Château de Cuqueron
Sommaire
- Un château du XIVe siècle rendu au petit manseng
- Sur les coteaux de Cuqueron depuis 1324
- 2013, Nicole et Olivier Peyret reprennent le vignoble
- Le petit manseng pour seul cépage
- Poudingue et foehn, le terroir du Jurançon à Cuqueron
- Des racines dans le poudingue pyrénéen
- Le foehn, vent du sud qui passerille les raisins
- Le vin de Monein des rois de Navarre
- Deux jurançons de petit manseng, l’un doux, l’autre sec
- Levures indigènes et barriques
- La Cuvée n°1, un moelleux de grande garde
- La Cuvée n°2, un sec élevé en barriques
- Un château bio qui reçoit sur rendez-vous
- En agriculture biologique depuis 2016
- Groupes, vente à la propriété et pêches Roussanne
Un château du XIVe siècle rendu au petit manseng
Sur les coteaux de Cuqueron depuis 1324
Le Château de Cuqueron produit des vins bio en AOC Jurançon, dans le Béarn. Il se dresse sur les coteaux du village de Cuqueron, commune voisine de Monein, près de Pau. Sa fondation remonte au XIVe siècle, et le château fait partie du patrimoine local depuis 1324.
La bâtisse actuelle a été restaurée au XVIIe siècle. La propriété profite de la vue sur la chaîne des Pyrénées. Autour d’elle, les vignes occupent le versant sud du coteau.


2013, Nicole et Olivier Peyret reprennent le vignoble
En 2013, Nicole et Olivier Peyret reprennent le vignoble du château. Ils décident d’y planter de nouvelles vignes et d’entamer une conversion en agriculture biologique. Le château a retrouvé sa vocation d’origine grâce à la volonté de ses propriétaires.
Les Peyret présentent Cuqueron comme « la racine d’un projet » et parlent d’une « renaissance ». Ils signent leurs vins d’une formule : « Cuqueron, vin Haute Culture ». Au chai, Bruno Meilhon tient le rôle de maître de chai et s’occupe aussi des relations commerciales.
Le petit manseng pour seul cépage
Le parti pris des Peyret tient en un mot : petit manseng. Ils ont replanté avec ce seul cépage. L’appellation autorise pourtant aussi le gros manseng, le courbu, le petit courbu, le camaralet de Lasseube et le lauzet. Les deux vins du château sont issus à 100 % de petit manseng.
Le domaine le présente comme le « cépage roi » du Jurançon. Comme les autres cépages locaux, c’est un raisin tardif à la peau épaisse. Il est ainsi bien adapté au climat de la région, résiste à la pourriture grise et supporte la surmaturité.

Poudingue et foehn, le terroir du Jurançon à Cuqueron
Des racines dans le poudingue pyrénéen
Les vignes du château sont profondément enracinées dans le poudingue pyrénéen. Cette roche est un conglomérat à galets et ciment calcaire. En surface, elle s’altère et se présente sous forme d’une argile caillouteuse.
Sur ce versant sud, les galets drainent le sol. Ils restituent aussi de la chaleur pendant la nuit. Dans le poudingue, les hauts de vallons forment des cirques resserrés, aux pentes souvent fortes. Les eaux de pluie s’y évacuent par ruissellement.
Le foehn, vent du sud qui passerille les raisins
Le second allié descend des Pyrénées. Le foehn, vent du sud chaud et sec, souffle en automne et au printemps, un jour sur trois en moyenne. Il assèche l’air, ventile les vignes et fait monter les températures.
À Cuqueron, il accompagne les raisins jusqu’à la fin de la saison et déclenche le passerillage. Les baies perdent de l’eau sur pied, ce qui concentre leurs sucres et leurs arômes. Prolongé, ce passerillage donne les vins de vendanges tardives, riches en sucres résiduels.
Le climat reste pourtant arrosé : 1 200 mm de pluie par an, répartis sans saison sèche. L’ensoleillement est moyen, autour de 1 900 heures.
Le vin de Monein des rois de Navarre
Le jurançon s’appelait autrefois le « Vin de Monein ». Son renom dépassait les frontières du royaume de Navarre, et son histoire reste associée à Henri IV. Le vignoble du Jurançon s’est sans doute développé au XIVe siècle.
En 1550, Henri II, roi de Navarre, et sa fille Jeanne d’Albret possédaient des vignes à Jurançon. Le vignoble s’étend encore aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il couvrait 6 000 hectares à la fin du XIXe siècle, avant de tomber sous les 600 hectares au milieu du XXe, après le phylloxéra et les deux guerres.
L’appellation reconnaît les moelleux en 1936, puis les secs en 1975. La mention « vendanges tardives » existe depuis 1995. L’aire s’étend aujourd’hui sur 25 communes au sud et à l’ouest de Pau, dont Cuqueron et Monein.
Deux traits marquent ce vignoble. Les vignes sont taillées hautes et peuvent atteindre 2,20 m. Et sur ces terrains pentus, les raisins sont obligatoirement récoltés à la main, souvent en plusieurs fois, avant d’être triés.
Deux jurançons de petit manseng, l’un doux, l’autre sec
Levures indigènes et barriques
Au chai, les deux cuvées suivent la même méthode. Le vin fermente avec ses seules levures indigènes, puis s’élève une année en barriques. La Cuvée n°1 2017 est restée 18 mois en fût.
Les Peyret résument leur but en deux temps. D’abord développer les arômes du terroir. Ensuite trouver « le parfait équilibre entre vivacité, douceur et chaleur ». C’est, pour eux, la magie du Jurançon.
La vivacité est justement la signature de l’appellation. L’acidité y équilibre l’alcool et les sucres résiduels, pour des vins sans lourdeur. Jeunes, ils parlent surtout de fruits et de fleurs. Avec l’âge, les arômes de fruits secs et d’épices prennent le relais.
La Cuvée n°1, un moelleux de grande garde
La Cuvée n°1 est un jurançon doux. Le domaine le décrit comme « un moelleux aromatique, pleinement épanoui », fait pour une grande garde. Il s’accorde avec le foie gras, une viande blanche en sauce ou un fromage de brebis.
Le Guide Hachette des vins 2021 a retenu son millésime 2017. Il y relève une robe or aux reflets cuivrés, des arômes de fruits secs et de fruits à l’eau-de-vie, et quelques notes oxydatives. La bouche se montre chaleureuse et ample, avec une pointe de fraîcheur qui préserve l’équilibre.
La Cuvée n°2, un sec élevé en barriques
La Cuvée n°2 est un jurançon sec, lui aussi 100 % petit manseng et élevé en barriques. Le domaine le destine aux fruits de mer et le classe, comme le moelleux, parmi les vins de grande garde.
Le même guide a sélectionné la Cuvée n°2 2018. Après aération, elle livre des arômes floraux et des notes de citron. La bouche est souple et ronde, légèrement exotique. Dans l’appellation, les secs doivent leur vivacité à une acidité élevée, équilibrée par beaucoup de gras.
Un château bio qui reçoit sur rendez-vous
En agriculture biologique depuis 2016
La SCEA Peyret, qui exploite le château, s’est engagée en agriculture biologique le 13 mai 2016. Son organisme certificateur est Bureau Veritas. Au contrôle de 2025, ses vins sont certifiés AB.
Une partie des raisins de cuve est certifiée AB, une autre est en première année de conversion. Le domaine adhère aussi aux Vignerons Indépendants, qui réunissent des vignerons cultivant, vinifiant et vendant leur propre vin.
Groupes, vente à la propriété et pêches Roussanne
Le château se visite sur rendez-vous. Les groupes sont reçus jusqu’à 30 personnes, gratuitement. Le lieu est accessible aux personnes à mobilité réduite.
Les vins se vendent directement à la propriété, et la livraison est possible. En saison, le domaine produit aussi des pêches Roussanne, à côté de ses deux jurançons.
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