château du même nom. Au XXe siècle, son sol chargé de roche calcaire lui vaut son nom actuel.
Ses 0,80 hectare sont en pente, exposés au sud-ouest, dans le prolongement du Clos. Le raisin y mûrit tôt. Arrachée après la Seconde Guerre mondiale, la vigne a été replantée en 2012 sur l’aubuis, ce terroir calcaire typique de Vouvray. Le vin fermente et s’élève neuf mois en fûts de 400 litres.
Le Peu Morier et le souvenir des vers à soie
Le nom du Peu Morier viendrait de « peu », le petit mont en vieux français. « Morier » serait le « mûrier » déformé par l’usage oral. Au XVe siècle, le mûrier servait à l’élevage du ver à soie. Il a fait de la Touraine le berceau de la sériciculture française.
La parcelle repose sur l’argile à silex et porte des vignes de 50 à 70 ans. Le vin passe de neuf à douze mois en fûts de 400 litres, sur lies fines, selon le millésime.
Du brut nature à la Première Trie, tout le registre du vouvray
Des bulles sans sucre ajouté
Le Brut Nature suit la méthode traditionnelle, surtout avec les sucres naturels du raisin. Le domaine arrête la première fermentation à 18 grammes de sucre résiduel. Il ajoute 10 à 15 % de vin de réserve avant le tirage. Le vin passe ensuite 12 à 24 mois sur lattes et n’est pas dosé.
Le Plaisir ancestral vient de vignes d’une cinquantaine d’années. Il est mis en bouteille avant la fin de sa fermentation. La mousse se forme avec ses propres sucres et ses levures indigènes, puis le vin s’élève 24 mois. Seul écart au chenin, le Fizzy Pink est un pétillant naturel rosé en Vin de France, assemblé de cabernet franc, malbec, gamay et grolleau.
Sec, tendre, moelleux : une échelle de sucres
En vin tranquille, la gamme monte marche par marche. Le Sec assemble plusieurs parcelles et joue une expression classique de Vouvray : un nez légèrement fumé, de la pêche de vigne, une bouche portée par les agrumes. Le Tendre, demi-sec de vieilles vignes sur argile à silex, garde 20 grammes de sucres résiduels.
Le Moelleux naît de raisins surmûris et en garde 54 grammes sur le millésime 2022, tenus par l’acidité naturelle du chenin. Au sommet, la Première Trie est un liquoreux de raisins passerillés et botrytisés, produit seulement les grandes années. Le millésime 2018 affiche 105 grammes de sucres résiduels et une garde de vingt à trente ans.
Fûts de 400 litres, foudres et jarres de grès
Le fût de chêne de 400 litres est l’outil de base du chai. Le Sec y passe neuf mois, en partie en foudre. Le Tendre s’élève pour un quart en jarre de grès, le reste en fût. Le Moelleux et la Première Trie fermentent eux aussi en fûts de 400 litres.
Dans les notes de dégustation du domaine, la mirabelle, le coing, la poire et les agrumes reviennent d’une cuvée à l’autre. Le domaine produit aussi un vermouth, La Classe naturelle, élaboré avec Jean-Michel Durivault. Il associe le chenin du domaine à des plantes cueillies dans les parcelles, comme la marjolaine ou la carotte sauvage. Une cuvée de négoce, Spring, provient quant à elle de raisins et de vins achetés.
Des étoiles au Guide Hachette et des notes chez Parker
Le Guide Hachette des vins a donné une étoile au Brut du domaine dans son édition 2018. Le Tendre 2018 en a reçu une dans l’édition 2022. L’édition 2025 en accorde une à un vouvray blanc 2022 élevé neuf mois en fût.
En octobre 2025, Yohan Castaing a noté douze vins du domaine pour Robert Parker Wine Advocate. La Première Trie 2018 y obtient 95 points, le Clos de la Roche 2022 94+, Le Clos 2022 94 et Le Peu Morier 2023 93. Le critique relève chez plusieurs d’entre eux une amertume fine et une finale saline.
Vernou-sur-Brenne, sur la rive droite de la Loire
Une appellation de coteaux à l’est de Tours
Le vignoble de Vouvray couvre les coteaux de la rive droite de la Loire et les vallées qui entaillent le plateau, à l’est de Tours. Il compte environ 2 200 hectares, répartis entre Vouvray, Vernou-sur-Brenne, Noizay, Chançay et d’autres communes.

Ici, le millésime décide beaucoup. Les années favorables, on vendange tard pour les demi-secs et les moelleux, tandis que les secs se récoltent plus tôt. Les effervescents, apparus à la fin du XIXe siècle, complètent la palette. Le domaine couvre tout cet éventail, des bulles non dosées au liquoreux.
Déguster dans les caves troglodytes
Le domaine reçoit toute l’année. La dégustation a lieu dans les caves troglodytes, là même où vieillissent les vins. Elle est offerte jusqu’à neuf personnes. Les groupes plus nombreux prennent contact avec le domaine avant de venir.

Les vins s’achètent aussi en ligne, sur la boutique du domaine. La visite, elle, se fait sous le tuffeau de Vernou-sur-Brenne, entre les fûts de 400 litres et les foudres.
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