Château de la Viaudière
Une demeure du XVIe siècle au-dessus du Layon
Le Château de la Viaudière occupe le haut d’un coteau, à 80 mètres d’altitude, entre Champ-sur-Layon et Valanjou. Depuis le XVIe siècle, sa demeure domine les vignes des coteaux du Layon, dans l’Anjou. Le domaine produit des vins bio en appellations angevines : moelleux et liquoreux de Coteaux du Layon, anjou rouges, blancs et rosés, et crémants de Loire.
Une propriété restée dans la même famille
La maison est une propriété familiale depuis sa fondation. Son vignoble a pris de l’ampleur dans les années 1930, sous la conduite de la famille Gelineau, vignerons de père en fils, qui ont toujours vendu leurs vins de Loire à la propriété.

Sur le domaine se dresse aussi une maison de maître, bâtie par un arrière-grand-père, François, qui voulait y finir ses jours entouré de ses enfants. Restaurée, elle est devenue un gîte.
Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni aux commandes
En 2000, Pierre-Antoine Giovannoni prend la suite de son beau-père, Olivier Gelineau, après des études de viticulture et d’œnologie. Son épouse Agnès, fille d’Olivier et héritière du domaine, le rejoint en 2012. Ils mènent aujourd’hui le domaine avec leur gendre, Antoine.
Sur le site du domaine, chaque vin porte le conseil d’Agnès ou de Pierre-Antoine : un magret pour le Tuilé, des huîtres pour le chenin, une pavlova aux framboises pour le crémant rosé.
Les deux associés sont membres des Vignerons indépendants et présentent leurs vins sur les salons du réseau, de Paris à Strasbourg. Leurs vins voyagent aussi à l’export, notamment aux États-Unis, un marché essentiel pour le domaine. En 2019, ses exportations y avaient déjà chuté brutalement.
Le Layon noir, des schistes et des brumes d’automne
Le vignoble se trouve sur la rive gauche du Layon, petite rivière affluent de la Loire. Au XVIe siècle, on l’a canalisée pour faire descendre les barriques de vins doux jusqu’à la Hollande. Son couloir borde la commune de Champ-sur-Layon au nord.
Une faille entre deux bassins géologiques
Le Layon suit la césure entre le Massif armoricain, à l’ouest, et le Bassin parisien, à l’est. Cette faille dessine des coteaux parfois escarpés, tournés vers le sud, où la vigne se cultive en terrasses.
Les sols mêlent schiste, argile et silice. C’est l’Anjou noir, que l’on appelle ici aussi le Layon noir. La famille y rattache la finale tendue de ses vins, du Tuilé au crémant L’Âme.
Le climat océanique de l’Anjou fait le reste. Entre la faille, la Loire et les reliefs du nord des Mauges, le Layon jouit d’un microclimat : peu de pluie, et plus de soleil qu’ailleurs.
Des tris du 15 octobre au 12 novembre
En fin de saison, le soleil d’octobre et de novembre alterne avec les brumes du matin. Ce mélange favorise le botrytis cinerea, la pourriture noble, qui concentre le sucre dans les baies de chenin.

Pour le Coteaux du Layon de la gamme Jardin d’été, les vendangeurs trient en plusieurs passages successifs, du 15 octobre au 12 novembre. La cuvée vient des passages de début novembre, sur des raisins qui titraient 18 % vol. potentiels, avec un rendement de 35 hl/ha.
Les tout derniers tris de novembre 2018 ont donné une sélection de grains nobles à près de 23 degrés potentiels, récoltée à 25 hl/ha. Passerillage et botrytis s’y sont additionnés : c’est l’un des plus riches liquoreux jamais récoltés à la Viaudière.
Au centre de l’AOC Coteaux du Layon
Le domaine se trouve au centre de l’appellation Coteaux du Layon. Elle couvre environ 1 400 hectares sur 27 communes, au sud d’Angers et aux portes du Saumurois. Ses vins blancs moelleux et liquoreux, aux reflets dorés, s’élaborent à 100 % de chenin.
Le chenin, que l’on appelle aussi pineau de la Loire, est le cépage historique de ces coteaux. À la Viaudière, il donne aussi des blancs secs, un anjou blanc élevé en barriques et une partie des bulles.
33 hectares en bio et huit cépages
Le domaine cultive 33 hectares dans l’aire des Coteaux du Layon. Il s’est engagé en agriculture biologique en 2016, sous le contrôle de Certipaq Bio, pour ses vignes comme pour ses vinifications.
De la vigne bio à l’agroforesterie
Les vins comme les jus de raisin du domaine sont certifiés bio. La Viaudière est aussi entrée dans une démarche d’agroforesterie, qui associe des arbres à la vigne.
Sur la parcelle de chenin qui donne Pierre Blanche, le sol est travaillé et enherbé un rang sur deux. Les vignes y sont effeuillées et ébourgeonnées à la main, pour aérer la souche, limiter les maladies et concentrer les baies.
Le cabernet-sauvignon, un héritage de famille
Huit cépages se partagent le vignoble : chenin, chardonnay, sauvignon, grolleau gris, grolleau noir, gamay, cabernet franc et cabernet-sauvignon. La plupart des vins sont des monocépages.
Le cabernet-sauvignon tient une place à part. Les anciens l’ont planté au début du siècle dernier, un choix atypique en Loire. Il donne seul le Tuilé, l’anjou rouge que les clients du domaine appellent par ce surnom.
Le grolleau, vieux cépage angevin aux grappes coniques et aux grains bleutés, a longtemps été oublié. La Viaudière le vinifie en rouge, en rosé et en jus de raisin.
La taille, cep par cep, de novembre à mars
La taille commence quand les feuilles sont tombées, fin novembre, et dure jusqu’au débourrement, en mars. Elle se fait à la main. Mal conduite, elle ouvre la porte à l’esca, la maladie du bois qui fait mourir les ceps.

C’est aussi elle qui décide du rendement de l’année et de la concentration des jus. On choisit entre un guyot simple, un guyot double angevin, un gobelet ou un cordon de Royat.
Du moelleux aux bulles, les vins de la Viaudière
La production se range en quatre gammes. Prima Vera regroupe des vins frais et fruités en IGP Val de Loire. Jardin d’été réunit les classiques angevins, du chenin au Coteaux du Layon. Paradisio rassemble les têtes de cave, et la Méthode traditionnelle les crémants.
Des rouges nés sur les schistes
Les rouges comptent parmi les spécialités de la maison. Le Tuilé, en anjou rouge, offre des tanins souples et des notes de cassis, puis de poivre noir et de clou de girofle en finale.

Pierre Noire, en anjou-villages, est un pur cabernet franc vendangé à la main sur des vignes de plus de 20 ans. Élevé en barriques de chêne français, il livre un fruit de cerise burlat et de prune. Le Saint-Jean, un anjou gamay, est vinifié sans soufre et élevé en amphores en grès.
En 2025, le Tuilé et le Saint-Jean ont reçu une médaille d’or et une médaille d’argent au concours des Ligers, consacré aux vins de Loire.
Chenins secs, moelleux et liquoreux
Le chenin de la gamme Jardin d’été, récolté à la main en octobre, joue la fraîcheur citronnée, avec des notes de mandarine et de poire. Pierre Blanche, en anjou blanc, s’inspire d’un savennières. Il vient d’une parcelle de graves sur schiste argileux, vendangée à 40 hl/ha et élevée 11 mois sur lies fines en barriques.
Les Coteaux du Layon ferment la marche. Le Jardin d’été reste souple, sur le coing, l’ananas et le litchi, avec une pointe acidulée. La sélection de grains nobles de la gamme Paradisio va vers le miel et la vanille, sans perdre sa vivacité.
Des crémants de Loire depuis 1997
Le domaine élabore lui-même ses crémants de Loire. Les raisins sont vendangés à la main, en caissettes, et seules les pressées les plus délicates servent au vin de base. L’élevage sur lattes dure de 24 à 48 mois.

Depuis 1997, le crémant blanc brut assemble surtout du chardonnay et un peu de chenin, dans l’esprit d’un blanc de blancs. Le crémant rosé, à base de gamay et de cabernet, a reçu une médaille d’or au Concours général agricole 2025.
L’Âme du Crémant de Loire pousse plus loin. Vinifiée sans soufre et non dosée, elle assemble 60 % de chenin, 20 % de chardonnay et 20 % de grolleau gris, pour une bulle très fine sur les agrumes et la brioche.
Vendanger, tailler et dormir à la Viaudière
Le Château de la Viaudière reçoit les visiteurs au caveau pour des dégustations, des visites du vignoble et de la cave, et des balades dans les vignes.

Vigneron d’un an ou vendangeur d’un jour
La formule Vigneron d’un an confie à chacun son propre pied de chenin. L’hiver, les participants viennent apprendre la taille sur leur cep. Au printemps puis à la récolte, ils découvrent ce qu’a donné leur travail.
Pendant les vendanges, le Vendangeur d’un jour cueille du chenin ou du cabernet, partage un buffet de tartines et de vins, puis suit le raisin jusqu’au pressoir. Au printemps, un pique-nique au domaine se prolonge par une visite consacrée à l’agroforesterie et au cycle de la vigne.
Un gîte dans la maison de maître
La Grande Maison, la maison de maître de la famille, s’ouvre sur un jardin clos planté d’un épicéa centenaire. Depuis les chambres de l’étage, la vue porte sur les coteaux.
Dans les coteaux du Layon, une vingtaine de petites randonnées balisées, de 3 à 16 km, parcourent les coteaux du Layon. Elles passent par les loges de vigne, les moulins et les fours à chaux de la vallée.
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