Clos de l’Écotard - Rangs de vigne taillés sur le plateau, en hiver à Courchamps

Clos de l’Écotard

Région viticole

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Vallée de la Loire

Bio

Un clos de chenin né à côté des Roches Neuves

Le Clos de l’Écotard est un domaine bio de 15 hectares à Courchamps, dans le Maine-et-Loire, en appellation Saumur. Sa réputation s’est faite sur des chenins blancs secs. Depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay complètent la gamme.

De 1992 aux premiers plants de Courchamps

L’histoire commence en 1992. Cette année-là, Michel Chevré fait ses premiers vins avec son père, Maurice, vigneron. Il éclaircit déjà sévèrement ses vignes, en ne laissant que quelques grappes par pied. Autour de lui, on le juge fou. Lui est convaincu que, pour atteindre leur qualité maximale, les grappes ont besoin d’espace.

Clos de l’Écotard - Michel Chevré, fondateur du domaine
Michel Chevré, fondateur du domaine, aujourd’hui conseiller.

En 2007, il prend possession d’une terre agricole familiale à Courchamps. Jusqu’en 2011, il en fait un écosystème qui accueille toutes sortes de vies, des arbres fruitiers jusqu’aux premiers plants de vigne. Il cherche des vins qui reflètent fidèlement leur environnement.

Le domaine voit officiellement le jour en 2011. Michel Chevré est alors chef de culture chez Thierry Germain, au Domaine des Roches Neuves. Celui-ci le soutient dans son projet. Les premières cuvées sont vinifiées aux Roches Neuves, puis Michel s’équipe peu à peu de son propre outil. Au départ, le clos compte trois hectares de chenin sur une butte calcaire exposée au sud.

Thibaud Chevré aux commandes depuis 2024

Le fils cadet de Michel, Thibaud Chevré, rejoint le domaine en 2017. Il en reprend les rênes en 2024, avec à ses côtés Guillaume Lerondault, collaborateur et responsable technique. C’est la troisième génération de vignerons de la famille.

Clos de l’Écotard - Michel et Thibaud Chevré aux vendanges, sous les feuilles d’automne
Michel et Thibaud Chevré aux vendanges.

Michel reste présent comme vigneron fondateur et conseiller. Fiona Level s’occupe de la gestion commerciale, de l’administration et de la communication, et Vincent Acary travaille à la vigne. S’y ajoutent les saisonniers.

Thibaud résume sa méthode d’une phrase : vite et bien ne sont pas sur la même page du dictionnaire. Ce qu’il met en avant au domaine, c’est la minutie. S’il faut prendre le temps de bien faire, on le prend.

Quinze hectares éclatés entre Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur

Des trois hectares du début, le domaine est passé à 15 hectares. Les vignes se trouvent surtout à Courchamps, mais aussi à Fosse-Bellay et à Saumur. Le domaine travaille une grande diversité de cépages et de sols, d’où un parcellaire morcelé.

Le clos de la rue du Mihervé, planté à 8 000 pieds

Le cœur du domaine est le clos qui lui donne son nom, rue du Mihervé, à Courchamps. Ses 2 hectares de chenin sont exposés au sud-est, sur des sols argilo-calcaires et calcaires. La densité y atteint 8 000 pieds par hectare, contre 3 800 à 5 500 sur la plupart des autres parcelles.

Cette même parcelle donne deux vins. Les raisins du bas, sur l’argilo-calcaire, font la cuvée Clos de l’Écotard. Ceux du haut, où le calcaire affleure, font Les Pentes. Le sol du clos est travaillé au cheval, et les vendanges se font à la main.

Sables, argiles et vieilles vignes autour du clos

Autour du clos, le parcellaire change de visage. La Haie Nardin, à Courchamps, compte 70 ares de chenin âgés de 30 à 60 ans, sur un sol argilo-sableux. Le Clos de la Huberdière, exposé au nord, porte du cabernet franc, du chenin et du chardonnay sur argilo-calcaire.

À Fosse-Bellay, le Clos de la Chenaye repose sur le sable, exposé au sud-ouest. On y trouve du grolleau gris, du sauvignon, du gamay et du cabernet franc. Le Grand Gaudin y ajoute du cabernet franc sur argilo-calcaire et grès. La Terre Saint Bault porte de jeunes plants de chenin, dont le premier millésime est prévu en 2026.

Côté Saumur, la parcelle des Quarts Saint Vincent fait 30 ares. Ce sont des chenins d’une cinquantaine d’années sur argilo-calcaire, tournés vers l’ouest. En tout, le domaine cultive sept cépages : chenin, cabernet franc, gamay, grolleau gris, grolleau noir, chardonnay et sauvignon.

Clos de l’Écotard - Dans les rangs pendant les vendanges, la plaine à l’horizon
Vendanges 2023 dans les rangs du domaine.

Saumur blanc, rouge et fines bulles

Courchamps fait partie de l’aire de l’AOC Saumur, qui couvre les blancs, les rouges et les vins effervescents. Le domaine y inscrit ses chenins secs, son saumur rouge et ses bulles. Le gamay, le chardonnay, le sauvignon et le grolleau sortent en Vin de France.

Bio depuis 2010, et des vignes enroulées

Une certification Ecocert et un cap vers Biodyvin

Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis 2010, sous le contrôle d’Ecocert. Toutes les vignes n’en sont pas au même point : sur les millésimes 2021 et 2022, le saumur rouge, le gamay, le chardonnay et le saumur brut venaient encore de vignes en conversion.

Le Clos de l’Écotard ne s’en tient pas au cahier des charges bio. Il applique des pratiques biodynamiques et a engagé une démarche de certification auprès de Biodyvin. Des arbres fruitiers ont aussi été plantés parmi les vignes.

Cheval, buttage et vignes enroulées

Le domaine mise sur l’enherbement, l’enroulement des vignes dans certaines parcelles et le labour au cheval dans d’autres. Au programme de l’année : buttage, décavaillonnage, puis travail léger du cavaillon. La taille se fait en guyot simple.

Clos de l’Écotard - Guillaume Lerondault au travail du sol entre les ceps
Guillaume Lerondault, responsable technique, au travail du sol.

À La Haie Nardin comme aux Quarts Saint Vincent, les vignes sont enroulées. Le domaine y voit un moyen d’éviter les entre-cœurs et de laisser la vigne se développer plus naturellement.

Toutes les vendanges sont manuelles. Pour les rouges, le raisin passe par un triple tri : à la vigne, sur table en grappes, puis baie par baie.

Des chenins secs, des bulles sans dosage et des rouges infusés

Trois blancs pour trois facettes du chenin

Le domaine s’est fait connaître avec trois blancs tranquilles : La Haie Nardin, la plus simple, le Clos de l’Écotard, l’incontournable, et Les Pentes, la plus complexe. Tous trois sont des chenins secs, au style épuré et ciselé.

Leurs élevages diffèrent. En 2022, le Clos de l’Écotard a passé 18 mois en barriques, dont 10 % de neuves. Les Pentes fermente en foudre de 25 hectolitres, pour un élevage de 24 mois en 2021 et de 18 mois en 2022. En 2021, La Haie Nardin a fermenté moitié en foudre, moitié en cuve inox, avant onze mois d’élevage.

Clos de l’Écotard - Thibaud Chevré au chai, entre les cuves, devant un mur de pierre
Thibaud Chevré, à la tête du domaine depuis 2024.

La gamme s’est élargie à d’autres blancs. Le chardonnay vient d’une parcelle d’un demi-hectare exposée au nord, élevé douze mois en barriques sans fermentation malolactique. Silice est un chenin sur sables, et le domaine produit aussi un blanc de macération de chenin.

Les Quarts Saint Vincent et le saumur brut

Les premières bulles du domaine datent de 2017, avec Les Quarts Saint Vincent. Ce chenin des vignes enroulées de Saumur est élaboré en méthode traditionnelle, sans dosage. Il fermente en foudre, puis reste longtemps sur lattes : 54 mois pour le millésime 2018.

Le saumur brut assemble chenin, grolleau gris et cabernet franc de Fosse-Bellay, issus de vignes d’une cinquantaine d’années. Lui non plus n’est pas dosé. Le millésime 2021 a passé 24 mois sur lattes.

Des rouges depuis 2021

Le domaine signe ses premiers rouges en 2021 : un saumur rouge et un gamay. Le saumur rouge assemble trois parcelles de cabernet franc de 50 à 60 ans, deux à Fosse-Bellay et une à Courchamps. L’une est sur sable, les deux autres sur argilo-calcaire.

Clos de l’Écotard - L’équipe autour de la table de tri pendant les vendanges
L’équipe à la table de tri.

La macération est courte, une vingtaine de jours, et vise l’infusion plus que l’extraction. Le vin s’élève ensuite cinq mois : 30 % en barriques, 3 % en jarre de grès et le reste en cuve. Le domaine cherche un rouge fin, sur le fruit, aux tanins soyeux. Le gamay, lui, vient de 10 ares de vignes de 60 ans à Fosse-Bellay, vinifiés en macération carbonique.

Ces rouges restent dans un registre fin et floral. La Revue du vin de France a fait de son saumur rouge 2022 un coup de cœur, et accorde au domaine deux étoiles dans son guide 2027.

Au clos, uniquement sur rendez-vous

Le domaine reçoit les visiteurs à Courchamps, uniquement sur rendez-vous. Il demande de le contacter au moins sept jours avant la date souhaitée. Ailleurs en France, ses vins passent par un réseau d’agents commerciaux, région par région.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Domaine Éric Chevalier

    Le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en appellation Muscadet Côtes de Grandlieu, entre le lac et l’Atlantique. Éric Chevalier la reprend en 2006 après dix ans de négoce, rejoint en 2008 par sa sœur Gaëlle. Travaillées sans intrant chimique depuis 2014, les vignes sont engagées en bio depuis 2016. Melon, folle blanche, fié gris, chardonnay et pinot noir donnent des vins salins, fermentés sur levures indigènes, dont plus de la moitié part à l’export.

  • Château Yvonne

    Le Château Yvonne cultive 16 hectares en bio depuis 1997 à Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau, sur la côte de Saumur. Recréé par Yvonne et Jean-François Lamunière, il est repris en 2007 par Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron, qui en garde le nom. Ses cabernets francs en Saumur-Champigny et ses chenins secs en Saumur naissent de levures indigènes et d’élevages longs, en partie dans une cave creusée dans le tuffeau. Depuis 2021, des poiriers et des abricotiers poussent au milieu des vignes.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

  • Domaine des Chasseignes

    Le Domaine des Chasseignes cultive 9,5 hectares de sauvignon blanc et de pinot noir à Sury-en-Vaux, sur les terres blanches, les caillottes et le silex du Sancerrois. Aurore Dezat dirige depuis 2011 cette exploitation familiale, rejointe en 2016 par son conjoint David Girard. Engagé chez Ecocert en 2020, le domaine produit des sancerres blancs, rosés et rouges certifiés en agriculture biologique. Ses blancs ont reçu deux coups de cœur du Guide Hachette d’affilée, dans les éditions 2025 et 2026.

  • Château de Coulaine

    Le Château de Coulaine cultive 19 hectares de vignes bio à Beaumont-en-Véron, en appellation Chinon, autour d’un manoir bâti vers 1470. Étienne et Pascale Denys de Bonnaventure le passent en bio en 1994, et leur fils Jean le dirige depuis 2017 avec son épouse Tatiana. Le cabernet franc et le chenin y poussent sur millarges, sables argileux, argilo-calcaires et graviers, que la famille relie à ses cuvées. Les rouges vont de la souplesse à la garde, et trois chenins s’élèvent en barrique ou en jarre de grès.

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