Les vignes du Château les Croisille

Château Les Croisille

Région viticole

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Sud-Ouest

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Sommaire

Partis de rien à Fages en 1979

Sept hectares gagnés sur la friche

Le Château Les Croisille produit des vins de Cahors en agriculture biologique et en biodynamie sur les causses de Luzech, dans le Lot. Tout commence en 1979. Bernard et Cécile Croisille arrivent alors à Fages et prennent en fermage une propriété que les friches ont envahie.

Les premières années sont difficiles. Il faut défricher, planter et entretenir leurs 7 premiers hectares de vigne, puis attendre longtemps la première récolte. Elle part enfin en 1984 à la cave coopérative de Parnac.

De la coopérative à leur propre vin

Le couple n’a aucun bagage technique. Il soigne pourtant particulièrement ses pratiques culturales et se remet en question chaque année. Au bout de dix ans, Bernard et Cécile quittent la coopérative pour vinifier eux-mêmes leurs récoltes.

Suivent dix années d’apprentissage dans les locaux d’une exploitation voisine, avec laquelle ils se sont associés. Ils y découvrent la vinification et l’élevage. En 1996, ils achètent en ruine une maison quercynoise et la restaurent de leurs mains. En 2000, ils mettent fin à l’association et s’installent dans leur propre chai.

Des amis et des clients propriétaires des vignes

À la fin du bail, les Croisille doivent racheter le vignoble qu’ils ont planté. Famille, amis et même clients mettent la main à la poche. Ensemble, ils constituent un groupement foncier agricole (GFA). Il rachète les vignes, que le couple peut ainsi continuer à exploiter.

Un deuxième GFA, constitué cette fois entre les cinq exploitants, rachète ensuite le Domaine de Fages. C’est la propriété voisine, celle où Cécile et Bernard avaient été associés pendant dix ans. Ils en connaissaient la qualité des terroirs.

Germain, Nicolas et Simon

La relève arrive en 2008 avec Germain, le deuxième fils, fraîchement diplômé. Son arrivée pousse la famille à louer une propriété de 10 hectares de vignes dans la vallée de Luzech. Nicolas, son ami d’enfance, entre dans l’exploitation en 2012. Simon, le dernier de la fratrie, rejoint l’équipe en 2015.

Cécile et Bernard ont depuis laissé la place à leurs fils Germain et Simon, accompagnés de Nicolas. Le domaine couvre aujourd’hui 35 hectares.

Vignerons du château des Croisille

Un calcaire veiné de fer sur le causse de Luzech

Trois familles de terroirs dans l’appellation Cahors

L’appellation Cahors ne produit que des vins rouges, dans le département du Lot. Reconnue en 1971, elle repose surtout sur le Malbec, cépage originaire du Quercy. Une étude géologique menée sur ses 45 communes y distingue trois groupes de terroirs.

Dans la vallée du Lot, les terroirs alluviaux se répartissent surtout en trois terrasses. On y trouve des sables, des argiles et des limons, et sur les meilleures terrasses des graves ou des éboulis calcaires. Les versants calcaires, terroir d’origine de Cahors, restent peu exploités à cause de leurs fortes pentes.

Au-dessus s’étendent les causses. Ces plateaux calcaires aux sols peu profonds se situent entre 250 et 350 mètres d’altitude.

Le sidérolithique, marque des plateaux de Luzech

Le domaine est installé sur les causses de Luzech. Leur calcaire est marqué par endroits par la présence de fer : c’est le sidérolithique. Cette influence est plus ou moins marquée selon les sols, et les Croisille construisent leur gamme à partir de ces différences.

Sur le plateau, les vignes poussent sur du calcaire kimméridgien, des calcaires marneux, du calcaire sidérolithique et des argiles rouges siliceuses et ferreuses. Ce dernier terroir représente moins de 10 % de l’appellation Cahors.

Vignes du château des Croisille

Des graves sur les terrasses du Lot

Une partie du vignoble descend dans la vallée de Luzech. Elle occupe les sols graveleux de la deuxième terrasse, ainsi qu’une parcelle de 3,5 hectares de graves sur la troisième terrasse.

Le cépage du domaine, c’est le Malbec. Implanté en Quercy depuis plus de 2 000 ans, il s’appelait à l’origine Cot ou Auxerrois à Cahors. Il y donne des vins noirs, riches et puissants, aux tanins veloutés, auxquels son acidité naturelle apporte de la fraîcheur.

Du bio en 2010 à la biodynamie certifiée Demeter

L’agriculture biologique engagée en 2010

Avec l’arrivée de Germain, le vignoble s’agrandit et s’oriente vers l’agriculture biologique. La famille y engage l’exploitation en 2010, sous le contrôle de Qualisud. Pour les Croisille, c’est une question de bon sens : des pratiques qui respectent le sol, la plante et l’environnement.

Leur ambition est de laisser ce sol vivant s’exprimer dans leurs vins. L’exploitation ne mêle pas de vignes conventionnelles à ses vignes bio.

La biodynamie à partir de 2022

Les Croisille poursuivent vers la biodynamie à partir de 2022. Ce mode de culture place le sol et la plante au premier plan. Les préparations biodynamiques favorisent la vie du sol et l’équilibre de la vigne.

Le domaine est aujourd’hui entièrement certifié en biodynamie. Il est adhérent de Demeter, et la plupart de ses fiches techniques portent la double certification bio et biodynamique.

De la taille aux vendanges manuelles

L’herbe pousse dans le rang, et le sol est travaillé mécaniquement sous le rang. La taille se fait en guyot simple. Épamprage précoce, effeuillage et éclaircissage sont réalisés à la main. Les rouges sont plantés à 4 500 pieds par hectare, les blancs à 5 000.

Dans la région, la vendange est traditionnellement mécanique. Les Croisille préfèrent la récolte manuelle, et agrandissent chaque année la surface vendangée à la main. Le Croizillon, lui, est récolté en partie à la machine. Au chai, les raisins des différents terroirs sont séparés, et chaque vinification est différente.

Une gamme construite sol par sol

Cocoricot et Le Croizillon, les rouges de soif

Cocoricot est un vin de soif en IGP Côtes du Lot, assemblage de Malbec et de Merlot. Il naît d’une macération carbonique de 12 jours, en levures indigènes et sans sulfites. Il passe ensuite 4 mois en cuve béton. Le domaine le veut simple et convivial.

Le Croizillon se présente comme un Cahors « nouvelle génération », qui met en avant le côté fruité et digeste du Malbec. Ses raisins viennent du plateau calcaire de Fages et des deuxièmes terrasses de Luzech. Vendangés tôt, ils passent pour partie en macération carbonique. Le reste macère 10 jours, avec peu d’extractions.

Silice et Calcaire, deux visages du plateau

Silice vient des argiles rouges siliceuses et ferreuses, entre 250 et 300 mètres d’altitude. Égrappé, il macère 15 jours par infusion, puis s’élève 12 mois en cuve ciment. Ce terroir donne des vins fins et digestes, portés par une acidité appétissante.

Calcaire assemble des calcaires kimméridgiens et marneux du même plateau. Vinifié en petites cuves ouvertes, avec un pigeage en début de macération, il s’élève 15 mois en foudre de 30 hectolitres. Ses tanins crayeux ne laissent pas de doute sur sa provenance.

La Pierre, élevée dans la roche

Pour La Pierre, les Croisille ont voulu élever le vin dans son berceau d’origine, le calcaire. Ils ont fait tailler par un artisan local des cuves dans la roche calcaire du nord du Lot. Le vin y passe 10 mois, dans deux cuves de 10 et 20 hectolitres.

Il provient d’une parcelle de calcaire sidérolithique, riche en minerai de fer, à 300 mètres d’altitude. Pour le domaine, cette roche poreuse fait le lien, pendant l’élevage, entre le terroir d’origine et l’expression minérale recherchée.

Cuve du château des Croisille

Divin et Le Grain, les sélections du domaine

Divin assemble les trois plus belles parcelles du domaine, sur le causse à 300 mètres d’altitude. Les vignes ont 45 ans en moyenne et rendent 30 hl/ha. Le vin s’élève ensuite 24 mois en foudre.

Le Grain pousse la sélection plus loin : les plus belles baies du domaine sont triées grain par grain. Ces fruits intacts fermentent en fûts ouverts de 500 litres. Le vin reste ensuite dans les mêmes demi-muids, refermés, pendant 18 à 24 mois.

Deux blancs du kimméridgien et un ratafia

Le Chardonnay vient de vignes plantées en 2006 sur le calcaire kimméridgien. Le Sauvignon pousse sur une parcelle en coteau plein sud, surgreffée en 2005 et rachetée par la famille en 2014. Tous deux fermentent en levures indigènes, s’élèvent 5 mois en foudre et sortent en Vin de France.

Le domaine produit aussi un ratafia de Malbec. Le jus est muté à l’eau-de-vie issue de la distillation des marcs et des lies du domaine. Il vieillit ensuite en solera, dans des demi-muids. Chaque année, un tiers de la solera est mis en bouteille et remplacé par le ratafia de l’année.

Des Cahors de fraîcheur et de finesse

Un autre registre pour le Malbec

Le Malbec sait aussi produire des vins légers, fruités et digestes. Pour les Croisille, ce sont eux qui font aujourd’hui le renouveau de Cahors. Leur domaine s’est réinventé pour proposer des Cahors modernes, fins et digestes.

Leur ambition : des vins justes, proches du terroir qui les a portés. Ils veulent réaffirmer Cahors comme une terre de grands vins de fraîcheur et de minéralité. La jeune génération signe ainsi des vins de terroir modernes, digestes et frais, tirés des causses calcaires de l’appellation.

Des tanins crayeux et une acidité appétissante

Le calcaire sert de fil conducteur. Pour la cuvée Calcaire, le domaine décrit un registre de finesse et de fraîcheur, avec des tanins crayeux. Silice mise sur son acidité appétissante. La Pierre se veut éclatante de fraîcheur, de minéralité et d’énergie. Divin, élevé en foudre, joue sur une grande finesse tannique.

Les blancs suivent la même ligne. Mûr et gras, le Chardonnay garde l’acidité minérale propre aux chardonnays sur calcaires. Pour le Sauvignon, l’exposition chaude et le sol calcaire donnent un vin charnu, avec le potentiel acide d’un vin du nord.

Déguster à Fages

Le domaine invite à venir déguster ses vins sur place, à Fages, sur les hauteurs de Luzech. On les trouve aussi chez des cavistes. Pour les Croisille, le vignoble de Fages est aujourd’hui en pleine maturité.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Mas del Périé

    Le Mas del Périé cultive 23 hectares de vignes à Trespoux-Rassiels, sur des coteaux calcaires à 350 mètres, aux confins de l’appellation Cahors. Fabien Jouves l’a créé en 2006 sur l’exploitation de ses parents, certifiée bio depuis 2009 et Demeter depuis 2011. Ses Cahors parcellaires, vinifiés sans intrants, suivent trois sols : le kimméridgien, la marne du Miocène et le sidérolithique. Autour des vignes vivent des haies, des truffiers, un conservatoire de cépages autochtones et les porcs noirs gascons de la Ferme du Tessou.

  • Domaine Le Passelys

    Installé à Douelle, au bord du Lot, le Domaine Le Passelys cultive la vigne depuis 1857 et compte plus de huit générations de Baudel. Ses 9,5 hectares en agriculture biologique occupent surtout les troisièmes terrasses argilo-siliceuses de l’AOC Cahors. Dès 2016, la famille plante des cépages résistants, qui suppriment 95 à 100 % des traitements utilisés en bio. Ils donnent la gamme Colibri, à côté des Cahors Tradition, Prestige et Centenaire, ce dernier issu de vignes de plus de 120 ans.

  • Domaine AntocyÂme

    Chimiste de formation, diplômée œnologue à l’Ensat de Toulouse, Muriel Zoldan a acheté en 2017 le Domaine AntocyÂme, à La Salvetat-Belmontet, près de Montauban. Ses 7,5 hectares, engagés en agriculture biologique depuis 2012, relèvent des Coteaux et Terrasses de Montauban, unité de l’IGP Comté Tolosan. Les fermentations partent des levures indigènes, et presque toutes les cuvées sont sans sulfites ajoutés. Le domaine vinifie en cuve, en barrique et en amphore sept cépages, dont le Tannat et l’Abouriou.

  • Château Lacapelle Cabanac

    Sur le causse argilo-calcaire qui domine la vallée du Lot, le Château Lacapelle Cabanac produit des Cahors bio à environ 300 mètres d’altitude. Thierry Simon et Philippe Vérax l’ont repris en 2001 et le conduisent en agriculture biologique depuis 2002. Les vignes poussent sur des pierrailles calcaires et des argiles du Kimméridgien, et le merlot y pèse moins de 10 % de l’encépagement. Du Tradition au Malbec Original, élevé sur lies en cuve béton, la gamme compte aussi un savagnin en Vin de France.

  • Château Haut-Monplaisir

    À Lacapelle-Cabanac, dans l’appellation Cahors, Cathy et Daniel Fournié ont repris en 1998 une exploitation familiale de 15 hectares, qui compte aujourd’hui près de 30 hectares. Leurs vignes occupent la troisième terrasse du Lot, plein sud, sur des sols argilo-siliceux à galets roulés. Engagé en bio chez Ecocert en 2009, le domaine a sorti ses premières cuvées labellisées en 2012. Leur fille Mathilde les a rejoints en 2015, l’année de L’Envie, un malbec vinifié et élevé sans soufre ajouté.

  • Château du Cèdre

    À Vire-sur-Lot, le Château du Cèdre cultive 27 hectares dans le vignoble de Cahors, sur un cône d’éboulis calcaire, les grèzes, et sur les hautes terrasses du Mindel. Venue de Belgique en 1914, la famille Verhaeghe y plante sa première vigne en 1958 et met en bouteille dès 1973. Certifié en agriculture biologique depuis 2012, le domaine vinifie en levures indigènes, sans intrant ni sulfites ajoutés. Ses rouges sont en 100 % Malbec, d’Extra Libre, sans soufre, à Charly, et ses blancs en Viognier ou Sauvignon.

  • Château de Chambert

    Sur le causse de Floressas, à 300 mètres au-dessus de la vallée du Lot, le Château de Chambert cultive 45 hectares en AOC Cahors, certifiés bio par Ecocert et en biodynamie par Demeter. Resté en friche jusqu’en 1973, le vignoble a été replanté dès 1974, puis repris en 2007 par Philippe Lejeune. Le Malbec y fait 97 % de l’encépagement, sur des calcaires kimméridgiens et des argiles rouges sidérolithiques. Sa gamme va du Causse, élevé en cuve béton, aux trois parcellaires élevés en foudres, dont Le Puits.

  • Château Lamartine

    À Soturac, à l’extrémité ouest de l’appellation Cahors, le Château Lamartine cultive 38 hectares certifiés bio depuis le millésime 2022. La famille Gayraud y est vigneronne depuis quatre générations, et l’arrière-grand-père Edouard Sérougne fut l’un des quinze à plaider pour l’appellation devant l’INAO. Le malbec fait 95 % des rouges, sur un vignoble réparti entre trois niveaux de terrasses du Lot, d’argile, de calcaire et de silice. Depuis 2016, Lise et Benjamin conduisent le domaine, du Tandem à l’AC 544, élevée 36 mois en amphore.

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