Château les Graves Segonzac
Sommaire
- Une ferme de Gageac-et-Rouillac transmise depuis plus d’un siècle
- Des grands-parents aux oncles, puis à Bernard Barse
- 1993, une maison vendue pour vivre sur le domaine
- Élodie Barse et Benjamin Martin, la cinquième génération
- Dix hectares de vignes entre bois, prairies et brebis
- Des graves descendues du Massif central
- Sept cépages, le sémillon en tête des blancs
- Une polyculture restée vivante
- En bio depuis 2018, sous le contrôle d’Ecocert
- Gageac, commune du Saussignac écartée de Monbazillac
- Le jugement de 1934
- Quatre communes et des tries à la main
- Bergerac et Côtes de Bergerac sur la même commune
- Du sec au liquoreux, avec ou sans alcool
- Un saussignac élevé seize mois
- Des blancs du sec au moelleux
- Des rouges de la cuvée Tradition au fût de chêne
- Bulles et jus de raisin bio
Une ferme de Gageac-et-Rouillac transmise depuis plus d’un siècle
Des grands-parents aux oncles, puis à Bernard Barse
Le Château les Graves Segonzac est une petite propriété agricole de Gageac-et-Rouillac, dans le Bergeracois. Il se présente aujourd’hui sous le nom de Domaine Les Graves-Ségonzac. Ses vins bio relèvent des appellations Bergerac, Côtes de Bergerac et Saussignac. La ferme se transmet dans la même famille depuis le début du XXe siècle.
Les grands-parents de Bernard Barse l’exploitaient d’abord. Ses oncles leur ont succédé. Fin 1991, après la naissance de leur fille Élodie, Bernard et son épouse décident de prendre le relais à leur tour.
1993, une maison vendue pour vivre sur le domaine
Le couple vend alors sa maison pour restaurer l’exploitation. Il s’y installe en juillet 1993. Viennent ensuite la rénovation de la maison familiale, puis la restructuration du vignoble.
Les travaux n’ont pas cessé depuis. Les habitations ont été rénovées, les bâtiments et les chais améliorés. La famille décrit aujourd’hui le domaine comme un lieu de vie agréable, équipé pour un travail de qualité.
Élodie Barse et Benjamin Martin, la cinquième génération
Bernard Barse a pris sa retraite. Sa fille Élodie, qui a grandi sur la propriété, a pris sa suite. Avec Benjamin Martin, elle conduit la SCEA Barse-Martin, créée le 1er janvier 2024. La famille Barse reste présente au domaine, qui voit ainsi une cinquième génération s’y impliquer.
Élodie veut faire durer le domaine. Elle mise pour cela sur des gammes à part : les méthodes traditionnelles et les jus de raisin. Elles s’ajoutent aux vins d’appellation de Bergerac et de Saussignac.
Dix hectares de vignes entre bois, prairies et brebis
Des graves descendues du Massif central
Le nom du domaine vient de son sol. Le terroir se compose d’argiles en surface et de calcaires en profondeur. Des graves affleurent aussi : l’érosion les a arrachées aux roches du Massif central, et la Dordogne les a charriées jusqu’ici.
La vigne occupe la plus grande part de la propriété, avec 10 hectares. À la fin des années 2010, la famille comptait 17 hectares en tout sur la commune.

Sept cépages, le sémillon en tête des blancs
Le vignoble réunit les cépages classiques de Bergerac. En rouge, on trouve le merlot, le cabernet sauvignon, le cabernet franc et le malbec. En blanc, le sauvignon, le sémillon et la muscadelle.
Un relevé de la même époque donnait le détail. Les blancs dominaient, avec 5,5 hectares dont 3 hectares de sémillon, 1,5 hectare de muscadelle et 1 hectare de sauvignon. Les rouges couvraient 4,5 hectares : 2,5 hectares de merlot, 1 de cabernet franc, 1 de cabernet sauvignon et une petite parcelle de malbec.
Une polyculture restée vivante
Dans le Périgord, la polyculture est une habitude, même si l’élevage a souvent disparu des fermes viticoles. Aux Graves, il est resté. La famille élève des moutons et cultive des céréales. Des bois bordent certaines parcelles de vigne.
Le domaine comptait alors 3 hectares de céréales, vendues aux industriels, et 5 hectares de prairies. Un petit troupeau de brebis et d’agneaux entretient ces prairies. Les brebis servent aujourd’hui encore à entretenir les terres.


En bio depuis 2018, sous le contrôle d’Ecocert
Bernard Barse a engagé le domaine en agriculture biologique le 31 août 2018, auprès d’Ecocert France. La famille a depuis obtenu l’agrément en agriculture biologique.
À la reprise, la SCEA Barse-Martin s’est engagée à son tour chez Ecocert, le 23 février 2024. Sa certification couvre le raisin de cuve, les vins, les jus de raisin et les prairies. La famille dit avoir fait ce choix par souci de la faune, de la flore et de la terre, sur la propriété comme à ses abords.
Gageac, commune du Saussignac écartée de Monbazillac
Le jugement de 1934
Le succès du Monbazillac a poussé les producteurs des communes voisines à vendre leurs vins sous ce nom. Ceux de Gageac-Rouillac en faisaient partie. Le tribunal civil de Bergerac a tranché le 16 mars 1934 : il a fixé les limites du Monbazillac et en a exclu Gageac-Rouillac.
Ces vins avaient pourtant leur réputation. En 1903, Édouard Féret s’y attardait dans « Bergerac et ses vins ». Issus de raisins très mûrs, les vins de Gageac se rapprochaient selon lui des Monbazillac par leur douceur et leur finesse. La commune a fini par trouver son propre nom : le Saussignac, reconnu en AOC par un décret du 28 avril 1982.
Quatre communes et des tries à la main
L’AOC Saussignac est réservée aux vins blancs tranquilles. Elle ne couvre que quatre communes de Dordogne : Gageac-et-Rouillac, Monestier, Razac-de-Saussignac et Saussignac. Son cahier des charges impose des raisins récoltés à surmaturité, concentrés par la pourriture noble ou par passerillage naturel.
La vendange se fait obligatoirement à la main, par tries successives. Le rendement est fixé à 25 hectolitres par hectare, et un élevage de 12 mois est obligatoire. L’automne apporte ce qu’il faut au botrytis : rosées ou brouillards le matin, soleil et vent sec l’après-midi.
Bergerac et Côtes de Bergerac sur la même commune
Gageac-et-Rouillac figure aussi dans l’aire de l’AOC Bergerac, réservée aux vins tranquilles blancs, rouges ou rosés. Elle entre également dans celle des Côtes de Bergerac, où les blancs sont majoritairement des moelleux.
Le vignoble appartient à une région agricole appelée Périgord pourpre, justement à cause de la vigne. Le climat y est océanique atténué, moins pluvieux que sur la façade atlantique. L’encépagement de Bergerac a peu évolué : le merlot et le sémillon y dominent. C’est aussi le cas aux Graves.
Du sec au liquoreux, avec ou sans alcool
Un saussignac élevé seize mois
Le Saussignac est un liquoreux au cahier des charges exigeant. La famille récolte à la main les sémillons et les muscadelles touchés par le botrytis. Il faut plusieurs passages dans les rangs pour ramasser les meilleurs raisins. Le vin est ensuite élevé pendant 16 mois.
Le domaine lui trouve une couleur dorée, des arômes de fruits confits et une belle longueur. Il le sert avec le foie gras, à l’apéritif ou au dessert, et même avec le chocolat. Plusieurs millésimes sont proposés, dont un 2011.
Des blancs du sec au moelleux
Le domaine a construit son Bergerac blanc sec sur l’association du sémillon et de la muscadelle. Le premier apporte du gras, la seconde du fruit et de la fraîcheur. Le domaine le destine aux fruits de mer, aux poissons et aux apéritifs bien frais.
Le Côtes de Bergerac blanc est un demi-doux, pour l’apéritif, les entrées ou les desserts aux fruits. Plus haut dans la gamme, le moelleux « Suprême de blanc » repose presque entièrement sur le sauvignon gris. Il prend une couleur dorée et des notes fruitées.
Des rouges de la cuvée Tradition au fût de chêne
La vinification se fait sur place, en cuves ou en barriques, et tout est mis en bouteille à la propriété. Le Bergerac rouge existe en version « Tradition » et en version vieillie en fût de chêne. La cuvée « Réserve » est un rouge boisé, aux notes grillées et aux tanins prononcés, faite pour la garde.
À l’opposé, le « Rouge de l’ombre », en Vin de France, joue le fruit et la légèreté. Le domaine conseille de le servir frais l’été, avec les grillades et la charcuterie. Le Bergerac rosé 2025, aux notes de fruits rouges, a reçu une médaille d’argent au concours des Vignerons Indépendants 2026.
Bulles et jus de raisin bio
La cuvée « Prem’s bulles » est une méthode traditionnelle, en blanc et en rosé. La version blanche part du Bergerac sec bio. Un pétillant naturel rosé complète l’ensemble, sans adjonction de gaz carbonique.
Pour ceux qui ne boivent pas d’alcool, le domaine produit ses propres jus de raisin bio, 100 % pur fruit. Ils existent en blanc, en rouge et en pétillant, dans plusieurs formats. Le domaine est Vigneron Indépendant et membre de la Route des Vins de Bergerac. L’office de tourisme du Pays de Bergerac le répertorie comme caveau de dégustation.
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