Domaine Barou
Sommaire
- Une ferme bio de Charnas devenue domaine du Rhône nord
- 1971, Alexis Barou passe toute la ferme en bio
- 1997, Emmanuel recentre l’exploitation sur la vigne
- Marie-Agnès, Bertrand et une équipe de cinq
- Entre le plateau de Charnas et Limony
- Quinze hectares sur des granits altérés
- Un hectare de Viognier tourné vers l’est
- Saint-Joseph et Condrieu, deux crus de la rive droite
- Seigle, petit-lait et préparations 500 et 501
- Un couvert semé entre les rangs
- Cuivre, soufre et tisanes de plantes
- Palissage haut, vendange en vert et tri à la main
- Des vins de Syrah, de Marsanne et de Viognier
- Des blancs du plateau au Condrieu Imagine
- La Syrah, de Petit Colorado à Terra Nostra
- Trois vins retenus par le Guide Hachette
- Au caveau de Charnas et sur les marchés aux vins
- Un caveau de dégustation sur rendez-vous
- Chavanay, Gex et les portes ouvertes
Une ferme bio de Charnas devenue domaine du Rhône nord
1971, Alexis Barou passe toute la ferme en bio
Le Domaine Barou est une exploitation familiale de Charnas, en Ardèche, dans la partie septentrionale de la Vallée du Rhône. Ses vins bio portent trois signatures : AOP Saint-Joseph, AOP Condrieu et IGP Collines Rhodaniennes.
L’histoire bio du domaine commence en 1971. Alexis Barou dirige alors une petite exploitation en polyculture-élevage. Il prend le risque d’une conversion totale à l’agriculture biologique. La ferme était donc bio bien avant de devenir un domaine viticole.
Depuis, l’exploitation n’a pas changé de cap. Tous ses produits sont certifiés AB. Chaque année, un contrôleur d’Ecocert passe au domaine et vérifie que les pratiques respectent le règlement européen de l’agriculture biologique.


1997, Emmanuel recentre l’exploitation sur la vigne
En 1997, Emmanuel Barou, le fils d’Alexis, reprend le flambeau. Il sort d’études de viticulture et d’œnologie à Orange et à Avignon. Il oriente davantage l’exploitation vers l’arboriculture et surtout vers la vigne.
Cette spécialisation passe par de nouvelles plantations en Saint-Joseph et en Condrieu. Un bâtiment ancien est aménagé en cave de vinification, en réserve à bouteilles et en lieu d’accueil. Les arbres fruitiers n’ont pas disparu : le domaine vend toujours des cerises, des abricots et des pêches certifiés bio.
Marie-Agnès, Bertrand et une équipe de cinq
En 2006, Marie-Agnès, l’épouse d’Emmanuel, rejoint l’exploitation. Elle s’occupe surtout de la commercialisation et de la gestion administrative. En 2017, la cave est devenue trop étroite. Le couple décide de construire un nouveau bâtiment consacré à la vinification et à l’élevage.
Aujourd’hui, cinq personnes travaillent en permanence au domaine, dont Pierre et Rémy, arrivés plus récemment. Au printemps, une dizaine de saisonniers viennent pour la taille, l’ébourgeonnage, le relevage et l’épillonnage. En septembre, une quinzaine de personnes vendangent pendant environ trois semaines.


Bertrand Lachal a une double casquette. Salarié du domaine, il est aussi l’associé d’Emmanuel depuis 2011 dans une seconde structure, la SCEA des Toreyres.
Tout part d’une proposition faite par un client d’Emmanuel : louer trois parcelles en friche à Limony. Emmanuel ne les veut pas pour son domaine. Il contacte Bertrand, qui débute alors sa reconversion après quinze ans en bureau d’études. Les deux hommes démarrent en 2011 avec ces 5 000 m².
La SCEA compte désormais 3 hectares plantés, dont la moitié en propriété, en Saint-Joseph, en Condrieu et en vin de pays. Sa première vinification date de 2014. Elle porte le nom de la première parcelle acquise et signe quatre vins, dont L’Insolent en Saint-Joseph blanc et L’Audace en Saint-Joseph rouge. Elle est elle aussi engagée en bio, chez Ecocert, depuis 2012.
Entre le plateau de Charnas et Limony
Quinze hectares sur des granits altérés
Le vignoble couvre environ 15 hectares. Les sols sont faits de granits altérés, légers et caillouteux. Dans certaines parcelles, la roche affleure : la vigne doit alors s’enraciner dans les aspérités de la roche mère pour se développer.
Les vignes se partagent entre deux communes. À Charnas, sur le plateau qui surplombe la Vallée du Rhône, se trouvent la plupart des vignes en IGP et le Saint-Joseph blanc. Elles y sont plantées à 6 250 pieds par hectare, sur des parcelles mécanisables.
Les vignes de Saint-Joseph rouge et de Condrieu sont très majoritairement à Limony. Les 4 hectares de la cuvée Un Autre Monde se partagent pourtant entre les deux communes. Ils regardent le sud et l’est, le long de la vallée.
Un hectare de Viognier tourné vers l’est
Le Condrieu vient d’un hectare exposé exclusivement à l’est. La densité y monte à 8 000 pieds par hectare, et les parcelles ne sont pas mécanisables. Deux natures de sols s’y côtoient.
Au lieu-dit Fontailloux, des alluvions profondes et argilo-limoneuses gardent l’humidité pendant l’été. Sur la Côte de Font Sivet, au contraire, les sols granitiques sont caillouteux, légers et peu profonds. Très secs en été, ils donnent de très petits rendements, autour de 30 hl/ha.
Saint-Joseph et Condrieu, deux crus de la rive droite
L’AOC Saint-Joseph occupe la rive droite du Rhône, entre Condrieu au nord et Saint-Péray au sud. Son vignoble s’étire sur une soixantaine de kilomètres, sur 23 communes de l’Ardèche et 3 de la Loire. Charnas et Limony en font partie.
Reconnue en 1956 sur six communes autour de Tournon, l’appellation s’étend en 1969 à vingt autres, jusqu’à Condrieu. Ses rouges reposent sur la Syrah, pour au moins 90 %. Ses blancs sont issus de Marsanne et de Roussanne. Les sols y sont surtout des arènes granitiques et des sols sablo-argileux.
Le Condrieu est reconnu le 27 avril 1940, exclusivement pour des vins blancs tranquilles. Seul le Viognier y est admis. En 1967, l’appellation gagne quatre communes plus au sud, dont Limony, la seule de l’Ardèche. Sur ses coteaux escarpés, la vigne pousse souvent sur d’étroites terrasses, les « chaillées », retenues par des murets.
Seigle, petit-lait et préparations 500 et 501
Un couvert semé entre les rangs
Sur le rang, les sols sont entièrement entretenus à l’outil. Entre les rangs, le domaine sème un mélange de seigle, de radis et de pois fourragers, de féverole, de trèfle et de moutarde. Au printemps, ce couvert est broyé ou écrasé au rouleau.
La plupart des vignes sont accessibles au tracteur et aux outils de travail du sol. Pour lutter contre les mauvaises herbes, le domaine recherche en priorité ces vignes mécanisables. Les plus pentues demandent un travail du sol à la main.
Cuivre, soufre et tisanes de plantes
Contre le mildiou et l’oïdium, les périodes à risque appellent du cuivre et du soufre. Le domaine y ajoute du petit-lait, fourni par un élevage bio voisin. Quand le risque baisse, il passe à des préparations de plantes : ortie, prêle, achillée millefeuille et pissenlit.
Le domaine emprunte aussi à la biodynamie certaines de ses pratiques. Il utilise les préparations 500 et 501 dynamisées, et amende ses vignes avec un compost biodynamique. Ces pratiques biodynamiques complètent une conduite certifiée en agriculture biologique.
Palissage haut, vendange en vert et tri à la main
L’objectif est de récolter des raisins sains et mûrs. Pour cela, un palissage haut augmente autant que possible la surface foliaire des ceps. L’équipe effeuille au niveau des grappes et pratique la vendange en vert. Sur le Viognier de La Bonne Étoile, l’éclaircissage a lieu en juillet.
Ces travaux maîtrisent les rendements. La vendange est ensuite manuelle, suivie d’un tri sévère des raisins. Au chai, le domaine n’utilise que des produits naturels et limite le soufre aux doses les plus faibles possibles.
Des vins de Syrah, de Marsanne et de Viognier
Des blancs du plateau au Condrieu Imagine
La gamme présentée par le domaine compte onze vins : six blancs et cinq rouges. Quatre cépages principaux la portent : la Syrah en rouge, la Marsanne, la Roussanne et le Viognier en blanc. Le Chardonnay, le Vermentino et le Merlot jouent les seconds rôles.
Plusieurs blancs du plateau sont vendus en IGP. Rendez-Vous, pure Marsanne, fermente pour moitié en cuve et pour moitié en barriques. Il offre des notes de pomme et de poire compotées, avec une touche de salinité. Rebel Rebel, un Chardonnay, s’ouvre sur la poire, le tilleul et l’acacia.
La Bonne Étoile tire son Viognier de 1,7 hectare situé à la limite des coteaux de Saint-Joseph et de Condrieu. Son nez joue sur les agrumes et les fruits exotiques. Avec le Temps assemble de la Roussanne et du Vermentino.
En appellation, Le Sud, Saint-Joseph blanc, marie Marsanne et Roussanne à parts égales, en barriques pendant 9 mois. Imagine, le Condrieu, fermente en barriques et s’élève 9 mois en fûts, dont 10 % de bois neuf. Il s’ouvre sur des notes citronnées.
La Syrah, de Petit Colorado à Terra Nostra
En rouge, la Syrah se décline en quatre cuvées. Petit Colorado vient de vignes de moins de 20 ans et s’élève six mois en cuve inox. Nez mentholé, fruits rouges croquants, tanins discrets : le domaine le décrit comme un vin aérien, à boire dans les deux à trois ans.
La Cuvée des Vernes provient de 3 hectares de vignes âgées de 35 à 50 ans. Grâce à cet âge et aux rendements maîtrisés, elle donne des vins corsés et tanniques, proches d’un Saint-Joseph. Elle s’élève 9 à 12 mois en fûts de chêne.
Un Autre Monde, Saint-Joseph rouge, passe 12 mois en fûts d’un ou deux vins. Il présente des fruits noirs et une finale cacaotée, avec une garde de cinq à huit ans. Terra Nostra vient des plus vieilles vignes de Saint-Joseph du domaine, environ 30 ans. Il fait 20 mois en fûts neufs.
D’autres rouges échappent à la Syrah. Tombé du Ciel est un Merlot de vignes de moins de 10 ans, sur des notes de zan et de cerise bien mûre. Le domaine a aussi lancé une cuvée de Gamay en IGP, sortie en deuxième année de conversion, sur la framboise, le cassis et la fraise.
En 2026, trois noms s’ajoutent à cette gamme. Les Mains d’Or est un second Condrieu, La Mauvaise Réputation un Gamay en IGP. Le Vent nous portera est un blanc en Vin de France, où la Roussanne côtoie le Viognier, le Chardonnay et le Muscat.
Trois vins retenus par le Guide Hachette
Le Guide Hachette a retenu trois vins du domaine. La Syrah Cuvée des Vernes 2000 y obtient une étoile dans l’édition 2002. Le guide note alors qu’Emmanuel Barou pratique l’agriculture biologique et produit des vins de caractère.
L’édition 2003 accorde à son tour une étoile au Viognier 2001, avec un nez d’abricot et de vanille. Plus de vingt ans après, le Saint-Joseph rouge Un Autre Monde 2024 figure dans la sélection du Guide Hachette 2027.
Au caveau de Charnas et sur les marchés aux vins
Un caveau de dégustation sur rendez-vous
Le domaine reçoit dans son caveau de dégustation, à Charnas, sur rendez-vous. On peut y déguster et acheter les vins sur place. Les groupes sont aussi accueillis.


Le dernier millésime mis en bouteille se découvre lors des rencontres de fin d’année, que le domaine dit traditionnelles. Dans leur lettre de fin d’année, Emmanuel et Marie-Agnès racontent aussi la saison. En 2025, fortes chaleurs et pluies modérées ont amené une récolte précoce et très qualitative.
Les volumes sont pourtant restés bien au-dessous des espérances. Le domaine l’explique par une probable mauvaise induction florale pendant l’été pluvieux de 2024. La floraison du printemps suivant a donc été plus faible qu’une année classique.
Chavanay, Gex et les portes ouvertes
Ces rencontres sont au nombre de trois. Le domaine est présent, comme chaque année, au Marché aux vins de Chavanay. Il se rend aussi au Salon des vins et de la gastronomie de Gex. Et il ouvre ses propres portes à Charnas, lors de ses portes ouvertes annuelles.
Pour ceux qui ne peuvent pas venir, Emmanuel et Marie-Agnès proposent un bon de commande à retourner au domaine. Ils expédient ensuite les vins.
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