Château de la Selve - Tracteur de vendange entre les vignes et les chênes au soleil couchant

Château de la Selve

Région viticole

Région viticole

Vallée du Rhône

BioBiodyvin

Une maison forte du XIIIe siècle sur les berges du Chassezac

Des ducs de Joyeuse à la famille Chazallon

Le Château de la Selve se dresse à Grospierres, dans le sud de l’Ardèche, sur les berges du Chassezac, principal affluent de l’Ardèche. Ses vins bio et biodynamiques sortent en IGP Coteaux de l’Ardèche, sous le label Biodyvin.

Au XIIIe siècle, la bâtisse est une maison forte posée aux frontières de l’Empire, puis du Royaume de France. Une grande famille du Vivarais, les ducs de Joyeuse, en fait ensuite son relais de chasse. Au fil des siècles, le château devient une exploitation agricole.

Château de la Selve - Le château au bout des rangs de vigne, dans le sud de l’Ardèche
La maison forte du XIIIe siècle, au bout des rangs de vigne.

En 1990, Jean-Régis et Magdeleine Chazallon en deviennent propriétaires. Le lieu prend alors une triple vocation, familiale, touristique et agricole. Son architecture reste celle des maisons fortes du Bas-Vivarais.

Benoît Chazallon, de l’école de Beaune au vignoble familial

Leur fils Benoît Chazallon crée le domaine viticole en 2002, à peine sorti de l’école viticole de Beaune. Le vin court dans la famille : il compte parmi ses aïeux les Delas, vignerons de la Vallée du Rhône. Adolescent, il passait déjà une grande partie de son temps libre dans les caves et les vignes de domaines rhodaniens.

Son pari repose sur une conviction : le sud de l’Ardèche est un terroir au potentiel sous-exploité. Il y trouve un soleil brûlant le jour, des nuits fraîches, des paysages sauvages et des sols calcaires qui sentent la garrigue, l’humus et la truffe.

Il conduit le domaine avec son épouse Florence. L’équipe compte sept personnes à l’année, rejointes par une dizaine de saisonniers du solstice d’hiver, fin décembre, au solstice d’été, fin juin.

Château de la Selve - Florence et Benoît Chazallon dans la cuverie, près d’une amphore
Florence et Benoît Chazallon, près d’une amphore de la cuverie.

Cuverie, caveau et chai enterré : les premières années

Les débuts sont rapides. En 2002 et 2003, le domaine construit sa cuverie et son caveau. Il restructure aussi le vignoble en fonction des spécificités de chaque terroir et arrête tout traitement chimique et tout désherbant.

En 2004, un chai d’élevage enterré vient compléter l’outil. La même année, le domaine lance sa première gamme complète, baptisée « Les Classiques ».

Des galets du Chassezac aux serres calcaires

Le domaine s’étend sur 44 hectares et cultive cinq cépages : cinsault, syrah, grenache, cabernet-sauvignon et viognier. Ses fiches techniques décrivent les vignes parcelle par parcelle, entre 110 et 161 mètres d’altitude. D’une parcelle à l’autre, c’est surtout le sol qui change.

Les Blaches, la Selve et les Ribeyrettes, au bord de la rivière

Au plus bas, vers 110 mètres, les Blaches reposent sur un sol de grès recouvert de 20 à 30 centimètres de petits galets, au bord du Chassezac. La parcelle de la Selve, à la même altitude, pousse sur une argile kaolinite. Les Ribeyrettes mêlent argile illite et un peu de calcaire.

Château de la Selve - Vue aérienne du château, de ses vignes et de la rivière Chassezac
Le château, ses vignes et le Chassezac vus du ciel.

Ces terres basses donnent le viognier de Saint Régis, issu des Blaches et des Ribeyrettes. Madame de vient d’une butte des Ribeyrettes, à 123 mètres, sur 50 ares d’argile montmorillonite.

Serre de Berty et Serre de Brujas, coteaux de garrigue

Plus haut, les serres changent la donne. Serre de Berty, en coteau entre 117 et 135 mètres, compte plus de 60 % de calcaire en décomposition, mêlé d’argile montmorillonite. Serre de Brujas, entre 121 et 131 mètres, associe plus de 40 % de calcaire à des argiles illite et kaolinite.

Ces deux coteaux de garrigue portent les rouges de garde du domaine, Berty, Beaulieu et Florence, ainsi que le rosé L’Audacieuse. Rouvière Boissy, Palissaire et Brugeas complètent le vignoble, entre 136 et 161 mètres, sur des mélanges de calcaire et d’argile.

Un climat méditerranéen aux nuits fraîches

Le climat est méditerranéen, marqué par une grande amplitude thermique entre le jour et la nuit. Le Bas-Vivarais, berceau de la rivière Ardèche, est une région de calcaires et de marnes au climat chaud et sec.

Les vignes ont de 15 à 45 ans selon les parcelles. Elles sont plantées à une densité de 4 000 à 4 400 pieds par hectare.

Bio depuis 2008, labellisé Biodyvin depuis 2012

Une certification bio après l’arrêt de la chimie

L’arrêt des produits chimiques date des toutes premières années. La certification bio suit en 2008, avec l’organisme Ecocert.

En 2009 et 2010, le domaine se met à fabriquer son propre compost et ses tisanes selon les principes de la biodynamie. Il entre en 2012 au syndicat international des vignerons en culture biodynamique, qui le labellise Biodyvin.

Des sols vivants et des rendements bas

À la vigne, le domaine cherche à favoriser la vie des sols et les défenses naturelles de la vigne. Il y voit la condition pour que la minéralité et la finesse ressortent dans les vins.

Les rendements le montrent. Ils vont de 30 à 40 hectolitres par hectare selon les cuvées, quand l’IGP Ardèche autorise jusqu’à 90 hectolitres pour les rouges et les blancs. Florence et L’Audacieuse plafonnent à 30.

Château de la Selve - Vendange en caisses dans les rangs de vigne
Vendange en caisses : 30 à 40 hectolitres par hectare selon les cuvées.

320 oliviers conduits de la même façon

La biodynamie ne s’arrête pas aux vignes. Le domaine cultive aussi 320 jeunes oliviers, certifiés bio. Leur première huile, millésime 2025, assemble quatre variétés locales : rougette, négrette, picholine et frantoio.

Amphores, demi-muids et solera : un chai peu interventionniste

Levures indigènes et vins non collés

En cave, le domaine adopte une approche peu interventionniste. Les fermentations partent sur les levures indigènes, présentes sur la peau du raisin. L’objectif, selon ses mots, est de créer des vins vivants qui reflètent le terroir ardéchois.

Certaines cuvées poussent loin cette logique. La cuvaison de Florence s’étire sur six à huit semaines. L’Audacieuse n’est pas collée et ne subit qu’une légère filtration.

L’amphore au chai depuis 2016

Depuis 2016, l’élevage en amphore sert à travailler la complexité et la pureté des jus. Berty et Beaulieu passent 18 mois en cave, 80 % en fûts de 228 litres et 20 % en amphores de 168 litres.

Château de la Selve - Amphores et fûts alignés dans le chai d’élevage
Amphores et fûts côte à côte dans le chai d’élevage.

Saint Régis s’élève six mois sur lies fines, moitié en amphores, moitié en demi-muids de 500 litres. Les vins de fruit restent en cuve : quatre mois en béton pour Maguelonne et Petite Selve blanc, en inox pour Petite Selve rouge.

Une solera de viognier commencée en 2011

La Solera MMXI applique une méthode d’élevage sans fin, lancée en 2011. Le viognier vieillit en foudres de 700 litres. Chaque année, le domaine en tire 20 %.

Ce viognier doux sort à 2 200 bouteilles par an. Le domaine lui prête une garde infinie.

Le profil des vins : fraîcheur et finesse sous le soleil ardéchois

Trois gammes en IGP Coteaux de l’Ardèche

Les vins sortent en IGP Ardèche, avec la dénomination Coteaux de l’Ardèche. Celle-ci se limite à quatorze cantons de l’Ardèche et à quelques communes voisines du Gard. Le domaine présente ses vins en trois gammes : les cuvées domaine, les Terroirs et les Confidentielles.

Les cuvées domaine regroupent les deux Petite Selve et La Raisinade, une boisson de syrah et d’eau de source pour les petits comme pour les grands.

Des rouges de fruit et de garde

La Petite Selve rouge, cinsault, grenache et syrah, joue le fruit, avec des tanins souples et fins. Berty et Beaulieu viennent des serres calcaires. Le premier mise sur les épices, le cuir et le sous-bois, le second sur les fruits noirs et la garrigue. Le domaine leur donne 15 à 20 ans de garde.

Florence, rouge des Confidentielles, ne dépasse pas 2 800 bouteilles. Le domaine la décrit comme puissante et élégante, aux tanins d’une extrême finesse : « de la dentelle ».

Le viognier sous toutes ses formes

Le viognier tient une place à part. Petite Selve blanc joue la vivacité et la tension. Saint Régis, minéral et tendu, a obtenu 2 étoiles au Guide Hachette 2026 pour son millésime 2023.

Madame de sélectionne les plus belles grappes des Ribeyrettes et s’élève douze mois sur lies fines. Le millésime 2018 a reçu une étoile au Guide Hachette 2020.

Des rosés de terroir

Maguelonne, rosé pâle de cinsault, grenache, syrah et une pointe de viognier, est la cuvée la plus produite, avec 44 000 bouteilles. Le millésime 2025 obtient 2 étoiles au Guide Hachette 2027.

L’Audacieuse, syrah, grenache et viognier, s’élève douze mois sur lies en demi-muids et en amphore. Le domaine la présente comme un vrai rosé de terroir, à servir sur des cuisines épicées.

Le guide suit le domaine depuis son édition 2007. Le Serre de Berty 2005, alors assemblé avec du merlot, avait reçu 3 étoiles dans l’édition 2008.

Venir au Château de la Selve

Dégustations, pique-niques et balades à cheval

Le domaine reçoit au caveau pour la dégustation. Il propose aussi des visites, des pique-niques et des balades à cheval pour découvrir le domaine autrement.

Château de la Selve - Fûts et bouteilles devant une verrière ouverte sur les vignes
Fûts et bouteilles face aux vignes, derrière une grande verrière.

Des gîtes dans une aile du château

Cinq gîtes sont aménagés dans une aile du château, qui servait autrefois de dépendances et de greniers. Ils donnent sur un parc arboré de 2 hectares, entouré des vignes du domaine, avec la rivière en bordure de la propriété.

Le domaine s’essaie aussi à d’autres flacons. Avec la Distillerie Entropie, il a tiré de son vin Hiver, une boisson spiritueuse produite à 650 flacons numérotés, parfumée aux feuilles de figuier.

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Les autres domaines de la région Vallée du Rhône

  • Domaine Saladin

    Le Domaine Saladin cultive 18 hectares de vignes et treize cépages à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. La famille y achète une première vigne en 1422, et les sœurs Élisabeth et Marie-Laurence Saladin, vingt et unième génération, ont repris la cave en 2003. Sans pesticide ni herbicide depuis l’origine, le domaine est certifié bio par Ecocert depuis 2007. Ses vins sortent en Côtes du Rhône, en Côtes du Rhône Villages Saint-Andéol et, pour deux cuvées déclassées par choix, en Vin de France.

  • Domaine Alain Voge

    Le Domaine Alain Voge cultive 13 hectares sur la rive droite du Rhône, en Cornas, Saint-Péray, Saint-Joseph et Côtes du Rhône. Alain Voge y a remis en culture des coteaux de granit tombés en friche, et relancé le Saint-Péray en le fermentant en barrique bourguignonne. Engagé en bio en 2006, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016 et conduit selon des pratiques biodynamiques. Depuis 2018, Lionel Fraisse gère le domaine, de la syrah des cornas à la marsanne des saint-péray.

  • Domaine Chaume-Arnaud

    Le Domaine Chaume-Arnaud cultive 38 hectares de vignes à Vinsobres et à Saint-Maurice-sur-Eygues, dans le Parc naturel régional des Baronnies provençales. Valérie Chaume-Arnaud l’a créé en 1987 sur 4,5 hectares loués à ses parents, et le mène aujourd’hui avec ses fils Thibaud et Raphaël. Toute la ferme est en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2009, et la vigne y côtoie les oliviers de Tanche, les tomates et les céréales. Le Vinsobres fait la moitié de la production, aux côtés d’un Côtes du Rhône Villages Saint-Maurice et de blancs vifs.

  • Domaine l’Ancienne École

    Sur le plateau qui domine Vinsobres, à 400 mètres, Anna et Wilson Thorburn ont créé le Domaine l’Ancienne École en 2007, dans l’ancienne école du quartier. Leurs 13 hectares de Grenache noir et de Syrah sont conduits en agriculture biologique, certifiée depuis 2014. Le domaine produit du cru Vinsobres et des Côtes du Rhône, dont le Terra Firma 2023, médaille d’or au Concours des Vignerons Indépendants 2025. Deux chambres d’hôtes et trois gîtes partagent une piscine à débordement face au Mont Ventoux.

  • Domaine Barou

    Ancienne ferme de polyculture-élevage passée en agriculture biologique dès 1971, le Domaine Barou s’est tourné vers la vigne avec Emmanuel Barou en 1997. Ses 15 hectares environ de granits altérés se partagent entre Charnas et Limony, en Ardèche. Le domaine y produit du Saint-Joseph, du Condrieu et des IGP Collines Rhodaniennes, surtout à partir de Syrah, de Marsanne, de Roussanne et de Viognier. Couverts semés entre les rangs, petit-lait et préparations biodynamiques 500 et 501 accompagnent le travail des sols.

  • Mas de Libian

    Propriété de la famille Thibon depuis 1670, le Mas de Libian cultive ses vignes à Saint-Marcel-d’Ardèche, sur la rive droite du Rhône. Conduit en bio depuis toujours, il est certifié en biodynamie Demeter depuis 2005 et travaille une partie du sol avec un cheval de trait. Ses 20 hectares de vignes, taillées en gobelet et vendangées à la main, côtoient oliviers, céréales et ruches. Hélène Thibon et sa famille en tirent six vins, en Côtes du Rhône et en Vin de France.

  • Mas des Terrasses

    Repris en 2024 par la famille Voisin, l’ancien Domaine de Graillefiot est devenu le Mas des Terrasses, sur une colline de Sabran à 150 mètres d’altitude. Un peu plus de 7 hectares s’y partagent entre terrasses en Côtes du Rhône Villages et parcelles vallonnées en Côtes du Rhône, sur grès et sables. Conduit en agriculture biologique depuis plus de vingt ans, le domaine vendange à la main et élève trois cuvées en fût de chêne. Il reçoit au caveau et loue deux gîtes au milieu du domaine.

  • Château Clématis

    Créé en 2004 par Xavier Tronc, hors du cadre familial, le Château Clématis cultive 30 hectares à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse. Ses vins relèvent de trois appellations : Côtes du Rhône, Côtes du Rhône Villages Sainte-Cécile et Rasteau. Engagé chez Ecocert depuis 2019, le domaine passe au bio cuvée par cuvée, depuis le Fruité 2020, et reste en partie en conversion. Ses rouges reposent surtout sur le Grenache, à côté d’un blanc boisé et d’un rosé de Cinsault médaillés au Challenge Millésime Bio.

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