Domaine Arnaud Lambert - Vieux cep chargé de grappes noires avant les vendanges

Domaine Arnaud Lambert

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

Bio

De Saint-Just-sur-Dive aux clos de Brézé

Le Domaine Arnaud Lambert produit des vins bio de Saumur avec deux cépages seulement, le chenin et le cabernet franc. Son siège est au hameau de Mollay, à Saint-Just-sur-Dive, dans le Saumurois. Ses vignes se partagent entre trois communes : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau.

Un financier devenu vigneron en 1996

Tout commence avec Yves Lambert, fils d’agriculteur de Saint-Just-sur-Dive. Il fait d’abord carrière dans la finance et l’assurance. À 47 ans, il change de vie et revient à ses origines saumuroises : il crée le domaine en 1996.

Il se fixe un cap dès le départ : traduire au plus juste les terroirs de Saint-Cyr-en-Bourg. La commune est dans l’aire du Saumur-Champigny, et il y travaille le cabernet franc comme le chenin. Les vins de ces années portent alors le nom de Domaine de Saint-Just.

Arnaud Lambert, œnologue et « paysan-vigneron »

Son fils Arnaud, œnologue, le rejoint en 2005 et prend en charge les vinifications. Yves Lambert disparaît en 2011. Depuis, c’est Arnaud qui dirige le domaine. Il ne craint pas de se présenter comme un « paysan-vigneron ».

Domaine Arnaud Lambert - Arnaud Lambert au volant de son tracteur dans le vignoble
Arnaud Lambert a rejoint son père au domaine en 2005.

Il résume ainsi son parcours : « On ne naît pas vigneron, on s’y intéresse, on revient par des attaches familiales puis année après année une sensibilité se développe. » Son logo l’accompagne d’une signature, « artisan ligérien ».

2009, l’année de Brézé

En 2009, le comte de Colbert, propriétaire du château de Brézé, sollicite Yves et Arnaud Lambert pour reprendre l’exploitation de son vignoble. Le domaine reprend alors huit clos de chenin et de cabernet franc sur la commune de Brézé.

Pendant plusieurs années, les vins sortent sous deux noms, Domaine de Saint-Just et Château de Brézé. Ils sont aujourd’hui réunis sous un seul, celui d’Arnaud Lambert. La même année 2009, l’ensemble du vignoble entame sa conversion à l’agriculture biologique.

Montsoreau, au pied de la Loire

Dix ans plus tard, en 2019, de nouveaux clos voient le jour sur la commune de Montsoreau, au pied de la Loire. Le domaine travaille désormais sur trois secteurs. Arnaud Lambert dit vouloir y poursuivre le réveil de ces terroirs, pour les transmettre au mieux à celui qui suivra.

Un vin par clos, du sable de Brézé aux terres rouges

« Chaque parcellaire ou chaque clos a sa propre identité », écrit Arnaud Lambert. La gamme suit ce principe à la lettre. Elle compte treize vins, et presque tous portent le nom de leur clos ou de leur parcelle. Chacun a sa fiche, avec l’âge des vignes, le sol, le rendement et la durée d’élevage.

Les clos de Brézé, sable et limon sur la craie

À Brézé, les clos sont des enclos de murs, derrière le château. Leur sol fin et sableux repose sur une butte calcaire. Il donne aux vins fraîcheur et acidité. Sept cuvées du domaine en viennent.

Domaine Arnaud Lambert - Grappes de raisin noir posées sur le sol sableux d’une parcelle
Des grappes tombées sur le sable d’une parcelle.

Quatre sont des Saumur blancs. Midi, sur des chenins de 40 ans, est vinifié en cuve. David, du même âge, s’élève douze mois, moitié en barriques, moitié en foudre. La Rue, 35 ans, et Bourguenne, la plus jeune avec 20 ans, passent vingt mois en élevage.

Les trois autres sont des Saumur rouges de cabernet franc. Mazurique (40 ans) est élevé en cuves inox et béton. Tue-Loup (35 ans) passe douze mois entre barriques de deux à trois vins et œuf en béton. L’Étoile, 35 ans aussi, reste vingt mois en barriques pour un rendement de 35 hl/ha.

Saint-Cyr-en-Bourg, le versant Saumur-Champigny

Saint-Cyr-en-Bourg donne les trois Saumur-Champigny du domaine. Terres Rouges vient de vignes de 45 ans sur craie, limon, argile et sable, et s’élève en cuve béton. Montée des Roches, 45 ans également, pousse sur 30 cm de limon argilo-sableux posés sur le calcaire.

Moleton naît sur le calcaire du Turonien, de vignes de 40 ans. Son rendement descend à 35 hl/ha et il passe vingt mois en barriques. Montée des Roches passe le même temps entre barriques, œuf en béton et cuve.

Deux blancs viennent du même secteur. Les Perrières, sur argilo-calcaire, est issu de chenins de 60 ans. La Coulée de Saint-Cyr vient des plus vieilles vignes de la gamme, âgées de 70 ans. Elles poussent sur 30 cm d’argile sableuse au-dessus du calcaire. Elle s’élève vingt mois en barriques et en cuve béton.

1948, un crémant de Loire sans dosage

La treizième cuvée, 1948, est un crémant de Loire brut nature de chenin. Ses vignes ont 70 ans et poussent sur 30 cm d’argile au-dessus du calcaire. Les vins de base passent six à huit mois en barriques de trois à cinq vins.

Après la prise de mousse en méthode traditionnelle, les bouteilles restent 36 mois sur lattes. Le vin n’est pas dosé.

Bio depuis 2009, pratiques biodynamiques depuis 2018

Une conversion lancée avec la reprise de Brézé

Le domaine s’engage en agriculture biologique en 2009, l’année où il reprend les clos de Brézé. La certification est acquise en 2012. Le contrôle est assuré par Bureau Veritas.

Des pratiques biodynamiques, sans label

En 2018, le domaine passe aux pratiques biodynamiques. Arnaud Lambert y cherche à rester proche de son terroir et à développer une sensibilité au microcosme comme au macrocosme. Le domaine n’est certifié ni par Demeter ni par Biodyvin : il reste certifié en agriculture biologique.

Domaine Arnaud Lambert - Deux vendangeurs et leurs hottes au bout des rangs
Deux vendangeurs et leurs hottes au bout des rangs.

Onze personnes entre vigne et chai

Arnaud Lambert ne travaille pas seul. Jonathan est chef de culture, Jérémy chef d’équipe à la vigne et Laurent maître de chai. Carole et Hervé travaillent dans les rangs, Baptiste et Bernard conduisent les tracteurs.

Côté bureau, Julien et Cindy tiennent la logistique et l’administration, et Géraldine s’occupe de la vente. Au total, l’équipe compte onze personnes, vigneron compris.

Chenin et cabernet franc, le profil des vins

Des chenins faits pour durer

Les blancs sont tous des chenins purs, à des rendements de 40 à 45 hl/ha. Midi, vinifié en cuve, se garde 6 ans. La Rue, Bourguenne et la Coulée de Saint-Cyr, élevés vingt mois, en annoncent 10 à 15.

Pour chacun, le domaine suggère des accords. Midi va avec un sandre au beurre blanc, David avec un tartare de saint-jacques au citron. Les Perrières accompagne des moules farcies au beurre d’amande. Le fromage de chèvre revient souvent.

La Coulée de Saint-Cyr 2008 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette dans son édition 2011. Le nez mêlait fruit de la Passion, agrumes, fruits confits et fleurs blanches. Le palais, ample, gardait la fraîcheur des blancs du Saumurois.

Des rouges entre cuve et barrique

Les rouges se rangent en deux familles. Mazurique et Terres Rouges, élevés en cuve, se gardent environ 6 ans. Tue-Loup et Montée des Roches, passés en partie sous bois, vont jusqu’à 8 ans. Moleton et L’Étoile, vingt mois en barriques, annoncent 10 à 15 ans de garde.

Domaine Arnaud Lambert - Grappes de raisin noir cueillies à la main pendant les vendanges
Le cabernet franc, seul cépage rouge du domaine.

Côté table, Mazurique accompagne un carpaccio de bœuf ou un turbot au beurre rouge. L’Étoile et Moleton appellent le gibier : pavé de biche, sanglier aux poires, parmentier de cerf.

Terres Rouges a lui aussi été distingué. Son millésime 2005 a reçu un coup de cœur du Guide Hachette dans l’édition 2007, le troisième du domaine en Saumur-Champigny.

Saumur, Saumur-Champigny et crémant, le cadre des vins

Trois appellations pour deux cépages

Le domaine produit du Saumur blanc et rouge, du Saumur-Champigny et du Crémant de Loire. Tous ses Saumur-Champigny viennent de Saint-Cyr-en-Bourg, tous ses Saumur rouges de Brézé.

Brézé, Saint-Cyr-en-Bourg et Chacé forment aujourd’hui une seule commune, Bellevigne-les-Châteaux. Le Saumurois est un pays de châteaux et de vins. Il borde la Loire, dont le Val est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Brézé, un nom de commune, pas une appellation

Les chenins de Brézé ont une réputation ancienne : Curnonsky voyait dans ce coin du Saumurois le berceau du chenin. Pourtant, le nom n’est ni une appellation ni une indication géographique.

Brézé est une commune de l’aire de l’appellation Saumur, et ses vins sortent en Saumur. Le syndicat des vins de Saumur a évoqué une hiérarchie des crus en Saumur blanc. Elle pourrait un jour mettre ces lieux en valeur.

Déguster à Saint-Just-sur-Dive

Le domaine reçoit à Saint-Just-sur-Dive, sur rendez-vous, pour la dégustation et la vente à la propriété. La visite se combine avec les étapes que le domaine conseille alentour : l’abbaye de Fontevraud, le château de Saumur, le village de Montsoreau.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Clos de l’Écotard

    Le Clos de l’Écotard cultive 15 hectares en appellation Saumur, à Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur. Michel Chevré l’a fondé en 2011, alors chef de culture au Domaine des Roches Neuves, et son fils Thibaud le dirige depuis 2024. Engagé en bio depuis 2010, le domaine laboure au cheval son clos de chenin planté à 8 000 pieds par hectare. Il en tire des chenins secs comme La Haie Nardin et Les Pentes, des bulles sans dosage et, depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay.

  • Domaine Éric Chevalier

    Le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en appellation Muscadet Côtes de Grandlieu, entre le lac et l’Atlantique. Éric Chevalier la reprend en 2006 après dix ans de négoce, rejoint en 2008 par sa sœur Gaëlle. Travaillées sans intrant chimique depuis 2014, les vignes sont engagées en bio depuis 2016. Melon, folle blanche, fié gris, chardonnay et pinot noir donnent des vins salins, fermentés sur levures indigènes, dont plus de la moitié part à l’export.

  • Château Yvonne

    Le Château Yvonne cultive 16 hectares en bio depuis 1997 à Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau, sur la côte de Saumur. Recréé par Yvonne et Jean-François Lamunière, il est repris en 2007 par Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron, qui en garde le nom. Ses cabernets francs en Saumur-Champigny et ses chenins secs en Saumur naissent de levures indigènes et d’élevages longs, en partie dans une cave creusée dans le tuffeau. Depuis 2021, des poiriers et des abricotiers poussent au milieu des vignes.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

  • Domaine des Chasseignes

    Le Domaine des Chasseignes cultive 9,5 hectares de sauvignon blanc et de pinot noir à Sury-en-Vaux, sur les terres blanches, les caillottes et le silex du Sancerrois. Aurore Dezat dirige depuis 2011 cette exploitation familiale, rejointe en 2016 par son conjoint David Girard. Engagé chez Ecocert en 2020, le domaine produit des sancerres blancs, rosés et rouges certifiés en agriculture biologique. Ses blancs ont reçu deux coups de cœur du Guide Hachette d’affilée, dans les éditions 2025 et 2026.

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