Château de La Dauphine
Un château de Fronsac qui porte le titre d’une princesse
Le Château de La Dauphine cultive 66 hectares de vignes à Fronsac, en Gironde, sur la rive droite de Bordeaux. Son grand vin est un fronsac de merlot et de cabernet franc. Le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis le millésime 2015, et l’équipe y applique des pratiques biodynamiques depuis 2017.
Le château lui-même date de 1750. Son histoire croise celle de Versailles, et le domaine en a fait son fil conducteur, des étiquettes à l’accueil des visiteurs.
Marie-Josèphe de Saxe, mère de trois rois
Le nom vient de Marie-Josèphe de Saxe, née à Dresde en 1731 et fille du roi de Pologne. En 1747, elle épouse Louis, le fils héritier de Louis XV, et devient dauphine de France. Selon le domaine, sa venue à Fronsac a donné son nom à la propriété.
Son époux meurt jeune de la tuberculose, et elle ne régnera jamais. Elle sera pourtant la mère des trois derniers rois de France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.
Richelieu, son petit-neveu et la table du roi
Le cardinal de Richelieu achète le duché de Fronsac en 1634. Au XVIIIe siècle, le titre passe à son petit-neveu, Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis. Courtisan assidu de Versailles, ce duc de Fronsac sert à la table du roi les vins de son duché, qui gagnent alors la faveur de la noblesse.
Le lien n’a pas cessé. Le 15 avril 2019, le château de Versailles a rouvert les appartements du Dauphin et de la Dauphine, et les vins de La Dauphine ont été mis à l’honneur lors d’autres événements, en 2023 puis en 2024.
Deux siècles de transmission de mère en fille
Au XVIIIe siècle, la propriété appartient à la famille de Brem. Elle s’y transmet de mère en fille pendant plus de 200 ans. Le domaine revendique aujourd’hui encore cette empreinte féminine.
Depuis 2015, le château appartient à la famille de Jean-Claude Labrune, fondateur de l’entreprise de technologies et de services Cegedim. Stéphanie Barousse, arrivée en 2005, le dirige. Elle a été nommée directrice générale en 2016, à 36 ans, et conduit une équipe de 20 personnes.

Un amphithéâtre de calcaire au-dessus de la Dordogne
Les vignes de La Dauphine s’étagent sur les coteaux de Fronsac, dans une boucle de la Dordogne. Elles dessinent un amphithéâtre que le domaine compare volontiers aux paysages de Toscane.
Quatre sols sur 60 mètres de dénivelé
Entre le haut et le bas du vignoble, le terrain descend de 60 mètres. Ce relief fait se succéder plusieurs sols :
- Des plateaux calcaires
- Du calcaire à astéries
- Des côtes argilo-calcaires sur une molasse du Fronsadais peu profonde
- Des pieds de côtes argilo-limoneux sableux sur un sous-sol argileux
L’encépagement compte 70 % de merlot et 30 % de cabernet franc. Le grand vin vient d’une sélection des parcelles des plateaux calcaires.

Haut Ballet en 2016, Vrai Canon Bouché en 2021
Depuis la reprise par la famille Labrune, le domaine a intégré les vignes de Haut Ballet en 2016, puis celles de Vrai Canon Bouché en 2021. Ces 13 hectares de Canon-Fronsac reposent sur des argiles de décarbonatation issues du calcaire à astéries.
Vrai Canon Bouché devait obtenir sa certification bio en 2022, puis rejoindre le grand vin du château. Le vignoble atteint ainsi ses 66 hectares actuels.
Fronsac, 800 hectares entre l’Isle et la Dordogne
L’appellation Fronsac réunit environ 800 hectares et une centaine de vignerons sur 7 communes : Fronsac, Saint-Aignan, La Rivière, Saint-Michel-de-Fronsac, Saint-Germain-la-Rivière, Saillans et Galgon. Elle s’étend aux portes de Libourne, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux.
Elle ne produit que des vins rouges, et le merlot y couvre 80 % des vignes. Son terroir associe un plateau de calcaire à astéries, des côtes argilo-calcaires et quelques poches argilo-siliceuses en pied de coteau. La confluence de l’Isle et de la Dordogne lui donne son microclimat.
Bio depuis 2015, et des brebis dans les rangs
Trois ans de conversion, puis la biodynamie
Le domaine s’engage en agriculture biologique en février 2012. Après trois ans de conversion, il obtient la certification AB pour son millésime 2015. Les produits chimiques de synthèse et les pesticides ont disparu du vignoble.
Le sol est travaillé en surface sous le rang, et l’herbe reste dans l’inter-rang. L’effeuillage se fait côté soleil levant. Les traitements reposent sur des produits à base de minéraux, de plantes, d’huiles essentielles et de fumier.
Depuis 2017, l’équipe suit aussi des pratiques biodynamiques, avec des préparations dynamisées appliquées selon le calendrier lunaire. Cette démarche biodynamique n’est pas certifiée. Il est en revanche certifié dans le Système de management environnemental des vins de Bordeaux depuis le 1er juillet 2018.
400 brebis venues des Pyrénées pour l’hiver
Chaque hiver, des brebis pâturent dans le vignoble. Elles tondent l’herbe et le tour des pieds de vigne, ce qui évite des passages de tracteur, et elles fument le sol. L’hiver 2022-2023, 400 brebis ont ainsi passé plus de cinq mois sur les coteaux de Fronsac.
Fin mars, le troupeau regagne l’estive en vallée d’Ossau, en Barétous et en vallée d’Aspe. Pour les éleveurs, ces jeunes brebis encore trop jeunes pour donner du lait trouvent là leur nourriture d’hiver. Le berger, lui, garde un emploi à l’année.

Un liquidambar de plus de 300 ans
Dans le parc se dresse un liquidambar oriental planté lors de la construction du château. Âgé de plus de 300 ans, il a reçu le label « Arbre remarquable de France » de l’association A.R.B.R.E.S., qui salue le soin apporté à sa sauvegarde.

Autour de lui vivent des ruches, dont le miel de mille fleurs est vendu à la boutique du château, un étang, des haies plantées pour les oiseaux et les insectes, et des chauves-souris. Deux moutons noirs d’Ouessant, baptisés Dauphine et Merlot, complètent la troupe.
Sous terre aussi, le domaine expérimente. En 2021, il a pulvérisé dans ses parcelles une préparation de polysaccharides, d’acides organiques et d’oligo-éléments. Le but : relancer les champignons qui fabriquent l’humus, que les pratiques passées avaient appauvris face aux bactéries.
Au chai, le bois, le béton et l’argile
Un cuvier circulaire qui travaille par gravité
À la vendange, le raisin passe par un double tri, mécanique puis manuel. Il rejoint ensuite un cuvier circulaire à gestion gravitaire, équipé de cuves en inox et en béton. Chaque parcelle s’y vinifie à part.
Le maître de chai, Julien Schaus, est œnologue diplômé de Bordeaux. Après un parcours à l’étranger, il rejoint La Dauphine en 2016, son premier millésime ici. Il suit la production de la date des vendanges jusqu’à la bouteille expédiée.
Un an d’élevage entre barriques, foudres et amphores
Le vin s’élève pendant un an en barriques de 225 litres, en foudres de 20 hectolitres et en amphores. Le chai, semi-enterré, est doublement isolé et thermorégulé.
L’équipe fait évoluer cet élevage par petites touches. Elle a introduit des amphores en argile et en grès, travaille avec un tonnelier qui suit lui-même la biodynamie, et a baissé la chauffe de ses barriques.


Un grand vin de Fronsac, un second rouge, un rosé et un blanc
Château de La Dauphine, le fronsac des plateaux calcaires
Le vin signature du domaine porte le nom du château. Il associe des arômes de fruits noirs et des notes épicées, avec de la fraîcheur et des tanins fondus. La bouche est ample, construite pour la garde.
Le Guide Hachette l’a retenu pour ses millésimes 2020 (édition 2024) et 2021 (édition 2025). Goûté en primeur, le 2025 a reçu 94/100 de Decanter et un coup de cœur de Bettane + Desseauve, selon le domaine. Son assemblage fait une plus large place au cabernet franc.
Delphis, le rosé et le blanc de La Dauphine
Delphis de La Dauphine est l’autre rouge de Fronsac du domaine. Le Guide Hachette 2026 a sélectionné son millésime 2022, un merlot qu’il décrit comme juteux et porté par des tanins fins.
Le Rosé de La Dauphine, en appellation Bordeaux rosé, se pense comme un rosé de gastronomie, sur les fruits rouges, les agrumes et les fleurs blanches. Le Guide Hachette 2024 a retenu son millésime 2022.
Le Blanc de La Dauphine est un bordeaux blanc. La charte environnementale du domaine annonce pour le blanc 80 % de sauvignon blanc et 20 % de sémillon. Il joue sur les agrumes, les fleurs blanches, la pêche et la noisette.
Visiter La Dauphine, du parc au cuvier
Des visites du parc, du château et des chais
Le château reçoit les visiteurs sur réservation. La visite classique parcourt le parc, le vignoble et les bâtiments techniques, avant une dégustation de deux ou trois vins. La visite « Privilège » ouvre en plus l’intérieur du château du XVIIIe siècle.
En octobre 2024, le domaine a reçu un prix des Best of Wine Tourism pour son accueil œnotouristique.
Assemblage, 2CV et visite pour les enfants
D’autres formules prolongent la découverte. Un atelier propose d’assembler soi-même merlot et cabernet franc, à la manière d’un maître de chai. Une balade en 2CV mène du vignoble au verger truffier, puis au patrimoine de l’appellation.
Les familles peuvent suivre « Le Petit Explorateur », une visite pensée pour les enfants jusqu’à 10 ans, autour de la biodiversité du parc et du lien avec Versailles. Les enfants y goûtent du jus de raisin et une gelée de merlot et de cabernet franc.
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