Domaine Bio La Croix Gratiot

La Croix Gratiot

Région viticole

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Languedoc-Roussillon

BioDemeter
Sommaire

De la cave coopérative au chai de Sainte-Croix

Deux frères sur les terres familiales

Le domaine La Croix Gratiot se trouve à Montagnac, dans l’Hérault. Les frères Yves et Hugues Ricôme y ont d’abord cultivé les vignes sur les terres familiales. L’exploitation est alors surtout tournée vers la culture du melon.

Leurs raisins partent alors à la cave coopérative. La famille apporte sa vendange, d’autres la vinifient.

2004, le premier vin fait sur place

Le tournant date de 2004. La famille crée son propre chai de vinification, et Yves fonde la cave.

Un second chai, réservé à l’élevage, s’est construit pendant le confinement de 2020. Anaïs le voulait depuis longtemps. Il régule la température, l’hygrométrie et la qualité de l’air. Ses murs épais et le liège du plafond aident à tenir la bonne température, et les vieux millésimes y sont conservés.

Anaïs, retour de Nouvelle-Zélande

Anaïs Ricôme, la fille d’Yves, rejoint son père à la tête du domaine en 2009. Elle a un BTS viticulture-œnologie en poche. Avant de rentrer, elle a vinifié en Nouvelle-Zélande, où elle a fait ses classes.

Elle écourte ce voyage œnologique pour reprendre l’exploitation familiale. Elle crée une nouvelle gamme et développe les ventes. Aujourd’hui encore, le domaine se décrit comme un travail en famille, de père en fille.

Montagnac, entre le bassin de Thau et les collines de pins

Des collines argilo-calcaires sous les alizés

Le vignoble s’étend sur 35 hectares de collines argilo-calcaires, proches du bassin de Thau. Les alizés marins y arrivent chargés des senteurs de la garrigue. Depuis les coteaux, la vue porte sur la colline de Sète et sur l’étang.

À la question de ce que son terroir a d’irrésistible, Anaïs a un jour répondu en trois mots : « il est beau ! ».

Picpoul de Pinet, un seul cépage et six communes

Montagnac fait partie des six communes de l’AOC Picpoul de Pinet, avec Castelnau-de-Guers, Florensac, Mèze, Pinet et Pomérols. L’appellation ne produit que des vins blancs tranquilles, issus du seul Piquepoul blanc. Elle est devenue une AOC autonome par un décret de septembre 2013.

Le cépage a une longue histoire ici. Olivier de Serres le cite dès 1608 parmi les cépages nobles, sous le nom de « Pique-Poule blanc ». Les vins blancs du secteur ont été reconnus en appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure dès 1954.

La zone reçoit 600 millimètres de pluie par an, pratiquement le plus faible cumul de l’Hérault. La mer et l’étang de Thau atténuent les écarts de température, et les brises marines freinent la chaleur des après-midi d’été.

Languedoc, Pays d’Hérault et Vin de France pour le reste

Le domaine se situe sur deux appellations, Languedoc et Picpoul de Pinet. Le Chant des Dolia, blanc comme rouge, sort en AOP Languedoc. Roséphine, Rouge Cerise et les Zazous portent l’IGP Pays d’Hérault, et Zaï Zaï Zaï Zaï sort en Vin de France.

Anaïs a sa façon de trancher : « Mon cépage chouchou c’est le Piquepoul Blanc mais mon cépage préféré c’est la Roussanne. »

Interrogée sur ce que le Languedoc a de plus que les autres vignobles, Anaïs répond : « On a beaucoup de liberté ! Un large éventail de cépages et de terroirs qui stimule notre créativité ! »

Douze cépages conduits en biodynamie

Six blancs, six rouges et un Pinot noir inattendu

En blanc, le domaine cultive le Piquepoul blanc, la Roussanne, le Bourboulenc, le Viognier, le Sauvignon et le Muscat à petits grains. Côté rouge, on trouve la Syrah, le Grenache noir, le Mourvèdre, le Piquepoul noir, le Niellucio et le Pinot noir.

Ce dernier est une idée rapportée de Nouvelle-Zélande : après ses vinifications là-bas, Anaïs a voulu en planter. « Le Pinot Noir dans le Languedoc presque les pieds dans l’eau. Mais vous êtes fous ! », disaient certains. Elle se dit aujourd’hui très satisfaite de son expression.

Depuis plusieurs années, la famille surgreffe aussi certaines parcelles avec ses propres sélections de bois. Pour le Piquepoul, Anaïs a sillonné l’appellation à la recherche de vieilles souches. Elle s’est aussi rendue au conservatoire du cépage, que les producteurs de l’appellation ont créé pour préserver sa diversité.

De la certification Ecocert au label Demeter

Le domaine s’engage en agriculture biologique en 2018, sous le contrôle d’Ecocert. La biodynamie, elle, a commencé plus tôt et à petite échelle : un essai sur une seule parcelle en 2012.

Depuis, tout le vignoble est conduit en biodynamie. La famille se forme chaque année et emploie les préparations pour intensifier la vie du sol, de la plante et de leurs échanges. 2025 est sa première année de certification officielle Demeter.

Haies, aromatiques et chauves-souris

Pour la biodiversité, la famille plante des haies multi-essences en bordure de parcelles et sur les berges du ruisseau. Des nichoirs à chauves-souris favorisent les pipistrelles, qui chassent l’eudémis. Les chenilles de ce papillon font beaucoup de dégâts dans le vignoble, et la famille tente aussi de les limiter par la confusion sexuelle.

Dans une parcelle, un essai intercale une rangée de plantes aromatiques tous les 8 rangs de vigne. Après les vendanges, aux premières pluies, une partie du vignoble est enherbée pour maintenir l’activité du sol.

Dolia, demi-muids et béton : une cave qui fait des essais

Des vendanges surtout de nuit

La majorité des vendanges est mécanique et de nuit. Pour certaines cuvées, elles se font à la main. Le Picpoul de Pinet se récolte en deux temps : un premier passage pour la fraîcheur, un second pour les arômes.

Chaque millésime impose ses choix. Il faut observer, goûter et décider de la bonne date. À la cave, la famille dit ensuite « se faire discret » pour accompagner les fermentations et laisser parler le terroir.

Depuis 2012, des vins élevés en jarres

Depuis 2012, le domaine élève une partie de ses vins en dolia de terre cuite, de céramique et de grès. Le chai s’est aussi équipé de cuves béton et de demi-muids. L’élevage y est décrit comme « un sacré terrain de jeux ».

Chaque année, de nouveaux contenants arrivent au chai. Ils assurent la rotation du matériel, mais servent aussi à de nouvelles expérimentations. Le choix du contenant dépend du vin : grès et béton pour un Picpoul, demi-muid pour un autre, dolia pour le Mourvèdre.

Quatre Picpoul de Pinet et une Roussanne en jarre

Le Piquepoul sous plusieurs visages

Anaïs résume son objectif en une phrase : « amener le Piquepoul blanc là où il le mérite ». Elle veut montrer qu’il est capable de se garder dans le temps. Le Picpoul de Pinet compte déjà quatre cuvées au domaine.

Le Picpoul de Pinet classique joue les agrumes, citron vert et pamplemousse, avec une bouche tonique. Bréchallune vient d’une sélection parcellaire récoltée tardivement. Il passe 6 mois sur lies fines, en grès pour 30 % et en cuve béton.

Le dernier-né, Mais tu Badines !, provient d’une sélection massale sur une petite parcelle en échalas du Mas de l’Olivier. Les raisins passent 4 jours en chambre froide, puis un an en demi-muids. Son nom reprend une expression de la grand-mère d’Anaïs.

Roussanne, Pinot noir et vins de copains

De la Roussanne, son cépage préféré, Anaïs tire Le Chant des Dolia blanc, élevé un an en dolia de grès, en céramique et en cuve béton. Son pendant rouge assemble Mourvèdre, Syrah et Grenache. Il est né de l’arrivée en production du Mourvèdre et du Grenache au Mas de l’Olivier, avec le millésime 2017.

Les Zazous rouge, 100 % Pinot noir, est vinifié à la main et élevé un an en barrique. Zazous est aussi le surnom d’Anaïs. Rouge Cerise, 100 % Syrah, ne cuve que 6 jours pour garder le fruit. Rosé Roséphine salue la chanson d’Alain Bashung, l’un des auteurs préférés d’Yves.

D’autres cuvées sortent du cadre. Zaï Zaï Zaï Zaï, un Piquepoul légèrement perlant, est né de l’envie de retrouver le txakoli bu en terrasse au Pays basque. Le Doux des Zazous, un Viognier, vient de raisins congelés 3 jours avant pressurage.

Ce qu’en disent les guides

Le Guide Hachette suit régulièrement le domaine. Le Chant des Dolia blanc y a obtenu deux étoiles pour les millésimes 2019 et 2020, dans les éditions 2022 et 2023. Le 2022 a reçu une étoile dans l’édition 2025. Roséphine 2021 a reçu deux étoiles dans l’édition 2023.

Le guide vert 2024 de la Revue du vin de France évoque « des vins brillants, traçants et énergiques, d’une grande justesse ». Anaïs a aussi été présentée comme « l’iconoclaste de Picpoul de Pinet ». En janvier 2023, elle comptait parmi trois figures inspirantes du salon Millésime Bio.

Un caveau ouvert aux artistes et aux visiteurs

Étiquettes, expositions et graff

Le domaine se dit sensible à l’art et à la musique. Depuis toujours, les étiquettes sont créées par Didier Tallagrand, artiste contemporain et enseignant à l’École supérieure d’art d’Annecy. Celle de Mais tu Badines ! est même en bois de merisier.

Dans la cave trône un grand graff coloré. Anaïs raconte avoir laissé l’espace à l’artiste un vendredi soir, pour découvrir son œuvre le lundi matin. Le domaine organise aussi des événements festifs et des collaborations artistiques.

Dégustations au domaine

Le caveau reçoit les visiteurs pour des visites et dégustations gratuites, en français ou en anglais. Il est accessible aux personnes à mobilité réduite. Les groupes sont accueillis sur réservation.

Chaque année, le domaine invite aussi le public à sa journée portes ouvertes, le lundi de Pentecôte.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine de Clovallon

    Le Domaine de Clovallon cultive ses vignes en terrasses au pied de falaises dolomitiques, à Bédarieux, dans la haute vallée de l’Orb. Certifiée bio depuis 2006 et adhérente de Demeter, l’exploitation produit aussi des olives, des pommes, du thym et du romarin. Sa gamme de six vins, trois rouges dont un pinot noir et trois blancs, sort en IGP Pays d’Oc ou en Vin de France. Les Aurièges 1998 avait obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2001, et Alix Roque dirige aujourd’hui le domaine.

  • Le Soula

    Le Soula cultive 17 hectares de vignes entre 350 et 650 mètres d’altitude dans les Fenouillèdes, sur granite, schiste et gneiss. Fondé en 2001 par Gérard Gauby et deux importateurs anglais, le domaine vinifie depuis 2008 dans l’ancienne cave coopérative de Prugnanes. Bio dès l’origine, il est conduit en biodynamie depuis 2008 et certifié Demeter. Wendy Wilson y signe des IGP Côtes Catalanes blanc, rouge, rosé et orange, ainsi que le Trigone, assemblage de plusieurs millésimes.

  • Château Lancyre

    Au hameau de Lancyre, à Valflaunès, la famille Durand-Valentin cultive 80 hectares en Pic Saint-Loup, sur les premiers contreforts des Cévennes. Elle compte parmi la poignée de vignerons à l’origine de l’appellation, et ses premières bouteilles sont sorties en 1984. Engagé en bio en 2019, le domaine a vu ses rouges certifiés dès le millésime 2022, ses blancs et ses rosés en 2024. Ses vignes se partagent entre trois îlots, Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès, et plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle.

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

  • Mas Llossanes

    Créé en 2016 par Solenn et Dominique Génot, le Mas Llossanes cultive 11 hectares entre 600 et 700 mètres d’altitude, à Tarerach et Arboussols, face au Canigou. Ses vignes, plantées à partir des années 1940, poussent sur des arènes granitiques et des schistes. Conduit en agriculture biologique depuis 2016 et en biodynamie depuis 2020, le domaine est membre de Biodyvin. Il a déclassé ses vins en IGP Côtes Catalanes pour travailler librement deux cépages rares, le chasan et le chenanson.

  • Domaine du Traginer

    Fondé en 1975 à Banyuls-sur-Mer par Jean-François Deu, le Domaine du Traginer doit son nom au muletier catalan, en hommage à son oncle Anicet. Ses plus de 18 hectares de vignes, entre mer et montagne, sont encore en grande partie labourés au mulet. Engagé en bio en 1998 et certifié Demeter depuis 2013, le domaine est membre de la Renaissance des Appellations. Il élabore des Banyuls, dont un grand cru, des Collioure et un vin orange.

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