Château Haut-Monplaisir - Le domaine et son vignoble au pied du coteau boisé

Château Haut-Monplaisir

Région viticole

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Des autodidactes au bout du vignoble de Cahors

1998, quinze hectares repris en famille

Le Château Haut-Monplaisir produit du vin bio en appellation Cahors, à Lacapelle-Cabanac, aux confins du Lot. En 1998, Cathy et Daniel Fournié y reprennent une exploitation familiale de 15 hectares. Leur ambition : créer une vraie gamme de vins et bâtir peu à peu leur propre réseau de vente.

Le couple n’a suivi aucune formation viticole. En autodidactes, ils prennent le temps d’observer leurs terroirs et de comprendre leurs sols comme leurs plantes. Ils s’entourent aussi de techniciens reconnus. Le domaine s’étend aujourd’hui sur près de 30 hectares de vignes.

Les conseils des Verhaeghe, au Château du Cèdre

Pour progresser, Cathy et Daniel se rapprochent de Pascal et Jean-Marc Verhaeghe, du Château du Cèdre, à Cahors. Ils restent autonomes, mais cette collaboration les aide à affirmer avec précision le style de chacune de leurs cuvées. Le Guide Hachette le résume à sa façon : ils ont vite et bien appris.

Les deux domaines travaillent d’ailleurs avec la même agence export, Accents et Terroirs. C’est elle qui fait voyager les cuvées de Monplaisir dans le monde entier. En France, hors du Lot, c’est le groupement Expressions Sud-Ouest qui prend le relais.

Mathilde et la première cuvée créée en famille

En 2015, leur fille Mathilde rejoint le domaine. Elle épaule ses parents sur le commerce et le marketing, avec l’envie d’apprendre le métier de vigneron. La même année naît L’Envie, que la famille présente comme sa première cuvée créée en famille.

Cathy, Daniel et Mathilde font aujourd’hui vivre le domaine ensemble. Cécile, Abdel et Cédric les accompagnent, avec une fidèle équipe de saisonniers, pour s’occuper des 30 hectares de vignes.

La troisième terrasse du Lot, lue îlot par îlot

Des galets roulés plein sud, du levant au couchant

Toutes les vignes du domaine sont situées sur les troisièmes terrasses de l’appellation Cahors. Elles sont exposées plein sud, du levant au couchant. Les sols sont argilo-siliceux, avec une dominance de galets roulés. D’après la famille, ce sont eux qui donnent à ses vins leur grande finesse tannique.

Le climat de Cahors est océanique, contrasté par des influences méditerranéennes. La topographie de l’appellation et la rivière Lot créent un microclimat tempéré, propice à la maturité du malbec. Sur les terroirs de Monplaisir, ce cépage donne des vins depuis plus de cinquante ans.

Château Haut-Monplaisir - Le vignoble sur les troisièmes terrasses du Lot
Les troisièmes terrasses du Lot, exposées plein sud.

Cahors, l’appellation berceau du malbec

Créée en 1971, l’AOC Cahors est réservée aux vins rouges. Le malbec doit y représenter au moins 70 % de l’assemblage. Le tannat et le merlot sont des cépages accessoires. L’aire s’étend sur 45 communes du Lot, et le vignoble se présente comme le berceau de ce cépage.

Au fil du Quaternaire, le Lot a modelé ici une large vallée à terrasses étagées. Depuis la rivière, on traverse une plaine inondable sans vigne, puis trois terrasses de plus en plus anciennes. La troisième, dite terrasse de Mindel, porte des alluvions très anciennes, datées d’environ 500 000 ans.

Des cuvées assemblées à partir d’îlots

En étudiant leurs terroirs, les Fournié ont trouvé des similitudes entre des morceaux de parcelles. Leurs cuvées sont nées de cette lecture : chacune assemble certains îlots entre eux. Elles traduisent ainsi la diversité des sols de troisième terrasse.

Tous les sols ne se ressemblent pas pour autant. Les terroirs les plus à l’est de Monplaisir sont faits de limons et d’éclats de calcaire. Une parcelle de syrah est entourée aux trois quarts de forêt, sur un sol d’argile et de limons.

Une conversion bio partie de l’herbe entre les rangs

Enherber pour pousser les racines en profondeur

Avant même la conversion, Cathy et Daniel enherbent leurs vignes et écartent tous les désherbants chimiques. Les engrais chimiques disparaissent aussi. Pour la famille, l’enherbement est un procédé traditionnel. L’herbe concurrence les racines de la vigne et l’amène à se nourrir en profondeur.

La plante devient ainsi plus indépendante des conditions climatiques. Les Fournié y voient deux buts : élever le niveau de leurs vins et tirer la plus belle expression de leurs terroirs. Ils y ajoutent leurs convictions.

Le travail suit aussi la course du soleil. L’effeuillage se fait d’abord côté levant, puis plus tard dans l’été côté couchant. Les raisins profitent ainsi de la meilleure exposition. Les rendements restent maîtrisés.

Engagés en 2009, premières cuvées labellisées en 2012

Le domaine s’est engagé en agriculture biologique le 5 mai 2009, sous le contrôle d’Ecocert. Ses premières cuvées labellisées sont sorties en 2012. La conversion, amorcée selon la famille dès son arrivée, est aujourd’hui accomplie.

Tous les vins sont désormais élaborés en agriculture biologique. Le domaine ne mélange pas de production bio et conventionnelle.

Des malbecs vifs, aux tanins fins

Des fruits noirs dans la jeunesse, la truffe avec l’âge

La famille résume ses rouges en deux mots : vivacité et finesse des tanins. Elle les veut aussi naturels que possible. Dégustés jeunes, ses malbecs montrent une robe sombre et des notes intenses de fruits noirs : cassis, mûre, myrtille.

Oubliés quelques années en cave, ils dévoilent des arômes de sous-bois, puis des notes truffées. Le domaine y voit un appel à la truffe noire du Quercy, le temps d’un repas. Il décrit lui-même des vins « noirs par excellence, tout en richesse et en souplesse ».

Tradition et Prestige, deux malbecs de troisième terrasse

Tradition et Prestige sont deux Cahors de 100 % malbec, issus de vignes de plus de 30 ans. Tradition est vinifiée en cuve ciment thermorégulée, avec de légers remontages. Son élevage dure 18 mois, à 70 % en cuve ciment et à 30 % en fût, sans filtration.

Prestige passe 24 mois en fûts de chêne de Tronçais. Un tiers sont neufs, un tiers ont un an, un tiers deux ans. Le millésime 2022 est vinifié et élevé sans soufre ajouté. Seul 1 gramme de SO2 est ajouté à la mise, faite au château.

Pur Plaisir, jusqu’à trois ans dans des fûts de 500 litres

Pur Plaisir reste la cuvée haut de gamme du domaine, issue de parcelles sélectionnées, explique Mathilde Fournié. Le millésime 2022 est vinifié en fûts neufs ouverts de 500 litres, avec pigeages. Il est ensuite élevé dans ces mêmes fûts refermés, entre 30 et 36 mois.

Selon le domaine, ses arômes de cassis, de griotte, de poivre et de chocolat se déploient peu à peu. Le Guide Hachette décrit une bouche dense, opulente et puissante, mais aussi veloutée. Il ajoute que le plaisir sera décuplé après un peu de garde.

L’Envie, les Cadettes et les canons des copains

L’Envie, un malbec sans soufre ajouté

Créée en 2015, L’Envie est aujourd’hui la cuvée phare du domaine. Ce 100 % malbec en AOP Cahors vient de plusieurs îlots de caractère. Il est vinifié et élevé sans soufre ajouté. Son élevage dure 12 mois en fût de chêne de 500 litres.

La famille la range parmi ses « vins de soif de terroir ». Le cassis, le pruneau et l’olive noire ouvrent le nez, avant des notes de romarin et de cannelle. En bouche, la fraîcheur domine, avec une structure tannique dense et fine.

Les Cadettes, la syrah des petites dernières

Monplaisir cultivait le malbec, le chardonnay, le viognier, le loin de l’œil, le cabernet franc et le merlot. Puis sont arrivées de jeunes syrahs, surnommées les Cadettes. Elles donnent une cuvée de 100 % syrah en Vin de France.

Sa cuvaison est courte, environ 7 jours, et se fait sans soufre ajouté. Le vin passe ensuite un an en vieux fût de chêne. La Revue du vin de France a noté 90/100 les Cadettes 2021, dans son numéro de septembre 2022.

Des blancs de chardonnay, de viognier et de loin de l’œil

Côté blancs, le domaine cultive du chardonnay, du viognier, du loin de l’œil et du vermentino. Le Monplaisir Blanc Sec assemble 70 % de chardonnay et 30 % de viognier, élevés sur lies fines. Le Monplaisir Blanc Moelleux est un pur loin de l’œil, en IGP Côtes du Lot.

Né avec le millésime 2022, Le Chemin Blanc vient des terroirs les plus à l’est du domaine. Il assemble 60 % de chardonnay et 40 % de viognier, vendangés de nuit. Il passe environ 15 mois en demi-muids de 500 litres, sur lies fines.

Plantés de longue date, le cabernet franc et le merlot donnent le Monplaisir Rosé, en IGP Côtes du Lot. Il est obtenu par pressurage direct, puis élevé sur lies fines.

Rouge Toujours, le fruit d’une année compliquée

Rouge Toujours assemble malbec et merlot, en Vin de France. Le domaine le présente comme le fruit d’une année compliquée. Il y a eu un printemps gélif, et la consommation de vin rouge a nettement baissé. C’est un rouge léger, élevé 10 mois en vieux demi-muids de 500 litres.

Avec les deux blancs, le rosé et les Cadettes, il forme les cinq cuvées des Canons des Copains. La famille les destine aux moments festifs entre amis.

Château Haut-Monplaisir - La gamme du domaine, des rouges aux blancs
La gamme couvre les Cahors et les cuvées en IGP Côtes du Lot.

Du Wine Enthusiast au caveau de Lacapelle-Cabanac

Pur Plaisir 2016, 39e du Top 100 du Wine Enthusiast

Le magazine américain Wine Enthusiast a classé Pur Plaisir 2016 39e de son Top 100 Cellar Selection. La cuvée y obtient 95/100. La Dépêche du Midi a relayé la nouvelle en novembre 2019. France 3 Midi-Pyrénées y a consacré un reportage dans son journal télévisé.

En France, le Guide Hachette relève des sélections régulières du domaine dans ses pages. Pur Plaisir 2019 y a reçu deux étoiles dans l’édition 2023, tout comme Pur Plaisir 2022 dans l’édition 2025.

Une visite de deux heures, de la vigne au chai

Le domaine reçoit les visiteurs toute l’année pour une dégustation commentée. Sur rendez-vous, une visite d’environ deux heures mène de la vigne, si le temps le permet, jusqu’au chai. Elle aborde l’histoire du domaine et la lecture des terroirs de Monplaisir, puis se termine par une dégustation.

Pour prolonger le séjour, la famille loue le Gîte Saint-Jean, à Belvèze (Lot-et-Garonne), à 10 km de Montcuq. Cette maison de famille accueille jusqu’à 12 personnes, avec une piscine privative.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

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