Château Lancyre - Le vignoble en coteaux au pied du Pic Saint-Loup

Château Lancyre

Région viticole

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Languedoc-Roussillon

Bio
Sommaire

Un mas de l’évêché de Maguelone devenu domaine du Pic Saint-Loup

Le Château Lancyre occupe le hameau du même nom, à Valflaunès, au nord de Montpellier. Ce domaine familial de 80 hectares produit des vins bio en appellation Pic Saint-Loup. Ses murs les plus anciens remontent au Moyen Âge, et la famille Durand-Valentin compte parmi celles qui ont lancé l’appellation.

Un hameau de pierre sur son puech calcaire

Lancyre est un hameau traditionnel, bâti sur une colline calcaire. Ses vieilles demeures sont faites de pierres locales. Le château s’élève sur son puech calcaire. Ses parties les plus anciennes datent du XIIe siècle, comme en témoignent la fenêtre à meneaux et les colonnes.

Au XVIe siècle, le mas dépend de l’évêché de Maguelone. Il compte alors parmi les grandes exploitations du Languedoc, avec des terres labourables, des vignes, des olivettes, des jardins, des bois et deux moulins. L’un moud le blé, l’autre fait l’huile. Les voûtes du caveau actuel datent de cette époque.

1870, Étienne Durand et la cave d’après le phylloxéra

En 1870, Étienne Durand arrive à Lancyre par héritage. Il vit de l’élevage des moutons et de la vigne. Le phylloxéra décime alors le pays, et le greffage sur plants américains relance la viticulture du Languedoc. Les récoltes abondantes demandent de nouveaux bâtiments : la cave actuelle de Lancyre est construite à ce moment-là.

En 1946, Antoine Durand agrandit le domaine en achetant de nouveaux bâtiments et de nouvelles vignes.

1970, trois hommes misent sur la qualité

En 1970, Bernard Durand, son frère René et leur beau-frère Bernard Valentin reprennent l’exploitation et l’agrandissent. Très vite, ils veulent faire des vins de qualité. Avec une poignée de gens du pays, ils s’entraident et lancent le projet d’une appellation Pic Saint-Loup.

Suivent la restructuration du vignoble et les premières défriches sur d’anciennes terres de pâturage. Les premières bouteilles sortent en 1984. Bernard Durand part alors à la conquête des marchés français et étrangers.

Régis et Christel Valentin aux commandes

Régis Valentin arrive en 1995, fraîchement diplômé d’œnologie, et poursuit l’effort engagé. Le Guide Hachette date de 2001 sa reprise du domaine. À 20 ans, raconte-t-il, il croyait pouvoir faire de grands vins quel que soit le raisin. Il a vite compris les limites de la technique et le poids du travail à la vigne.

Christel Valentin, vigneronne et œnologue du domaine, reçoit aussi les visiteurs pour des ateliers. Un film tourné au domaine donne la parole à Baptiste, le plus jeune fils des propriétaires. Du haut de ses douze ans, il y raconte la vie du domaine.

Clapassous, Les Couronnes, Valflaunès : trois îlots de vignes

80 hectares de coteaux à 150 mètres d’altitude

Le vignoble se répartit en parcelles de coteaux, à 150 mètres d’altitude moyenne, sur un terroir majoritairement calcaire. Régis Valentin le décrit comme pluriel : cailloutis calcaires, marnes, colluvions et alluvions. Le Guide Hachette, lui, retient ses calcaires durs et ses argiles rouges.

Le domaine partage ses vignes en trois îlots : Clapassous, Les Couronnes et Valflaunès. Plusieurs cuvées portent le nom d’une parcelle. La gamme Plaisir en réunit trois : La Rouvière, Clos des Combes et Coste d’Aleyrac.

Les Couronnes, l’îlot le plus frais

Posé sur des calcaires durs, Les Couronnes est le site le plus frais du domaine. La Grande Cuvée vient des plus vieilles parcelles de l’îlot. Syrah, grenache et mourvèdre y poussent sur un terroir très pauvre, et leurs baies sont petites et concentrées.

Le Clos des Combes vient aussi des Couronnes. Syrah et grenache y sont assemblés à parts égales. Avec cette cuvée, le domaine cherche avant tout le plaisir.

Clapassous, autour de la chapelle d’Aleyrac

Clapassous entoure la chapelle romane d’Aleyrac, une petite chapelle du XIIe siècle au milieu des vignes. Syrah, grenache et carignan mûrissent dans ce décor pour la cuvée Coste d’Aleyrac. Au pied du château, la parcelle Madame est traversée par la petite route qui mène à la chapelle.

Son sol marno-calcaire amène la syrah à une belle maturité. La cuvée qui en naît repose ensuite deux ans dans une cuve en pointe de diamant.

Valflaunès et ses terres rouges

Le troisième îlot, Valflaunès, associe terres rouges et éboulis calcaires. La Vieilles Vignes, cuvée phare du domaine, vient de la plaine de Boisset, entre la falaise de l’Hortus et le village. Ces terres rouges servaient autrefois de tuilerie aux habitants. Syrah et grenache y ont une trentaine d’années.

Le Pic Saint-Loup, entre Méditerranée et Cévennes

Une appellation pour les rouges et les rosés

Le Pic Saint-Loup accède au rang de VDQS en 1955. Il devient une dénomination de l’AOC Coteaux du Languedoc en 1994, avec un cahier des charges propre. L’AOP Pic Saint-Loup est reconnue en janvier 2017, et 2017 en est le premier millésime.

L’aire s’étend sur 17 communes, adossées aux premiers contreforts cévenols, à 30 km du littoral. Environ 1 500 hectares y sont en production. L’AOP est reconnue pour les rouges et les rosés, et les rouges font 90 % de la production. La syrah y pèse au moins 50 % des rouges, avec le grenache et le mourvèdre.

Un air de mer, un air de montagne

Le terroir de Lancyre se trouve au carrefour de la Méditerranée et des Cévennes. Un climat chaud et humide vient de la mer, un air sec et froid descend des montagnes. Le syndicat de l’appellation parle de « sentinelle avancée des Cévennes ».

Avec environ 1 000 millimètres de pluie par an, le Pic Saint-Loup est le terroir le plus arrosé du Languedoc. Pendant la véraison, les températures varient fortement entre le jour et la nuit.

AOP Languedoc et IGP Saint-Guilhem-le-Désert

Les blancs du domaine sortent en AOP Languedoc, tout comme le rosé Lac des Figuiers. La gamme Lancyre en Liberté, en rouge et en blanc, porte l’IGP Saint-Guilhem-le-Désert. Pour le rouge, le domaine marie des cépages méditerranéens et océaniques.

Une conversion bio conduite de 2019 à 2024

Un engagement pris en 2019

Le domaine s’engage en agriculture biologique en août 2019, sous le contrôle de Bureau Alpes Contrôles. En 2021, il est aussi certifié Haute Valeur Environnementale niveau 3, pendant sa conversion. Le portrait de Régis Valentin décrit une culture « plus que raisonnée », de l’ébourgeonnage aux vendanges en vert, en passant par le palissage.

Le domaine s’est aussi lancé dans un inventaire de la biodiversité de ses vignes. Cette connaissance nourrit aujourd’hui la balade proposée aux visiteurs.

Des rouges bio dès 2022, des blancs et des rosés en 2024

Le certificat en vigueur couvre les raisins de cuve et les vins. Les rouges sont certifiés bio à partir du millésime 2022. Les rosés et les blancs le sont à partir de 2024, en AOP comme en IGP.

Des vins « tout en fraîcheur et en équilibre »

Le style recherché par Régis Valentin

Régis Valentin veut des vins croquants de fruits, « tout en fraîcheur et en équilibre ». Son credo tient en une formule : « procurer du plaisir et de l’émotion ». En cave, il compose avec ce que la nature lui donne, en cherchant à progresser sans cesse.

Le Guide Hachette range Lancyre parmi les valeurs sûres du Languedoc. Dans son édition 2023, il décerne un coup de cœur et deux étoiles à la Vieilles Vignes 2019. Le guide y parle d’un domaine « d’une régularité sans faille ».

Des rouges menés par la syrah

Le millésime 2018 de la Vieilles Vignes assemble 65 % de syrah et 35 % de grenache, élevés en cuve. Sa fiche technique évoque les fruits noirs, les épices douces, puis la cerise, l’olive noire et la réglisse. Sur le millésime 2022, le Guide Hachette décrit un vin tout en retenue, né d’un terroir frais et calcaire.

Au sommet de la gamme, Résonance 2023 n’existe qu’à 515 bouteilles. Elle fait dialoguer deux parcelles qui se font face. D’un côté, une syrah d’une combe calcaire, fraîche et ventilée. De l’autre, un grenache des coteaux de la plaine de Lancyre.

Des blancs de roussanne sur calcaires frais

Les blancs reposent sur la roussanne, la marsanne et le viognier. La Rouvière doit son nom à l’occitan « Roviéra », un bois planté de chênes. Ses parcelles occupent une combe orientée nord-est, sur calcaires durs, au climat frais. Le millésime 2024, à 80 % de roussanne, a reçu une étoile au Guide Hachette 2026.

D’ombre et de lumière, issu de terroirs calcaires, fermente et s’élève en fûts de chêne. Sur le millésime 2023, le guide relève le coing, les fruits exotiques et les fleurs blanches.

Château Lancyre - Table de dégustation et cuvées du domaine
Rouges, rosés et blancs se dégustent côte à côte.

Deux rosés, deux appellations

À Lancyre, le rosé est « un vin à part », qui demande de l’attention, de la finesse et de la minutie. Le domaine cultive des vignes spécialement pour lui, sur deux îlots : des argiles rouges pour le fruit, des calcaires durs pour la minéralité. Lac des Figuiers porte le nom d’une parcelle de syrah de la plaine de Lancyre.

D’ici on voit la mer, en AOP Pic Saint-Loup, est né d’une montée au sommet du Pic. De là-haut, on distingue les reflets de la Méditerranée. C’est un rosé de pressurage direct, de syrah et de grenache.

Au hameau de Lancyre, un caveau voûté et des vignes à parcourir

Déguster sous les voûtes du XVIe siècle

Le caveau fait découvrir les rouges, les blancs et les rosés du domaine, en AOP Pic Saint-Loup et AOP Languedoc. Une ancienne citerne à eau du XVIe siècle y sert aujourd’hui de salle de vente. Les groupes à partir de 6 personnes réservent à l’avance.

L’espace de dégustation est accessible en fauteuil roulant, et un parking privé accueille les clients. Pour un mariage, un baptême ou un séminaire, le domaine crée aussi des étiquettes personnalisées.

Lancyre en liberté, 4,5 km et 12 panneaux

Depuis le parking du domaine, la balade Lancyre en liberté se fait en autonomie, en toute saison. Sur 4,5 km, 12 panneaux racontent l’histoire du domaine et de l’appellation, la vigne et le vin, la géologie et la nature du lieu. La carte de la balade se retire au caveau.

En 2023, les Trophées de l’œnotourisme de Terre de Vins l’ont distinguée comme offre remarquable, dans la catégorie pédagogie et valorisation de l’environnement. Les parcelles du domaine se fondent dans les paysages de garrigue et de chênes verts. Mieux vaut prévoir de l’eau et un chapeau.

Assembler sa propre cuvée avec Christel Valentin

Christel Valentin anime un atelier d’assemblage de deux heures. Chacun y compose sa cuvée à partir de différents cépages et repart avec sa création. La formule Immersion ajoute une visite commentée de la cave et du chai à barriques, puis une dégustation. La terrasse offre une vue sur le Pic Saint-Loup et les vignes.

Château Lancyre - Atelier autour du vin au domaine
Le domaine propose aussi des ateliers et des balades dans les vignes.

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Les autres domaines de la région Languedoc-Roussillon

  • Domaine Benastra

    Le Domaine Benastra cultive 12 hectares en agriculture biologique depuis sa création en 2015, à Saint-Paul-de-Fenouillet, dans les Pyrénées-Orientales. Ses parcelles s’étagent entre 250 et 500 mètres d’altitude, sur des schistes noirs et des roches granitiques. La fraîcheur des nuits et la tramontane donnent des rouges de fruit et des blancs tendus, tous vendangés à la main. La gamme va de l’effervescent au Maury tuilé hors d’âge, en passant par six à dix cuvées en IGP Côtes Catalanes.

  • Domaine Terre des Âmes

    Au Bosc, dans l’Hérault, Benjamin Lureau a repris en famille le domaine du Vieux Clocher après une carrière dans les ONG et un tour du monde à vélo. Ses 10 hectares, partagés entre les argilo-calcaires de Loiras et les ruffes de Saint-Alban, ne sont jamais irrigués. Engagé en conversion bio depuis 2024, le Domaine Terre des Âmes travaille à la main et vinifie avec un minimum d’interventions. Ses cinq cuvées, en Terrasses du Larzac et en IGP Saint-Guilhem-le-Désert, portent des noms tirés de cultures animistes.

  • Le Clos Rivieral

    Créé en 2008 par Olivier Bellet, fils de coopérateur, Le Clos Rivieral est aujourd’hui mené avec Célia Bellet à Loiras du Bosc, dans l’Hérault. Ses 7 hectares se répartissent sur une vingtaine de parcelles de schistes et de grès rouges. Engagé en agriculture biologique depuis 2008, le domaine signe des rouges en AOC Terrasses du Larzac et un blanc de chenin et de grenache blanc. Le Roc des Cistes a reçu un coup de cœur du Guide Hachette pour le millésime 2017.

  • Mas Llossanes

    Créé en 2016 par Solenn et Dominique Génot, le Mas Llossanes cultive 11 hectares entre 600 et 700 mètres d’altitude, à Tarerach et Arboussols, face au Canigou. Ses vignes, plantées à partir des années 1940, poussent sur des arènes granitiques et des schistes. Conduit en agriculture biologique depuis 2016 et en biodynamie depuis 2020, le domaine est membre de Biodyvin. Il a déclassé ses vins en IGP Côtes Catalanes pour travailler librement deux cépages rares, le chasan et le chenanson.

  • Domaine du Traginer

    Fondé en 1975 à Banyuls-sur-Mer par Jean-François Deu, le Domaine du Traginer doit son nom au muletier catalan, en hommage à son oncle Anicet. Ses plus de 18 hectares de vignes, entre mer et montagne, sont encore en grande partie labourés au mulet. Engagé en bio en 1998 et certifié Demeter depuis 2013, le domaine est membre de la Renaissance des Appellations. Il élabore des Banyuls, dont un grand cru, des Collioure et un vin orange.

  • Domaine du Petit Chaumont

    À Aigues-Mortes, le Domaine du Petit Chaumont cultive 120 hectares de vignes sur les sables de Petite Camargue, à un mètre au-dessus de la mer. Déminé au début des années 1970 par Alain Bruel, il est mené aujourd’hui par Nathalie et Laurent, de la famille Bruel. Engagé en bio depuis 2008, il diffuse aussi de la musique dans une partie de ses vignes contre l’esca. Ses gris d’AOP Sable de Camargue, dont la cuvée Elles, côtoient des rouges élevés en fût.

  • Domaine Les 3 Mazets

    Créé en 2016 par Luc Fonta, ancien technicien du traitement de l’eau, le Domaine Les 3 Mazets cultive 6 hectares à Villeveyrac, au bord de l’étang de Thau. Certifié en agriculture biologique depuis sa création, il ne traite plus ses vignes depuis 2019, ni cuivre ni soufre. Luc Fonta les pilote selon l’approche pH/redox du chercheur Olivier Husson, en agroécologie et en agroforesterie. Vendangées à la main, ses parcelles donnent cinq cuvées, dont trois rouges nature sans sulfites ajoutés.

  • Domaine La Limbardière

    Créé en 2018 par Vincent Rivemale, le Domaine La Limbardière prolonge à Abeilhan une histoire familiale de cinq générations, commencée par un maréchal-ferrant compagnon du devoir. Ses vignes et ses grenadiers sont conduits en agriculture biologique depuis 2009, avec des oliviers et des jachères dans le vignoble. La gamme compte huit vins en IGP Côtes de Thongue, quatre rouges, trois blancs et un rosé, plus un pur jus de grenade bio. Le domaine propose une balade dans les vignes suivie d’une dégustation et accueille les camping-cars.

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