Château Bonisson - Le vignoble cerné de bois, vu du ciel, à Rognes

Château Bonisson

Région viticole

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Provence

Bio

Une bastide de Rognes rendue à la vigne

Le Château Bonisson cultive 10 hectares de vignes en agriculture biologique à Rognes, à une vingtaine de minutes d’Aix-en-Provence. Ses vins relèvent de l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. La famille Le Dorze a acquis le domaine en 2017. Elle y laboure les rangs au cheval, règle les travaux sur les phases de la lune et vendange tout à la main.

Bonnir, le vieux verbe qui a donné son nom au domaine

En vieux français, bonnir veut dire bavarder, discuter. Le mot a donné son nom au lieu, qui s’écrivait alors « Bonnisson », avec deux n. La bastide domine le vignoble depuis sa terrasse à l’italienne, et l’on venait ici se retrouver et échanger dès les beaux jours.

La vigne y a une longue histoire. Des parcelles sont enregistrées sur ce lieu dès 1791. La bastide date du XVIIIe siècle, mais une construction plus ancienne porte la date de 1619, gravée sur une vieille porte cochère. Cette date a servi de logo au domaine et a donné son nom à une ancienne gamme, Opus 1619.

2017, un rêve de jeunesse venu de Bourgogne

Acheter un domaine viticole était pour les Le Dorze un « rêve de jeunesse ». La famille vient de Bourgogne et a toujours gardé un lien avec la vigne. En 2017, elle découvre Bonisson : une bastide, un vignoble d’un seul tenant cerné de bois et une colline couverte de chênes centenaires. L’ancien domaine était alors un peu à l’abandon.

Les vignes, elles, étaient déjà conduites en bio. L’exploitation est engagée auprès d’Ecocert depuis 2012, sous le précédent propriétaire, et la famille a poursuivi dans cette voie. Elle a ensuite lancé d’importants travaux de restructuration pour mieux tirer parti de chaque parcelle.

Victoire Le Dorze dirige aujourd’hui le domaine. Elle a commencé sa carrière dans l’agroalimentaire et le marketing, loin des vignes, avant de s’installer à Bonisson. Elle s’est formée à la viticulture et à l’œnologie à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse. Son père, Christian Le Dorze, collectionneur d’art contemporain, construit le domaine avec elle.

Château Bonisson - Victoire Le Dorze accroupie entre deux rangs de vigne
Victoire Le Dorze, formée à l’Université du Vin de Suze-la-Rousse.

Dix hectares labourés au cheval et au rythme de la lune

Calcaire, argilo-calcaire et limons sur un même vignoble

Bordés d’un espace boisé, les 10 hectares de vigne forment un écosystème protégé. Ils occupent une zone où se rencontrent trois types de sols : calcaire, argilo-calcaire et limoneux.

Pour s’y retrouver, la famille a fait réaliser une étude pédologique précise de ses parcelles. Elle a permis, très tôt, d’accorder chaque cépage au sol qui lui convient. Les blancs de la Cuvée B viennent ainsi des terroirs calcaires et des zones les plus fraîches du domaine. Le rosé de la même gamme sort de parcelles choisies dès le départ pour ce vin.

Deux chevaux pour ne pas tasser la terre

À Bonisson, le travail du sol se fait au cheval. Le cavaillonnage, qui butte la terre au pied des ceps, et le décavaillonnage, qui la retire au printemps, passent par la traction animale. Deux chevaux se partagent ces labours. L’objectif est simple : ne pas tasser les sols et ne blesser aucun pied de vigne.

Château Bonisson - Labour au cheval dans une jeune vigne, la bastide en arrière-plan
Labour au cheval au printemps, sous les murs de la bastide.

Entre les rangs, l’herbe pousse librement et nourrit le sol en azote. Les parcelles se replantent en sélection massale. Les différents travaux de la vigne suivent les phases de la lune, un calendrier que Victoire Le Dorze applique aussi à l’élevage des vins.

Des vendanges à la main, tôt le matin

Toute la vendange se fait à la main, y compris pour les cépages destinés aux rosés. Les vendangeurs commencent très tôt le matin, à la fraîche. Le domaine fait appel à une équipe expérimentée, et les rendements restent faibles à l’hectare.

Rognes dans l’histoire des Coteaux d’Aix-en-Provence

Du Roy René à l’appellation de 1985

L’histoire du vignoble aixois se confond avec celle de la Provence. Au XVe siècle, le roi René, surnommé le Roy Vigneron, fait connaître le vignoble provençal dans la plupart des cours d’Europe. Le phylloxéra, arrivé du Languedoc en 1880, ne laisse ensuite qu’un cinquième de l’ancien vignoble.

La reconnaissance vient par étapes. Les vins prennent le nom de Coteaux du Roy René en 1946, deviennent VDQS Coteaux d’Aix dix ans plus tard, puis appellation d’origine contrôlée par le décret du 24 décembre 1985. Rognes se trouve dans cette aire, qui produit des vins dans les trois couleurs.

L’appellation reste très marquée par les rosés d’été, à boire entre copains. La famille Le Dorze a d’emblée affiché une autre ambition : tirer les Coteaux d’Aix vers le haut, avec des vins de garde dans les trois couleurs.

Un encépagement provençal, et une parcelle de chardonnay

Les blancs du domaine assemblent vermentino et sauvignon, dans des proportions qui varient selon les millésimes. Les rouges reposent sur la syrah et le grenache, rejoints par le cabernet-sauvignon dans la Cuvée B. Ce sont des cépages que l’on retrouve parmi les principaux de l’appellation.

Le domaine possède aussi une seule parcelle de chardonnay. Elle donne à elle seule le blanc de la gamme Abstraction.

La Petite Causerie, la Cuvée B et Abstraction : trois registres

Le domaine décline trois gammes, chacune en blanc, en rosé et en rouge. Elles vont du vin de convivialité au vin de gastronomie produit en petites quantités. Deux effervescents complètent l’ensemble.

La Petite Causerie, le vin de la conversation

Second vin du domaine, La Petite Causerie reprend l’histoire du verbe bonnir. Elle rend hommage aux artistes qui venaient, au siècle dernier, partager un verre et échanger leurs idées. C’est un vin de plaisir, à boire entre amis, à l’ombre d’une tonnelle.

Le blanc, vermentino et sauvignon, offre des notes d’agrumes et d’ananas sur une trame fraîche. Le rosé joue la pêche et le litchi, avec une bouche tonique. Le rouge, syrah et grenache, reste frais et équilibré, sur les fruits noirs et les épices.

La Cuvée B, les meilleures parcelles en trois couleurs

B comme Bonisson. Cette cuvée réunit les meilleures parcelles du domaine et recherche la pureté, l’intensité et le potentiel de garde. La forme de son flacon et le dessin de son étiquette ont été pensés comme un objet d’art moderne.

Le blanc associe des notes fruitées à une finale structurée. Le rosé, fin, mêle agrumes et épices. Le rouge assemble syrah, grenache et cabernet-sauvignon, et passe 9 mois en barrique. Une version rosée effervescente, aux bulles fines et aux notes d’agrumes, s’ajoute à la gamme.

Abstraction, des bouteilles numérotées vendues au caveau

Abstraction est le haut de gamme du domaine. Produite en petites quantités, chaque bouteille est numérotée, et on ne la trouve qu’au caveau. Le blanc, 100 % chardonnay, s’élève 6 mois en fûts de chêne, en barriques inox et en œufs en béton. Le nez est puissant et brioché, la finale légèrement miellée.

Le rosé est élevé en fûts de chêne, entre fruits exotiques et fruits rouges. Le rouge, 100 % syrah, est élaboré en vinification intégrale, la fermentation se faisant en fût, pour obtenir des tanins fondus. Il tient sur la griotte, le cassis et le poivre. Un rouge effervescent, sur le cassis et la violette, complète la gamme.

Château Bonisson - Les trois Abstraction posées sur des barriques au chai
Abstraction, en blanc, rosé et rouge : des bouteilles numérotées.

À Bonisson, la vigne, le caveau et l’art contemporain

Un tour des vignes, puis la dégustation

Le domaine reçoit toute l’année pour une visite des vignes, suivie d’une dégustation au caveau. Celui-ci occupe un bâtiment inauguré fin 2020, qui abrite aussi le centre d’art. On y trouve le miel et l’huile d’olive du domaine, dont les oliviers sont certifiés bio comme la vigne.

Château Bonisson - Le caveau voûté de dégustation et son comptoir
Le caveau, inauguré fin 2020 dans le bâtiment du centre d’art.

Le Bonisson Art Center et ses expositions gratuites

Ouvert fin 2020, le Bonisson Art Center présente des expositions d’art contemporain gratuites et en libre accès. Des artistes français et étrangers y montrent peinture, sculpture, photographie ou installations, parfois créées sur place. La première exposition était consacrée à Georges Rousse.

Le centre appartient au Réseau Plein Sud, qui fédère plus de 70 lieux d’art contemporain dans le sud de la France. Christian Le Dorze y conduit lui-même des visites guidées des expositions.

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Les autres domaines de la région Provence

  • Domaine de la Garenne

    Le Domaine de la Garenne cultive 25 hectares en appellation Bandol à La Cadière-d’Azur, dans un vallon situé à cinq kilomètres de la mer. Ancien enclos de chasse acheté en 1790, il a été mis en vigne par le comte Jean de Balincourt, puis repris en 2000 par sa fille Béatrix. Sa cuvée M, un rosé où domine le mourvèdre, a reçu deux coups de cœur du Guide Hachette. Engagé en bio en 2023, le domaine élève ses Bandol rouges dix-huit mois en foudres de chêne.

  • Château des Demoiselles

    Le Château des Demoiselles cultive 72 hectares de vignes en Côtes-de-Provence sur un domaine de 300 hectares à La Motte, dans la vallée des Esclans. La famille d’Aurélie Bertin, propriétaire de 1956 à 1978, l’a repris en 2005 et rebaptisé en hommage aux filles du comte de Provence. Engagé en bio en 2019, le vignoble est certifié Agriculture Biologique depuis 2022 et labellisé Vignerons Engagés. Deux collections, Château des Demoiselles et Charme des Demoiselles, se déclinent en rosé, blanc et rouge.

  • Château de la Bégude

    Le Château de la Bégude cultive 32 hectares en bio sur les coteaux de Rousset, au pied de la Sainte-Victoire, en appellation Côtes de Provence. La famille Rey-Sabatier-Lefebvre le tient depuis 1896, et Didier Lefebvre, ancien avocat, en est la cinquième génération. Ses rouges, vendangés à la main, sont vinifiés en grappes entières et élevés en vieux foudres ou demi-muids. Le blanc, le rosé et le blanc de noirs de grenache sont vendangés de nuit, pour garder leur fraîcheur.

  • Château Gassier

    Au pied de la Sainte-Victoire, le Château Gassier cultive 40 hectares en bio à Puyloubier, découpés en 26 micro-parcelles sur calcaire et argile rouge. Antoni Gassier achète la propriété en 1982, rejoint le groupe AdVini avec son fils en 2004, et Georges reprend le vignoble en 2009. Certifié bio en 2016, le domaine ne produit que des rosés et des blancs, en Côtes de Provence et en Sainte-Victoire. Ses cuvées passent en cuve béton ou en demi-muid autrichien, comme le rosé 946, né en 2010, et Elevae, élevé vingt-quatre mois.

  • Domaines Bunan

    Les Domaines Bunan réunissent trois terroirs autour de La Cadière-d’Azur et du Castellet : le Moulin des Costes, fondé en 1961 par Paul et Pierre Bunan, le Château la Rouvière et le Bélouvé. Les deux premiers donnent des Bandol, le troisième des Côtes de Provence. Tout le vignoble est certifié en agriculture biologique depuis 2008 et conduit par la troisième génération de la famille. Le mourvèdre guide des rouges de garde, élevés 18 mois et plus en foudres ou en barriques de chêne.

  • Domaine Fredavelle

    Le Domaine Fredavelle cultive 25 hectares en agriculture biologique à Éguilles, à dix minutes d’Aix-en-Provence, dans l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. David Ravel y vinifie depuis 1999 les raisins que ses grands-parents vendaient à la coopérative, associé depuis 2015 à l’œnologue Olivia Menigoz. Engagé en bio en 2019, le domaine produit surtout des rosés, du plus frais au rosé de gastronomie élevé sous bois. Des rouges, des blancs, deux Pet’Nat’ de grenache et la gamme Echo x Olivia complètent la production.

  • Sinaca Villa

    Sinaca Villa, l’ancien nom de Sénas, désigne le vignoble de 6 hectares planté de zéro en 2018 par Agathe Genty et Nicolas Mertz, entre Alpilles et Luberon. Rencontrés en Nouvelle-Zélande, ces deux ingénieurs agronomes ont choisi des cépages atypiques en Provence, dont le petit verdot, le caladoc et le souvignier gris, résistant aux maladies. Engagé en bio depuis 2020, le domaine vendange de nuit sur les galets et les argiles de l’ancienne vallée de la Durance. Deux gammes, Sinaca et Arômes, déclinent les trois couleurs en IGP Méditerranée.

  • Domaine de Valdition

    Entre Orgon et Eygalières, le Domaine de Valdition couvre 240 hectares au pied des Alpilles, une terre offerte en dot par François Ier à sa fille Caroline du Prévôt. Ses 70 hectares de vignes, en bio depuis 2006, réunissent une vingtaine de cépages, du grenache au chasan et à la petite arvine. Le domaine signe des IGP Alpilles et le Coteaux d’Aix-en-Provence Vallon des Anges, né sur les coteaux calcaires de Roquemartine. Ses 30 hectares d’oliviers donnent des huiles en AOP Vallée des Baux de Provence.

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