Château Les Croisille
Sommaire
- Partis de rien à Fages en 1979
- Sept hectares gagnés sur la friche
- De la coopérative à leur propre vin
- Des amis et des clients propriétaires des vignes
- Germain, Nicolas et Simon
- Un calcaire veiné de fer sur le causse de Luzech
- Trois familles de terroirs dans l’appellation Cahors
- Le sidérolithique, marque des plateaux de Luzech
- Des graves sur les terrasses du Lot
- Du bio en 2010 à la biodynamie certifiée Demeter
- L’agriculture biologique engagée en 2010
- La biodynamie à partir de 2022
- De la taille aux vendanges manuelles
- Une gamme construite sol par sol
- Cocoricot et Le Croizillon, les rouges de soif
- Silice et Calcaire, deux visages du plateau
- La Pierre, élevée dans la roche
- Divin et Le Grain, les sélections du domaine
- Deux blancs du kimméridgien et un ratafia
- Des Cahors de fraîcheur et de finesse
- Un autre registre pour le Malbec
- Des tanins crayeux et une acidité appétissante
- Déguster à Fages
Partis de rien à Fages en 1979
Sept hectares gagnés sur la friche
Le Château Les Croisille produit des vins de Cahors en agriculture biologique et en biodynamie sur les causses de Luzech, dans le Lot. Tout commence en 1979. Bernard et Cécile Croisille arrivent alors à Fages et prennent en fermage une propriété que les friches ont envahie.
Les premières années sont difficiles. Il faut défricher, planter et entretenir leurs 7 premiers hectares de vigne, puis attendre longtemps la première récolte. Elle part enfin en 1984 à la cave coopérative de Parnac.
De la coopérative à leur propre vin
Le couple n’a aucun bagage technique. Il soigne pourtant particulièrement ses pratiques culturales et se remet en question chaque année. Au bout de dix ans, Bernard et Cécile quittent la coopérative pour vinifier eux-mêmes leurs récoltes.
Suivent dix années d’apprentissage dans les locaux d’une exploitation voisine, avec laquelle ils se sont associés. Ils y découvrent la vinification et l’élevage. En 1996, ils achètent en ruine une maison quercynoise et la restaurent de leurs mains. En 2000, ils mettent fin à l’association et s’installent dans leur propre chai.
Des amis et des clients propriétaires des vignes
À la fin du bail, les Croisille doivent racheter le vignoble qu’ils ont planté. Famille, amis et même clients mettent la main à la poche. Ensemble, ils constituent un groupement foncier agricole (GFA). Il rachète les vignes, que le couple peut ainsi continuer à exploiter.
Un deuxième GFA, constitué cette fois entre les cinq exploitants, rachète ensuite le Domaine de Fages. C’est la propriété voisine, celle où Cécile et Bernard avaient été associés pendant dix ans. Ils en connaissaient la qualité des terroirs.
Germain, Nicolas et Simon
La relève arrive en 2008 avec Germain, le deuxième fils, fraîchement diplômé. Son arrivée pousse la famille à louer une propriété de 10 hectares de vignes dans la vallée de Luzech. Nicolas, son ami d’enfance, entre dans l’exploitation en 2012. Simon, le dernier de la fratrie, rejoint l’équipe en 2015.
Cécile et Bernard ont depuis laissé la place à leurs fils Germain et Simon, accompagnés de Nicolas. Le domaine couvre aujourd’hui 35 hectares.

Un calcaire veiné de fer sur le causse de Luzech
Trois familles de terroirs dans l’appellation Cahors
L’appellation Cahors ne produit que des vins rouges, dans le département du Lot. Reconnue en 1971, elle repose surtout sur le Malbec, cépage originaire du Quercy. Une étude géologique menée sur ses 45 communes y distingue trois groupes de terroirs.
Dans la vallée du Lot, les terroirs alluviaux se répartissent surtout en trois terrasses. On y trouve des sables, des argiles et des limons, et sur les meilleures terrasses des graves ou des éboulis calcaires. Les versants calcaires, terroir d’origine de Cahors, restent peu exploités à cause de leurs fortes pentes.
Au-dessus s’étendent les causses. Ces plateaux calcaires aux sols peu profonds se situent entre 250 et 350 mètres d’altitude.
Le sidérolithique, marque des plateaux de Luzech
Le domaine est installé sur les causses de Luzech. Leur calcaire est marqué par endroits par la présence de fer : c’est le sidérolithique. Cette influence est plus ou moins marquée selon les sols, et les Croisille construisent leur gamme à partir de ces différences.
Sur le plateau, les vignes poussent sur du calcaire kimméridgien, des calcaires marneux, du calcaire sidérolithique et des argiles rouges siliceuses et ferreuses. Ce dernier terroir représente moins de 10 % de l’appellation Cahors.

Des graves sur les terrasses du Lot
Une partie du vignoble descend dans la vallée de Luzech. Elle occupe les sols graveleux de la deuxième terrasse, ainsi qu’une parcelle de 3,5 hectares de graves sur la troisième terrasse.
Le cépage du domaine, c’est le Malbec. Implanté en Quercy depuis plus de 2 000 ans, il s’appelait à l’origine Cot ou Auxerrois à Cahors. Il y donne des vins noirs, riches et puissants, aux tanins veloutés, auxquels son acidité naturelle apporte de la fraîcheur.
Du bio en 2010 à la biodynamie certifiée Demeter
L’agriculture biologique engagée en 2010
Avec l’arrivée de Germain, le vignoble s’agrandit et s’oriente vers l’agriculture biologique. La famille y engage l’exploitation en 2010, sous le contrôle de Qualisud. Pour les Croisille, c’est une question de bon sens : des pratiques qui respectent le sol, la plante et l’environnement.
Leur ambition est de laisser ce sol vivant s’exprimer dans leurs vins. L’exploitation ne mêle pas de vignes conventionnelles à ses vignes bio.
La biodynamie à partir de 2022
Les Croisille poursuivent vers la biodynamie à partir de 2022. Ce mode de culture place le sol et la plante au premier plan. Les préparations biodynamiques favorisent la vie du sol et l’équilibre de la vigne.
Le domaine est aujourd’hui entièrement certifié en biodynamie. Il est adhérent de Demeter, et la plupart de ses fiches techniques portent la double certification bio et biodynamique.
De la taille aux vendanges manuelles
L’herbe pousse dans le rang, et le sol est travaillé mécaniquement sous le rang. La taille se fait en guyot simple. Épamprage précoce, effeuillage et éclaircissage sont réalisés à la main. Les rouges sont plantés à 4 500 pieds par hectare, les blancs à 5 000.
Dans la région, la vendange est traditionnellement mécanique. Les Croisille préfèrent la récolte manuelle, et agrandissent chaque année la surface vendangée à la main. Le Croizillon, lui, est récolté en partie à la machine. Au chai, les raisins des différents terroirs sont séparés, et chaque vinification est différente.


Une gamme construite sol par sol
Cocoricot et Le Croizillon, les rouges de soif
Cocoricot est un vin de soif en IGP Côtes du Lot, assemblage de Malbec et de Merlot. Il naît d’une macération carbonique de 12 jours, en levures indigènes et sans sulfites. Il passe ensuite 4 mois en cuve béton. Le domaine le veut simple et convivial.
Le Croizillon se présente comme un Cahors « nouvelle génération », qui met en avant le côté fruité et digeste du Malbec. Ses raisins viennent du plateau calcaire de Fages et des deuxièmes terrasses de Luzech. Vendangés tôt, ils passent pour partie en macération carbonique. Le reste macère 10 jours, avec peu d’extractions.
Silice et Calcaire, deux visages du plateau
Silice vient des argiles rouges siliceuses et ferreuses, entre 250 et 300 mètres d’altitude. Égrappé, il macère 15 jours par infusion, puis s’élève 12 mois en cuve ciment. Ce terroir donne des vins fins et digestes, portés par une acidité appétissante.
Calcaire assemble des calcaires kimméridgiens et marneux du même plateau. Vinifié en petites cuves ouvertes, avec un pigeage en début de macération, il s’élève 15 mois en foudre de 30 hectolitres. Ses tanins crayeux ne laissent pas de doute sur sa provenance.
La Pierre, élevée dans la roche
Pour La Pierre, les Croisille ont voulu élever le vin dans son berceau d’origine, le calcaire. Ils ont fait tailler par un artisan local des cuves dans la roche calcaire du nord du Lot. Le vin y passe 10 mois, dans deux cuves de 10 et 20 hectolitres.
Il provient d’une parcelle de calcaire sidérolithique, riche en minerai de fer, à 300 mètres d’altitude. Pour le domaine, cette roche poreuse fait le lien, pendant l’élevage, entre le terroir d’origine et l’expression minérale recherchée.

Divin et Le Grain, les sélections du domaine
Divin assemble les trois plus belles parcelles du domaine, sur le causse à 300 mètres d’altitude. Les vignes ont 45 ans en moyenne et rendent 30 hl/ha. Le vin s’élève ensuite 24 mois en foudre.
Le Grain pousse la sélection plus loin : les plus belles baies du domaine sont triées grain par grain. Ces fruits intacts fermentent en fûts ouverts de 500 litres. Le vin reste ensuite dans les mêmes demi-muids, refermés, pendant 18 à 24 mois.
Deux blancs du kimméridgien et un ratafia
Le Chardonnay vient de vignes plantées en 2006 sur le calcaire kimméridgien. Le Sauvignon pousse sur une parcelle en coteau plein sud, surgreffée en 2005 et rachetée par la famille en 2014. Tous deux fermentent en levures indigènes, s’élèvent 5 mois en foudre et sortent en Vin de France.
Le domaine produit aussi un ratafia de Malbec. Le jus est muté à l’eau-de-vie issue de la distillation des marcs et des lies du domaine. Il vieillit ensuite en solera, dans des demi-muids. Chaque année, un tiers de la solera est mis en bouteille et remplacé par le ratafia de l’année.
Des Cahors de fraîcheur et de finesse
Un autre registre pour le Malbec
Le Malbec sait aussi produire des vins légers, fruités et digestes. Pour les Croisille, ce sont eux qui font aujourd’hui le renouveau de Cahors. Leur domaine s’est réinventé pour proposer des Cahors modernes, fins et digestes.
Leur ambition : des vins justes, proches du terroir qui les a portés. Ils veulent réaffirmer Cahors comme une terre de grands vins de fraîcheur et de minéralité. La jeune génération signe ainsi des vins de terroir modernes, digestes et frais, tirés des causses calcaires de l’appellation.
Des tanins crayeux et une acidité appétissante
Le calcaire sert de fil conducteur. Pour la cuvée Calcaire, le domaine décrit un registre de finesse et de fraîcheur, avec des tanins crayeux. Silice mise sur son acidité appétissante. La Pierre se veut éclatante de fraîcheur, de minéralité et d’énergie. Divin, élevé en foudre, joue sur une grande finesse tannique.
Les blancs suivent la même ligne. Mûr et gras, le Chardonnay garde l’acidité minérale propre aux chardonnays sur calcaires. Pour le Sauvignon, l’exposition chaude et le sol calcaire donnent un vin charnu, avec le potentiel acide d’un vin du nord.
Déguster à Fages
Le domaine invite à venir déguster ses vins sur place, à Fages, sur les hauteurs de Luzech. On les trouve aussi chez des cavistes. Pour les Croisille, le vignoble de Fages est aujourd’hui en pleine maturité.
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