Château des Bachelards - Vue aérienne du château et de ses vignes en automne

Château des Bachelards

Région viticole

Région viticole

Beaujolais

BioBiodyvinDemeter

Un clos de moines bénédictins devenu monopole

De l’abbaye de Cluny à la famille Platet

Le Château des Bachelards se trouve à Fleurie, au nord du Beaujolais, à moins d’une heure de Lyon. Les moines bénédictins de Cluny fondent le vignoble vers l’an 1100. Ils plantent les premières vignes et dessinent le clos qui entoure encore le château. L’abbaye disparaît à la Révolution, le mur reste.

En 1793, la famille Platet, des notables de la région, achète le domaine. Il reste dans la même lignée, devenue Lombard-Platet, jusqu’en 2007. Plus de deux siècles sans vente, ce qui est rare dans un vignoble où les terres ont souvent changé de mains.

Dès le XIXe siècle, les vins des Bachelards remportent des médailles d’argent aux expositions universelles de Londres et de Paris. Le classement des terroirs établi à la même époque par Antoine Budker cite déjà le climat des Bachelards parmi les terroirs de qualité de Fleurie.

Trois propriétaires depuis 2007, une même ligne sans chimie

En 2007, un nouveau propriétaire arrête la chimie de synthèse et lance la conversion à l’agriculture biologique. Le premier engagement en bio date de 2009. Le château compte ainsi parmi les premiers domaines de Fleurie à avoir fait ce choix.

Alexandra de Vazeilles rachète le château en 2014 et passe tout le vignoble en biodynamie. Elle rompt aussi avec les vinifications beaujolaises courantes, sur les conseils de l’œnologue Stéphane Derenoncourt : cuvaisons longues, élevage en foudres de chêne, vins pensés pour la garde.

En 2022, Matthieu Gufflet reprend les rênes. Il dirige Terres de Natures, un ensemble d’hôtels, de restaurants, de domaines viticoles et de fermes tournés vers une agriculture naturelle et durable. Le château se prépare depuis à devenir un lieu de réception, et ses certifications en biodynamie sont restées en place.

1,80 hectare ceint de murs, sur des argiles bleues

Le Clos des Bachelards est un monopole : le château en est le seul exploitant. Il couvre 1,80 hectare, entouré de murs depuis près de mille ans. Le sol mêle granite rose, feldspaths décomposés, marnes et argiles bleues. Le domaine dit ces argiles sans équivalent ailleurs dans le Beaujolais.

Les vignes du clos ont de 70 à 100 ans. Elles viennent de sélection massale, greffées sur Riparia Gloire et Viala. Le château se tient au pied d’un coteau doucement incliné : c’est la situation qu’un moine cistercien du XVIIIe siècle, Dom Denise, jugeait la plus favorable aux meilleurs vins de Bourgogne.

L’ingénieur agronome Claude Bourguignon, spécialiste de la vie des sols et fondateur du laboratoire LAMS, est venu travailler dans le clos. Les parcelles voisines, pourtant contiguës, ne donnent pas les mêmes raisins. Le clos fait donc l’objet d’une cuvée à part, le Clos des Bachelards.

Château des Bachelards - Grappes de gamay contre le mur de pierre du clos
Grappes de gamay contre le mur millénaire du clos.

Une biodynamie certifiée, des sols aux haies

Demeter depuis 2015, Biodyvin depuis 2020

Le domaine est certifié en agriculture biologique. Pour la biodynamie, il porte deux labels : Demeter depuis 2015 et Biodyvin depuis 2020. Ses Fleurie et son Moulin-à-Vent sont labellisés Demeter depuis le millésime 2015, son Saint-Amour depuis 2016.

Le calendrier biodynamique fixe les dates des travaux : taille, travail du sol, ébourgeonnage, récolte. Les vignes reçoivent les préparations à base de bouse de vache et de silice, et des tisanes de prêle, de camomille, d’ortie et d’achillée. Elles aident la plante face au gel, à la grêle, à la sécheresse et aux maladies.

Château des Bachelards - Couverts fleuris entre les ceps au printemps, le château au fond
Couverts fleuris au printemps entre les ceps, le château au fond.

Le château a monté sa propre herboristerie pour préparer ces tisanes. Il se passe d’engrais chimique comme d’engrais minéral, et travaille le sol avec mesure, pour pousser les racines à descendre chercher l’eau au contact du granite.

Moutons, abeilles et arbres dans les rangs

Le vignoble pratique l’agroforesterie : arbres et haies poussent au milieu des parcelles, avec des couverts végétaux entre les rangs. Des moutons y pâturent, des abeilles sont arrivées d’elles-mêmes, et un potager en permaculture complète l’ensemble. Ce travail a fait du château l’un des lauréats du concours Fermes d’Avenir en 2018.

Château des Bachelards - Bélier noir au pâturage dans les vignes
Les moutons pâturent dans les vignes du domaine.

Dix mille pieds à l’hectare, trente hectolitres

Les vignes sont plantées à haute densité, 10 000 pieds par hectare, et palissées haut sur des piquets d’acacia. Les rendements tournent autour de 30 hectolitres par hectare. La vendange se fait à la main, en caissettes de 16 kg, et le domaine n’achète pas de raisin.

Château des Bachelards - Vendange de gamay en caissettes empilées
Vendange à la main, en caissettes de 16 kg.

Quatre appellations sur les granites du nord Beaujolais

Le vignoble s’étend aujourd’hui sur 18 hectares, conduits en bio et en biodynamie. Il donne des vins en Fleurie, Saint-Amour, Moulin-à-Vent et Beaujolais-Villages, plus un Beaujolais blanc et un viognier en IGP Comtés Rhodaniens. Le gamay est le seul cépage rouge du domaine.

Fleurie, le granite rose autour du château

Les parcelles de Fleurie forment un seul tenant autour du château. Elles reposent sur une roche mère très ancienne de granite rose à grain fin. Riche en quartz, feldspath et mica, ce granite donne une terre pauvre. Sur les coteaux escarpés, la roche affleure. Plus bas, les argiles apportent aux vins davantage de profondeur.

Saint-Amour et Moulin-à-Vent, sur le granite noir

À Saint-Amour, les vignes ont une soixantaine d’années. Elles occupent des parcelles à mi-coteau exposées plein sud, sur un granite noir décomposé parcouru de veines de lœss et d’argile. Ce sol profond donne au vin des tanins denses et beaucoup de droiture.

Le Moulin-à-Vent assemble des parcelles sur un granite noir presque affleurant, avec des feldspaths et des schistes. Il en tire une puissance naturelle, que le domaine décrit comme une force dans un gant de velours.

Les parcelles limitrophes et les blancs

Petite Fleur vient de parcelles de Beaujolais-Villages qui touchent Fleurie, sur des sables limoneux posés sur le granite rose. Pâquerette est issue de jeunes vignes de Fleurie, qui terminaient leur conversion en 2022. Elles sont vinifiées à part, dans un style plus fruité que les vieilles vignes.

Côté blanc, le chardonnay du Beaujolais blanc pousse sur un granite profond, sur des coteaux plus frais que ceux des crus. Le viognier de Petite Fleur Blanc fermente et s’élève en amphore de terre cuite, sur ses lies.

À rebours de la macération carbonique

Raisins égrappés et cuvaisons de 28 jours

La macération carbonique et la thermovinification font partie des pratiques beaujolaises traditionnelles. Le château s’en est écarté. Les raisins arrivent au chai par gravité, sont éraflés, puis fermentent en cuve de béton brut avec les seules levures indigènes. La macération dure 28 jours.

Foudres, demi-muids et amphores

Le Fleurie et le Clos passent 22 mois en foudres et demi-muids, le Saint-Amour 18 mois. Le Moulin-à-Vent s’élève 18 mois entre barriques de deux vins et amphores de terre cuite. Petite Fleur et Pâquerette restent 10 mois en cuve béton pour garder leur fruit. Le Beaujolais blanc fait 8 mois en fût, bâtonné régulièrement.

Château des Bachelards - Visite du chai voûté et de ses foudres
Le chai voûté, où les rouges s’élèvent en foudres.

Des rouges floraux, denses et faits pour durer

La pivoine et la violette reviennent d’un vin à l’autre. Le Fleurie y ajoute la mûre fraîche et une bouche ferme mais aérienne, avec une vingtaine d’années de garde devant lui. Le Clos, à la robe presque noire, déploie des tanins très fins et une finale longue. Le domaine l’annonce pour une garde de quarante ans.

Le Saint-Amour mêle l’orange et la violette, avec une tension marquée. Le Moulin-à-Vent part sur le poivre noir et la réglisse, ample et velouté. Petite Fleur et Pâquerette se boivent plus jeunes, sur les fruits rouges et les épices.

La critique a suivi ce style. Stuart Pigott a donné 98/100 au Clos des Bachelards 2020 pour JamesSuckling.com, et Jacques Dupont 17,5/20 au Moulin-à-Vent 2022 dans Le Point.

Le château ouvre ses portes et son clos

Du chai voûté à la verticale du Clos

Le château reçoit toute l’année, et recommande de réserver. La formule la plus courte est une dégustation commentée dans sa boutique. La visite découverte mène de la vigne aux chais avant une dégustation de quatre vins. La visite prestige propose une verticale du Clos des Bachelards sur plusieurs millésimes.

Le clos accueille aussi des pique-niques et des repas à table, servis dans le chai d’élevage ou le salon du château quand il fait froid. Certains déjeuners sont signés par le chef étoilé Aurélien Mérot, de l’Auberge du Cep. Les chiens, eux, ont droit à leur bar à eau.

Château des Bachelards - La cour du château éclairée pour une veillée
La cour du château, éclairée pour une soirée.

Géopartenaire du Géoparc Beaujolais

Le Beaujolais est reconnu Géoparc mondial UNESCO depuis 2018 pour la diversité de ses sols. Le château en est géopartenaire officiel. Il a notamment reçu l’association des Amis du Géoparc Beaujolais pour une visite du clos et du chai. Il est aussi membre de la Renaissance des Appellations.

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Les autres domaines de la région Beaujolais

  • Domaine Romanesca

    Le Domaine Romanesca, à Fleurie, tient son nom de la villa gallo-romaine qui serait à l’origine de Romanèche-Thorins, le village du cru Moulin-à-Vent. Depuis 2019, les jumeaux Antoine et Olivier Chastel et Lucrèce Bruyant y prennent la suite de Guy et Ferréole Chastel. Ils ont converti les 7 hectares à l’agriculture biologique, certifiée depuis la récolte 2022. Leurs sept cuvées, du Moulin-à-Vent Champ de Cour au Beaujolais Villages blanc, naissent de vendanges manuelles et d’un travail parcelle par parcelle.

  • Le Bouc et la Treille

    Le Bouc et la Treille cultive 9 hectares de vignes bio en AOC Coteaux du Lyonnais, sur les argilo-calcaires de Poleymieux-au-Mont-d’Or. La ferme est née en 1976 d’un éleveur de chèvres et d’un paysan, puis a arrêté l’élevage en 2003 et converti sa vigne en bio en 2007. Mélissa Prieur-Tebaibi et Frédéric Bernard vinifient au levain maison, avec des macérations jusqu’à huit mois. Leurs cuvées aux noms de patois lyonnais se vendent surtout autour de Lyon, une partie en bouteilles consignées.

  • Domaine Matray & Filles

    Le Domaine Matray & Filles cultive la vigne à Fleurie depuis cinq générations et vinifie tous ses raisins dans le cuvage familial acheté en 2003. Bruno Matray et son frère Patrick y lancent dès 2005 l’arrachage de ceps et l’enherbement qui mènent à la conversion bio de 2018. Sa fille Maud, ingénieure travaux reconvertie, le rejoint en 2020 et relance la vente en bouteille. Du granit rose de Grille-Midi aux clos de pierre sèche des Pierres Dorées, la gamme réunit Fleurie, Morgon, Chiroubles et un Bourgogne blanc.

  • Domaine Bonnet-Cotton

    Fondé en 1856 au pied du Mont Brouilly, à Odenas, le Domaine Bonnet-Cotton est engagé en agriculture biologique depuis 2016. Pierre Cotton et Marine Bonnet y conduisent en gobelet des gamays d’environ 65 ans et plantent près de 500 arbres par an autour et au cœur des vignes. Chaque cuvée suit une parcelle, de la diorite bleue de la Côte de Brouilly aux granites de Brouilly, Régnié et Fleurie. Les rouges naissent en macération carbonique, en grappes entières, sans soufre ajouté sauf exception, ni collage ni filtration.

  • Domaine de Prapin

    Le Domaine de Prapin cultive 10 hectares de vignes à Taluyers, Saint-Laurent-d’Agny et Mornant, en Coteaux du Lyonnais, sur un sol de gneiss granitique. La famille Jullian y plante la vigne depuis 1890, et Lucie et Pierre Riviere en forment la sixième génération. Engagé en bio en 2009, le vignoble est conduit en biodynamie depuis 2012 et labellisé Demeter en 2024. Le gamay et le chardonnay y côtoient le gamaret et la syrah, et une partie des vins s’élève en amphore de terre cuite depuis 2015.

  • Saint-Ennemond

    Saint-Ennemond est la vigne de gamay que Dominique Merle cultive en Beaujolais-Villages à Cercié, sur des ceps de plus de 40 ans plantés par son père. Reprise en 2021, elle est passée du conventionnel à la bio par une étape en certification HVE. Le sol se travaille à la charrue tirée par des chevaux, et les vendanges se font à la main, en famille. La cave coopérative Vinescence a vinifié en vendange entière le premier millésime bio, un Beaujolais-Villages 2025.

  • Domaine du Champ de la Croix

    Le Domaine du Champ de la Croix cultive 16 hectares à Denicé, dans les Pierres Dorées, où la famille est installée depuis 1934. Passé par Santenay, Meursault et Corton, Benoît Roche reprend le domaine de son père en 2017 et achète une parcelle de Brouilly à 510 mètres. Engagé en bio en 2019, il signe avec 2022 son premier millésime certifié. Ses gamays passent en macération carbonique, et son blanc Les Barrières, élevé en fût, compte deux étoiles au Guide Hachette.

  • Château du Moulin-à-Vent

    Le Château du Moulin-à-Vent cultive une trentaine d’hectares de gamay autour du moulin de Romanèche-Thorins, dans le nord du Beaujolais. Présent depuis 1732, l’ancien Château des Thorins a pris le nom de son appellation à la création de l’AOC Moulin-à-Vent, en 1936. Repris en 2009 par la famille Parinet, il a banni la chimie de synthèse en 2013 et s’est engagé en bio en 2021. Ses vins de lieu viennent de six terroirs situés à moins de 300 mètres du château, des Vérillats à La Rochelle.

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