Vignes du Domaine Bordenave

Domaine Bordenave

Région viticole

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Une propriété de Monein reprise par une œnologue

De père en fils et fille depuis 1676

Le Domaine Bordenave compte parmi les plus vieilles propriétés du Jurançon. La famille Bordenave l’exploite à Monein, dans les Pyrénées-Atlantiques, de père en fils et fille depuis 1676. Le domaine produit des Jurançon secs et moelleux, et s’est engagé en agriculture biologique en 2016.

Sur son site, la famille signe à plusieurs noms : Gisèle et André Bordenave, Pierre, Lili-Albane, Pierre et Denise. Sa devise, « le plaisir partagé », revient partout. Elle donne son nom à une cuvée, Le Plaisir Partagé.

De Bordeaux à Sauternes, puis le premier millésime de 1993

Gisèle Bordenave a grandi dans les vignes. Petite, elle suivait ses parents et ses grands-parents dans les rangs et dans les chais. Elle a ensuite obtenu son diplôme d’œnologue à l’université de Bordeaux. Elle a aussi travaillé dans un premier cru classé de Sauternes.

En 1993, elle décide de vinifier elle-même et de mettre le vin du domaine en bouteille. D’importants investissements dans les chais et une restructuration du vignoble précèdent ce premier millésime. Depuis, c’est elle qui élabore chaque millésime, en vigneronne et en œnologue.

Une exploitation engagée en bio depuis mai 2016

L’exploitation viticole de Gisèle Bordenave est engagée en agriculture biologique depuis le 10 mai 2016, sous le contrôle de Qualisud. Ses raisins et ses vins sont certifiés AB, et elle ne déclare aucune production non bio à côté.

La SCEA Savin Bordenave, la société qui vend les vins du domaine aux particuliers, s’est engagée à son tour en 2020. Elle est déclarée en activité mixte, bio et non bio. Sur la page des vins du domaine, seules les deux cuvées Encore et Encore, en sec et en moelleux, portent la mention Bio.

Vingt hectares sur les coteaux sud et ouest de Monein

Des sols argilo-limoneux chargés de galets roulés

Le vignoble couvre 20 hectares, plantés sur le versant sud et ouest des coteaux du piémont pyrénéen. Les sols sont argilo-limoneux et riches en galets roulés, apportés par les torrents et les glaciers des Pyrénées.

Ces sols sont pauvres et régulent bien l’eau. La vigne s’y enracine en profondeur et produit peu. Pour le domaine, c’est de là que vient la forte concentration des grains, qui marque tous ses vins. La topographie des coteaux de Monein favorise aussi l’ensoleillement et la maturation.

Le fœhn et les nuits froides de novembre

Le climat mêle la rigueur de la montagne, la douceur océanique et des pluies bien réparties. À l’arrière-saison, les journées ensoleillées alternent avec des nuits froides et humides. Le fœhn, un courant d’air chaud venu d’Espagne, provoque alors une surmaturation des raisins : le passerillage.

En novembre surtout, l’écart entre la fraîcheur des nuits et la chaleur des journées flétrit davantage les raisins. Leur concentration augmente. Ce passerillage est typique de l’appellation, et le domaine attend la maturité maximale des raisins pour lancer les vendanges.

Hautains, guyot double et effeuillage de juillet

Les vignes sont conduites en hautains, un mode de conduite qui protège les cépages des gelées de printemps. Elles sont taillées en guyot double, pour bien aérer les grappes. L’herbe pousse naturellement entre les rangs et fait concurrence à la vigne.

Au fil de la saison, le domaine retire les gourmands et les repousses, et éclaircit les grappes si nécessaire. En juillet, les vignes sont effeuillées minutieusement pour une maturation homogène. La fertilisation est organique.

Le Jurançon, une appellation de vins blancs du piémont béarnais

Monein, l’une des vingt-cinq communes de l’aire

L’AOC Jurançon est réservée aux vins blancs tranquilles. Reconnue en 1936 pour les moelleux, elle s’est ouverte aux secs en 1975. La mention « vendanges tardives » peut compléter son nom depuis 1995.

Son aire couvre 25 communes du sud des Pyrénées-Atlantiques, au sud et à l’ouest de Pau. Monein en fait partie. La vigne y occupe souvent les hauts de coteaux et les pentes les plus fortes, entre bois, prairies et cultures.

Le cahier des charges impose des vendanges manuelles. Tous les vins, sauf les secs, sont récoltés par tries successives. Le rendement est fixé à 60 hl/ha pour le Jurançon sec et à 40 hl/ha pour le Jurançon moelleux.

Deux mansengs et trois cépages d’appoint

Le domaine cultive les cépages de l’appellation. Le gros manseng occupe 50 % du vignoble et le petit manseng 40 %. Les 10 % restants se partagent entre le camaralet, le petit et le gros courbu, et le lauzet.

Le gros manseng donne les secs, frais et fruités, et des moelleux au bel équilibre entre sucre et acidité. Le petit manseng, récolté par tries successives, part dans les moelleux et les liquoreux. Ses arômes évoquent les fruits confits ou le miel.

Les deux mansengs sont les cépages principaux de l’AOC. Leur peau épaisse résiste bien à la pourriture grise et supporte la surmaturité. Le fœhn, qui souffle à l’automne, la favorise.

Du sec vif au petit manseng cueilli en décembre

Des secs de gros manseng élevés sur lies fines

Les vendanges sont manuelles. Elles commencent début octobre pour les Jurançon secs et durent jusqu’aux derniers jours de novembre pour les moelleux. Au chai, les vins sont vinifiés par cépage, parfois après une courte macération des grains avant la fermentation.

Les secs de gros manseng passent par une macération pelliculaire, puis fermentent à basse température. Ils s’élèvent sur lies fines et sont mis en bouteille au printemps. Les Copains d’Abord, en sec, prend 9 mois d’élevage en cuve et en fût.

Souvenirs d’Enfance donne une idée du style. Sa robe est dorée, nuancée de vert. Le nez part sur des notes florales et citronnées, le genêt, l’acacia, le pamplemousse. La bouche est fraîche, légèrement perlante, et finit sur une petite note acide. Le Plaisir Partagé, en sec, réunit les cinq cépages de l’appellation.

Des moelleux en cuve inox ou en fût de chêne

Les moelleux de gros et de petit manseng sont vinifiés et élevés séparément en cuves inox. Ils sont mis en bouteille douze mois après la récolte. Les moelleux de petit manseng, eux, fermentent et vieillissent en fût de chêne, avec une part de bois neuf qui varie selon les millésimes.

Leur mise en bouteille intervient de 12 à 24 mois après la récolte. Le Cercle des Amis attend le plus longtemps : il fermente en fûts neufs et reste sur lies fines jusqu’à sa mise en bouteille, 24 mois après la récolte.

La Cuvée Savin vient d’une des vendanges les plus tardives de petit manseng, cueilli passerillé en novembre et décembre, à 12 hl/ha. Le domaine lui prête plus de 15 ans de garde. Si tu m’apprivoises fait un autre pari : un moelleux qui met en avant le gros manseng, cépage souvent éclipsé par le petit.

Ce que retiennent les guides et les concours

Le Guide Hachette des vins 2022 a donné un coup de cœur aux Copains d’Abord 2019. L’édition 2026 retient Les Vignes Folles 2024, en sec, et Le Jardin des Dames 2023, en moelleux, avec une étoile chacun.

Les lecteurs de La Revue du Vin de France ont décerné une médaille d’or au Jardin des Dames 2022, lors de leur prix 2025. Au Concours international de Lyon 2022, un Jurançon sec 2021 du domaine a reçu l’or et le trophée du meilleur vin du Sud-Ouest.

Les vins du domaine sont aussi référencés par des restaurants de renom, parmi lesquels ceux de Ducasse, Savoy, Darroze et Guérard.

Le plaisir partagé, au chai comme au verre

La Dive Bouteille, six mètres d’outils assemblés

Le domaine se signale par la Dive Bouteille, une bouteille géante de 6 mètres de haut et d’1,50 mètre de diamètre à sa base. Le sculpteur Philippe Gigot l’a créée avec son fils Merlin. Il l’a formée en assemblant des outils, des objets et des matériaux métalliques issus de l’activité agricole et rurale.

Elle a été inaugurée le 8 décembre 2018, jour des portes ouvertes sur la Route des vins du Jurançon. Le domaine remercie sur son site une longue liste de contributeurs, particuliers, artisans et entreprises. Le domaine expose aussi une autre sculpture, une vache baptisée « Classical Cow Music ».

Un chai ouvert aux visites et aux soirées musicales

Au chai, la dégustation est gratuite, entre murs de galets, fûts de chêne et meubles béarnais. Le domaine propose une visite commentée de ses chais et de ses procédés de vinification. Une exposition permanente de photographies, « Des travaux et des jours : une année de vigneronne », côtoie une collection de vieux outils de la vigne et du vin.

Le chai à barriques porte un nom, la « Halle aux Grains de Raisins », et sert à l’occasion de salle de concert. Le domaine organise des « dégustations musicales » en septembre, des soirées « Chai pour rire » et des portes ouvertes en décembre. Une association, le Cercle des Amis du Domaine Bordenave, aide à les organiser.

La vigneronne le dit sans détour : le vin est avant toute chose la rencontre et le partage. Le cercle, lui, organise chaque année une dégustation du nouveau millésime du domaine.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

  • Vigne de Signols

    La Vigne de Signols cultive 3 hectares de mansois en terrasses sur le grès rouge de Conques-en-Rouergue, dans l’appellation Marcillac. Yvan-Marie Rufié, qui a fondé l’orchestre aveyronnais Obsession en 1975, l’a plantée entre 2008 et 2014 sur la colline de son enfance. Engagé en bio en 2011 et certifié Demeter, il nourrit sa vigne de compost de sous-bois et d’engrais verts, sans chimie ni engrais. Ses rouges de goutte, de presse et d’assemblage naissent sans aucun intrant ni sulfite ajouté, avec des levures indigènes.

  • Domaine de Brin

    Le Domaine de Brin cultive 14 hectares de vignes en AOC Gaillac à Castanet, dans une ferme familiale où poussent aussi lentilles, pois chiches et orge brassicole. Damien Bonnet y met les vins en bouteille depuis 2008, en bio dès le départ, avec une certification engagée en 2011. Mauzac, loin de l’œil, braucol, duras et prunelart s’élèvent en jarre de grès, en amphore, en foudre ou en béton. Ses quinze cuvées vont du pétillant naturel au vin de voile, en passant par l’orange et les doux.

  • Château du Grand Roc

    Le Château du Grand Roc cultive 7 hectares de vignes bio à Lamothe-Montravel, sur des coteaux argilo-calcaires tournés au sud, au bord de la Dordogne. Ingénieur agronome passé par le conseil viticole, Edouard Barkhausen l’a repris en 2023 à Henri-Paul Guillot, qui le conduisait en bio depuis près de trente ans. Il vinifie en cuves béton, en amphore, en œuf ou en demi-muids, de l’AOC Bergerac aux cuvées en IGP Périgord. Autour des vignes, des vaches highland entretiennent les prairies, entre les bois et les haies du domaine.

  • Domaine La Valette

    Le Domaine La Valette cultive 3 hectares en bio à Villaudric, dans l’AOP Fronton, au nord de Toulouse. Issu d’une famille de vignerons du Val de Loire, Antoine Rouiller y a planté une partie des vignes en 2019 et 2021. La négrette y côtoie la syrah, le cabernet franc, le mauzac et le chardonnay, vendangés à la main pour des vins soufrés au tiers de la dose autorisée. Le Guide Hachette 2027 accorde deux étoiles à l’Arlequin rouge 2024 et à la Négrette Only 2025.

  • Domaine Damiens

    Le Domaine Damiens cultive 16 hectares à Aydie, en appellations Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, engagés en bio depuis 2011. Son nom vient d’un aïeul trouvé sous un porche d’église le jour de la Saint-Côme-et-Damien, et les Beheity tiennent la propriété depuis 1950. Pierre-Michel Beheity restructure le vignoble à partir de 2008 en faveur du tannat, tout en gardant un capital de vieilles vignes. Du tannat de printemps sans sulfites ajoutés aux Madiran de garde, la gamme compte aussi des Pacherenc secs et doux de petit et gros manseng.

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