Manoir de Saint-Bazile - Vue aérienne des jeunes vignes plantées sur le coteau, entre bois et prairies

Manoir de Saint-Bazile

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 2023

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2024

Sommaire

Un ancien domaine viticole replanté en 2023

6 500 pieds sur un coteau plein sud

Le Manoir de Saint-Bazile fait du vin depuis très peu de temps. Ses vignes ont été plantées en 2023 à Saint-Bazile-de-Meyssac, dans le sud-ouest de la Corrèze, et vendangées pour la première fois en septembre 2025. Le domaine est engagé en agriculture biologique depuis 2024.

Le domaine parle d’un pari : réveiller un ancien domaine viticole. Les plantations de 2023 couvrent 1,6 hectare. La vigne compte 6 500 pieds sur un coteau exposé plein sud, à 240 mètres d’altitude.

Nicolas Bossut et Pierre Basiaux, des pommes à la vigne

Le manoir est tenu par Nicolas Bossut et Pierre Basiaux. Depuis 2023, ils y mènent deux métiers en parallèle. Le premier est artisanal : la transformation des pommes, autour d’un pressoir. Le second est agricole, et c’est la vigne.

Manoir de Saint-Bazile - Façade du manoir face aux prairies et aux bois
Le manoir, face aux prairies et aux bois de Saint-Bazile-de-Meyssac.

L’exploitation s’est engagée en bio en mai 2024, sous le contrôle d’Ecocert. Pour la campagne 2026, ses raisins de cuve sont déclarés à la fois en conversion et en agriculture biologique.

Une vigne qui pousse dans le trèfle blanc

Aucun travail du sol

Le parti pris le plus net du domaine tient au sol. Le manoir refuse tout travail du sol. Un couvert permanent de trèfle blanc occupe l’inter-rang et le dessous des ceps.

Ce trèfle protège la vie microbienne et limite la concurrence des herbes spontanées. Il s’efface de lui-même quand la vigne réclame de l’eau. Dessous, le sol est profond, argilo-sablo-limoneux, et personne ne le retourne.

Le pressoir à pommes nourrit aussi la vigne. La pulpe rejetée après le pressage sert d’amendement organique dans les rangs du manoir.

Une parcelle isolée, travaillée à la main

La vigne se tient à l’écart, entre la forêt et les prairies. Le domaine la conduit dans une logique d’agroforesterie, pour garder autour d’elle un écosystème varié qui se suffit à lui-même.

Tout se fait à la main, de la taille jusqu’à la vendange. Aucune étape du travail de la vigne n’est confiée à une machine.

Syrah, zinfandel et muscat au pays du vin de paille

Des cépages choisis pour le climat qui vient

Le domaine a choisi ses cépages en pensant à l’évolution du climat. Les rouges viennent de la syrah, du zinfandel et du merlot. Les blancs viennent du chardonnay et du muscat.

Les deux associés y voient un équilibre entre des racines historiques et une adaptation devenue nécessaire. Le merlot et le chardonnay comptent déjà parmi les cépages principaux du vignoble corrézien. La syrah, le zinfandel et le muscat, eux, ne figurent pas parmi ceux de l’appellation locale.

Un vignoble corrézien revenu de loin

La Corrèze a compté près de 17 000 hectares de vignes au XIXe siècle. Le phylloxéra les a décimées à partir de 1885, et d’autres cultures ou des prairies ont pris leur place. En 2017, il restait environ 200 hectares en production dans le département.

La même année, ce petit vignoble a obtenu son appellation d’origine contrôlée, l’AOC Corrèze. Saint-Bazile-de-Meyssac fait partie des 24 communes de son aire. Le cahier des charges mise sur le cabernet franc pour les rouges, avec le merlot et le cabernet-sauvignon en appoint.

La commune entre aussi dans l’aire du vin de paille, élaboré avec des raisins passerillés hors souche et surnommé le « Miel des Muses ».

Un premier millésime, celui de 2025

En cave, le domaine annonce une vinification sans artifice. L’idée est de laisser s’exprimer la lisière de forêt qui borde les vignes.

Les premières bouteilles de la récolte 2025 étaient attendues au printemps 2026, en vente uniquement à la boutique du manoir. Le style de la maison se dessinera donc millésime après millésime, sur des vignes encore très jeunes.

Le pressoir, l’autre métier du manoir

Les pommes du jardin pressées en une heure

Avant le vin, il y a eu les pommes. Le manoir dispose d’un pressoir à bande qui traite les petites quantités des particuliers comme les volumes des professionnels, jusqu’à une tonne à l’heure.

Les particuliers apportent les pommes de leur jardin et repartent une heure plus tard avec leur jus pasteurisé, en cubis de 3 litres. Chaque client a sa propre cuve, et retrouve donc le jus de ses propres fruits.

Manoir de Saint-Bazile - Ligne de pressage, de pasteurisation et de conditionnement des jus de pomme
La ligne de pressage et de pasteurisation des jus de pomme.

Le domaine presse aussi ses propres jus bio, en cubis : pomme seule, pomme et citron, pomme et framboise, pomme et gingembre. Ses jus assument l’acidité de la pomme.

Des hard ciders fermentés avec des levures de vin

Les hard ciders montrent comment le manoir aborde la pomme : en vigneron. Ce sont des cidres pur jus bio, extra-bruts, sans sucre résiduel, à l’effervescence naturelle. Ils titrent entre 7 et 8 degrés.

Leur fermentation remplace les levures classiques par des levures de vin blanc. Élaborés avec la Brasserie Corrézienne, ils existent en trois versions : 100 % pomme, houblonné à cru, et à la framboise macérée.

Manoir de Saint-Bazile - Les trois hard ciders bio posés devant la façade du manoir
Les trois hard ciders du manoir : houblonné, 100 % pomme et framboise.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

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