Château de Quinçay
À Meusnes, un château devenu vignoble en 1860
Le Château de Quinçay est un domaine viticole familial de 30 hectares à Meusnes, dans le sud du Loir-et-Cher. Ses vignes occupent les coteaux sud du Cher, en Vallée de la Loire. La famille Cadart y produit des vins bio en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay.

Un général de brigade passé à la vigne
Tout commence, raconte la famille, par la décision d’un général de brigade de devenir vigneron. Le domaine date ce départ de 1860. Depuis, la propriété se transmet chez les Cadart, qui en ont fait à la fois leur entreprise et leur maison.
Le château lui-même apparaît sur plusieurs cartes postales anciennes de Meusnes. Le domaine en a réuni une série sur son site. On y voit la demeure telle que l’ont connue ses ancêtres, avec son parc et son étang.

Six générations de Cadart à Quinçay
Le domaine compte six générations de vignerons Cadart. En 1961, Henry Cadart plante des sauvignons qui restent aujourd’hui les plus vieilles vignes de ce cépage sur la propriété. Leur raisin donne toujours une cuvée à part, Ante Vinum.
L’exploitation est aujourd’hui un GAEC familial. Benoit Cadart, l’un de ses gérants, a décidé d’équiper le domaine d’un robot au moment de la conversion. Il résume la ligne de la maison en une phrase : « Évoluons pour notre public, évoluons pour notre vignoble, évoluons pour notre planète. »

Meusnes, le pays de la pierre à fusil
Les terres du domaine sont chargées de silex. Ce même silex a fait la renommée de Meusnes : on l’y taillait en pierres à fusil, notamment sous l’Empire napoléonien. La commune se présente encore comme la capitale de la pierre à fusil, et un musée lui est consacré dans le bourg.
Les gisements de la région ont nourri cette industrie pendant trois siècles, jusqu’à la fin du XIXe siècle. Dans les vignes, le silex revient sur presque toutes les fiches techniques du domaine : argile à silex pour le Touraine Chenonceaux, sable sur argile à silex pour les bulles.
Trente hectares en bio, et un robot dans les rangs
À Quinçay, la conversion bio s’est jouée en grande partie sur le travail du sol. Pour se passer des désherbants, il fallait passer partout sous le rang. Le domaine a confié une grande part de ce travail à une machine autonome.
Un engagement bio pris en 2021
Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 5 août 2021, sous le contrôle d’Ecocert. Ses vins sont aujourd’hui certifiés bio. Pour le raisin, l’Agence Bio recense à la fois des surfaces certifiées et des surfaces encore en conversion.
La famille explique ce choix par la volonté de préserver son environnement et de garantir la qualité de ses raisins. Pour Benoit Cadart, la conversion posait aussi une question très concrète : avec l’arrêt du désherbage chimique, tout le travail du sol demandait un enjambeur de plus.
Bakus, l’enjambeur électrique qui roule seul
Entre un enjambeur thermique neuf et un robot, le domaine a pris le robot. Benoit Cadart avance trois raisons : un prix d’achat plus bas, un délai de livraison plus court, et une autonomie qui compensait en partie le départ en retraite de ses parents.
Le Bakus de Vitibot tourne depuis juillet 2022 sur 25 hectares. Le parcellaire est groupé, découpé en îlots de 2 hectares, avec des rangs écartés de 1,55 mètre. Les sols y vont du sable à l’argile à silex, à plat comme en pente.
Selon la météo et la pression de l’herbe, le robot couvre deux à trois hectares par jour en début de saison. Il monte ensuite jusqu’à cinq hectares par jour.
Lames, disques et décavaillonneuse
En saison, le Bakus porte des lames plates électriques qui travaillent sous le rang. Un enjambeur thermique repasse avec des disques émotteurs pour tenir l’herbe. Le robot n’ouvre pas plus de créneaux qu’un enjambeur, mais quand le terrain s’y prête, deux passages se font en même temps.
Le domaine possède aussi une décavaillonneuse mécanique compatible avec le robot. En 2024, Benoit Cadart envisageait de l’utiliser sur 10 à 15 % des surfaces chaque année. Pendant que la machine roule, il lui arrive d’installer son bureau dans les vignes. L’ordinateur portable tourne alors sur la connexion de son téléphone.
Il ne cache pas les limites : des interceps qui ont surchauffé, dont un déjà remplacé, et des fusibles à changer. Son bilan reste net : « Le désherbage est bien fait et l’intercep est très respectueux des pieds de vigne. »

Touraine, Chenonceaux et Valençay : deux règlements pour un même chai
Meusnes se trouve à quelques minutes du château de Valençay, sur les coteaux du sud du Cher. Le domaine travaille ainsi avec deux appellations d’origine contrôlée voisines, la Touraine et le Valençay, qui n’obéissent pas aux mêmes règles.
Touraine Chenonceaux, les premières côtes du Cher
Meusnes fait partie des communes de la dénomination Touraine Chenonceaux, réservée aux blancs et aux rouges des coteaux du Cher. Son cahier des charges confie le blanc au seul sauvignon et bâtit le rouge sur le côt, complété par le cabernet franc.
Le domaine y consacre une sélection de ses meilleurs terroirs, sur les premières côtes de la vallée du Cher. Les vignes ont 55 ans et poussent sur argile à silex. Le blanc passe six à huit mois sur lies fines, avec un bâtonnage chaque semaine. Le rouge marie côt et cabernet franc, élevé en cuve inox.
Valençay, une appellation vinifiée à Meusnes
Le Valençay est une appellation contrôlée depuis 2004. Son aire géographique couvre treize communes du nord de l’Indre et Selles-sur-Cher. Meusnes n’en fait pas partie, mais figure dans son aire de proximité immédiate, où le cahier des charges autorise la vinification.
Les assemblages changent aussi. En blanc, le sauvignon doit représenter au moins 70 % de l’encépagement, et le domaine l’associe au chardonnay dans Le Chêne Rond. En rouge, Les Avrays réunit gamay, pinot noir et côt : les deux premiers sont assemblés à la cuvaison, le côt après fermentation.
La Touraine, l’appellation de toute une gamme
La plupart des cuvées sortent en AOC Touraine : huit sur les quatorze que présente le domaine. On y trouve deux sauvignons, un côt seul, un assemblage de côt et de cabernet franc, un gamay, un rosé et deux méthodes traditionnelles.
Les sols changent d’une cuvée à l’autre. Les graves portent les plus vieilles vignes, l’argilo-calcaire le sauvignon et le rosé. Sur la pente des Bloctières, le gamay pousse sur des affleurements de tuffeau.
Dans le verre : silex, graves et fûts de 400 litres
Des sauvignons d’agrumes
Pour le domaine, le sauvignon est le cépage blanc emblématique de son appellation. La cuvée Sauvignon joue les agrumes, la fraîcheur et la vivacité. Ante Vinum, issu des vignes plantées en 1961, ajoute l’abricot et une longue persistance en bouche.
Le Guide Hachette des vins sélectionne régulièrement le domaine. Il a relevé le melon et le sureau dans le Sauvignon Sélection Tradition 2020, et des notes anisées sur le Touraine Chenonceaux 2018.
Côt, cabernet franc et gamay, trois façons de faire du rouge
Côté rouge, le côt tient le premier rôle. Launay, en côt seul, offre la mûre, la cerise et des tanins souples. Trio Vinum l’assemble au cabernet franc sur des vignes de 50 ans, avec des arômes de griotte et douze à quinze mois de cuve.
Les Bloctières prend une autre voie. Ce gamay de vieilles vignes est vendangé à la main, vinifié en macération carbonique grappe entière et mis en bouteille sans filtration. Il donne la fraise des bois et la groseille. En Valençay, Les Avrays figure dans les éditions 2023, 2025 et 2026 du Guide Hachette.
La gamme Q, élevée en fûts
Rangées à part sur le site, deux cuvées signées d’un simple Q passent par le bois. Le Q Blanc est un chenin vendangé à la main, fermenté plusieurs mois en fûts de 400 litres, puis élevé douze mois en fût.
Le Q Rouge est un pinot noir conduit, dit le domaine, selon la méthode bourguignonne. Après huit jours de macération en cuve, il achève ses fermentations en fût et y reste douze mois. Le bois vient de forêts françaises. Les deux cuvées viennent de sols argilo-calcaires de type aubuis.

Un rosé poivré et deux méthodes traditionnelles
Le rosé Sous les platanes vient d’un cépage rouge à pulpe blanche, que le domaine vinifie uniquement en rosé. Il se distingue par des notes poivrées.
Deux mousseux complètent la gamme en AOC Touraine. Le blanc assemble chardonnay et chenin, le rosé gamay, pinot noir et côt. La prise de mousse est confiée aux établissements Berger, et les bouteilles restent dix à quinze mois sur lattes.
Passer à Quinçay, entre Cher et châteaux de la Loire
Le caveau, le parc et les vignes sur rendez-vous
Le domaine reçoit au caveau pour la dégustation et propose des dégustations privées programmées à l’avance. Les visites du vignoble se font uniquement sur rendez-vous. Les vins s’achètent sur place ou se commandent à distance.
Le Guide Hachette des vins remarque le grand parc arboré qui entoure le château. On y trouve une rivière, un étang et des chemins de promenade.

Un gîte à un quart d’heure de Beauval
Un gîte de deux chambres accueille les visiteurs au domaine, avec jardin, barbecue et jeux pour les enfants. Il se réserve auprès de Gîtes de France, de Val de Loire Tourisme ou de Gites.fr.
Le ZooParc de Beauval, à Saint-Aignan, est à quinze minutes en voiture. Le gîte se trouve aussi à proximité des châteaux de Valençay, Cheverny, Chambord, Blois et Amboise.
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