Château de Chelivette - Vue aérienne du château, de ses vignes et de ses prairies

Château de Chelivette

Région viticole

Région viticole

Bordeaux

BioDemeter

Le Château de Chelivette occupe un coteau de Sainte-Eulalie, au nord de l’Entre-deux-Mers, à un quart d’heure de Bordeaux. C’est l’une des plus anciennes propriétés viticoles de la Gironde. Depuis 2014, Florence et Jacques Borel y mènent un vignoble bio et en biodynamie, certifié Demeter, qu’ils ont replanté en partie et entouré d’une ferme : prairies, verger, potager, ruches, poules et moutons.

Quatre siècles de vin sur la seigneurie de Chelivette

Du château fort aux Jésuites de Bordeaux

Au XIIIe siècle, le château fort de la seigneurie de Chelivette se dressait à l’endroit où se trouvent aujourd’hui les chais de vinification. Le château actuel a été remanié à la fin du XVIe siècle pour Pierre de Seurin, conseiller au Parlement.

Au XVIIe siècle, le vin de Chelivette change de mains. Les chanoines du Collège des Jésuites de Bordeaux sont propriétaires du domaine de 1626 à 1764. En 1656, un jugement du Parlement de Rennes leur octroie la totalité du vin produit sur la seigneurie. En 1764, le domaine passe au Collège de Guyenne.

Dans le jardin, la chapelle porte la date de 1620 sur son fronton, avec une inscription latine tirée d’un psaume, qui invite à entrer par ces portes avec des louanges. Le domaine la rapproche de la musique céleste du « Jubilate » de Mozart, un nom que l’on retrouve aujourd’hui sur une de ses cuvées.

Un sémaphore de 1791 et un colombier de 1 300 boulins

Sur le coteau, une tour carrée rappelle une autre histoire. Construite en 1791, elle servait de relais au télégraphe optique de Claude Chappe, qui transmettait les messages par des bras articulés. En 1794, la nouvelle de la reddition du prince de Condé est passée par elle. Un colombier circulaire de près de 1 300 boulins complète l’ensemble.

Château de Chelivette - La tour carrée du télégraphe Chappe sur le coteau
La tour du télégraphe Chappe, relais construit en 1791 sur le coteau.

Entre les deux guerres, le vignoble a déjà sa réputation. L’édition de 1929 du guide des vins de Bordeaux de Cocks et Féret décrit un vignoble « situé sur un coteau bien exposé », qui produit « des vins très recherchés » primés dans les expositions. Il couvre alors 20 hectares.

De la finance à Londres à une ferme en biodynamie

Un changement de vie en 2014

Florence et Jacques Borel travaillaient tous les deux dans la finance, à Londres. Ils voulaient changer de vie et voir grandir leurs enfants. Un premier château de la région, avec un seul hectare de vigne, leur sert d’apprentissage avant d’être revendu.

En 2014, ils rachètent deux propriétés voisines de Sainte-Eulalie, Chelivette et le Château Mathereau. Les années suivantes sont consacrées à rénover les chais et à restructurer le vignoble. La saison 2015 sert d’état des lieux, vigne par vigne.

Arracher, replanter, convertir : de 2016 à 2019

L’année 2016 commence par un coup dur : 4 hectares de vignes trop abîmées sont arrachés. Le couple a entamé la conversion en bio et en biodynamie dès son arrivée, comme une partie de son projet de vie. L’engagement officiel en agriculture biologique date de cette année 2016, celle des premières dynamisations.

Les replantations suivent. En 2017, 4 hectares à Sainte-Eulalie reçoivent du cabernet franc, du sémillon, du malbec et du cabernet sauvignon. En 2018, 3 hectares de cabernet sauvignon, cabernet franc et merlot s’y ajoutent, avec des couloirs forestiers plantés autour de la propriété.

Le millésime 2019 est la première récolte labellisée bio et Demeter. Tout le domaine a terminé sa conversion cette année-là.

Château de Chelivette - Caisses de vendange remplies de raisins noirs
Vendanges au domaine, certifié bio et Demeter depuis la récolte 2019.

Moutons, ruches et potager autour des vignes

Chelivette ne se résume pas à ses vignes. Le couple veut en faire une ferme autonome, et chaque année ajoute un élément : un verger de 65 arbres fruitiers en 2019, des ruches en 2020 pour la biodiversité et le miel, un potager et une activité de maraîchage en 2021, des poules en 2022, des moutons en 2023.

Les céréales, les prairies et les haies complètent cette polyculture. Les moutons, les poules et les abeilles participent à l’entretien du domaine. Les légumes de la serre sont vendus sur place. Florence Borel y voit le retour d’une organisation ancienne : au siècle dernier, la polyculture était au centre des exploitations agricoles.

Château de Chelivette - Moutons et coq dans la prairie du domaine
Moutons et poules, arrivés en 2023 et 2022, entretiennent les prairies.

Ce travail a été distingué en 2023 par une médaille de bronze aux Trophées Bordeaux Vignoble Engagé, dans la catégorie « Nature et Respect », qui récompense la réduction durable des pesticides.

Sept cépages sur la ligne de partage des eaux

Une douzaine d’hectares entre Sainte-Eulalie et Saint-Loubès

Le domaine s’étend sur environ 30 hectares, à cheval sur les communes de Sainte-Eulalie et de Saint-Loubès. Les vignes en occupent une douzaine. Elles descendent à flanc de coteau, bien exposées, sur des sols argilo-calcaires.

La propriété se trouve sur une ligne de partage des eaux, et cinq terroirs différents s’y côtoient. Sept cépages composent l’encépagement : merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc et malbec pour les rouges, sémillon, sauvignon blanc et sauvignon gris pour les blancs.

Château de Chelivette - Les chais et le vignoble vus du ciel
Les chais occupent l’emplacement du château fort du XIIIe siècle.

L’eau, les tisanes et la lune

Aucun produit de synthèse n’entre dans les vignes. Les Borel pulvérisent des tisanes et des décoctions de plantes, dynamisent l’eau et tiennent compte du calendrier lunaire. Le but affiché est l’équilibre et la bonne santé des plantes.

Château de Chelivette - Vieux cep dans une vigne enherbée
Tisanes, décoctions et eau dynamisée remplacent les produits de synthèse.

Les arbres centenaires, les haies et les prairies jouent aussi leur rôle. Ils abritent une petite faune qui aide à lutter contre les parasites de la vigne. Pour le domaine, c’est la diversité de la nature qui protège le mieux la vigne.

Des bordeaux de polyculture, de la cuve à l’amphore

Du bordeaux supérieur au premières-côtes-de-bordeaux

La gamme mêle appellations régionales et appellations des coteaux de la rive droite de la Garonne. Le Château de Chelivette et le Domaine du Télégraphe sont des rouges en Bordeaux supérieur. L’Esprit de la Fleur se présente en Cadillac Côtes de Bordeaux. Le Château Mathereau, blanc moelleux, porte l’appellation Premières Côtes de Bordeaux.

Autour de ces vins, le domaine produit un bordeaux clairet, un rosé, le Clair de Chelivette, des bulles rosées et un blanc en IGP Atlantique. Les assemblages des sept cépages donnent aussi naissance à des éditions limitées, qui changent d’un millésime à l’autre.

Une jarre de Toscane et une cuvée sans sulfite ajouté

Les vins s’élèvent en amphores, en cuves et en barriques. L’histoire des amphores commence par un cadeau : Florence offre à son mari une jarre en terre cuite achetée en Toscane, pour y élever un rouge. Le résultat les convainc, et une jarre plus grande prend le relais.

Château de Chelivette - Amphores en terre cuite au chai
Amphores en terre cuite, au chai, pour l’élevage de JB 01.

Deux éditions limitées sont nées de ces essais. JB 01 Jubilate est élevée en amphore, S en Ciel est vinifiée sans sulfite ajouté. Aux Talents de Bordeaux 2022, toutes deux ont été primées dans la catégorie « Vin insolite », pour la récolte 2019 de JB 01 et la récolte 2020 de S en Ciel.

Un rouge juteux de merlot et de cabernet sauvignon

Le Château de Chelivette rouge repose sur l’assemblage classique du merlot et du cabernet sauvignon. Il joue sur le fruit et la rondeur. Selon les millésimes, les dégustateurs y relèvent des saveurs franches et juteuses, des notes de fruits noirs et d’épices, une bouche ample aux tanins fins.

Le millésime 2016 a obtenu deux étoiles au Guide Hachette 2019, la mention « vin remarquable ». Le 2019, premier millésime certifié, a reçu 90/100 de La Revue du vin de France, qui y relève un nez croquant et fumé, un jus sanguin et un tanin ample.

Visiter Chelivette, à quinze minutes de Bordeaux

Un vignoble au fil de l’histoire

Le domaine se trouve à trois minutes de la sortie 43 de l’autoroute A10, à quinze minutes de Bordeaux comme de Saint-Émilion. Il porte le label Vignobles & Découvertes. La visite « Un vignoble au fil de l’histoire » passe par la chapelle de 1620, le colombier et le télégraphe, et explique la biodynamie au fil du parcours.

Le domaine propose aussi un brunch vigneron, avec visite des chais et dégustation. Les animaux de la ferme servent à des activités de médiation animale, notamment pour des publics en situation de handicap, et des ateliers de vendange accueillent les écoles maternelles.

Le Château Mathereau, pour dormir sur place

Racheté en même temps que Chelivette, le Château Mathereau a été entièrement rénové. Classé cinq étoiles, il accueille jusqu’à 12 personnes dans six chambres, avec salons, piscine et terrasse ouverte sur les vignes.

Florence Borel souligne que sa clientèle de semaine est surtout anglo-saxonne, attirée par la position du domaine entre Saint-Émilion, Bordeaux et le bassin d’Arcachon. Les visites se font à Chelivette, la nuit à Mathereau, sur la même propriété.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château La Grâce Fonrazade

    Le Château La Grâce Fonrazade n’avait plus produit de vin depuis 1985 quand François-Thomas Bon et Bénédicte Simonet l’ont racheté en 2010. Ses parcelles de Saint-Émilion Grand Cru, réparties autour du village, mêlent graves fines, sables et argiles calcaires, à dominante de merlot. Engagé en bio depuis 2013, le domaine vinifie dans un chai reconstruit la même année et autonome en chauffage. Il signe aussi un bordeaux blanc de sauvignon gris, et son grand cru 2022 a reçu deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château Vieux Chevrol

    Le Château Vieux Chevrol cultive 34 hectares sur le plateau de Néac, commune du nord de l’appellation Lalande-de-Pomerol qui eut sa propre AOC avant de la rejoindre en 1954. Venue d’Auvergne par le négoce en 1921, la famille Champseix en est à sa troisième génération avec Michel, ingénieur agronome et œnologue arrivé en 2013. Il a converti tout le vignoble en bio dès 2015, deux ans après sa première vinification. Le domaine produit un seul vin rouge, à 80 % de merlot, élevé douze mois en demi-muids de 600 litres.

  • Château Paloumey

    Le Château Paloumey cultive 37 hectares en Haut-Médoc, sur les graves de Ludon-Médoc et de Cussac-Fort-Médoc. Arraché au XXe siècle, son vignoble a été replanté à partir de 1990 par Martine Cazeneuve, sur une propriété qui n’avait plus un pied de vigne. Son fils Pierre, ingénieur agronome, l’a engagé en bio dès 2016 et y plante des lignes d’arbres depuis 2021. Classé Cru Bourgeois Exceptionnel en février 2025, le château ouvre aussi son chai aux visiteurs.

  • Château Gadet Terrefort

    Le Château Gadet Terrefort est un cru artisan du Médoc fondé en 1921 à Gaillan-en-Médoc et tenu aujourd’hui par Anaïs Bernard, troisième génération. Ses 30 hectares de vignes se partagent entre les sables graveleux de Gaillan et les argilo-calcaires d’Ordonnac, au bord de l’estuaire. Engagé en bio en 2019, le domaine est entièrement conduit en agriculture biologique depuis 2023. Une cinquantaine de vaches limousines fournissent le fumier des vignes, et la scierie familiale taille les piquets d’acacia du palissage.

  • Château Bastor-Lamontagne

    Le Château Bastor-Lamontagne cultive 50 hectares de vignes d’un seul tenant à Preignac, dans l’appellation Sauternes, sur la deuxième terrasse de la Garonne. Engagé en bio en 2010, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016, planté de 80 % de sémillon et de 20 % de sauvignon. Ancienne propriété royale passée par les Larrieu de Haut-Brion puis par le Crédit Foncier, il appartient depuis 2018 à la famille Helfrich. Ses Sauternes, fermentés en barriques neuves, misent sur le fruit, la fraîcheur et un sucre modéré.

  • Château Fougas

    Le Château Fougas cultive 22 hectares en Côtes de Bourg, sur un plateau de Lansac où des argiles bleues reposent sur la molasse du Fronsadais. Racheté en 1976 par Jean-Yves Béchet, qui le tient avec Michèle Béchet, il est certifié en biodynamie depuis 2010 et porte le label Demeter. Ses rouges à dominante de merlot, de Maldoror à Forces de Vie, cherchent « la violette plutôt que le goudron ». Premier à pratiquer la location de pieds de vigne, le château invite ses locataires à vendanger leur propre millésime.

  • Château Tire Pé

    Le Château Tire Pé cultive 6 hectares de vignes en bio à Gironde-sur-Dropt, dans l’Entre-deux-Mers, sur une colline argilo-calcaire au-dessus de la Garonne. David Barrault, installé en 1997, y a replanté le castets et le mancin des palus, deux cépages bordelais oubliés depuis le phylloxéra, élevés en jarres de terre cuite. Ses vins sortent en AOC Bordeaux ou en Vin de France, vinifiés en douceur et peu soufrés. Travaillé en bio depuis 2008, le domaine est certifié par Ecocert depuis 2014.

  • Château de La Dauphine

    Le Château de La Dauphine cultive 66 hectares de merlot et de cabernet franc en appellation Fronsac, en amphithéâtre au-dessus de la Dordogne. Bâti en 1750, il doit son nom à Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France et mère de Louis XVI. Certifié bio depuis le millésime 2015, le vignoble suit des pratiques biodynamiques et accueille des brebis chaque hiver. Le grand vin s’élève un an en barriques, en foudres et en amphores, à côté de Delphis, d’un rosé et d’un blanc.

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