Cep de vigne du Château de l'Olivète

Château de L’Olivète

Région viticole

Région viticole

Vallée du Rhône

Bio
Sommaire

Une bastide de 1819 rendue à la vigne

2022, un groupe d’associés reprend l’Olivète

Le Château de L’Olivète est une grande bastide viticole de type provençal, bâtie en 1819 à Cornillon, dans le Gard rhodanien. Elle se tient en contrebas du village, aux portes de la vallée de la Cèze. Son vignoble, conduit en agriculture biologique, donne des vins d’appellation Côtes du Rhône.

En 2022, un groupe d’associés tombe sous le charme de la propriété. Ils aiment le patrimoine et le monde du vin, et veulent faire revivre la grande bastide. Le projet d’un lieu de réception naît là. Avec la maison, ils reprennent aussi le vignoble, et découvrent un métier.

« Nous apprenons chaque jour avec humilité et persévérance le métier de vigneron », confie Étienne, l’un des associés. Deux sociétés se partagent aujourd’hui le domaine : la SCI Château de l’Olivète pour la bâtisse, la SCEA Les Vins de l’Olivète pour la vigne. Laurent Geray en assure la gérance.

Des cuves devenues salle de réception

Les nouveaux propriétaires engagent des travaux en 2023 et 2024. Les installations de la bastide étaient anciennes, et il fallait pouvoir y accueillir du public. La grande salle de réception, d’environ 100 m², a été créée à l’emplacement des anciennes cuves viticoles. Sous sa verrière et ses grands lustres, elle donne sur le vignoble et la vallée.

La bastide multiplie les clins d’œil à la mémoire du domaine. Les chambres portent le nom des arbres de la propriété. Aux murs, des peintures des années 1920 et 1930 rappellent une artiste de l’ancienne famille propriétaire. La décoratrice a revisité des objets trouvés dans la maison, pour retrouver l’atmosphère initiale de la bâtisse.

Le pigeonnier, les platanes et l’allée de cyprès

On arrive par une grande allée de cyprès. Devant la demeure, une esplanade s’étend à l’ombre de platanes bicentenaires. Le jardin longe la falaise et la forêt, sur une restanque. Une petite partie rocheuse y ressemble même à un début de grotte.

Le lieu emblématique du domaine reste la terrasse de l’ancien pigeonnier. Entourée des roches de la forêt, elle s’organise autour d’un olivier central et d’un abri voûté. Le pigeonnier y montre ses tuiles vernissées, et la vue porte sur le vignoble du domaine.

Terrasse du Château de l'Olivète

Un vignoble à l’abri du vent, en contrebas de Cornillon

Une dizaine d’hectares, et huit en fermage

Le château détient une dizaine d’hectares de vignes, et en exploite 8 autres en fermage. Une partie du vignoble est classée en AOC Côtes du Rhône. Plusieurs cépages le composent. En rouge, on trouve la syrah, le grenache et le cinsault. En blanc, le viognier, le chardonnay et la roussanne.

En reprenant le domaine, les associés se sont donné quelques convictions fortes. D’abord, valoriser un terroir situé à l’abri du vent. Ensuite, rester en accord avec la vallée de la Cèze. Enfin, permettre au vignoble d’affronter le changement climatique, déjà perceptible dans le Rhône.

Talus arborés, grand bois et herbe entre les rangs

L’équipe travaille à valoriser l’agroforesterie. Le domaine dispose pour cela de talus arborés et d’un grand bois. Ces espaces servent de refuges aux oiseaux, au milieu des parcelles.

Dans les vignes, un enherbement a démarré entre les rangs. Il doit apporter à la terre de l’azote et des minéraux, et la décompacter.

Le bio, un choix cornélien face au mildiou

Les parcelles sont entrées en conversion vers l’agriculture biologique dès la reprise. L’engagement date du 2 septembre 2022, sous le contrôle d’Ecocert France. Pour la campagne 2026, l’Agence Bio classe le raisin de cuve du domaine en AB, et non plus en conversion.

Les associés ne cachent pas la difficulté. Ils parlent du passage en bio comme d’un « choix cornélien », à cause des attaques de mildiou qui touchent la production. Ils l’espèrent pourtant gagnant sur le temps long.

Les Côtes du Rhône, côté Gard

Cornillon dans l’aire de l’appellation

L’AOC Côtes du Rhône a été reconnue par un décret du 19 novembre 1937. Elle est réservée aux vins tranquilles, blancs, rouges ou rosés. Cornillon figure dans la liste des communes du Gard où l’on peut récolter, vinifier et élaborer ces vins.

Le rouge domine largement l’appellation. Selon son cahier des charges, il représente 93 % de la production, contre 4 % pour le rosé et 3 % pour le blanc.

Un nom né sur l’ancien diocèse d’Uzès

Le nom de l’appellation remonte au XVe siècle. Une région établie sur les limites de l’ancien diocèse civil d’Uzès est alors baptisée « la Côte du Rhône », en raison de la proximité du fleuve.

En 1737, un arrêt du Conseil d’État impose de marquer les lettres « CDR » sur le fond des tonneaux. Cette règle vise une dizaine de communes, dont Roquemaure, Tavel, Lirac, Orsan et Chusclan. Elle entend empêcher que des vins de moindre cru passent pour ceux de Roquemaure.

Le grenache en tête des rouges

Dans la moitié sud de l’appellation, le grenache domine historiquement. Il doit couvrir au moins 30 % de l’encépagement des rouges et rosés d’une exploitation. Syrah et mourvèdre doivent en couvrir au moins 20 % ensemble. Pour les blancs, les cépages principaux sont le bourboulenc, la clairette, le grenache blanc, la marsanne, la roussanne et le viognier.

Le texte de l’appellation insiste sur le mistral, violent, froid et sec, qui protège les vignes des attaques cryptogamiques. Il relie aussi le style des rouges au sol. Ils sont plus légers sur les sols sableux, plus tanniques sur les sols caillouteux ou argileux.

Trois cuvées, un rouge et deux blancs

1819, le rouge des deux cents ans

En 2022, le château élabore une cuvée rouge en AOC Côtes du Rhône : 1819. Son nom fait référence aux deux cents ans de la propriété. Elle provient des plus belles vignes du domaine, plantées sur des coteaux calcaires et sablonneux.

La page du vignoble la dit issue de grenache, de syrah et de carignan. Pour le millésime 2024, son étiquette en ligne annonce grenache, syrah et mourvèdre, à 14,5 % d’alcool. L’équipe le décrit comme un vin rond, chaleureux et élégant.

Sources, un viognier entre deux sources

Un blanc suit en 2023 : la cuvée Sources, elle aussi en AOC Côtes du Rhône. Elle met en valeur le viognier d’une parcelle vendangée à la main. Cette vigne occupe un coteau encadré par deux sources et par la forêt de la propriété.

Sous les platanes, le blanc des apéritifs

Sous les platanes joue la fraîcheur. Le domaine le décrit frais, léger et tendu, sur des notes de fruits à chair blanche et d’agrumes. Il se sert bien frais, entre 8 et 10 °C. On le verse à l’apéritif, sur des fruits de mer ou des fromages frais.

Ce blanc vient de parcelles situées face au château, sur un sol argilo-limoneux. La page du vignoble cite roussanne, marsanne et viognier. Son étiquette en ligne détaille un assemblage de 57 % de roussanne, 27 % de clairette et 16 % de viognier. Une quatrième cuvée, Les Cyprès, s’annonce avec le millésime 2025.

Séjourner à l’Olivète, entre Cévennes et Provence

Treize chambres pour quarante couchages

Le château se privatise pour un mariage, un séminaire ou un séjour en famille. Il compte 13 chambres, dont 2 dortoirs, pour 40 couchages au total. Hors fêtes, il se loue aussi en chambres d’hôtes ou en gîte. Au bout du jardin, entre la forêt et les vignes, une piscine de 15 mètres sur 4 attend les hôtes.

Dégustations et cours de viticulture

Les hôtes peuvent déguster les vins du domaine pendant leur séjour. Le château organise aussi des présentations du vignoble, avec dégustation, et des cours de viticulture ou d’œnologie. Des professeurs de l’université du vin de Suze-la-Rousse les animent.

Au programme de ces cours : nutrition des plantes, gestion du sol, cycle de la vigne, adaptation au changement climatique. Le format et la durée s’adaptent à chaque groupe. Pour une simple visite du domaine, il faut prendre rendez-vous.

Villages perchés et rivière Cèze

Le Gard rhodanien s’étend entre les Cévennes et la Provence. Autour du domaine, plusieurs villages portent le label Plus beaux villages de France : La Roque-sur-Cèze, Lussan, Montclus et Aiguèze. Le marché de Goudargues se tient le mercredi matin, à trois minutes en voiture.

Cornillon mérite aussi le détour. Le village se perche sur un piton rocheux, autour des vestiges de son château féodal, dont les origines remontent au XIIIe siècle. Il est entouré par la forêt de Valbonne, la Cèze et ses gorges, et les garrigues de Lussan.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

  • Domaine de l’Amandier

    Le Domaine de l’Amandier cultive 18 hectares au nord du Gard, sur Saint-Christol-de-Rodières, Aiguèze et Saint-Julien-de-Peyrolas, à la limite des gorges de l’Ardèche. La quatrième génération y travaille en agriculture biologique depuis 1999, et met son vin en bouteille depuis 2004. La gamme va du Côtes du Rhône L’Incompris(e) aux vins de cépage en IGP Pays d’Oc, plus des bag-in-box et un jus de raisin. Tous se dégustent gratuitement dans un moulin à huile du XVIe siècle à Aiguèze, rouvert en caveau en 2021.

  • Domaine de MasLauris

    À Lauris, entre Luberon et Durance, le Domaine de MasLauris est né en 2011 autour d’un ancien corps de ferme de l’époque vaudoise. Après l’arrachage des vieilles vignes, le vignoble a été replanté en sélection massale à partir de 2014 et compte 12 hectares bio à 300 mètres d’altitude. Vendangées à la main dès 4 heures du matin, à la lampe frontale, ses vignes donnent dix cuvées en AOP Luberon. Margeaux et Chiara Théophile poursuivent aujourd’hui l’aventure avec le vigneron Aurélien Le Tellier.

  • Domaine du Pourra

    Racheté en 1998 par Jean-Christian Mayordome, médecin franco-gabonais, le Domaine du Pourra cultive trois lieux-dits en altitude à Séguret et à Gigondas, jusqu’à 450 mètres. La vigne y est conduite sans intrant chimique depuis 1999, certifiée en agriculture biologique depuis 2012 et travaillée en biodynamie. Au Pourra, le rendement moyen se limite à 9 à 12 hl/ha, et les vins fermentent en cuve béton sans levures ajoutées. Leurs élevages sur lies fines durent souvent de 30 mois à cinq ans, et la boutique propose encore des millésimes de plus de vingt ans.

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