La bâtisse du Château de Cuqueron

Château de Cuqueron

Région viticole

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Sud-Ouest

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Sommaire

Un château du XIVe siècle rendu au petit manseng

Sur les coteaux de Cuqueron depuis 1324

Le Château de Cuqueron produit des vins bio en AOC Jurançon, dans le Béarn. Il se dresse sur les coteaux du village de Cuqueron, commune voisine de Monein, près de Pau. Sa fondation remonte au XIVe siècle, et le château fait partie du patrimoine local depuis 1324.

La bâtisse actuelle a été restaurée au XVIIe siècle. La propriété profite de la vue sur la chaîne des Pyrénées. Autour d’elle, les vignes occupent le versant sud du coteau.

2013, Nicole et Olivier Peyret reprennent le vignoble

En 2013, Nicole et Olivier Peyret reprennent le vignoble du château. Ils décident d’y planter de nouvelles vignes et d’entamer une conversion en agriculture biologique. Le château a retrouvé sa vocation d’origine grâce à la volonté de ses propriétaires.

Les Peyret présentent Cuqueron comme « la racine d’un projet » et parlent d’une « renaissance ». Ils signent leurs vins d’une formule : « Cuqueron, vin Haute Culture ». Au chai, Bruno Meilhon tient le rôle de maître de chai et s’occupe aussi des relations commerciales.

Le petit manseng pour seul cépage

Le parti pris des Peyret tient en un mot : petit manseng. Ils ont replanté avec ce seul cépage. L’appellation autorise pourtant aussi le gros manseng, le courbu, le petit courbu, le camaralet de Lasseube et le lauzet. Les deux vins du château sont issus à 100 % de petit manseng.

Le domaine le présente comme le « cépage roi » du Jurançon. Comme les autres cépages locaux, c’est un raisin tardif à la peau épaisse. Il est ainsi bien adapté au climat de la région, résiste à la pourriture grise et supporte la surmaturité.

Grappe de raisin au Château de Cuqueron

Poudingue et foehn, le terroir du Jurançon à Cuqueron

Des racines dans le poudingue pyrénéen

Les vignes du château sont profondément enracinées dans le poudingue pyrénéen. Cette roche est un conglomérat à galets et ciment calcaire. En surface, elle s’altère et se présente sous forme d’une argile caillouteuse.

Sur ce versant sud, les galets drainent le sol. Ils restituent aussi de la chaleur pendant la nuit. Dans le poudingue, les hauts de vallons forment des cirques resserrés, aux pentes souvent fortes. Les eaux de pluie s’y évacuent par ruissellement.

Le foehn, vent du sud qui passerille les raisins

Le second allié descend des Pyrénées. Le foehn, vent du sud chaud et sec, souffle en automne et au printemps, un jour sur trois en moyenne. Il assèche l’air, ventile les vignes et fait monter les températures.

À Cuqueron, il accompagne les raisins jusqu’à la fin de la saison et déclenche le passerillage. Les baies perdent de l’eau sur pied, ce qui concentre leurs sucres et leurs arômes. Prolongé, ce passerillage donne les vins de vendanges tardives, riches en sucres résiduels.

Le climat reste pourtant arrosé : 1 200 mm de pluie par an, répartis sans saison sèche. L’ensoleillement est moyen, autour de 1 900 heures.

Le vin de Monein des rois de Navarre

Le jurançon s’appelait autrefois le « Vin de Monein ». Son renom dépassait les frontières du royaume de Navarre, et son histoire reste associée à Henri IV. Le vignoble du Jurançon s’est sans doute développé au XIVe siècle.

En 1550, Henri II, roi de Navarre, et sa fille Jeanne d’Albret possédaient des vignes à Jurançon. Le vignoble s’étend encore aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il couvrait 6 000 hectares à la fin du XIXe siècle, avant de tomber sous les 600 hectares au milieu du XXe, après le phylloxéra et les deux guerres.

L’appellation reconnaît les moelleux en 1936, puis les secs en 1975. La mention « vendanges tardives » existe depuis 1995. L’aire s’étend aujourd’hui sur 25 communes au sud et à l’ouest de Pau, dont Cuqueron et Monein.

Deux traits marquent ce vignoble. Les vignes sont taillées hautes et peuvent atteindre 2,20 m. Et sur ces terrains pentus, les raisins sont obligatoirement récoltés à la main, souvent en plusieurs fois, avant d’être triés.

Deux jurançons de petit manseng, l’un doux, l’autre sec

Levures indigènes et barriques

Au chai, les deux cuvées suivent la même méthode. Le vin fermente avec ses seules levures indigènes, puis s’élève une année en barriques. La Cuvée n°1 2017 est restée 18 mois en fût.

Les Peyret résument leur but en deux temps. D’abord développer les arômes du terroir. Ensuite trouver « le parfait équilibre entre vivacité, douceur et chaleur ». C’est, pour eux, la magie du Jurançon.

La vivacité est justement la signature de l’appellation. L’acidité y équilibre l’alcool et les sucres résiduels, pour des vins sans lourdeur. Jeunes, ils parlent surtout de fruits et de fleurs. Avec l’âge, les arômes de fruits secs et d’épices prennent le relais.

La Cuvée n°1, un moelleux de grande garde

La Cuvée n°1 est un jurançon doux. Le domaine le décrit comme « un moelleux aromatique, pleinement épanoui », fait pour une grande garde. Il s’accorde avec le foie gras, une viande blanche en sauce ou un fromage de brebis.

Le Guide Hachette des vins 2021 a retenu son millésime 2017. Il y relève une robe or aux reflets cuivrés, des arômes de fruits secs et de fruits à l’eau-de-vie, et quelques notes oxydatives. La bouche se montre chaleureuse et ample, avec une pointe de fraîcheur qui préserve l’équilibre.

La Cuvée n°2, un sec élevé en barriques

La Cuvée n°2 est un jurançon sec, lui aussi 100 % petit manseng et élevé en barriques. Le domaine le destine aux fruits de mer et le classe, comme le moelleux, parmi les vins de grande garde.

Le même guide a sélectionné la Cuvée n°2 2018. Après aération, elle livre des arômes floraux et des notes de citron. La bouche est souple et ronde, légèrement exotique. Dans l’appellation, les secs doivent leur vivacité à une acidité élevée, équilibrée par beaucoup de gras.

Un château bio qui reçoit sur rendez-vous

En agriculture biologique depuis 2016

La SCEA Peyret, qui exploite le château, s’est engagée en agriculture biologique le 13 mai 2016. Son organisme certificateur est Bureau Veritas. Au contrôle de 2025, ses vins sont certifiés AB.

Une partie des raisins de cuve est certifiée AB, une autre est en première année de conversion. Le domaine adhère aussi aux Vignerons Indépendants, qui réunissent des vignerons cultivant, vinifiant et vendant leur propre vin.

Groupes, vente à la propriété et pêches Roussanne

Le château se visite sur rendez-vous. Les groupes sont reçus jusqu’à 30 personnes, gratuitement. Le lieu est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Les vins se vendent directement à la propriété, et la livraison est possible. En saison, le domaine produit aussi des pêches Roussanne, à côté de ses deux jurançons.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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