Domaine Aurélien Revillot - Vignes d’automne et murets à Restigné

Domaine Aurélien Revillot

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

Bio

Un Bourguignon arrivé à Restigné par hasard

De la Bourgogne natale au cabernet franc

Aurélien Revillot n’est pas né au bord de la Loire. Il vient de Bourgogne et raconte être arrivé « en terres ligériennes par un chanceux hasard ». Il produit aujourd’hui des vins bio en AOC Bourgueil et en Saint-Nicolas-de-Bourgueil, depuis sa maison de Restigné, en Indre-et-Loire.

Ce qui l’a retenu, il le nomme sans détour : les baies de cabernet franc, la roche de tuffeau et « l’esprit épicurien de ce bout de Touraine ». Il se dit désormais installé « au cœur de l’appellation Bourgueil ». Restigné fait en effet partie des sept communes de l’aire.

Une première vendange en 2012

Le domaine a récolté son premier millésime en 2012. La même année, le 1er octobre, l’exploitation est enregistrée à Restigné. C’est une entreprise individuelle, au nom du vigneron.

Aurélien Revillot vend sous son propre nom. Ses étiquettes portent « Aurélien Revillot », le nom de la cuvée et celui de l’appellation. Son logo dessine un cep entier, feuillage en haut et racines en bas, inscrit dans une rose des vents où s’enroulent les noms de Bourgueil et de Saint-Nicolas-de-Bourgueil.

Bourgueil, entre graves de Loire et coteaux de tuf

Sept communes sur la rive droite du fleuve

L’appellation Bourgueil couvre 1 400 hectares répartis sur sept communes d’Indre-et-Loire : Restigné, Benais, Ingrandes-de-Touraine, Saint-Patrice, Chouzé-sur-Loire, La Chapelle-sur-Loire et Bourgueil. Le vignoble s’étend à l’ouest de Tours, sur la rive droite de la Loire, et regarde surtout vers le sud.

Son aire de production est délimitée depuis le décret du 31 juillet 1937. Au-dessus des vignes, sur les sols de l’éocène, un vaste massif forestier protège la vallée des courants d’air froid.

Le cabernet franc règne ici en maître, et la Touraine lui donne un surnom : le breton. Le cabernet sauvignon peut le compléter, dans la limite de 10 % de l’encépagement. Restigné compte d’autres domaines bio, comme le Domaine de la Chevalerie.

Graviers près du fleuve, tuffeau sur les coteaux

Deux grands terroirs se partagent l’appellation. Au plus près de la Loire, les graves mêlent sable et cailloux. Sur Ingrandes, Restigné et Bourgueil, cette terrasse déposée par le fleuve draine vite et se réchauffe tôt. Elle donne des vins souples, ronds et fruités.

Plus haut, sur les coteaux, le tuffeau turonien se dégrade en surface et forme avec l’argile un sol argilo-calcaire. Les gens du pays l’appellent « la tuf ». Les vins y gagnent en matière et en tanins, et tiennent longtemps en cave.

Cette pierre blanche a bâti les maisons et les châteaux de Touraine. Les caves creusées pour l’extraire servent encore à garder les bouteilles de Bourgueil.

Certifié bio depuis 2015, biodynamique dans la méthode

Un engagement chez Ecocert en mai 2015

Aurélien Revillot a engagé son exploitation en agriculture biologique le 30 mai 2015, auprès d’Ecocert France. Son raisin de cuve et ses vins portent aujourd’hui la mention AB.

En 2026, l’annuaire de l’Agence Bio fait aussi apparaître des vignes en première et en troisième année de conversion. Une partie du vignoble fait donc encore son chemin vers la certification.

La biodynamie appliquée, sans label

Le vigneron dit travailler ses vignes et ses vins selon les cahiers des charges de l’agriculture biologique et de la biodynamie. Le domaine n’est certifié ni par Demeter ni par Biodyvin. On parlera donc de pratiques biodynamiques, appliquées en plus de la certification bio.

Son objectif tient en une phrase : « vous proposer des vins intègres et vivants ».

Des crus de cabernet franc, une seule façon de vinifier

Sur les Hauts, Les Aubuis et Grand Mont

Le site du domaine présente trois bouteilles, toutes en AOC Bourgueil : Sur les Hauts, Les Aubuis et Grand Mont, cette dernière dans le millésime 2014. Le vigneron annonce aussi des vins de Saint-Nicolas-de-Bourgueil.

La même main pour des terroirs différents

Tous les raisins passent par la même vinification. C’est un choix que le vigneron explique ainsi : « Bien que ma façon de faire le vin reste identique sur l’ensemble du domaine, chaque cru exprime la singularité de son terroir. » Ce qui change d’une bouteille à l’autre, selon lui, c’est le terroir.

Il veut ainsi faire découvrir « les différentes facettes et caractéristiques du cabernet franc ». Dans l’appellation, le bourgueil jeune se reconnaît à ses arômes de cerise, de griotte, de fraise ou de cassis, parfois relevés d’une note de poivron vert. On dit alors qu’il « bretonne ».

Avec les années, le bourgueil glisse vers les fruits cuits et les épices, puis vers le cuir et le sous-bois en fin de garde. Sur le tuf, ses tanins se sentent, enrobés et charnus.

Une dégustation en cave, sur rendez-vous

Aurélien Revillot reçoit sur rendez-vous. Il invite ceux qui passent dans la région à une dégustation en cave, pour goûter côte à côte ce que chaque cru tire du cabernet franc.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

  • Château de la Viaudière

    Le Château de la Viaudière domine les coteaux du Layon depuis le XVIe siècle, à Champ-sur-Layon, sur les schistes de l’Anjou noir. Pierre-Antoine et Agnès Giovannoni y ont pris la suite de la famille Gelineau et cultivent 33 hectares, engagés en bio depuis 2016. Leurs Coteaux du Layon naissent de tris successifs de chenin touché par la pourriture noble, d’octobre à novembre. Le domaine signe aussi le Tuilé, un anjou de pur cabernet-sauvignon, un gamay élevé en amphores et des crémants de Loire élaborés depuis 1997.

  • Clos de l’Écotard

    Le Clos de l’Écotard cultive 15 hectares en appellation Saumur, à Courchamps, Fosse-Bellay et Saumur. Michel Chevré l’a fondé en 2011, alors chef de culture au Domaine des Roches Neuves, et son fils Thibaud le dirige depuis 2024. Engagé en bio depuis 2010, le domaine laboure au cheval son clos de chenin planté à 8 000 pieds par hectare. Il en tire des chenins secs comme La Haie Nardin et Les Pentes, des bulles sans dosage et, depuis 2021, des rouges de cabernet franc et de gamay.

  • Domaine Éric Chevalier

    Le Domaine Éric Chevalier cultive une propriété familiale de 29 hectares à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, en appellation Muscadet Côtes de Grandlieu, entre le lac et l’Atlantique. Éric Chevalier la reprend en 2006 après dix ans de négoce, rejoint en 2008 par sa sœur Gaëlle. Travaillées sans intrant chimique depuis 2014, les vignes sont engagées en bio depuis 2016. Melon, folle blanche, fié gris, chardonnay et pinot noir donnent des vins salins, fermentés sur levures indigènes, dont plus de la moitié part à l’export.

  • Château Yvonne

    Le Château Yvonne cultive 16 hectares en bio depuis 1997 à Parnay, Champigny, Turquant et Montsoreau, sur la côte de Saumur. Recréé par Yvonne et Jean-François Lamunière, il est repris en 2007 par Mathieu Vallée, ingénieur devenu vigneron, qui en garde le nom. Ses cabernets francs en Saumur-Champigny et ses chenins secs en Saumur naissent de levures indigènes et d’élevages longs, en partie dans une cave creusée dans le tuffeau. Depuis 2021, des poiriers et des abricotiers poussent au milieu des vignes.

  • Château de Quinçay

    À Meusnes, sur les coteaux sud du Cher, la famille Cadart conduit depuis 1860 un domaine de 30 hectares aux terres chargées de silex. Engagé en bio en 2021, le vignoble a renoncé au désherbage chimique : un robot électrique Bakus y travaille 25 hectares depuis 2022. Les vins sortent en Touraine, Touraine Chenonceaux et Valençay, des sauvignons plantés en 1961 aux rouges de côt. La gamme Q fait fermenter chenin et pinot noir en fûts de 400 litres.

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